« Je souhaite que ma fille, lorsqu’elle aura grandi, sera comme vous : une personne active, instruite.. »
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Lettre aux Amis du Monde numéro 105

Après la révolution des Jasmins en Tunisie le 14 Janvier 2011, le gouvernement a beaucoup encouragé la création des associations et l’engagement auprès des personnes fragilisées pour améliorer leurs conditions de vie. C’est ainsi qu’en Août 2011, avec un groupe de jeunes agronomes de formation, nous avons crée, dans notre ville natale « Ain Draham », l’association « Sources et Horizons », œuvrant pour l'amélioration des conditions économiques et sociales des habitants.

Aïn Draham est une ville située au nord-ouest de la Tunisie, avec un joli paysage. La région est riche en plantes médicinales et aromatiques… Mais elle reste une région pauvre avec plusieurs difficultés comme l’accès à l'école par exemple.

Cette ville est située dans une région aride en Tunisie, entourée par des villages très pauvres et marginalisés, avec des terrains non exploités par manque de moyens, de formations et d’encadrement. Nous avons commencé par écouter et comprendre les besoins des familles. Nous avons eu plusieurs rencontres avec : les chefs de ces villages, des personnes de cette région travaillant dans l’agriculture, dans le domaine de la santé, et dans l’éducation, et des habitants (femmes, jeunes, enfants…).

En 2013 a été réalisé un jardin potager avec des femmes et des jeunes pour apprendre comment faire pousser certaines variétés de légumes dans leurs jardins. Nous avons aussi constaté la nécessité d’améliorer les conditions d’apprentissage des enfants. Nous avons choisi de réhabiliter une école située dans un village de la région par la réfection des murs, des fenêtres et de la cour de récréation. Parallèlement, nous avons décidé, avec les parents de cette école, d’acquérir un petit terrain, pour faire pousser des plantes médicinales et aromatiques, en voie de disparition aujourd’hui dans la forêt, et ainsi assurer un revenu, d’une part, pour financer les projets de l’école et, d’autre part, pour les parents intéressés.

Nous avons travaillé également à la construction d’une route rurale permettant de sortir un village de son enclavement. Tous ces projets se déroulent avec la participation des habitants qui touchent en contrepartie une rémunération en fonction de leur contribution. Je me rappelle de ce papa qui a d’abord refusé de se joindre à nous. Insistant un peu plus, chaque mois, nous avons constaté son implication progressive et son changement d’attitude dans le projet. A la fin, il a dit : « Je souhaite que ma fille, lorsqu’elle aura grandi, sera comme vous : une personne active, instruite... ».

Fathia, M., Association Sources et Horizons, Tunisie

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