Cette cause, elle est une
maya_georgia.png

Maya et Georgia sont deux personnes, membres du Centre de Beitouna, engagées au Liban dans un même projet. Au cours d’un webinaire organisé par le Forum du refus de la misère, elles ont livré leur point de vue sur ce que le rapport sur la recherche des dimensions cachées de la Pauvreté leur inspire.

Nombreux sont ceux qui au Liban, n’ont personne pour les écouter et pour, ensuite, amener à d’autres ce qu’elles réfléchissent et se disent. C’est pourquoi nous sommes impressionnées par la manière dont les personnes, impliquées dans cette recherche sur les « dimensions cachées de la pauvreté », ont décrit leurs efforts déployés pour vivre au jour le jour. C’est par exemple le cas de cette dame qui, dans la vidéo sur la Tanzanie, casse des pierres afin de survivre avec ses enfants. Une autre dame, également dans cette même vidéo, s’était montrée très fière d’avoir participé à cette recherche depuis son milieu de vie et comment elle a besoin de quelqu’un qui puisse porter sa voix afin de l’amener aux autres personnes et à d’autres mondes. Les personnes ou les sociétés très pauvres peuvent beaucoup offrir à l'humanité !

Car, c’est effectivement une chance de laisser l’opportunité aux personnes d’exprimer ce qu’elles sont en train de vivre comme problèmes dans leur quotidien et de le partager au monde.

« C’est en ceci que je trouve cette recherche sur les dimensions cachées de la pauvreté un projet très important pour le monde », pense Maya.

Les points retenus de cette courte vidéo montrent et font comprendre au monde l’idée selon laquelle la pauvreté ou l’extrême pauvreté ne se réduit pas aux cas individuels.  « Je pense qu’il ne faut plus considérer des cas individuels, ni ce n’est pas faire de la charité à x, y et z. Il s’agit de travailler au bien commun de tous, sur le plan universel. Tels sont les points qui m’ont essentiellement été inspirés par le rapport sur les dimensions cachées de la pauvreté », ajoute Georgia.

Ces témoignages viennent des nationaux, oui, mais leurs vécus sont universels aussi. Car, nous vivons comme dans des vases communicants. Lorsqu’il y a l’extrême pauvreté ou même la grande pauvreté, elle va avoir des effets nocifs sur tout le monde. Il n’y a pas lieu de négliger les effets de la grande pauvreté ou de l’extrême pauvreté sur les personnes notamment les jeunes et les bandes, lorsqu’ils versent dans la violence. Cela a des effets qui deviendront universels.

Or, c’est à partir de ce concept qu’on peut sensibiliser les sociétés. Même les sociétés qui pensent ne pas être impliquées dans la pauvreté, ou qui se croient loin de tout cela. Elles ne le sont pas, et, elles ne vont pas l’être, d’une façon ou d’une autre.

C’est le cas pour nous à Beitouna. Nous aussi, nous travaillons à Beitouna à partir d’un engagement, c’est-a-dire, à partir d’une cause commune. Par exemple, si quelqu’un vit dans la pauvreté, ou dans une extrême pauvreté, sa cause reste la nôtre. Elle est une. Il ne s’agit pas de sa cause placée ici, et nous voilà à côté d’elle en train de la défendre. Non, ce n’est pas ainsi. Sa cause est commune à nous tous. Et, c’est à partir de la Covid, et même maintenant avec la crise économique qui sévit au Liban, que nous commençons à travailler de cette manière là à Beitouna.

Nous pouvons conclure que cette approche que nous suivons à Beitouna nous a permis de sensibiliser, non seulement les personnes qui sont atteintes par l’extrême pauvreté, mais également celles que nous appelons «  Les amis de Beitouna ». « comme moi-même par exemple, précise Georgia , cette extrême pauvreté dont je parle est ma cause ou notre cause ». Donc, voilà cette cause, elle est une. Et à partir de cela on essaie, dans des conditions vraiment limites, de trouver des moyens de vivre tout cela ensemble.

Maya et Georgia, Liban