Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
France

Message du Conseil Municipal de la ville de BRUZ en date du 17 octobre 2011

17 Octobre 2011, 25ème journée mondiale du refus de la misère. En ce jour de conseil municipal, chers collègues, chers citoyens Bruzois, je tiens à marquer cet évènement en lien avec ce que nous avons vécu à Bruz. Après ces 2 rendez-vous civiques, la projection du film suivi d’un débat et la prise de parole publique place du Dr Joly, il me semble important de rappeler que l’accession aux droits fondamentaux doit rester une priorité. Permettez-moi de vous relire ce refrain composé et chanté vendredi dernier par les membres de la chorale du CDAS : « Qu’importent les raisons et qu’importe le temps qu’il nous aura fallu pour nous rencontrer. Des coups durs du destin à la solitude, une petite idée folle qui tourne. »

Accès et droit à la culture, à la connaissance, au savoir et à l’éducation. Est-il normal qu’aujourd’hui des enfants n’aient pas accès à l’école et que beaucoup soient victimes de l’échec scolaire ?

Accès et droit au logement, droit de vivre sous un toit. Est-il normal qu’aujourd’hui de véritables bidonvilles côtoient les villas les plus somptueuses, que des familles entières vivent dans quelques mètres carrés dans des conditions totalement insalubres ?

Accès et droit aux soins, droit de vivre en bonne santé. Est-il normal qu’aujourd’hui comme le signale un article de Ouest-France de vendredi dernier : dans les 21 centres de Médecin du Monde en France, les consultations gratuites ont grimpé de 1O% en 2010 ?

Accès et droit à un véritable travail, à une reconnaissance sociale, à un salaire décent. Est-il normal qu’aujourd’hui le nombre de chômeurs et de travailleurs précaires ne cessent de croitre ?

Les plus démunis nous rappellent notre devoir d’élus. Ils nous redisent qu’aucune personne ou famille ne peut accéder aux droits fondamentaux et exercer ses responsabilités si elle n’est pas reliée aux autres. A travers nos orientations, nos choix politiques nous nous devons d’être garant que chaque citoyen puisse trouver sa place dans notre société (exemple : la mise en place du dispositif SORTIR). Notre exigence d’élus est de n’abandonner personne et de tout faire pour que toute personne ait accès aux droits de tous.

En lien avec le rassemblement de ce soir place du Trocadéro à Paris, je vous donne lecture du message gravé sur une dalle de cette place : « Là où les hommes sont condamnés à vivre dans la misère les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

26/10/2011
Conseil Municipal
Italie

Messaggio del Papa Benedetto XVI

In occasione della “giornata mondiale del rifiuto della miseria”, il Sommo Pontefice rivolge un beneaugurante saluto agli aderenti di codesta associazione e, mentre rinnova il Suo fervido appello ad aprire il cuore a Dio padre misericordioso per compiere opere di carità e giustizia affinchè nessun membro della famiglia umana sia privo dei beni necessari, invoca la celeste intercessione della Beata Vergine Maria e volentieri invia un’implorata benedizione apostolica.

Cardinale Tarcisio Bertone Segretario di Stato di Sua Santità

Dal Vaticano, 17 ottobre 2011

18/10/2011
Jean Tonglet
Italie

Messaggio di Giorgio Napolitano, Presidente della Repubblica Italiana

In occasione della “giornata mondiale del rifiuto della miseria” del 17 ottobre e della manifestazione che codesta associazione promuove a Roma per celebrare la ricorrenza, mi è gradito esprimervi l’apprezzamento del Capo dello Stato per il vostro impegno in favore della solidarietà e della lotta all’esclusione sociale.

L’impegno dell’associazionismo e dei cittadini pers configgere la miseria ed aiutare chi si trova in situazione di indubbio svantaggio è di fondamentale importanza per stimolare le istituzioni a non abbassare la guardia nei confronti di un problema che è tutt’altro che risolto, anche nelle società avanzate in cui viviamo.

L’Italia è da sempre impegnata, quale membro delle Nazioni Unite ed in Europa, a promuovere lo sviluppo di politiche sociali a beneficio dei più deboli e dei più bisognosi nella consapevolezza che i problemi dello sviluppo diseguale non possono essere efficacemente affrontati guardando solo al proprio cortile di casa. Nel mondo globale in cui viviamo solo la condivisione di politiche e strumenti di intrvento ci permetterà di fornire risposte efficaci a questioni di assillante attualità.

Nella certezza che questo è lo spirito che animerà la vostra manifestazione, il Capo dello Stato formula i migliori auguri di buon lavoro e voti di pieno successo per le vostre attività.

Donato Marra Segretario Generale della Presidenza della Repubblica Palazzo del Quirinale, Roma

18/10/2011
Jean Tonglet
International

Seul un développement qui n'oublie personne est durable

Message du Comité international 17 octobre à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère 17 octobre 2011

"L'éradication de la pauvreté est le plus grand défi auquel est confronté le monde aujourd'hui et une condition indispensable pour parvenir à un développement durable"..1

Nous, membres du Comité international 17 octobre, soutenons sans réserve cette affirmation des Etats membres des Nations Unies. Nous décidons de la relayer aux niveaux politique, économique, social et culturel afin de la faire reconnaître. A l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, nous affirmons notre solidarité avec ceux qui vivent dans la pauvreté et nous déclarons que seul un développement qui n'oublie personne est durable.

Nous croyons que, dans le cadre d'une approche inclusive du développement, il est fondamental que les politiques économiques, sociales et environnementales prennent en compte les réalités de vie des personnes les plus exposées aux risques et dangers de l'environnement. Non seulement leurs contributions aux efforts entrepris doivent être reconnus, mais elles doivent être co-initiateurs des changements voulus par tous pour vivre en harmonie sur une planète économiquement, socialement et écologiquement viable.

Néanmoins, d'un continent à l'autre, le même constat se répète : les personnes et familles encerclées par l'extrême pauvreté sont davantage exposées que d'autres aux risques et aux dangers de l'environnement dans lequel elles vivent. Elles ont aussi moins de moyens pour faire face aux conséquences sociales, économiques et sanitaires du changement climatique et de la dégradation de l'environnement. Trop souvent, ces personnes très pauvres trouvent refuge dans des zones polluées par des rejets industriels ou menacées par des catastrophes naturelles tels que inondations, sécheresse ou glissements de terrain.

Obligées de vivre dans des environnements à risques, les personnes en situation de grande pauvreté déploient d'énormes efforts pour assurer leur subsistance et mettent en danger leur sécurité personnelle et leur santé. Dans les zones urbaines, beaucoup de familles survivent en collectant des ordures pour les recycler et les revendre. Dans les zones rurales, elles passent de nombreuses heures dans les champs ou les plantations. Cela les expose à des substances chimiques toxiques. Leur corps paye un lourd tribut à un labeur éreintant qui ne permet pas de vivre.

Pour atteindre un développement durable qui n'oublie personne, les engagements et les efforts de tous les citoyens, riches et pauvres, sont essentiels. Les personnes en situation de pauvreté doivent pouvoir participer à égalité à la conception et la mise en oeuvre des politiques de développement durable. Ce sont elles que l'on voit en première ligne des initiatives, travaillant en petits groupes d'amis solidaires, pour passer d'une vie dangereuse et à peine supportable à la création d'activités génératrices de revenus. Souvent elles transforment leurs conditions de vie, par exemple par l'amélioration d'installations d'arrivée d'eau, d'assainissement ou de chauffage.

Il est impératif de s'assurer que les politiques et les programmes de développement et de respect de l'environnement soient conçus et réalisés avec l'intelligence et l'expérience de tous, et donc aussi des personnes et populations les plus vulnérables. Sans leur participation active, nous ne pourrons créer un monde libéré de la pauvreté et de la faim.

Le Comité international 17 octobre vous encourage à montrer publiquement votre solidarité avec les personnes les plus exclues de nos sociétés à l’occasion de cette Journée internationale qui rend visible leurs efforts quotidiens contre la pauvreté et l’exclusion. C'est seulement à cette condition que le développement sera réellement durable, construisant ainsi une paix véritablement durable.

1 64ème Session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, résolution A.RES/64/236

13/10/2011
Comité international 17 octobre
International

« CE 17 OCTOBRE, OSONS LA JUSTICE ! OSONS LA PAIX ! »

Aujourd’hui, s’érigent partout de nouveaux murs. Là, haute frontière bétonnée entre des peuples, rendant quasi-impossible la circulation et la rencontre des personnes ; ici, barrières d’acier en zone industrielle prêtes à se fermer pour empêcher toute installation à des communautés qui n’ont nulle part où aller. Partout ces murs font honte à ceux qui les construisent, et asphyxient ceux qui les subissent. Censés garantir la sécurité des uns, ces séparations condamnent les autres à l’insécurité, l’enfermement, l’errance ou la misère. Elles réduisent à néant toute reconnaissance mutuelle, préalable à toute construction commune. Tout le monde y est perdant.

Pourtant, de part et d’autres de ces obstacles infranchissables, parfois en prenant de grands risques, des femmes, des hommes, des jeunes, des enfants aussi, inventent des brèches, ouvrent des fenêtres, proposent à ceux de l’autre bord des rencontres, des fêtes, où chacun reste pour l’autre un invité à connaître, un chercheur de la justice, sans qu'aucun n'impose une seule manière de vivre et de croire.

Parfois, la mobilisation de milliers de citoyens, des plus humbles aux plus prestigieux, ne suffit pas à sauver de la mort un seul innocent, de l’expulsion une seule famille. Fragile, l’espoir est balayé, au point de rendre oppressante la question : « A quoi bon se mobiliser puisque, derrière leurs murs de lois, de règlements et de certitudes, les pouvoirs ne veulent ni voir, ni entendre, ni partager ? » Où puiser alors le courage nécessaire pour tenter encore des actions de solidarité, sans basculer dans une violence qui ne ferait qu’allumer d’autres violences, écraser d’autres vies innocentes ? Dans une époque particulièrement marquée par des événements qui déchirent la fraternité, où puiser l'énergie et le désir de vivre ensemble, en paix, qui seront plus forts que la peur de l’autre, plus forts que la méfiance envers ceux qui vivent autrement, plus forts que le rejet de ceux qui survivent d’expédients parce qu'ils n’ont pas le choix ?

 « Osons la justice ! Osons la paix ! » lançait il y a trente ans, le Père Joseph Wresinski. De ce défi continue d'inspirer le Mouvement ATD Quart Monde, qui ne cesse d’initier, avec d’autres, des milliers de rencontres entre des mondes qui s’ignorent, ouvrant à des rassemblements, créant jour après jour une histoire libérée des pouvoirs et des savoirs accaparés, des fausses sécurités, une histoire dont ceux qui endurent toutes les crises sont les premiers inspirateurs.

Ce 17 octobre, osons des rencontres qui ressourceront notre énergie, notre courage et nos ambitions. Le 17 octobre, cela commence par cet homme qui, dans son quartier voué à la destruction, n’a plus de porte en état de s’ouvrir, et qui, depuis sa fenêtre au rez-de-chaussée nous a dit : « Entrez ». Comme lui, ce 17, osons inviter. Osons entrer.

Eugen Brand Délégué général du Mouvement international ATD Quart Monde à l'occasion du 17 Octobre 2011, Journée mondiale du refus de la misère.

13/10/2011
Délégation Générale du Mouvement international ATD Quart Monde