Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Madagascar

J’accueille tous ceux qui viennent

Je m’appelle Charlotte Dorothée, j’ai 54 ans. J’ai six enfants qui sont grands maintenant dont cinq ont leur foyer. Une fille et son enfant demeurent avec moi à Nosimanitra, fokontany Besakoa. Mon époux était pêcheur et je l’accompagnais à la mer. Il ramait dans la pirogue et je jetais le filet. Revenant de la mer, je continuais en vendant les poissons et les pieuvres au bazar.

Depuis la mort de mon époux en 2012, j’ai travaillé seule pour survivre. Je faisais du café, des galettes de riz dites « mokary » et des patates douces cuites. J’apportais ces repas cuits le long de la plage pour vendre aux piroguiers qui arrivent de la mer et aux femmes revendeuses de poissons qui attendent les pirogues. Par la suite, je me suis arrêtée à faire la vente le long de la plage pour des raisons d’insécurités. Mais je continuais à vendre ces repas cuits chez moi au village Nosimanitra. Du produit de cette gargotte, ma fille et moi, nous nous entraidons pour survivre, pour assurer le devoir social et pour soutenir l’école de mon petit enfant. Je ne fais de distinction à aucune personne qui vient demander un repas à crédit, je donne à tous ceux qui demandent. J’accueille tous ceux qui viennent sans tenir compte du visage, ni du niveau de vie d’autrui et j’entame le dialogue avec les clients.

Merci de votre aimable attention 

La journée au centre culturel BASIA
02/11/2015
Charlotte Dorothée
Madagascar

la paix est un gage pour le développement.

Témoignage de Liliane d'Andramiarana à Antananarivo pour le 17 octobre 2015.

Thème : Construire un développement durable, s'unir pour mettre fin à la pauvreté et la discrimination.

Le combat que nous faisons tous les jours est un développement durable pour le futur.

Mon nom est Ravoanginivihitra Liliane, j'ai un enfant et mon mari est déjà mort.

Ma famille m'a orienté et m'a donné des informations concernant le Mouvement ATD Quart Monde.

Un ami dans le Mouvement m'a dit qu'il a trouvé des éclairs dans sa vie depuis le moment où il a connu le Mouvement, cela lui a permis d'être ouvert avec tout le monde, et de découvrir l'importance des études, il a commencé à faire rentrer son enfant à l'école, et il a un grand espoir pour ce dernier.

Pour moi, le vrai développement durable c'est le fait d'avoir la paix dans le foyer et dans la société, cela me donne la force de progresser dans mon travail. Au moment de la dernière inondation, la plupart des gens étaient tombés dans l'eau, c'est là que j'ai réalisé l'importance de l'entraide, la solidarité au niveau de la société.

A cette époque, la solidarité m'a aidé de la développer dans ma vie. Dans le quartier, il y avait un moment où les troubles étaient successifs entre les couples, les voisins; je me suis engagée à réconcilier ces gens afin d'avoir la paix car la paix est un gage pour le développement.

J'essaie toujours de coopérer avec les gens de mes environs, de leur partager le peu de connaissance que j'ai. Je connais beaucoup de travaux artisanaux comme la broderie, le crochet, la couture, les tresses, les tapis...

Mais le problème c'est l'insuffisance des outils et les débouchés pour les produits finis. Je souhaite partager mes savoirs mais moi même je ne peux réaliser ses travaux d’artisanat à cause de ces problèmes que je viens de citer.

Un problème aussi c'est l'hésitation pour l'endroit où on peut vivre car j'ai entendu parler d'un aménagement de la route (une rocade) là où on vit; si on déplace le bac à ordure, beaucoup parmi nous perdent leur travail, et peut-être que beaucoup parmi nous seront sans abri. Notre vie est dans une incertitude en ce moment.

Nous lançons un appel à haute voix aux autorités et aux autres différentes sections qui travaillent pour le développement dans notre quartier afin de pouvoir trouver une solution avec nous.

Nous souhaitons surtout que les autorités apportent une protection pour les pauvres, et de se mettre en partenariat avec les différentes sections privées qui travaillent avec nous (avec des bonnes actions) afin de porter ensemble attention sur la vie des gens exclus de la société.

Nous souhaitons qu'aucune personne pauvre ne soit exclue car elle a les mêmes droits et la même dignité que tout le monde.

Personne ne souhaite dépendre des autres, c'est pour cela que nous lançons un appel de collaboration à tous les secteurs pour élargir et développer notre travail afin de ne jamais dépendre des aides des autres.

17 octobre à Madagascar
30/10/2015
Ravoanginivihitra Liliane
Madagascar

Pour un avenir durable il faut passer par l’éducation

TÉMOIGNAGES POUR LE 17 OCTOBRE 2015

« Construire un avenir durable: s’unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination »

Steeve / Antohomadinika III G Hangar

Un avenir durable, pour moi c’est avoir un travail durable, être affiliée à l’Ostie (comme cela, en cas de maladie on peut se faire soigner sans avoir à payer), être affiliée à la Cnaps aussi (comme cela on a droit à une retraite quand on sera vieux, incapable de travailler). Avec ce travail on peut posséder une terre et une maison pour ses vieux jours et pour ses enfants.

Je sais que pour un avenir durable il faut passer par l’éducation, par des études surtout. Consciente de cela, je participe au développement de ma famille. Cette année, j’ai aidé ma mère pour l’achat des kits scolaires pour mes cadets. Je ne voudrais pas qu’ils vivent à leur tour ce que j’ai vécu, j’ai dû abandonner l’école alors que j’avais encore envie de poursuivre mes études.

Je participe aussi au développement de mon fokontany, avec les autres, je fais des animations pour lutter contre la violence et le viol des enfants, j’écoute et donne des solutions aux problèmes des voisins par le kiosque KAPDA (kiosque d’Accueil de Personnes en Difficulté d’Antananarivo), je fais partie aussi de la jeunesse du Mouvement ATD Quart Monde qui procède à l’assainissement du fokontany.

Mon problème c’est que je n’ai pas un travail durable. J’ai déjà fait l’effort de chercher du travail mais on ne m’a pas encore embauche même si dans l’entreprise il y a bien une place qui correspond à mes capacités, tout simplement parce que je n’ai pas le bac. Pourtant j’ai fait pas mal de stages. Aujourd’hui on mesure votre capacité par vos diplômes.

Les jeunes nécessiteux ont besoin de plus d’ouverture ; ils doivent posséder d’autres langues étrangères. Ainsi ils ne seront jamais perdus, même sans le bac. La langue étrangère ne doit pas constituer un nouvel écueil.

Il est nécessaire que les entreprises collaborent avec les associations qui s’occupent des jeunes.

Ce n’est pas simplement une histoire de stage, mais embaucher vraiment les jeunes nécessiteux car c’est cela l’avenir durable.

La construction du développement durable est un long combat et nous avons besoin de collaboration avec l’État. Les réalités politiques, sociales et économiques du pays n’entraînent que plus de difficultés pour les jeunes. Le chômage, la drogue et la violence règnent en maître. Les jeunes aspirent à un avenir brillant et durable. C’est pour cela que des associations, comme le Mouvement ATD Quart Monde, luttent pour que les jeunes ne soient pas abattus par la violence et le découragement.

Mes souhaits de collaboration avec l'état :

Avoir une politique efficace pour lutter contre le chômage des jeunes, pour qu’ils puissent avoir un avenir durable.

Que l'Etat soit réellement à l’écoute de ceux qui sont très pauvres au lieu de vrais pauvres qui subissent le poids de la misère et de la discrimination.

Le problème, à mon avis, pour la solidarité en vue d’éradiquer la pauvreté et la discrimination, c’est que, souvent, les plaintes, les appels et les cris sont lancés dans le désert, personne ne les écoute.

J’ai vécu un événement qui a prouvé que la solidarité peut mettre fin à la pauvreté et à la discrimination : c’était lors des dernières inondations. Tout le monde a uni ses efforts, des individus, des associations, des organismes d’Etat se sont donnés la main. Pour terminer, je dis qu’il ne faut pas attendre que le problème ne trouve plus de solution avant de réagir.

17 octobre à Madagascar
30/10/2015
Steeve
Madagascar

La solidarité est un gage d'un développement durable dans l'avenir.

ATD Quart Monde à Madagascar

Temoignage de RAHANTAMALALA Pauline

Membre ATD Quart Monde à Madagascar à ANDRAMIARANA.

La solidarité est un gage d'un développement durable dans l'avenir.

Mon nom est Rahantamalala Pauline, j'ai quatre enfants.

Après la séparation avec mon mari j'étais exclue par ma propre famille, c'est ce qui m'a amené à vivre à Andramiarana où je ne suis plus exclue.

Des habitants de ce quartier m'ont donné de la force pour faire face à ma vie.

Malgré la pauvreté des gens qui habitent ces lieux, nous qui vivons de la récupération des objets à la décharge, ces personnes s'efforcent toujours à remettre des personnes debout pour faire face aux combats de la vie.

Pour moi le développement durable c'est l'existence de la solidarité dans la société pour se donner de courage dans la vie.

L'entraide se présente sous plusieurs formes dans notre société. Par exemple dans le travail : la conception des tapis avec des bouts de tissus récupérés à la décharge, il y en a qui vendent des outils de travaux, certains qui tressent et d'autres qui vendent les produits finis, ce sont des formes d'entraide et de solidarité dans notre quartier, ils donnent des travaux qui permettent à chacun de survivre.

Dans la société nous avons aussi besoin des échanges d'idée. Hanitra qui est membre avec nous m'a dit que le fait de participer aux différentes rencontres avec les autorités, entre les membres de l'association a enlevé sa peur.

En ce moment elle accompagne ses voisins pour rentrer dans les bureaux et elle informe les droits de chacun, soutient les autres pour avoir l'acte de naissance, la carte d'identité nationale et sensibilise les gens à aller se soigner dans les centres de santé de base ( CSBII).

Le problème dans le développement c'est le chômage, le manque de connaissance, et surtout la différence de la façon de penser pour chacun, tout cela est un empêchement pour le développement.

Un problème aussi c'est de ne pas avoir un endroit sûr pour pouvoir vivre.

Nous avons entendu parler qu'il y a un aménagement de route chez nous, c'est un grand espoir pour nous car il y aura une progression dans le pays, mais ça devient aussi un souci pour nous car cela va peut être créer un grand changement dans notre façon de vivre.

Si on déplace les grands bacs à ordures, où est-ce que nous allons trouver de quoi vivre? Y aura-t-il une protection pour nous ? Est ce que cette petite société pleine de solidarité pour le travail de développement sera détruite?

On ne trouve pas de réponse à toutes ces questions mais nous souhaitons que le Mouvement ATD Quart Monde soit toujours avec nous. Ce dernier nous a mis en relation avec l'Etat et toutes les autres structures existantes (le cas de l'inondation pour avoir des aides) qui sera en partenariat avec nous pour le développement pour l'avenir.

Les médecins venants de l'AFAFI et le CSBII d'Ambohibao aussi, aident pour le développement, car ils nous ont soignés en cas de maladie et nous ont aidés pour le planning familial.

L'aide que l'Etat a apporté pour l'élaboration des copies d'actes de naissance a donné des fruits. Nous souhaitons que l'Etat porte plus d'attention à nous ici pour que nous ne soyons plus une charge pour le pays mais un levier pour le développement.

Que nous soyons audacieux, pour ne pas accepter des injustices, car chacun a ses droits et sa dignité que l'on ne peut pas négliger, l'exclusion disparaîtra, nous deviendrons un peuple uni.

Nous demandons à toute la force vive de se tenir la main et de s'entraider pour lutter contre l'exclusion. Et que nous ayons tous le même but pour le développement durable.

17 octobre à Madagascar
30/10/2015
RAHANTAMALALA Pauline
Madagascar

Donner de son temps pour être solidaire avec les autres

TÉMOIGNAGE POUR LE 17 OCTOBRE 2015

« Construire un avenir durable : s’unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination. »

Toto Voahangy / Antohomadinika III G Hangar :

Je fais de la couture avec une machine à manivelle et c’est mon gagne-pain. Je ne suis pas tellement spécialiste en la matière. Des fois j’ai du travail, des fois il n’y en a point. Je ne me fais pas payer trop cher car mes clients sont mes voisins et leurs moyens sont limités.

Pour moi l’avenir durable c’est le fait de considérer la fin, par exemple exercer un métier permanent, qui permet de vivre, sur lequel on peut compter, un métier garant des situations difficiles et de la vieillesse.

Pour le moment quand je serai vieille et incapable d’exercer mon métier, je ne toucherai plus rien et ne peux prétendre à une quelconque pension de vieillesse. Pendant ma jeunesse, je n’ai pas réussi à trouver du travail et ne compte plus en trouver maintenant. Même si je pense construire un avenir durable, quand on n’a pas les moyens on ne peut rien. Ce que j’ai déjà fait, car je crois que c’est un moyen d’être avec les autres pour chercher un avenir durable, c’est de m’engager au sein d’un Mouvement tel qu’ ATD Quart Monde.

Il fût un temps où l’idée de fonder une petite association a germé dans ma tête et celle de certaines de mes amies. Mais ce n’était pas facile de le faire et notre idée n’a pas pu être réalisée. Même si l’on veut bien être solidaire, parfois il n’est même pas possible de se rencontrer car on est tous très pris par la quête du quotidien.

Une fois, une association dénommée « Fanavotana » a déjà entrepris un stage de couture manuelle pour les familles nécessiteuses de notre quartier. Beaucoup ne sont pas allées jusqu’au bout du stage, elles ont été très irrégulières ou ont abandonné avant terme et n’ont pas du tout acquis ce que le stage a dispensé. A la fin de ce stage, on a reçu des commandes, alors les stagiaires ont repris du cœur à l’ouvrage sans posséder totalement l’art de la couture. Résultat les commandes ont été très mal faites et le projet a été abandonné.

Il faut se donner et donner de son temps pour être solidaire avec les autres, mais il faut aussi penser aux intérêts de tout un chacun. Les stagiaires qui ont abandonné ne l’ont pas fait par paresse ; mais le temps qu’il passe au stage équivaut à un salaire qu’il ne touchera pas car il vit au jour le jour. Je désire monter une petite coopérative de couture car je crois et j’espère que cela me suffira quand je serai vieille, mais pour cela j’ai besoin d’une machine dans les normes : une machine à coudre industrielle.

Il faut penser en particulier aux plus pauvres, donner la même chance à tout le monde. Sinon, la situation ne s'améliore pas, le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter, et je ne parle que de ceux qui sont autour de moi. Voici ce que je veux dire à ceux qui nous gouvernent :

-Qu’ils regardent les très pauvres au lieu de vrais pauvres que l’on ne voit pas ou que l’on a oubliés.

-Qu’ils aident et fournissent des outils à ceux qui travaillent pour leur compte.

-Qu’ils pensent à donner aux jeunes un travail durable car c’est pendant la jeunesse que l’on assoit sa vieillesse.

-Qu’ils pensent aux personnes âgées qui ont travaillé pour leur compte : ils doivent continuer de travailler alors qu’ils ont l’âge de la retraite : faire la lessive des gens par exemple. Une vieille dame m’a confié, en route pour la lessive, une lourde cuvette débordante de linge sur la tête : « tant que l’on mange il faut chercher de l’argent = travailler) ».

17 octobre à Madagascar
30/10/2015
Toto Voahangy