Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Madagascar

Témoignage de Naina.

Célébration des 10 ans de la bibliothèque d’Antohomadinika 19 octobre 2013

Témoignage de Naina.

Durant mon enfance, j'ai toujours été à la bibliothèque de rue dans notre quartier. A cet époque, il n'y avait pas encore une bibliothèque dans notre quartier ; il y avait seulement des bibliothèques de rue animées par le Mouvement ATD Quart monde. Plusieurs volontaires venaient animer des bibliothèque de rue et nous avons appris beaucoup de choses : chansons, danse, travaux manuels en papier, peinture, et il y a eu toujours un moment ou ils nous racontaient des histoires et des contes dans des livres.

Tout cela se passait dans des grandes cours et avant de commencer les activités, on se mettait en rang pour laver nos mains et ne pas salir les matériaux que nous utilisions car ils coûtaient très chers.

J'étais toujours très intéressé par les bibliothèque de rue car après chaque séance, nous rentrions à la maison avec des petites choses réalisées que je montrais à mes parents.

Il y avait des moment où le Mouvement nous a emmené dans une école, l’ESCA à Antanimena, pour partager autour d'un sujet avec les élèves et leur professeur. Nous avons visité aussi les lieux historiques aux alentour de Tananarive. Chaque année, le Mouvement organisait un festival du savoir et pendant cela, nous avons appris à faire plusieurs sortes des travaux manuels comme la fabrication de vases, la vannerie, l’informatique, et plusieurs jeux. Durant mon enfance j'ai toujours participé à ces activités.

La bibliothèque de rue nous a beaucoup apporté à moi et aux enfants de mon quartier. Beaucoup d'enfants ne pouvaient pas aller à l'école à cause de la misère de leurs parents et le fait que dans le quartier, il y avait chaque jour une bibliothèque de rue animée par le Mouvement ATD, cela a ouvert l'esprit des enfants et ceux qui les entourent. Les images que les enfants ont vu dans des livres apportaient une ouverture à des enfants, cela a élargi leur esprit même s'ils ne savent pas lire. Entre les enfants, ceux qui savaient lire expliquaient aux autres, du coup, on a vu par exemple que les enfants ne regardaient plus des livres à l'envers.

La bibliothèque de rue nous a appris la propreté car avant de commencer, il fallait laver les mains. Nous avons fait cela pour respecter les biens communs comme des livres et autres. Nous avons pu élargir notre esprit et nous avons pu créer d'autres choses en dehors des livres avec des mariages de couleurs. Nous n'avons pas su comment utiliser un ordinateur mais nous avons pu écrire un peu durant les festival du savoir.

Quand je suis devenu plus grand, j’ai senti que je pouvais aider les animateurs des bibliothèques de rue parce que le nombre de lieux augmentaient. J’ai alors décidé de parler de cette décision avec eux et ils étaient plutôt très accueillants envers moi et d'autres jeunes. Ils nous ont donné des formations une fois par mois et nous avons préparé les bibliothèques de rue une fois par semaine. J'avais du temps en ce moment-là car je n'étais plus à l'école. Nous avons animé des bibliothèques de rue dans des endroits loin de notre quartier comme Ankarefo, Ambohidratrimo, Imamba, Soavimasoandro et dans des lieux où l'Etat avait placé les personnes qui habitaient avant à Lalamby, à " La Réunion kely". Nous ne nous sommes pas plaint de rejoindre les personnes sur ces lieux car nous avions reçu gratuitement et c’était à notre tour de donner gratuitement.

Les parents dans ces lieux étaient contents à chaque fois que nous arrivions chez eux ; ils disaient que leurs enfants ne restaient plus à ne rien faire, ils apprenaient des choses avec nous comme de la poésie en malgache et en langue étrangères. Leur esprit s'élargissait et ils arrivaient à créer. C'est ça la culture.

La Bibliothèque à Antohomadinika.

L'idée de construire une bibliothèque pour le fokontany d'Antohomadinika IIIG Hangar vient des bibliothèques de rue car le Mouvement a travaillé depuis très longtemps sur le plan culturel dans le quartier. Il y avait aussi une collaboration avec le bureau du quartier et la famille Ramanandraibe qui a donné le terrain pour construire la bibliothèque. Durant la construction, des familles d'Antohomadinika, des jeunes, des alliés du Mouvement, des volontaires et plusieurs amis se sont donnés des rendez-vous à plusieurs reprises à la bibliothèque.

Le 17 octobre 2003, la bibliothèque a été inauguré et ce sont deux membres du Mouvement qui sont devenus responsables de ce lieu.

Nous avons puisé beaucoup de choses bien dans cette bibliothèque parce que nous n’avions plus besoin d’aller loin pour rechercher quelques choses. Cette bibliothèque aide pour les études et elle pousse les jeunes à ne pas rester sans rien faire. Quand ils n'ont rien à faire, ils rentrent à la bibliothèque. Nous pouvons aussi lire des livres chez soi car les responsables prêtent des livres si tu es membre. Beaucoup d’étudiants sont venus à la bibliothèque pour approfondir leur connaissance. Pour venir, on ne regarde ni l’âge, ni les diplômes, ni le rang social : tout le monde peut venir approfondir ses propres connaissances.

Quand nous avons beaucoup de soucis, nous allons à la bibliothèque et quand on en ressort, on se sent plus léger. Le lieu est beau et cela donne envie d'y aller, d'y rester. Elle est aussi pour nous un lieu de rencontre avec d’autres.

Education et Culture: 10ème anniversaire de la bibliothèque
18/10/2013
Naina.
Madagascar

« EDUCATION ET CULTURE, LEVIER POUR LUTTER CONTRE LA PAUVRETE »

« EDUCATION ET CULTURE, LEVIER POUR LUTTER CONTRE LA PAUVRETE »

Rindra est né en 1993. Après avoir vécu dans la souffrance et dans la pauvreté due aux problèmes familials, il s’est souvenu avoir erré dans les rues avec son frère. Pour survivre, ils fouillaient les bacs à ordures afin d’y trouver des os, du charbon pour vendre pour qu’ils aient de quoi s’acheter à manger.

A l’âge de 9ans, Rindra par sa propre initiative est venue à NRJ pour apprendre à écrire et à lire, et 4 ans après, c’est à dire à 13 ans, il est accueilli au gîte de nuit et en 2007, étant sous la responsabilité du centre NRJ, Rindra a suivi au centre Clairvaux Don Bosco l’ouvrage métallique, le bâtiment.

Notons que malgré le fait que Rindra durant son enfance n’a pas été toujours accompagné par les adultes, et qu’il n’ait reçu aucune éducation digne d’un enfant, il avait toujours au fond de lui l’envi de s’en sortir dans la vie.

En 2012, Rindra a pu avec son initiative quitter le centre car il s’est trouvé un stage de travail ; il avait 19 ans, il commençait son stage de travail, et en octobre 2012 après avoir trouvé du travail a quitté le centre pour se prendre en charge.Malgré son jeune âge, Rindra s’est montré sérieux.

Remarque : A chaque jeune quelque soit leur vécu, leur histoire, leur culture… il faut que nous leur donnions confiance en leur donnant un appui et un cadre dans leur choix à l’aide duquel, ils pensent s’en sortir dans la vie.

Education et Culture: 10ème anniversaire de la bibliothèque
18/10/2013
Nous témoignons de Rindra
Madagascar

TEMOIGNAGE DE SOLO

[La traduction en français suit]

FIJOROANA VAVOLOMBELONA SOLO

Tena fahasahiranana lehibe ho anay eny Andramiarana ny fampiananarana ny ankizy. Izany anefa tsy midika hoe miandry fanampiana to any cash transafer izahay vao hampianatra ny zanakay. Efa miezaka izahay saingy mbola mila fanohanana

Raha ny amiko manokana no jerena, valo (08) no isan’ny zanako ary ny fito (07) amin’ireo dia tokony hiditra an-tsekoly avokoa nefa noho ny tsy fahampiana dia voatery ajanoko ny iray ary ny enina (06) no ampianariko. Na izany aza dia tena mbola miady saina mafy aho satria hatramin’izao dia tsy mbola ampy andoavana ny saram-pisoratana anarana telo alina ariary (30 000ar) isan-jaza ny vola eo am-pelatanako. Mangony fotsiny ny fitaovam-pianarana raha tsy ilaza afatsy ny kitapo fotsiny aho izay dimy arivo ariary ny anankiray.

Ny ankizy dia mila mandeha any an-tsekoly sy mahazo fanabeazana tsara sahaza azy. Raha tsy tanteraka izany dia lasa iharan’ny herisetran’ny fiainana izy ary miafara amin’ny fiterahana aloha be loatra. Raha feno telopolo taona izy dia ho maro be ny zanany izay sady samy hanana ny rainy avy. Hany ka lasa miaina ny fiainana feno fahantrana lalina toa anay ray aman-dreniny izy, ary hampita izany ihany koa amin’ny taranany ka lasa ny teo ihany no ho eo.

Ny fiainana niainako sy ny fiainan’ny manodidina ahy hitako maso no naharesy lahatra ahy fa ny fampianarana ny ankizy any an-tsekoly sy ny fanomezana azy fanabeazana tsara ihany no vahaolana hahatafavoaka azy amin’ny fiainany.

Izany insrindra no tsy hikelezako aina hampianatra ny zanako fa raha tsy izany dia lasa fahantrana mandova fahantrana satria ny fahantrako ihany no atolotro ho lovainy; izany hoe ho fianakaviana maro anaka sady mbola hiankina ara-pivelomana amin’ny « decharge »

Tsy mila vola be aho satria na dia omena vola iray sakaosy aza aho dia mety anaovako fiainam-be fotsiny ihany izany dia lany. Ny zavatra tena tiako dia ny fahafahako mampianatra ny zanako mba hananany fiainana hafa, fiainana tsara lavitra noho ny fiainako.

Raha manana fahafahana manolo-kevitra amin’ny mpitondra fanjakana aho dia ny mba :

  1. Hampihenana ny saram-pisoratana anarana eny amin’ny sekolim-panjakana

  2. Hamatsiana fitaovam-pianarana ho an’ny ankizy eny amin’ny EPP

  3. Hizarana sakafo ny mpianatra eny amin’ny EPP

  4. Hampitoviana ireo fepetra rehetra voalaza etsy ambony ho an’ny sekolim-panjakana rehetra: ny saram-pisoratan anarana (izay 30000 ariary eny aminay nefa 12000 ariary any amin’ny hafa), ny fitaovam-pianarana, ny sakafo ho an’ny mpianatra.

  5. Manohana ny fikambanana toa ny ATD Quart Monde izay miady amin’ny fahantrana.

* * *

TEMOIGNAGE DE SOLO

La scolarisation des enfants représente une grande difficulté pour nous à Andramiarana. Cela ne veut pas dire que nous attendons toujours des aides financières comme le cash transfer pour scolariser nos enfants. Nous faisons déjà des efforts, mais nous avons quand même besoin d'être soutenus.

Dans mon cas, j’ai 8 enfants et je devrais en scolariser 7. Mais par manque de moyens, je ne vais pouvoir en scolariser que 6. E

En ce moment, mon esprit travaille beaucoup car je n’ai pas encore réussi à rassembler l’argent nécessaire pour leurs droits d’inscription (30.000 Ar) chacun, sans compter les fournitures dont le cartable qui au minimum 5.000 pièce.

Les enfants ont besoin d’aller à l’école et de recevoir une bonne éducation liée à son âge. Si ces deux besoins ne sont pas satisfaits, ils seront victimes la violence de la vie. Les filles auront des enfants très tôt ; à l’âge de 30 ans elles auront plusieurs enfants de pères différents. Nos enfants connaîtront donc la même vie de misère que nous, leurs parents. Et à leur tour, ils transmettront la même chose à leurs descendants et ainsi de suite ; un cercle vicieux…

Par ma vie et mes expériences sociales, je suis convaincue que pour s’en sortir, les enfants ont besoin d’être scolarisés et de recevoir une bonne éducation.

C’est pour cela que je vais faire tout mon possible pour scolariser mes enfants car sinon, je vais leur léguer ma misère comme héritage : ils auront une famille nombreuse qui dépendra encore de la décharge pour avoir de l’argent.

Je n’ai pas besoin de beaucoup d’argent. Car même si on me donne une sacoche pleine d’argent, je peux tout gaspiller en peu de temps en m’offrant une vie de rêve. Ce que je veux, c’est pouvoir scolariser tous mes enfants pour qu’ils aient une autre vie, une vie meilleure que la mienne.

Si je pouvais proposer des solutions vis-à-vis de l’Etat, ce serait :

  1. Diminuer le droit d’inscription dans les écoles publiques,

  2. Donner des kits scolaires dans toutes les EPP1,

  3. Mettre en place la cantine scolaire pour toutes les EPP,

  4. Uniformiser les conditions pour toutes les EPP par rapport, à la distribution de kits scolaires, la cantine et les droits d’inscription. En effet, ils varient beaucoup selon le lieu : à Andramiarana il sont à 30.000 Ar alors qu’à Tananarive, il sont à 12.000 Ar.

  5. Appuyer les organismes comme ATD Quart Monde pour la lutte contre la misère.

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Education et Culture: 10ème anniversaire de la bibliothèque
18/10/2013
Solo
Madagascar

Je m’appelle Voahangy....

Je m’appelle Voahangy

J’habite à Antohomadinika IIIG Hangar

J’avais deux ans quand j’ai perdu ma maman. J’ai un frère. Nous avons habité à Ankadivoribe. Quand la douleur s’est un peu estompée nous avons quitté ce village ; à ce moment-là notre grand-mère paternelle vivait encore avec nous. Nous étions logés chez la sœur de notre grand-mère aux 67 ha, et c’était agréable car toute la famille était réunie là. Malheureusement la mort de celle qui nous avait hébergés nous a obligés à partir de la maison. Un frère de notre papa (qui n’était pas issu de la même mère) habitant à Ampitatafika nous a accueillis. On y était bien, seulement il n’a pas pu nous héberger longtemps. Alors nous sommes allés à Andravoahangy chez quelqu’un qui était encore de la famille de papa. Partout où nous sommes allés c’était bien, mais tout avait une limite. Nos pérégrinations ont duré 3 ans durant lesquels nous avons subi beaucoup de violence.

Papa a trouvé du travail, mais son salaire ne pouvait pas assurer le vivre et le couvert alors nous avons dû passer nos nuits dans la rue, et le jour nous déambulions avec les passants. Quand on habitait chez des gens, souvent les enfants des propriétaires me menaçaient, me terrorisaient, me chassaient, me pinçaient… Je n’osais rien dire, encore moins réagir car si je ne le supportais pas et que j’en avais parlé à mon papa il était fort probable que l’on nous jette dehors avant le délai prévu, alors j’ai préféré subir en silence.

Plus tard, notre papa s’est remarié et nous avons loué une maison… Il a loué une autre maison pour nous trois, à savoir notre grand-mère, mon grand frère et moi. C’était une toute petite maison. Mon papa m’a inscrite à l’école, et c’est lui qui pourvoyait à nos besoins à nous trois. Au bout de même pas une année notre grand-mère est morte d’épuisement. Mon grand-frère a refusé de déambuler dans la rue avec moi et s’est installé chez des gens à Antohomadinika.

J’ai tout de même continué à aller à l’école, seulement avec mes pauvres fournitures scolaires l’enseignant ne m’appréciait pas comme il le faisait avec les autres, j’avais senti cela. Il ne s’intéressait pas à moi, il ne m’expliquait jamais ce que je ne comprenais pas, je sentais que j’étais exclue mais mon papa n’y pouvait rien. Souvent on ne mangeait rien le matin ainsi qu’à midi, le soir on mangeait juste un peu de riz qui n’apaisait point notre faim.

A 18 ans on m’a demandée en mariage et j’ai accepté car je croyais que là je trouverais le bonheur que je n’ai jamais connu, et puis comme je suis orpheline, je ne voulais pas être déçue alors autant faire les choses dans les règles. Pendant longtemps nous avons vécu avec mes beaux-parents. Je sentais que nous n’aurions jamais notre indépendance tant que nous vivrions aux dépens de nos parents. Alors nous avons construit une maison en bois indépendante, la toiture était faite de sachets-plastique, le sol intérieur n’avait pas de revêtement. Nous n’avions qu’une seule marmite, un seul foyer, un seul lit, et on avait emprunté ce qui nous servait de couverture. Là, j’ai constaté que j’étais vraiment pauvre, alors que j’allais bientôt accoucher, je n’avais pas de sandales pour mes pieds, il n’y avait pas un seul linge pour le bébé. Mon mari n’avait pas un métier précis, il gagnait de l’argent en allant attraper du poisson à mains nues dans les étangs. Il savait faire un peu de menuiserie, il savait aussi retaper les batteries, mais cela ne rapportait pas de l’argent quotidiennement comme le poisson. Souvent on échange le poisson qu’il attrape avec du riz, ou on le vend quand il faut donner un peu d’argent au propriétaire de l’étang. C’était toujours ainsi pendant des mois. Un jour il nous restait un peu d’argent, alors j’ai pris 100 ariary pour acheter du bois de chauffe que j’ai vendu en tas et j’ai obtenu un bénéfice de 250 ariary. J’ai continué à vendre du bois de chauffe et avec les 100 ariary j’ai acheté des oranges, des mangues et des tamarins car ils se vendent facilement et n’occasionnent pas beaucoup de frais. Les, marchandises que je proposais augmentaient et j’ai pu glisser de l’argent dans ma tirelire.  Après un mois, j’ai cassé la tirelire et on a pu acheter un tissu très simple pouvant servir de couverture, un lamba pour que je puisse en changer, des sandales, et des brassières pour le bébé.

Notre vie s’est améliorée petit à petit, nous avons eu trois enfants. A son neuvième mois notre premier enfant est tombé malade. Habituellement, je le laisse jouer dans la cour lorsque je vais acheter du bois de chauffe. Et Chantal, une volontaire du Mouvement est passée juste à ce moment-là. Et elle a demandé : « Pourquoi cet enfant ne bouge-t-il pas ? » Je lui ai expliqué qu’il était sous alimenté et qu’il avait mal à la gorge. Elle m’a prodigué des conseils sur la santé de l’enfant.

Plus tard, mon mari nous a quittés me laissant seule avec nos trois enfants. Loin de me décourager, cela m’a incitée au contraire à continuer les activités que j’avais faites pour faire vivre les enfants. Mes enfants doivent aller à l’école, me suis-je dit, pour qu’ils soient comme tous les autres enfants.

Actuellement, mon petit commerce du début est devenu une petite épicerie. Mes enfants fréquentent des écoles privées. Le Mouvement m’a aidée à améliorer et à accroître mes connaissances par des formations professionnelles. Ce qui m’a beaucoup aidée aussi c’est le fait que le Mouvement m’ait acceptée comme membre de la coopérative MMM (Travailler et Apprendre Ensemble)

12/11/2012
Voahangy
Madagascar

Nous allons progresser si on se donne la main

Je m'appelle Lydie, j'ai 5 enfants

J'habite au quartier Andramiarana Morondava commune Ambohibao Antehiroka

En 2005-2006, quelqu'un du quartier de Morondava a fait un rapport au rès des responsables de la commune d'Ambohibao Antehiroka en disant qu'il y a des voleurs, sans papiers qui viennent de s'installer a près de la décharge d'Andramiarana. Les gens d'Ambohibao ont répondu en disant qu'ils n'étaient pas propriétaires du lieu de la décharge, cela appartient à la commune de Talatamaty. Les gens de Talatamaty ont fait un rapport auprès du ministère de la population et un représentant du ministère est venu pour nous poser des questions.

Deux semaines plus tard, quelqu'un est venu chez nous en disant qu'il était envoyé par les responsables.

La raison de sa venue était de nous dire qu'il ne fallait pas récupérer des ordures. Il nous a dit de partir de ce lieu d'ordure. « Vous vous regroupez ici et en plus vous polluez la ville », nous allons vous déplacer à Andranofeno. On nous a dit qu'on allait nous donner un toit et un terrain cultivable et des semences. L'état a dit qu'il allait prendre en charge notre vie pendent un an. Ce jour là, ces gens ont brulé nos maisons et nous ont emmené avec eux.

Quand nous sommes arrivés sur place, nous avons vu que la terre de là-bas était déserte, aride et dure à travailler. La semaine de notre arrivée, on nous a donné 5000 ariary pour 1m3 de transport de sable, mais 1m3 de sable, c'est le travail d'une personne de 4 ou 5 jours. Parfois on nous a donné de l'argent, parfois du riz. Il nous disait que c'était pour nous donner de l'aide comme fond de démarrage, alors qu'une année a été perdue rien que pour ce travail. Dès que les constructions des habitats et le transport du sable a pris fin, le projet a été arrêté aussi.

Ils ne sont pas allés jusqu'au bout de leur promesse, de l'espoir qu'ils nous ont donné. Rien n'était clair et nous avons beaucoup souffert après la fin du travail du sable : plus de travail, plus de nourriture et l'Etat qui nous a déplacé ne donnait plus d'aide pour nous.

On ne savait plus comment faire et plusieurs d'entre nous sont revenus ici à Antananarivo pour trouver du travail car la vie là-bas était trop dure. Nous sommes revenus là ou nous étions avant, c'est à dire dans les dépotoirs de l'usine nommée: « BOINA ». Nous avons dû nous réadapter en arrivant de nouveau sur ce lieu.

Ce n'est pas facile de vivre ainsi car tout le monde se précipite dès que le camion arrive, et cela devient une dispute et finit par un combat. Le plus fort le remporte, et puis il y a aussi ceux qui ont de l'argent qui négocient et achètent au chauffeur des choses un peu plus en meilleur état, les restes sans valeur sont destinés à tout le monde.

Pendant longtemps, on vivait dans la souffrance, parce qu'il y a beaucoup de maladies qui nous atteignent, il y a eu des morts à cause du manque d'argent pour se soigner, ce manque d'argent entraine aussi l'arrivée tardive à l'hôpital quand quelqu'un tombe malade...

Lorsque 'il y a eu un mort il n'y a pas eu une part de terre pour enterrer nos morts. Nous venons de loin d'Antananarivo et nous n'avons pas d'argent pour emmener les morts dans leur ville ou village respectifs et il faut faire beaucoup de kilomètres, le corps dans une charrette pour trouver un endroit pour l'enterrement.

En ce moment, nous nous efforçons de mettre une solidarité dans le quartier et on se donne vraiment les mains pour lutter contre la pauvreté dans laquelle nous vivons. Chacun porte maintenant dans son cœur que sans la solidarité, nous ne pourrons jamais éliminer la pauvreté.

Dans la société où nous vivons, on ne voyait que de la violence, les gens font beaucoup d'efforts pour vivre dans la paix.

Une aide a transformé nos vies , une aide à travers le projet que l'UNICEF a apporté en collaboration avec le Mouvement.

Avant, il y avait beaucoup de maisons en plastique chez nous et maintenant, plusieurs parmi nous vivent dans des maisons comme tout le monde. Nous vivons et dormons dans des maisons en brique ; les parents peuvent envoyer leurs enfants à l'école, nombreux sont ceux qui n'ont pas eu leurs cartes d'identité et livrets de famille mais ils en ont maintenant.

L'existence de tout cela ne veut pas dire que la pauvreté est disparue totalement chez nous mais par rapport à ce que nous avons vécu avant, je vois des changements pour le mieux dans notre vie, et de même pour les relations avec les alentours, nous ne sommes plus écartés comme avant parce que les gens sont tous dans l'association ici. Je crois que nous allons progresser de plus en plus si on se donne tous la main pour lutter contre la pauvreté.

12/11/2012
Lydie