S’unir pour la paix et les droits humains : habiter la terre
Le 17 octobre est un jour de solidarité et d’espoir. Aujourd’hui, nos voix, dans toute la diversité de leurs beautés et de leurs tonalités, s’élèvent en un seul chœur pour honorer les millions de personnes dont la vie a été emportée par l’extrême pauvreté, et pour saluer celles et ceux qui, chaque jour, se lèvent avec courage et dignité face à tous les obstacles dressés sur leur route. Disons-le clairement : la pauvreté n’est pas un échec personnel. Elle est construite, brique après brique, par de mauvais choix politiques, par des rapports de pouvoir inégaux, par la discrimination, et elle coexiste avec l’extrême richesse et des inégalités grandissantes.
Cette année, nous nous tournons vers le lieu où commence la dignité : le foyer. Le foyer, c’est un endroit sans peur où chaque personne peut être pleinement elle-même et se sentir reconnue telle qu’elle est, en toute sécurité. Pourtant dans le monde, plus de 3,4 milliards de personnes vivent sans logement adéquat. 1,16 milliard d’entre elles s’entassent dans des quartiers informels. Et au moins 330 millions n’ont pas de toit. Sans foyer sûr, tous les autres droits — la santé, l’école, le travail, l’appartenance — sont hors de portée. Lorsque la terre et le logement deviennent des investissements au lieu d’être des droits, les familles sont repoussées dans l’ombre d’existences précaires, surpeuplées et dangereuses, non par choix, mais par des systèmes qui les ont abandonnées.
Cinquante ans après Vancouver, soixante ans après les pactes qui promettaient ces droits à chaque être humain, nous le redisons : les droits humains sont des engagements contraignants. Nous appelons les gouvernements à :
- Faire des foyers sûrs et d’une vie dans la dignité et la paix pour toutes et tous une priorité, dans chaque politique, chaque budget.
- Élaborer les politiques avec les personnes vivant dans la pauvreté, et non pour elles : elles sont à la fois titulaires de droits et détentrices de savoirs.
- Taxer les richesses excessives pour qu’elles bâtissent des toits et des piliers de droits fondamentaux.
Restons résolument unis pour la paix et les droits humains. Car la paix n’est pas la simple absence de guerre, mais la justice, la protection et la liberté de vivre sans peur et sans humiliation. Répondons, une fois encore, à l’appel gravé dans la pierre en 1987 :
« Là où des hommes et des femmes sont condamnés à vivre dans l’extrême pauvreté, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »
Quoi qu’il se dresse devant nous, ensemble, nous vaincrons.
Aye Aye Win,
Présidente du Comité international 17 octobre