Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Liban

Un rêve

Main dans la main nous mettons fin à la pauvreté. Nous sommes tous égaux. Ce sont seulement nos comportements nobles qui créent la différence entre nous et non pas la richesse matérielle. Pour toutes personnes faisant partie du monde arabe soyez solidaire, ensemble nous éveillons la conscience de nos peuples. Ahlam.

13/10/2015
Ahlem
Liban

Autour de la célébration du 17 Octobre 2015

Chers amis à travers le monde,  

Comme chaque année le «17 Octobre » reste une journée qui marque mon esprit. Cette année la célébration de cette journée est une occasion de plus pour confirmer ma volonté ainsi que celle des autres autour de moi de construire un chemin vers un monde sans misère. Un chemin qui commence par le fait d’accepter tous les autres avec une force profonde venant du cœur.

Au sein de notre Centre « Beitouna » nous nous sommes donnés comme objectif cette année de réaffirmer le sens du message de la Journée du 17 Octobre.

Nous continuons avec joie à nous réunir pour la préparer. La célébration portera des pièces de théâtres inspirées de notre vie quotidienne, des chansons…

Leila.D Liban    

13/10/2015
Leila
Thaïlande

Evocation: Dalle commémorative des victimes de la misère

Cette Dalle nos vies qui se fondent et se cristallisent en un joyau

Consumées d'amour et de solidarité, d'harmonie et d'entraide

Nous cherchons l'agir fondé par des pensées positives

Nous cherchons le courage de confronter la vérité et la justice

Nous cherchons une voie contre l'injustice par la compassion

Nous cherchons le vrai soi, nourri des enseignements du Maître

Pour que les parents aient les ressources et le temps de prendre soin de leurs [enfants

Pour que nos jeunes générations jouissent d'un avenir de relations chaleureuses

Pour qu'ils soient libres de choisir un métier source de bonheur pour la famille

Et accèdent à un travail qui garantisse l'intégrité et la dignité de la vie

Cette Dalle invite à l'espoir, loin des ombrages de la misère sans cœur

Cette Dalle éveille des scintillements de gloire et d'honnêteté

Cette Dalle allume une force d'engagement à la libération des misérables

Cette Dalle appelle à la pleine responsabilité de sa vie, de sa famille et de sa société

Cette Dalle réclame courage pour la survie de la communauté et de la terre

Aurions-nous oublié l'argent n'est pas le plus important dans la vie

Aurions-nous oublié la démocratie n'a pas le pouvoir de violer le droit des autres

Aurions-nous oublié la loi est garante de l'ordre social

Aurions-nous oublié tous ont droit à vivre paisiblement, en santé et sécurité

L'égoïsme fait perdre de vue l'avenir de nos enfants, de nos peuples et de notre terre

L'égoïsme fait perdre de vue l'avenir de notre humanité et son environnement

L'égoïsme fait perdre de vue notre vie présente et son avenir

Mais en cette noble Dalle sont scellées nos vies fondues et mêlées les unes aux autres pour toujours

Aporn Poompanna

Bangkok, 2014

READ AND PLAY TO END POVERTY WITH CHILDREN
12/10/2015
Aporn Poompann
République centrafricaine

Lettre aux amis du Monde (témoignage)

Chers amis du Centrafrique et du monde,  

le 17 octobre 1987, les défenseurs des droits de l'homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur la dalle en l'honneur de victimes de la misère, place du Trocadero, à Paris en France. A travers ce courrier à chacun de vous : individu, mouvement, association, plate-forme, ONG nationales et internationales, apportons nos forces pour « construire un avenir durable. S'unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination ».

Le Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde, disait : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré ». Voici ce que j'ai entendu lors de mes visites pour mon travail dans les provinces centrafricaines, sur la misère en milieu rural.

lire le témoignage : L'éducation est très importante, pour nous parents.

08/10/2015
Equipe ATD Quart Monde (Agir Tous ensemble pour la Dignité)
Maurice

Le Développement, il y en a, mais pas pour tous.

TEMOIGNAGE COLLECTIF DES RESIDENTS DE L’ABRI DE NUIT DE PORT-LOUIS

Le Développement, il y en a, mais pas pour tous. Donnez-nous l’occasion d’y contribuer aussi

Nous, les résidents temporaires de l’ « Abri de Nuit », s’il y a une raison que nous sommes tous ici, c’est à cause du problème de logement. Nous sommes ici temporairement en attendant que nous trouvions une solution à notre problème.

Nous voudrions lancer un appel sur ce problème de logement.

Nous disons qu’il y a du développement, mais pas pour tout le monde.

Nous voyons que là où il y a l’exclusion, nos droits humains ne sont pas respectés. D’ailleurs, ce mot « exclusion » ne devrait pas exister. Cette idée d’exclure ne devrait pas exister.

On dit que le pays est en plein développement, mais il y a toujours des laissés-pour-compte. Les personnes vivant dans la grande pauvreté le savent mieux que quiconque.

Des maisons ont été construites au pied des montagnes (des logements temporaires). A chaque pluie, il y a des glissements de terrain et des maisons s’affaissent.

Combien de personnes sont décédées ici même quand il y eut ces pluies torrentielles? Pourtant ces bâtiments-là ont été construits dans le cadre d’un projet de développement.

Du développement il y en a, mais c’est surtout sa durabilité qui compte.

Pour avoir un logement, nous devons prendre un emprunt sur une période de 20 ans. Notre emploi n’est pas permanent. Après 2 ou 3 ans, nous nous retrouvons ici (à l’abri de nuit).

Dans notre pays, la plupart des petits travailleurs n’ont pas de travail. Les employeurs ne nous embauchent pas, ils recrutent plutôt de la main-d’œuvre étrangère. Pourquoi ?

Parce qu’ils coûtent moins cher? Parce qu’ils rapportent plus d’argent ? Parce qu’ils travaillent davantage ? Nous ne savons même pas pourquoi.

Supposons qu’on soit une personne qui a fait de la prison, on a envie de changer notre vie. Nous avons besoin de travailler. On nous dit « non, il n’y aucune solution parce que notre dossier n’est pas recommandable. » De nos jours, tout dépend de la moralité. Mais n’a-t-on pas besoin d’argent ? Chaque jour on a besoin d’argent pour vivre. on a besoin de l’argent pour toutes les choses de la vie. C’est pourquoi à la longue, certains commencent à voler et c’est à ce moment-là que nous sommes considérés comme des hors-la-loi. On peut alors tomber dans le désespoir, l’alcoolisme, la drogue…

Parfois, même s’il y a du travail, les salaires qu’on nous propose nous découragent. Il y a même des endroits où on ne peut pas entrer si on a des savates aux pieds.

C’est pour cela nous disons que le développement durable n’est pas pour nous. Nous n’avons rien à y gagner. 50% des petites gens comme nous sont en prison. Ici, c’est la loi qui prime. Si on hausse le ton, on risque d’être emprisonné à nouveau. Mais c’est très rare qu’il y ait au moins deux personnes qui s’asseyent avec nous et nous écoutent pour préparer notre message. Ailleurs, peut-être on ne trouvera pas ce moment, on n’en trouve pas.

Le développement durable n’a pas lieu pour tous. Pour certains, oui, c’est bon. Il faudrait faire de sorte que tout le monde en profite.

Nous sommes confiants que le gouvernement a la possibilité de changer les choses car tout est entre ses mains et ils connaissent la situation.

Par exemple, lorsqu’il y a un cyclone, le gouvernement, à travers le Prime Minister’s Relief Fund, aide les sinistrés. Nous pensons que l’Etat peut demander au secteur privé de verser une somme d’argent chaque mois dans le Prime Minister’s Relief Fund pour aider à combattre la misère.

Tant que les personnes seront dans l’assistanat, ce ne sera pas facile de combattre la misère. Si nous pensons négativement, nous aurons toujours des difficultés, nous devons avoir une attitude positive. Collaborer, réfléchir ensemble, se mettre ensemble pour créer un développement durable où tous auront une part du gâteau. Et non que l’un touche cette part-là et que l’autre reçoit juste un tout petit peu de sucre.

Pour la construction de notre avenir, nous voulons un développement durable dans lequel nous laisserons notre empreinte.

Noël, l’un des hommes vivant à l’Abri de Nuit

Commémoration de la Journée du Refus de la Misère
08/10/2015
Collectif Des Résidents D’un Abri De Nuit