Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
France

Ne pas baisser les bras face aux humiliations et incompréhensions.

Aujourd'hui comme tous les jours je me réveille en me disant est que ça être encore une journée de galère à courir pour chercher un travail, à me confronter non à des humains mais à des automates!!!

Les courriers administratifs que je reçois sont des courriers informatisés. Certaines sociétés parlent de remettre l'humain au coeur de l'entreprise et par derrière on se rend compte que c'est l'inverse qui se produit!! Où trouver la force, le rebond lorsqu'on se sent manipulé par un système asservi à l'arbitraire d'automates ? Le monde ubuesque dénoncé par des auteurs comme Orwel est en train de s'incarner sous nos yeux. Devons nous rester des spectacteurs impuissants en train d'assister à la chute de l'empire ?  

Le système dans lequel nous sommes est en train de montrer ses limites , nous avons le choix entre la rencontre de l'autre ou la destruction des relations par peur de nous mêmes. La peur montré comme exemple par certains économistes (voir l'éditorial d'ouest-france du 18 octobre ) n'est pas forcément la seule alternative à un monde malade de son indifférence et de sa cupidité excessive.

Si l'argent n'était que le seul moteur de ce monde , nous devrions être heureux puisque soi-disant nous sommes dans un pays riche. Or on voit bien que ce n'est pas le cas. L'argent doit être au service du bien commun et non l'inverse.

Pourtant j'aurais tendance à croire le contraire le contraire puisque la richesse n'est plus lié à la production mais tire sa source le plus souvent de la spéculation. Aussi ne nous étonnons de voir une masse de personnes de plus en plus grandes à être révoltés par des pratiques qui sont contraires aux valeurs de la vie en collectivité.

La vie ne s'achète pas plus qu'elle ne se mérite. Vouloir forcer les personnes à se mette au travail de manière contrainte fait naitre en eux plus d'ammertume que de  bonheur.

Souhaitez vous rendre heureux les citoyens de votre pays ou privilégier ceux qui vous ressemblent et vont dans votre sens ? C'est la question que j'aimerai poser au futur candidat à la présidence de la République. Et aussi quelle sera ces propositions en matière de représentations des plus pauvres au sein de son gouvernenement? Quand y aura t-il enfin des regards croisés à partir de ce que vivent au quotidien ceux qui sont souvent condamnés à n'être justement que représenté ? Y aura t'il une attention particulière accordé au bien être de ceux qui ne font que subir leur sort en ayant des minima sociaux et à qui ne leur est proposé que des bons d'aides alimentaires pour se donner bonne conscience ? Est ce que l'économie doit envahir tout le champ de vision de la politique ? N'y a t'il pas moyens d'imaginer des chemins de traverses qui permettent à toute personne de se sentir digne et fiers d'être sur cette terre?

On voit que là-dessus les réponses sont le plus souvent évasives et pourtant je sens dans mon quartier H.L.M. comme une soif de sentir heureux et fiers de soi qu'aucun autre ne pourra détruire. Je serai d'avis de revoir notre devise républicaine et d'y ajouter les mots Dignité et Fierté.

Le temps est passé de se chercher des boucs émissaires dont les plus pauvres Rsastes , familles séparés , immigrés font les frais. Partout où les groupes humains cherchent à se refermer sur une identité commune , locale , nationale, idéologique , raciale, religieuse , de terroir , les boucs émissaires pullulent. Cela demande de s'attaquer aux fondements de ce qui a permis à notre civilisation d'être ce qu'elle est : un modéle inapte à faire vivre en intelligence des personnes singulières au sein de la collectivité et qui alimentent les rivalités plutôt que de sortir des logiques d'affrontement. Le problème est sans doute à la fois religieux et humain.

Ne pas s'accepter soi-même conduit finalement à exclure l'autre. La fraternité universelle ne pourra se faire je crois que dans l'acceptation du Pére symbolique , qu'en se sachant reçu d'un Autre que nous ne connaissons pas. Les politiques sont ils conscients de cela qu'un Autre les habitent , que ce pouvoir dont ils abusent le plus souvent , ils l'ont reçu  des citoyens , ils ne l'ont pas d'eux-mêmes . Vaste sujet mais qui mérite d'être évoqué en des temps devenus de plus en plus incertain et incontrolables.

18/10/2011
Régis HANNART
France

on peut s'en sortir

J'ai connu l'abandon,la maladie et le chômage la mème année, il y a 10 ans et j'ai découvert un autre monde, le quart monde...J'ai pris une grande leçon de vie et j'aimerais beaucoup faire partager mon expérience personnelle.

Ne pas paniquer car ça arrive à tout le monde...

Faire confiance à tous les gens qui t'aident et te soutiennent

Apprendre à recevoir sans culpabilité car oui c'est ton tour mais tu vas rester debout.

17/10/2011
ariane
Bénin

NON A LA MISERE ! TRAVAILLONS SANS LA PARESSE

Nous, les enfants de Hêvié Huinmê Saho, les enfants de LOKOSSA et les enfants de PARAKOU Quartier de SINAHOU l'Arrondissement de BETEROU Commune de TCHAOUROU,  répresentons tous les enfants du Bénin, du Lieu des évenements pour dire Non à la Misère, au Bénin et dans le monde entier .

Si on dit que la Guerre est le capital de la misère qui frappe les enfants et toute la famille, elle crée la pauvreté. La privation des choses nécessaires aussi crée la misère . Si même un village, ou une ville, est déclarée misérable lorsqu'elle ne renferme par les choses necessaires aux besoins de sa population. elle est considerée pauvre ou malade.

Une nation est misérable lorsque ce pays manque des insfractures adéquates pour promouvoir et satisfaire les besoins de sa population ou des individus qui y habitent. Si cette nation ne trouve pas les aides auprès des gens de bonne volonté, elle sera toujours dans la misère .

La misère est un virus qui n'épargne personne. La misère créé au fur et à mesure le virus de licenciement dans toute la contrée. Et s'il n'y avait pas les ONG comme "Emploi aux Jeunes", qui a déjà construit  son centre pour que le monde soit satisfaire dans le fruit et travailler sans la paresse et faire chassé la misére de loin et si l'ONG de l'Emploi aux Jeunes est disponible et par des aides pour construire les differentes modules de formation sa aussi c'est grave?

Je suis en train de me battre pour que la jeunesse soit satisfaite. Lorsque j'entends parler de licenciément, je tombe malade parce qu'il y aura des pleurs. Un immigré péruvien aprés 18 ans de bons et loyaux services dans un grand restaurant du bénin a été licencié. Il a cherché du travail mais sans succés durant presque 30 ans : "j'avais pourvu aux besoins de ma famille. A présent, j'avais l'impression d'être un raté".

Le témoignage de Rik souligne une réalité bien connue des sans - emploi : Le chômage crée la misère, créé des difficultés financiéres et les enfants sont malheureux. Souvent, on est atteint au plus profond de soi. Rik dont le mari, est resté sans travail pendant plus de 30 ans confie sa vie à Jésus. Il a continué à chercher et un jour il a trouvé le boulot.

Commençons par examiner cinq façons de lutter contre la misère : avoir la patience ;  chercher ; confier tout à Jésus ; ne pas avoir la paresse ; toujours dire la vérité.

L'ONG EMPLOI JEUNES à été créée le Vendredi 17 Octobre 2008 pour en finir avec la misère. La misère est un virus de la pauvrété et de la galère, qui conduit l'homme à la maladie ou la mort. Nous appelons les mouvements internationaux à penser à nous et de nous aider à construire des centres de formation.

* * *

ONG EMPLOI JEUNES fête son 3ème anniversaire le Lundi 17 Octobre 2011. Le 17 Octobre 2011 est la Journée Mondiale du Refus de la Misère à travers le monde entier.

ONG EMPLOI JEUNES01 BP 1821 COTONOU BENINTEL 00229 96 23 68 99 http://ong-e-j-sinahou-benin01.fr.gd

17/10/2011
DE HEVIE HOUINMIN LOKOSSA PARAKOU SINAHOU
Canada

Contribution des membres de l’Université populaire Quart Monde du Canada

Prise de parole 17 octobre 2011 Contribution des membres de l’Université populaire Quart Monde du Canada

Nous, les participants de l’Université populaire Quart Monde avons réfléchi et travaillé sur le thème "La violence faite aux personnes vivant dans la pauvreté". Environ 70 personnes ont préparé ce thème au Québec, et bien d'autres ailleurs dans le monde, en lien avec le Mouvement international ATD Quart Monde. Certains d'entre nous vivent des situations de pauvreté, d'autres non. Ensemble, nous échangeons dans le but de mieux combattre la pauvreté.

Nous avons tout d'abord cherché à définir la violence. Pour nous, la violence est ce qui fait mal et qui est ressenti comme un non respect de la personne. Comme la pauvreté fait mal, la pauvreté est une violence.

L’année dernière, lors d'une de nos rencontres, nous avions parlé d’injustice. Toutes les injustices vécues par les personnes en situation de pauvreté sont des violences. Par exemple : ne pas pouvoir se loger, ne pas manger à sa faim, être victime de préjugés ou de discrimination, recevoir des amendes parce qu’on vit à la rue, etc.

Cette année, une des participantes nous a raconté une histoire qui fait mal : ``Quand je suis arrivée au Canada, je ne parlais pas le français, et maintenant je le parle un peu. L’argent qu’on me donnait pour les enfants, on me l’a coupé et je ne sais pas pourquoi. Le jeudi, je prends la passe (de transport en commun) de ma fille pour aller à l’école, les autres jours je marche. L’autre jour, ma fille est revenue de l’école en disant : ``Maman, à midi, tout le monde a mangé en classe, mais moi, je n’avais rien à manger``. Je ne sais pas pourquoi on m’a coupé l’argent comme cela. Peut-être que j’ai fait quelque chose de pas bon, je ne sais pas. Je ne sais pas lire, je veux continuer l’école pour apprendre à lire. Aller à l’école quand tu n’as rien à manger, c’est difficile. Tu ne vois pas le tableau. Je cherche aussi un logement. Mais on m’a dit que si je veux signer un bail, quelqu’un d’autre doit signer avec moi``. Ne pas avoir accès aux besoins fondamentaux, c'est une violence. Un groupe de participants  nous disent : "La pauvreté est un manque de liberté, c’est comme une prison".

Nous avons aussi réfléchi à ce qui nous maintient l’espoir. Une personne nous a dit par exemple : ``Moi, je fais partie du Carrefour familial depuis 20 ans. Cela m’a beaucoup aidée. Souvent, j’y allais jute pour me changer les idées, pour amener mon fils à la halte-répit pour pouvoir faire des courses ou pour apprendre``. La solidarité, c'est une façon de combattre la violence de la pauvreté.

Par la suite, nous avons parlé du regard et du mépris des autres. S'il est vrai que la pauvreté matérielle est une violence quotidienne, les préjugés le sont également.

Une participante nous dit : ``Je voudrais parler de ceux qui sont toujours en train de critiquer ceux qui sont sur l’aide sociale : Tu ne travailles pas, c’est moi qui te nourris, tu prends notre argent``.

Une autre ajoute : ``Il y a aussi la violence silencieuse; le regard des autres peut être violent``.

Pour un autre participant : "la pire des violences, c’est la violence institutionnelle, c’est-à-dire la violence d’ignorer l’individu, de ne jamais lui répondre et de le déshabiller de tous ses droits fondamentaux. C’est disparaître complètement dans le silence. (...) L’individu devient invisible, personne ne le voit, personne ne l’entend, il n’existe plus``. Pour combattre les préjugés, il faut beaucoup de courage. Un jour, un camelot vendait le journal de rue. Un passant lui dit : "vous feriez mieux d'aller travailler". Pour nous, ne pas reconnaître le travail de ce camelot, l'effort qu'il fait, c'est une violence. Mais c'est difficile de réagir face à des personnes qui portent des jugements. Certains s'en sentent capables, d'autres  non. Une d'entre nous propose une autre façon de réagir, elle nous dit : ``Je trouve que c’est intéressant, ce que disent les camelots; pour quelques réflexions désagréables qu’on entend, combien d’encouragements on reçoit. Je trouve que si on est pris de court, qu’on n’a pas toujours le courage de dire quelque chose, on peut, nous, porter attention et signifier qu’on trouve beau de s’impliquer comme cela``.

La pauvreté engendre beaucoup de violence, et la violence engendre la violence. C’est possible de briser ce cercle. Chacun peut poser des gestes de solidarité, d’entraide, de paix, etc. Ensemble on peut y arriver.

14/10/2011
Université Populaire Quart Monde Canada
République centrafricaine

Témoignage d'un Papa de Centrafrique

ATD QUART MONDEBangui - RCA

15 octobre 2011

Journée Mondiale du Refus de la Misère

Témoignage d'un Papa de Centrafrique

Nous qui sommes pauvres qu’est ce qu’on peut dire ? Quand on se lève le matin, sur le lit on commence à penser : « où je dois aller pour quand même trouver de l’argent ? »

Je n'ai jamais de repos, je ne peux pas en prendre parce que je n'ai pas une réserve et si je prends du repos le foyer tombe décadent. C'est pour ça que j'ose repartir chaque jour pour chercher de l'argent pour les enfants. Même pour 500 ou même pour 200 francs cfa, je peux faire des kilomètres et revenir à la maison à 20 heures, ou 22 heures. Si Dieu me donne le jour ma famille mange le jour, s'il me donne la nuit ma famille mange la nuit.

Moi je dis que le courage c’est le travail mais où est le travail pour faire le courage ? Je marche dans les quartiers partout pour réparer et vendre des lampes à pétrole. Les gens disent que le pétrole a augmenté, ils ne peuvent pas acheter la lampe, il ne peuvent pas réparer la lampe. Ils disent qu'ils prennent maintenant les ampoules avec des piles.

Si il y a des projets de travail, on travaille, car on a l’amour de travailler. Moi je peux travailler du matin au soir, je résiste mais il n’y a pas de travail. Les gens disent qu'on est faignant, mais on travaille le champ à la main. Si tu cultives le champ aujourd’hui est ce que tu vas avoir des récoltes demain? Tu n’auras pas de récoltes avant 3 mois, 4 mois, 1 an. C'est à cause de ça que ma souffrance augmente.

La dignité c’est de ne pas montrer la souffrance. Quand on a faim, on se débat parce qu'on est des personnes. On se débat pour avoir quelques moyens. On se débat pour trouver du travail. On ne se débat pas pour qu’on nous donne de l’argent gratuitement ou du manger gratuitement, on se débat pour avoir du travail.

On ne peut pas oublier notre souffrance. C'est du matin au soir et à continuité . La misère est enchainée sur nous. Aujourd’hui je ne mange pas, demain je ne mange pas. C’est enchainé c'est-à-dire ça multiplie au fur et à mesure. Ça multiplie donc c’est comme une chaine.

Si la misère s'arrête, la paix prend la place.

Dieu va m'aider à trouver quelque chose pour la paix. Si je trouve 400 cfa, je trouve la paix, même 100 cfa, je trouve la paix. Parce que je suis habitué avec ça. La paix, c'est facile pour nous les pauvres. On trouve 50 francs cfa, on achète la bouillie, on est déjà rassasié, on a la paix. On ne dit pas de trouver beaucoup d'argent. C'est le travail qu'on n'a pas qui nous provoque tous les jours la faim. Si on a un bon travail, ce serait normal.

Si on est seul, est-ce qu'on peut avoir des idées ? Non. Nous voulons sortir de l’isolement pour être dans l’assemblée de savoir qui est dans le monde. Sortir de la misère. Savoir comment faire pour se défendre aussi. On est dans le brouillard, et ce n’est pas bon. On veut sortir du brouillard pour aller dans le clair.

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14/10/2011
Délégation Générale du Mouvement international ATD Quart Monde