Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
France

Intervention de Yvette Heidinger , ATD Quart Monde 17 octobre 2011 ENA Strasbourg

Intervention de Yvette Heidinger , ATD Quart Monde 17 octobre 2011 ENA Strasbourg

Table ronde organisée par la Conférence des OING du Conseil de l’Europe

Bonsoir !

Quand je vous vois ici dans cette salle, venant de différents pays d’Europe, je me dis qu’heureusement il y a encore des gens qui se battent pour les Droits de l’Homme.

Avec mon mari j’habite près de Strasbourg. Nous sommes engagés dans le Groupe des chômeurs et nous avons participé à des manifestations contre l’expulsion des Roms en France, car c’est une injustice terrible. Nous, pendant 2 ans, nous avons été à la rue. Alors nous pouvons sentir ce que cela veut dire d’être chassé, de subir la séparation entre les pères, les mères et les enfants.

Et j’ai aussi lu ce qui se passait dans le temps de l’occupation dans les années 40. C’est comme si les mêmes scènes se répétaient, même si c’est une autre situation.

En France de plus en plus de gens n’ont pas d’autres possibilités que de vivre dans des mobil homes ou sous tente. De plus en plus de gens ont du mal à se soigner. L’Etat a coupé le budget pour les logements sociaux et pour des organisations de soutien aux personnes sans abris.

De plus en plus d’enfants sortent de l’école sans une éducation minimale. Le taux d’analphabétisme a augmenté et des postes de soutien aux enfants qui apprennent difficilement sont supprimés.

C’est comme si on abandonnait une partie de la population alors que nous, on se bat depuis toujours pour que nos enfants aient une vie meilleure.

Je suis intéressée dans ce qui se passe, j’observe et je lis différents journaux. Cela me permet de voir les tendances pour les plus pauvres. Je me fais le plus de soucis pour les jeunes. Ceux qui n’ont pas de formation ne trouvent même plus de petits boulots pour survivre. Et de plus en plus vite on traite des très jeunes comme des criminels et les prive d’une véritable justice. C’est un danger pour l’égale dignité et donc pour la démocratie.

Les Droits de l’Homme sont bien dans la tourmente.

Et pour ce qui est de la crise, on joue avec et on prend des gens comme les Roms comme des boucs émissaires. On s’acharne sur les plus vulnérables et ce sont toujours les plus pauvres qui payent le prix le plus dur. Récemment un collègue a dit : « La pauvreté, ce n’est pas la faute de mon voisin qui est Rom, qui est Turc. » La pauvreté existe parce qu’on ne prend pas au sérieux les êtres humains.

On le voit aussi en Somalie et dans d’autres pays où nous laissons mourir de faim des milliers de personnes.

Nous cherchons à être solidaires. C’est cela le sens du 17 octobre, la Journée mondiale du refus de la misère. Les questions de fond ici et là sont les mêmes. Le monde politique ne se mobilise pas à partir de ce que vivent les plus pauvres. Les Droits de l’Homme sont là pour que les plus pauvres ne fassent pas les frais de toutes ces politiques financières et économiques actuelles et à venir. Les Droits de l’Homme cela marche seulement si on se mobilise ensemble. Les Droits de l’Homme c’est ce qui défend l’Homme, c’est un garant de liberté.

J’ai apporté le Livre d’or du 17 octobre à Strasbourg et à la fin je vous inviterai à le signer.

Sur la première page est écrit l’appel de Joseph Wresinski, qui a grandi lui-même dans la pauvreté et qui a lancé la journée du 17 octobre, en 1987 :

« Là où des Hommes sont condamnés à vivre dans la misère

les Droits de l’Homme sont violés.

S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

14/10/2011
Yvette Heidinger
Canada

Contribution des membres de l’Université populaire Quart Monde du Canada

Prise de parole 17 octobre 2011 Contribution des membres de l’Université populaire Quart Monde du Canada

Nous, les participants de l’Université populaire Quart Monde avons réfléchi et travaillé sur le thème "La violence faite aux personnes vivant dans la pauvreté". Environ 70 personnes ont préparé ce thème au Québec, et bien d'autres ailleurs dans le monde, en lien avec le Mouvement international ATD Quart Monde. Certains d'entre nous vivent des situations de pauvreté, d'autres non. Ensemble, nous échangeons dans le but de mieux combattre la pauvreté.

Nous avons tout d'abord cherché à définir la violence. Pour nous, la violence est ce qui fait mal et qui est ressenti comme un non respect de la personne. Comme la pauvreté fait mal, la pauvreté est une violence.

L’année dernière, lors d'une de nos rencontres, nous avions parlé d’injustice. Toutes les injustices vécues par les personnes en situation de pauvreté sont des violences. Par exemple : ne pas pouvoir se loger, ne pas manger à sa faim, être victime de préjugés ou de discrimination, recevoir des amendes parce qu’on vit à la rue, etc.

Cette année, une des participantes nous a raconté une histoire qui fait mal : ``Quand je suis arrivée au Canada, je ne parlais pas le français, et maintenant je le parle un peu. L’argent qu’on me donnait pour les enfants, on me l’a coupé et je ne sais pas pourquoi. Le jeudi, je prends la passe (de transport en commun) de ma fille pour aller à l’école, les autres jours je marche. L’autre jour, ma fille est revenue de l’école en disant : ``Maman, à midi, tout le monde a mangé en classe, mais moi, je n’avais rien à manger``. Je ne sais pas pourquoi on m’a coupé l’argent comme cela. Peut-être que j’ai fait quelque chose de pas bon, je ne sais pas. Je ne sais pas lire, je veux continuer l’école pour apprendre à lire. Aller à l’école quand tu n’as rien à manger, c’est difficile. Tu ne vois pas le tableau. Je cherche aussi un logement. Mais on m’a dit que si je veux signer un bail, quelqu’un d’autre doit signer avec moi``. Ne pas avoir accès aux besoins fondamentaux, c'est une violence. Un groupe de participants  nous disent : "La pauvreté est un manque de liberté, c’est comme une prison".

Nous avons aussi réfléchi à ce qui nous maintient l’espoir. Une personne nous a dit par exemple : ``Moi, je fais partie du Carrefour familial depuis 20 ans. Cela m’a beaucoup aidée. Souvent, j’y allais jute pour me changer les idées, pour amener mon fils à la halte-répit pour pouvoir faire des courses ou pour apprendre``. La solidarité, c'est une façon de combattre la violence de la pauvreté.

Par la suite, nous avons parlé du regard et du mépris des autres. S'il est vrai que la pauvreté matérielle est une violence quotidienne, les préjugés le sont également.

Une participante nous dit : ``Je voudrais parler de ceux qui sont toujours en train de critiquer ceux qui sont sur l’aide sociale : Tu ne travailles pas, c’est moi qui te nourris, tu prends notre argent``.

Une autre ajoute : ``Il y a aussi la violence silencieuse; le regard des autres peut être violent``.

Pour un autre participant : "la pire des violences, c’est la violence institutionnelle, c’est-à-dire la violence d’ignorer l’individu, de ne jamais lui répondre et de le déshabiller de tous ses droits fondamentaux. C’est disparaître complètement dans le silence. (...) L’individu devient invisible, personne ne le voit, personne ne l’entend, il n’existe plus``. Pour combattre les préjugés, il faut beaucoup de courage. Un jour, un camelot vendait le journal de rue. Un passant lui dit : "vous feriez mieux d'aller travailler". Pour nous, ne pas reconnaître le travail de ce camelot, l'effort qu'il fait, c'est une violence. Mais c'est difficile de réagir face à des personnes qui portent des jugements. Certains s'en sentent capables, d'autres  non. Une d'entre nous propose une autre façon de réagir, elle nous dit : ``Je trouve que c’est intéressant, ce que disent les camelots; pour quelques réflexions désagréables qu’on entend, combien d’encouragements on reçoit. Je trouve que si on est pris de court, qu’on n’a pas toujours le courage de dire quelque chose, on peut, nous, porter attention et signifier qu’on trouve beau de s’impliquer comme cela``.

La pauvreté engendre beaucoup de violence, et la violence engendre la violence. C’est possible de briser ce cercle. Chacun peut poser des gestes de solidarité, d’entraide, de paix, etc. Ensemble on peut y arriver.

14/10/2011
Université Populaire Quart Monde Canada
République centrafricaine

Témoignage d'un Papa de Centrafrique

ATD QUART MONDEBangui - RCA

15 octobre 2011

Journée Mondiale du Refus de la Misère

Témoignage d'un Papa de Centrafrique

Nous qui sommes pauvres qu’est ce qu’on peut dire ? Quand on se lève le matin, sur le lit on commence à penser : « où je dois aller pour quand même trouver de l’argent ? »

Je n'ai jamais de repos, je ne peux pas en prendre parce que je n'ai pas une réserve et si je prends du repos le foyer tombe décadent. C'est pour ça que j'ose repartir chaque jour pour chercher de l'argent pour les enfants. Même pour 500 ou même pour 200 francs cfa, je peux faire des kilomètres et revenir à la maison à 20 heures, ou 22 heures. Si Dieu me donne le jour ma famille mange le jour, s'il me donne la nuit ma famille mange la nuit.

Moi je dis que le courage c’est le travail mais où est le travail pour faire le courage ? Je marche dans les quartiers partout pour réparer et vendre des lampes à pétrole. Les gens disent que le pétrole a augmenté, ils ne peuvent pas acheter la lampe, il ne peuvent pas réparer la lampe. Ils disent qu'ils prennent maintenant les ampoules avec des piles.

Si il y a des projets de travail, on travaille, car on a l’amour de travailler. Moi je peux travailler du matin au soir, je résiste mais il n’y a pas de travail. Les gens disent qu'on est faignant, mais on travaille le champ à la main. Si tu cultives le champ aujourd’hui est ce que tu vas avoir des récoltes demain? Tu n’auras pas de récoltes avant 3 mois, 4 mois, 1 an. C'est à cause de ça que ma souffrance augmente.

La dignité c’est de ne pas montrer la souffrance. Quand on a faim, on se débat parce qu'on est des personnes. On se débat pour avoir quelques moyens. On se débat pour trouver du travail. On ne se débat pas pour qu’on nous donne de l’argent gratuitement ou du manger gratuitement, on se débat pour avoir du travail.

On ne peut pas oublier notre souffrance. C'est du matin au soir et à continuité . La misère est enchainée sur nous. Aujourd’hui je ne mange pas, demain je ne mange pas. C’est enchainé c'est-à-dire ça multiplie au fur et à mesure. Ça multiplie donc c’est comme une chaine.

Si la misère s'arrête, la paix prend la place.

Dieu va m'aider à trouver quelque chose pour la paix. Si je trouve 400 cfa, je trouve la paix, même 100 cfa, je trouve la paix. Parce que je suis habitué avec ça. La paix, c'est facile pour nous les pauvres. On trouve 50 francs cfa, on achète la bouillie, on est déjà rassasié, on a la paix. On ne dit pas de trouver beaucoup d'argent. C'est le travail qu'on n'a pas qui nous provoque tous les jours la faim. Si on a un bon travail, ce serait normal.

Si on est seul, est-ce qu'on peut avoir des idées ? Non. Nous voulons sortir de l’isolement pour être dans l’assemblée de savoir qui est dans le monde. Sortir de la misère. Savoir comment faire pour se défendre aussi. On est dans le brouillard, et ce n’est pas bon. On veut sortir du brouillard pour aller dans le clair.

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14/10/2011
Délégation Générale du Mouvement international ATD Quart Monde
République centrafricaine

Témoignage de Gisèle

Mouvement ATD Quart MondeBangui – RCA

Journée Mondiale du Refus de la Misère – 15 octobre 2011

Témoignage de Gisèle

Le matin, je cherche comment mes enfants vont déjeuner, je cherche comment mes enfants vont manger, comment ils vont aller à l'école. Le repos, je n'en ai pas. Comme je cultive le champ, un jour ça marche, un jour ça ne marche pas. Et si tu n'as rien, il y a la pauvreté qui vient. Les enfants font des choses qui ne marchent pas. Si les enfants vont à la rue, je sais ce qu'ils vont devenir.

Mes enfants comprennent. Le matin, si j'ai 50 francs, on va partager le beignet. Si je n'ai rien, les enfants savent aussi. Si tu mens aux enfants, tu te prends toi même au piège. Quand je sors je leur dis : « je n’ai pas d’argent donc je vais d’abord aller travailler aux champs. Vous me connaissez, je suis l’amour avec vous. Quand je retourne, on mange et puis c’est tout. Restez calmes, je vous encourage de ne pas aller voler, non, restez seulement tranquilles». Tous restent en silence.

Je réunis mes enfants. Je connais la Bible. Je leur donne seulement les conseils de maitriser la souffrance. Mes enfants ont besoin de choses comme les autres mais comme je n’en ai pas, je les encourage de ne pas se décourager. Je leur dis « ne fais pas ça. Pense seulement au futur, ne pense pas au présent. Ne dis pas que tu es pauvre ». Je leur donne des conseils pour qu'ils restent seulement dignes dans la pauvreté. Dieu va leur faire grâce pour qu’ils puissent vivre encore mieux que moi.

Pour moi l'éducation, c’est le père et la mère qui éduquent leurs enfants dès l’âge de 1 ou 2 ans pour qu’ils fassent ce qui est bon.

Je veux aussi que mes enfants aillent à l’école, c’est ça mon souci. Mais je n’ai pas l’argent pour faire l’inscription. C’est ça qui me fait souffrir.

On nous demande des dossiers pour faire le concours pour rentrer en classe de secondaire. Je cours de gauche à droite, mais je n’aurai jamais de quoi fournir avec le dossier. Ma fille vend du piment au km 5. Elle a commencé à vendre pendant les vacances. Elle a préparé la rentrée pour elle-même : elle a acheté des cahiers et un petit parapluie avec son argent.

Moi je commence à enlever le manioc du champ pour le vendre, c’est comme ça que je vais la soutenir. Ma fille, elle comprend comment je vis et quand je l’encourage, elle fait les choses avec plaisir.

Mes enfants vont aussi à la bibliothèque de marché animée par ATD Quart Monde. C’est à cause de ça qu’ils auront le courage pour mieux apprendre à l'école et pour mieux apprendre aussi dans la famille. Ils font des choses sans honte, des choses qui les ouvrent. Il faut que les animateurs permettent aux enfants de comprendre ce qu’ils apprennent pour qu'ils fassent quelque chose dans notre pays aussi. Si mon enfant gagne quelque chose dans la bibliothèque de marché c’est tout centrafricain qui va en bénéficier aussi. Donc c’est le pays qui va avoir grandi.

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14/10/2011
ATD Quart Monde Centrafrique
Suisse

ne parlez pas sur nous ... mais avec nous

Faisons taire les préjugés : ne parlez pas sur … nous mais avec nous.

« Le regard que porte sur nous la société, associé aux conditions de vie très difficiles auxquelles nous sommes confrontés, est une grande souffrance et contribue à fermer notre avenir.

Nous sommes trop souvent vus comme des assistés, des fainéants, des fraudeurs parce que les gens ne nous connaissent pas. On nous montre du doigt, on nous parle mal, on ne nous écoute pas. C’est une réalité que beaucoup d'entre nous connaissent ; cela commence parfois dès l’enfance, à l’école. »

Changer de regard sur la pauvreté c’est combattre les idées qui font porter aux plus démunis la responsabilité de leur situation. Il est dramatique que des personnes pensent que la pauvreté et l’exclusion s’expliquent par le fait que les gens refusent de travailler, mais pourtant n'est-ce pas ce que nous entendons autour de nous ?

La méconnaissance du vécu des personnes précarisées amène parfois les gens à penser des choses horribles en faisant d'un cas particulier une généralité. Pourquoi toujours jeter la pierre sur celles et ceux qui ne peuvent faire autrement ?

« J'habite dans des baraquements en bois, des logements d'urgence, où sont relogées des personnes qui ont été expulsées de leur logement. C'était en principe pour quelques mois mais j'y suis depuis 28 ans, j'ai maintenant 71 ans. Toutes nos demandes de logements sociaux ont échoué et nous n'avons pas assez de revenus pour une régie privée.

L'an dernier, j'ai été voir un médecin près de chez moi. Quand je lui ai dit où j'habitais, il m'a répondu que c'est là où vivent tous les cas sociaux. Je n'ai rien osé répondre. Par cette remarque, je me suis sentie mise en bas de la société et parce que j'habite là, j'ai l'impression que je ne vaux rien. »

La misère est une violence et les familles confrontées à celle-ci inventent au jour le jour des manière de bâtir la paix alors qu'elles sont si souvent accusées d'être la cause de la violence. Elles portent un sens de la paix que notre monde ignore encore.

« La violence du mépris et de l'indifférence crée la misère car elle conduit inexorablement à l'exclusion, au rejet d'un homme par un autre homme ». Joseph Wresinski

« Lors d'une rencontre, mon assistante sociale m'a dit qu'ils ne payent pas les gens à dormir sur leur canapé, qu'il faut bouger, faire quelque chose. Elle pensait que je ne faisais rien de mes journées alors que je rends visite à ma mère chaque jour, car elle est malade. De plus, je participe régulièrement aux rencontres proposées par ATD Quart Monde afin de me battre, avec d'autres, contre la pauvreté de tous. Cette remarque m'a très énervé, elle n'avait pas conscience de tout ce que je faisais, mais pourquoi n'a t'elle pas pris le temps de discuter un peu plus avec moi pour le savoir ? »

Ces personnes sont les premiers experts de la lutte contre la pauvreté, les prendre comme partenaires dans une réflexion prospective sur l’Europe, la Suisse, Genève est indispensable si nous souhaitons mener une politique globale de lutte contre la pauvreté. Pour travailler ensemble, le préalable est sans nul doute de reconnaître les personnes en situation de pauvreté comme des acteurs à part entière. C’est les reconnaître comme disposant d’un pouvoir et d’un savoir incontournables pour penser les programmes et stratégies d’action susceptibles d’éradiquer la misère et de faire reculer la pauvreté.

« Il y a quelques années, j'ai été convoquée au Service de la Protection des Mineurs parce que mes trois garçons étaient turbulents à l'école. Au lieu de discuter avec moi sur les solutions envisageables pour améliorer leur comportement, leur seule proposition fut de placer mes garçons en foyer. Lorsque je me suis opposée à ce placement, ils m'ont répondu que c'était ainsi où ils plaçaient également mes trois filles. J'ai du alors me soumettre à leur décision malgré la cassure que cela allait créer dans la famille. On m'a fait du chantage et des menaces plutôt que de me proposer un accompagnement. »

Le savoir et les connaissances des familles ne sont pas assez entendus et reconnus, où lorsque c'est le cas, il s'agit trop souvent d'une « participation-alibi » qui prétend entendre les plus pauvres sans jamais les comprendre.

« Quand on est soutenu par des personnes qui nous respectent, qui nous prennent pour des personnes à part entière, qui nous écoutent, on se sent considéré. On peut mieux se battre pour soi, se battre avec les autres, se battre pour les autres. »

Vous inviter à parler avec nous, c'est avant tout vous amener à dépasser vos préjugés afin de mieux comprendre ce que doivent subir au quotidien certains d'entre nous ; mais c'est également pour amener à vous engager à nos côtés dans la lutte contre la pauvreté.

Le groupe des adultes d'ATD Quart-Monde. Suisse

14/10/2011
groupe adultes, Suisse