Je suis le coordinateur et membre fondateur de l’ONG MEABF (Mutuelle de Micro-Entrepreneurs pour l’Amour du Bien-Être Familial), basée dans la ville de Goma (province du Nord-Kivu), en République Démocratique du Congo.

La mission de notre organisation est de mobiliser et de former les femmes et les jeunes à la reconstruction du pays, tout en maintenant et en conservant une paix durable et l’unité sociale, à travers la restauration de la famille en général. Les membres fondateurs de cette organisation ont pris l’initiative de créer cette structure humanitaire relevant du droit congolais, dans le but d’améliorer les conditions socio-économiques des personnes marginalisées et vulnérables. Pour cela, nous avons mis en place des moyens concrets pour y parvenir.

Personnellement, la raison qui m’a poussé à penser à la création de cette ONG est que, dans ma communauté où j’ai vécu, les gens vivaient dans une situation très critique. Moi-même, mes parents devaient travailler durement aux champs et dans l’élevage pour subvenir à nos besoins socio-économiques. Ces activités prenaient entre sept et douze mois avant de donner un rendement. De ce fait, j’avais souvent du mal à obtenir des vêtements (uniformes scolaires, souliers), à payer les frais scolaires à temps, ou même à bien me nourrir.

Ainsi, dès mon parcours scolaire, j’ai commencé à réfléchir à la mise en place d’une structure sociale pour préparer ma vie future, mais aussi celle des autres membres de la communauté, après mes études universitaires. Cette structure aurait pour mission de rassembler les gens autour d’initiatives génératrices de revenus alternatifs à court terme et d’activités de formation professionnelle, dans le but de réduire la misère et de permettre à chacun d’avoir facilement accès à l’éducation, sans dépendre uniquement des travaux champêtres ou de l’élevage, qui demandent beaucoup de temps.

Lors de sa création, l’organisation a envisagé plusieurs activités à mener, en se basant sur la réalité des communautés vivant dans la pauvreté. Ainsi, au sein de l’ONG MEABF, nous avons tout mis en œuvre pour travailler avec les couches les plus vulnérables, autour desquelles nous concentrons nos efforts, avec le devoir moral de les servir correctement.

Nous avons jugé bon de rencontrer ces personnes pour analyser avec elles les problèmes auxquels elles font face et identifier ensemble les pistes de solutions possibles. La communauté a été satisfaite et reconnaissante de notre contribution, même modeste. La réponse la plus demandée par les communautés a été la formation pour le renforcement des capacités dans la lutte contre la pauvreté, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la coupe et couture, de l’art culinaire, de la coiffure et de l’esthétique, ainsi que l’initiation à la création d’emplois à travers les petites entreprises, la gestion et l’inclusion financière, sans oublier l’élevage. À cela, nous avons distribué des kits en nature issus des formations et des besoins identifiés dans la communauté. Les bénéficiaires ont été servis sans aucune discrimination.

Ces actions constituent pour nous une stratégie visant à répondre aux besoins des communautés, en particulier celles touchées par la pauvreté. Nous envisageons également la mise en place d’un système d’aide en espèces inconditionnelle, mais celui-ci n’est pas encore beaucoup appliqué, car il demande plusieurs étapes et un long processus.

Les personnes ciblées par l’assistance humanitaire de l’ONG MEABF sont les enfants orphelins (totaux ou partiels), les personnes vivant avec un handicap, les albinos (surtout les enfants), les femmes veuves, les peuples autochtones et, plus généralement, toutes les personnes vivant dans une grande pauvreté. Nos appuis visent principalement les habitants des zones reculées du pays, notamment dans les territoires où la vie est particulièrement difficile, et qui répondent aux critères mentionnés ci-dessus.

Parmi nos succès, nous avons pu atteindre et soutenir un grand nombre de femmes, telles que Madame Sharlotte M., qui vivaient dans la pauvreté et qui, grâce à notre encadrement et à notre accompagnement, ont pu améliorer leurs conditions de vie. Aujourd’hui, elles subviennent elles-mêmes aux besoins de leur ménage sans dépendre d’une aide extérieure. Concernant les enfants, grâce à nos efforts en matière de prise en charge scolaire, plusieurs d’entre eux savent désormais parler français, écrire, compter, s’exprimer correctement et faire des calculs. C’est notamment le cas de Batumike, parmi ceux que nous avons identifiés et soutenus.

Nous souhaitons que celles et ceux qui nous liront puissent nous emboîter le pas en apportant leur accompagnement et leur appui, afin de rendre nos efforts plus visibles, plus durables et plus efficaces pour l’assistance aux personnes vulnérables mentionnées ci-dessus.

Au vu de ce que nous avons déjà réalisé, des succès obtenus et du changement observé dans la vie de nos communautés bénéficiaires ici en RDC, au Nord-Kivu, ville de Goma, et selon les témoignages des bénéficiaires, nous, au sein de l’ONG MEABF, nous sentons très encouragés et fiers. Cela nous donne encore plus de motivation et de confiance. Notre espoir est de continuer à servir un plus grand nombre de membres de nos communautés, à réduire la pauvreté à un niveau très bas et à promouvoir davantage le développement à travers le soutien économique et social, tout en favorisant la cohésion sociale, la solidarité et la résilience.

Notre grand défi actuel reste le manque de kits logistiques (ordinateurs, imprimantes, appareils photo, rétroprojecteurs), de matériels roulants pour faciliter la mobilité du personnel administratif et de terrain, ainsi que l’absence de financements pour appuyer nos projets socio-économiques en faveur des personnes vulnérables.

Archimède Maneno Kiza