Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Belgique

Le 17, ces personnes ont droit à la parole.

« En ville, quand je passe devant des gens qui mendient, je leur dis bonjour. A la gare, un jeune mendie, je lui ai offert un café.

Et aussi une fillette de 16 ans, assise par terre avec son chien. Elle a été rejetée par sa famille, on ne lui a pas demandé pourquoi bien sûr! Comment le gouvernement autorise il ça , tous ces jeunes à la rue? Devant la banque ING, un monsieur pleure d’avoir perdu sa maman. Il me dit : "Vous êtes près de moi, vous me parlez. Ce qu’il y a dans mon petit pot de mendiant n’est rien. Vous, vous prenez du temps pour me parler." Je me dis toujours qu'on ne peut pas juger, on ne sait pas ce qu’il a souffert, ni pourquoi il est comme ça.

On en rencontre partout, dans les abris de nuit, des gens qui sont en ordre avec rien. Et même là, on ne les prend pas. Il y en a un avec ses valises, ça fait beaucoup de temps qu’il traîne comme ça. Quand j’ai dormi là, j’ai vu qu’on a jeté un homme contre une barrière et il a passé la nuit dehors. J’ai vu quand on a mis une dame de 62 ans dehors parce qu’elle avait une petit boite de bière. Elle s’est retrouvée à l’hôpital. J'ai vu la souffrance des abris de nuit et ce qu’ils subissent.

Le 17, ces personnes ont droit à la parole mais c’est tout le temps qu'on devrait les considérer. Beaucoup n’osent pas aller au CPAS, ou dans un bureau, ils ne sont pas respectés car on dit : ils sont mal habillés, ils ne sont pas lavés. Souvent, on va dire aux gens pauvres : je viens vers toi, pour t’aider, pour que tu changes… or ça n'apporte rien sinon du blabla! Mais si je dis : je suis ton ami, je suis ton frère, je vais t’aider et toi aussi tu pourras m’aider, je te donne une valeur, et tu me donnes une valeur. Ce n’est pas moi qui t’impose, c’est nous deux ensemble qui allons réaliser ce qu’on peut réaliser. »

Bernadette F et Michel B. Liège, Belgique octobre 2015.

21/10/2015
Bernadette F et Michel B
International

Ils témoignent pour la Journée mondiale du refus de la misère

Aux Philippines, au Guatemala, Eden, Karina, Betza luttent avec d’autres pour que l’éducation soit accessible à tous. Le 17 Octobre 2015, ils témoigneront en vidéo lors de la commémoration de la Journée mondiale du refus de la misère à l’ONU.

Vous pouvez découvrir ici leur témoignage en vidéo.

Eden Mañalac vit au cimetière Nord de Manille, aux Philippines. Avec ceux de sa communauté et le soutien d’amis venus d’autres quartiers, elle s’implique dans les efforts de son pays pour une éducation réellement pour tous.

Karina Hombrados (de Escuintla au Guatemala), vendeuse de rue, agit dans son quartier pour une éducation réellement pour tous les enfants.

Etudiante de 21 ans, Betza Orozco vit dans un quartier populaire de Guatemala Ciudad. Elle explique combien il est difficile de suivre des études quand on vit la pauvreté au quotidien.

16/10/2015
Eden, Karina, Betza
République centrafricaine

Témoignage de Centrafrique pour la Journée Mondiale du Refus de la Misère

Ce témoignage collectif a été rédigé à partir de paroles et de réflexions échangées lors de différentes rencontres entre membres du Mouvement ATD Quart Monde dans ces dernières semaines.

La misère m'a traitée de tout : humiliation, violence, tout et tout. Le 17 octobre c'est la journée pour prendre en considération les douleurs dont chacun souffre. Quelqu'un qui a la douleur dans son coeur et entend ce que les autres disent sur la souffrance, il aura le courage. Et quand on partage sa souffrance, on reçoit la paix du coeur.

L'inquiétude ne manque pas mais nous qui cherchons la paix, on ne peut pas parler de l'inquiétude. Nous voulons construire un avenir durable. Un avenir durable, c'est quoi ? Aujourd’hui, nous sommes parfois incapables de parler d'une construction durable. Et se mettre ensemble pour y réfléchir est difficile. Tout le monde reste dans la grande peur.

Nous savons que le progrès, le vouloir-vivre-en-commun, le respect du bien commun, l'acceptation des étrangers, sont des valeurs que nous devons cultiver si nous voulons construire un avenir durable.

Nous savons que s’instruire est important pour un avenir durable. Nous voulons l’école pour les enfants, une formation pour les jeunes, des cours d’alphabétisation pour les adultes, parce que l’instruction, c'est le port de la réussite.  

Ce que nous faisons dans le mouvement ATD Quart Monde, ce ne sont pas des blagues : c'est un pays qu'on cherche à rétablir dans l'avenir pour que nos enfants soient à l'aise au milieu des autres. Si on parle de pays, le pays c'est nous.

Nous savons que sortir le matin pour aller travailler empêche les jeunes de prendre un fusil pour aller tuer des personnes.

Nous savons que se mettre ensemble pour le travail au champ construit un avenir durable. « Je construis la paix durable en tissant des nattes que je vends pour bien manger, bien dormir ». Nous savons que de pouvoir soigner et loger sa famille facilite un avenir durable.

Nous savons que choisir des bons dirigeants et avoir une justice juste construit l'avenir d’un pays. Et nous voulons un pays qui attend quelque chose de nous. Il faut apprendre que les pauvres aussi ont une intelligence. Si le monde pouvait se donner la peine de comprendre ce que nous faisons, ce que nous pensons, au lieu de décider dans les bureaux, ça pourrait aider.

Nous croyons que de prendre en considération la paix des pauvres rendrait le pays durable.

Dans la devise centrafricaine il y a ce mot : «unité». Pour combattre la pauvreté, on a besoin de partager les idées avant d'agir et de se mettre ensemble, parce que seul on n'y arrivera pas.

Les riches ne savent pas ce qu’on appelle la difficulté difficile. Ils savent des choses, mais pas toutes les choses. Et nous les plus pauvres, nous savons des choses, mais pas toutes les choses. Il nous faut ajouter ces savoirs des uns aux savoirs des autres. Si je suis enfermé dans ma misère, je peux en faire une arme sur les autres.

Le riche, c'est pareil. Avec sa richesse, il peut devenir une bombe contre les autres. Si l'essentiel c'est l'humain, nous pouvons nous mettre ensemble, essayer de bâtir l'humanité.

Beaucoup de gens pensent d'abord à l'argent. Mais si nous ne prenons pas conscience de ce que nous sommes, si nous ne travaillons pas de nos mains, si nous ne partons pas de notre connaissance, si nous n'avons pas un savoir de qualité qui amène à connaître le mal et le bien, si nous nous laissons prendre par les ignorances et la violence, alors, même si l'argent est disponible, rien de bon ne peut être réalisé.

Nous avons à parler, mais pas par la bouche, car la bouche qui crie ne tarde pas à être fatiguée et elle s'éteint. Il nous faut donc parler par des actes. Pas par des destructions, mais par des constructions.

Télécharger le témoignage

16/10/2015
les membres du Mouvement ATD Quart Monde en Centrafrique
Liban

Un rêve

Main dans la main nous mettons fin à la pauvreté. Nous sommes tous égaux. Ce sont seulement nos comportements nobles qui créent la différence entre nous et non pas la richesse matérielle. Pour toutes personnes faisant partie du monde arabe soyez solidaire, ensemble nous éveillons la conscience de nos peuples. Ahlam.

13/10/2015
Ahlem
Liban

Autour de la célébration du 17 Octobre 2015

Chers amis à travers le monde,  

Comme chaque année le «17 Octobre » reste une journée qui marque mon esprit. Cette année la célébration de cette journée est une occasion de plus pour confirmer ma volonté ainsi que celle des autres autour de moi de construire un chemin vers un monde sans misère. Un chemin qui commence par le fait d’accepter tous les autres avec une force profonde venant du cœur.

Au sein de notre Centre « Beitouna » nous nous sommes donnés comme objectif cette année de réaffirmer le sens du message de la Journée du 17 Octobre.

Nous continuons avec joie à nous réunir pour la préparer. La célébration portera des pièces de théâtres inspirées de notre vie quotidienne, des chansons…

Leila.D Liban    

13/10/2015
Leila