Chaque année, le 17 octobre donne lieu à une mobilisation internationale pour faire entendre la voix de celles et ceux qui luttent au quotidien contre la misère. Le thème choisi pour cette journée ne vient pas d’un comité restreint, mais de centaines d’individus, parmi lesquels des personnes en situation de pauvreté, partout dans le monde.

Au début du mois de février, un questionnaire est envoyé par le Forum, au nom du Comité international 17 octobre, concernant le choix du thème de la Journée mondiale du refus de la misère. L’année dernière, nous avions choisi un thème principal pour un cycle de 2 ans, sur la période 2024-2025 : « Mettre fin à la maltraitance sociale et institutionnelle ». En 2025, le choix s’est donc porté sur un sous-thème pour le 17 octobre.

Cette synthèse est par conséquent le fruit d’un processus de consultation à grande échelle, lancé pour que le thème 2025 de cette Journée soit enraciné dans des vécus, des luttes et des réflexions concrètes. Ce processus est unique, car ce sont les personnes concernées par la pauvreté, ainsi que celles qui s’engagent avec elles, qui disent ce qui compte, ce qui les blesse, ce qui les fait tenir debout.

Nous n’avons pas simplement récolté des avis. Nous avons écouté des histoires. Nous avons entendu des cris, des appels à la solidarité, des propositions, des colères, des espoirs. Et nous les avons pris au sérieux.

Cette synthèse dresse tout d’abord un bilan du soutien recueilli par le sous-thème proposé. Au total, sur les 201 personnes ayant participé à la consultation cette année (contre 214 personnes l’année dernière), il y a eu près de 87 % d’opinions favorables au sous-thème proposé. Les sections suivantes concernent les réserves et critiques que les personnes ayant répondu à la consultation avaient à formuler par rapport au sous-thème proposé. Ces divergences ne sont pas des obstacles, mais des richesses. Elles montrent que les personnes concernées ont une analyse complexe, lucide, parfois systémique de leur situation. Ensuite, il y avait une section basée sur les observations des uns et des autres, basées sur des expériences vécues.

Comme toujours lors de l’exercice de synthèse, nous essayons par-dessus tout de respecter les paroles qui nous sont confiées, telles qu’elles ont été formulées, sans les surinterpréter. Comme vous le verrez, nous avons essayé de regrouper les idées qui pouvaient l’être, mais aussi de laisser exister des voix isolées, singulières, minoritaires. Cette synthèse n’est pas une prise de position. Elle se veut miroir, relais, et point d’appui pour aller plus loin, ensemble, dans la préparation de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Ce que révèle cette synthèse, c’est une pensée collective qui s’élabore à partir de l’expérience, loin des idées toutes faites. C’est un appel à écouter autrement, à agir autrement. Cette synthèse donne la parole aux expériences vécues, aux sujets cruciaux, aussi bien qu’aux propositions pour les années à venir. Enfin, elle restitue les moments d’échanges collectifs qui ont permis d’approfondir certaines idées.

Comme chaque année, la synthèse nous invite à reconnaître la parole des plus pauvres comme une source d’intelligence. Nous vous invitons à notre tour, en tant qu’équipe d’animation du Forum, à vous approprier ce document pour construire ensemble votre journée internationale du 17 octobre.

Cette synthèse n’est pas un rapport figé. C’est un outil vivant, qui invite à la réflexion, au dialogue et à l’action. Elle peut servir de base pour des discussions locales, des temps de formation, des campagnes de sensibilisation, en apportant un éclairage précieux, enraciné dans le réel.