Dans nos actions respectives de lutte contre la pauvreté, comment cette recherche nous inspire-t-elle ?
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En février 2021, l’équipe du Forum du refus de la misère a partagé le rapport final de la recherche sur les Dimensions Cachées de la Pauvreté menée par ATD Quart Monde et l’Université d’Oxford. Suite à cela, un cycle de 4 webinaires a été organisé entre le 15 et le 19 Juin 2021, avec des sessions en français, en anglais et en espagnol. Ces séminaires ont permis à une quarantaine de correspondants du Forum de discuter ensemble, ainsi réunis depuis l’Inde, le Bangladesh, l’Indonésie, le Kenya, le Nigeria, le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la RdC, le Liban, la Mauritanie, l’Algérie, le Maroc, la Palestine, la Suisse, le Royaume Uni, le Canada, Haïti, la Colombie, l’Argentine et la Bolivie.

Ces séances ont montré l’enthousiasme des correspondants de se rencontrer, et comment ils pouvaient être inspirés par ce rapport de recherche. Ils ont pu réfléchir ensemble sur ce qu’ils portent, et échanger sur leurs actions.

Au début de chaque session, nous avons commencé par regarder ensemble les 10 premières minutes du film « Révéler les dimensions cachées de la pauvreté », que l’on peut retrouver sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=rUDFU611n-U&t=17s.

Puis chacun s’est exprimé à partir de la question : « Dans nos actions respectives de lutte contre la pauvreté, comment cette recherche nous inspire-t-elle ? ». L’équipe avait demandé à deux correspondants, pour chaque session, de préparer en amont leurs contributions. Ces premiers apports ont permis de lancer une dynamique d’échanges à partir de la réalité de chacun. Des participants à la recherche, appelés « co-chercheurs », étaient invités à intervenir en fin de séance pour rebondir et éclairer les différents apports de leur propre expérience. Les participants ont exprimé pendant le débat combien il leur paraissait important de faire connaître plus largement cette recherche.

Pour prolonger ces rencontres, l’équipe du Forum publiera prochainement quelques unes de ces interventions, qui ont été très riches et significatives. Dans un premier temps, en voici juste quelques phrases :

  • Gidéon Adeyeni, du Nigéria, a constaté combien la Covid amplifie les injustices et pousse vers plus de pauvreté. Il s’est dit convaincu, que « ce rapport de recherche peut aider à passer d'un discours qui rejette la faute sur la victime de la violence structurelle et systémique à un discours qui la place au centre de nos préoccupations, d'un discours qui rejette la faute à un discours qui partage les responsabilités ».

  • Martinien Moukete, du Cameroun, a relevé, dans les dimensions de la recherche, la souffrance du cœur et de l’esprit, ainsi que la maltraitance institutionnelle, toutes très palpables en temps de pandémie du Covid.

  • Sandra Sanchez, de Colombie, a apprécié que la parole ait été donnée aux personnes vivant dans la grande pauvreté et que ces apports aient été pris en compte au même titre que ceux des co-chercheurs universitaires ou professionnels.

Suite aux discussions, voici quelques points mis en relief par les invités co-chercheurs :

  • Corrinna Bain, du Royaume Uni a trouvé qu’un élément significatif pour tous a été de « se rendre compte qu’il est important de ne pas penser pour les personnes en situation de pauvreté mais de les laisser penser par eux mêmes [en groupes de pairs] avant de réfléchir tous ensemble ».

  • Alexie Gasengayire, de Tanzanie, a insisté sur le fait que toutes les dimensions sont reliées : derrière la maltraitance institutionnelle il y a aussi le non respect des droits, la souffrance dans le corps ou dans le cœur, les humiliations etc. Comme a dit l’équipe de recherche en France : « tout est lié, rien n’est figé ».

  • Sophie Boyer : « cette recherche m’a inspirée dans mon travail au quotidien pour continuer à chercher comment on arrive à prendre le temps de créer les conditions pour que les personnes en situation de pauvreté puissent vraiment exprimer leurs savoirs. Ça prend un temps fou de se faire confiance. »

  • Diego Sanchez, de Bolivie, a expliqué que des dimensions non matérielles ont pu être mises en évidence grâce à l’acharnement des personnes en situation de pauvreté à argumenter pour démontrer que la souffrance est une dimension palpable et réelle.

  • Abdallah Bendjaballah, de France : « On a été fiers de commencer ce travail et d’aller jusqu’au bout, jusqu’à l’écriture et les présentations. Arriver à ce que les autres co-chercheurs ne nous disent pas toujours « oui, mais », nous questionner et apprendre aussi nous-mêmes. C’est à vous de continuer à en parler, de faire avancer les choses, pour que notre contribution, si petite soit-elle, serve à quelque chose. »

Au cours de ces rencontres, les participants ont également pu parler de leurs réalités. Les participants haïtiens, Mackenson et Chrismaine, ont ainsi exprimé leur colère et leur désarroi face à l’abandon des responsables institutionnels et étatiques qui ne font rien contre la corruption et la violence généralisées. Ils nous rappellent que ce qui nous réunit tous au sein du Forum du refus de la misère, c’est cette recherche d’un monde de paix où tout le monde peut vivre dignement.

A la fin des 4 webinaires nous nous sommes tous donnés rendez-vous pour célébrer ensemble, chacun où nous sommes, le prochain 17 Octobre, sur le thème : « Construire ensemble l’avenir, en respectant toutes les personnes et notre planète ».