S’engager pour le pouvoir d’agir, c’est remettre les droits humains au cœur de la vie en société
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Être expulsé de l’endroit où l’on habite depuis 20 ans et ne se voir offrir aucune possibilité de relogement, sortir de l’école sans possibilité d’accès à une formation professionnelle ou à un travail reconnu et protégé, être dépendant de la bonne volonté des autres et des institutions, être soumis aux décisions que d’autres prennent sur votre vie, avoir le sentiment de ne compter pour rien et d’être oublié par la société dans laquelle on vit, ne pas être sollicité pour apporter son expérience et sa réflexion... Au-delà des privations matérielles, vivre la pauvreté, c’est vivre sans avoir de contrôle sur sa propre vie. C’est être forcé à une dépendance – aux minima sociaux, aux services administratifs, aux choix que d’autres font pour vous, au point de toujours dire « oui » de peur de tout perdre. C’est être empêché de se projeter. C’est être dépossédé de son pouvoir d’agir.

Les privations et les difficultés rencontrées pour accéder aux droits fondamentaux - un logement décent, une alimentation saine, une éducation de qualité, un emploi digne, le droit à participer à la vie publique et à être entendus... - sont pourvoyeuses de stress, de peur face aux incertitudes, de honte face au regard des autres. Car, en plus de ne pas être reconnues dans leurs droits, les personnes en situation de pauvreté sont sans cesse jugées et humiliées par une partie de la société. Cette stigmatisation mène à l’incapacité de reconnaître ce qu’elles peuvent apporter à la société. Pourtant, leur expérience de la pauvreté leur a fait acquérir de nombreuses capacités, ne serait-ce qu’apprendre à se débrouiller, à résister, à s’adapter.

C’est pourquoi, le 17 octobre prochain, nous nous engageons pour faire reconnaître ce pouvoir d’agir des personnes les plus exclues. Des initiatives et des projets sont menés chaque jour avec des personnes en situation de pauvreté, montrant que cette mise au ban de la société n’est pas une fatalité !

En retrouvant la voie de la formation et de l’emploi, des personnes sortent la tête de l’eau et retrouvent une sécurité matérielle, mais aussi une fierté. Grâce à la culture et l’art, certaines personnes reprennent confiance en elles et se sentent de nouveau capables. En prenant la parole et en représentant d’autres personnes en situation de pauvreté dans des institutions locales ou nationales, elles se sentent citoyennes à part entière. En s’engageant avec d’autres, elles redeviennent parties prenantes de la vie de la société.

Lors de cette Journée mondiale du Refus de la Misère celles et ceux qui vivent dans la précarité prendront la parole pour partager leurs attentes ainsi que leurs savoirs et leurs compétences.

S’engager pour le pouvoir d’agir, c’est mettre les droits humains au cœur du combat contre la misère !

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