Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Burundi

Je suis une personne qui travaille et lutte pour le bien de ma famille

Bonjour. Je me sens très honoré de connaître cette journée du refus de la misère. Un jour où les pauvres peuvent aussi parler et être écoutés. Je n’étais pas au courant de cela avant. Je suis moi-même étonné et je crois que c’est aussi pareil pour ces enfants de me voir m’asseoir avec eux aujourd’hui dans cette maison avec mon apparence de tous les jours ! Car ils me voient souvent passer ici, très sale et parfois même certains me disent que j’ai volé leurs matériaux de construction juste à cause de mon apparence. Mais je ne suis pas un voleur, je suis une personne qui travaille et lutte pour mon bien et celui de ma famille. Aujourd’hui je suis très content d’apprendre que d’autres personnes se trouvant dans la même situation que moi ont célébré aussi cette journée pour dire non à la pauvreté.

Je dit vraiment merci car je viens de découvrir qu’il y a le 17 Octobre qui existe, et que les gens qui vivent dans la pauvreté peuvent se mettre débout, qu’ils soient accepté et considérer comme toute autre personne.

Je suis très honoré et je réalise aujourd’hui que je suis une personne comme les autres et je peux aussi tout faire. Que Dieu soit loué.

Briser le silence
05/12/2018
Papa MWEHA
Congo (Kinshasa)

Nous aussi contribuons au développement de notre pays

Je suis conseillé au sein de l’Association des handicapés au niveau de la frontière de Ruzizi I qui sépare notre pays la R.D.Congo et le Rwanda. Notre groupe existe depuis les années 1991 et je suis le co-fondateur. Nous avons créé ce groupe parce qu’on en avait assez de devoir quémander dans les rues de la ville de Bukavu et que cela ne pouvait continuer ; car beaucoup des gens pensaient que nous étions faibles parce qu’on est handicapé physique.

Nous avons voulu montrer à la société que nous sommes des hommes capables de développer, de transformer nos familles, notre société si seulement on nous écoute. Le fait de manquer quelques parties du corps ne signifie pas que tu deviens nul, non. Un homme c’est celui qui réfléchi, qui fait face à sa situation afin d’y apporter des pistes des solutions. Les hommes nous écartent parce que nous sommes handicapés et pourtant nous sommes des hommes comme eux.

Nous nous sommes rassemblés en association pour chercher comment tous ensemble nous pouvons défier les préjugés des gens et se prendre en charge. Nous sommes des parents, nous avons des familles et nous sommes responsables. Cela pour vous montrer qu’on peut être handicapé soit des jambes mais sa tête fonctionne normalement. Si nous, nous n’avons pas eu la chance d’être au complet, nos enfants le sont. Nous nous battons pour l’avenir de nos enfants. Demain nous ne serons pas là, main il faut que nos enfants étudient pour effacer la honte que nous avons subie.

Combattre la pauvreté c’est être ensemble dans l’unité car avec l’amour, nous pouvons réellement l’éradiquer. Merci de nous convier à cette cérémonie du 17 octobre. Nous sommes contents de rencontrer des gens avec qui nous partageons presque les mêmes situations.

Nous demandons aussi à nos dirigeants d’avoir un égard envers nous, nous voulons que nos autorités prennent conscience de ce que nous faisons car nous aussi nous contribuons au développement de notre pays en payant les différentes taxes à la frontière. Au nom de notre association nous remercions les amis d’ATD Quart monde de nous offrir cet espace de liberté et d’échange d’idées pour la construction d’un monde juste où il n’y aura plus de misère.

Emissions radio, Dialogue à Egalité et Restitution générale
03/12/2018
Théophile B., Association de personnes handicapées
Congo (Kinshasa)

Les enfants se sont dit, ce n'est pas possible que quelqu'un puisse vivre comme ça

Je suis handicapé, dans mon passé il a eu une époque que j’ai traversé où la misère avait pesé sur mes épaules;  les gens me négligeaient, ils me méprisaient beaucoup, ils m’appelaient un chien, un sorcier, on m'a manqué de respect, j’ai manqué la paix, ma maison était en délabrement très avancé à tel point que celui qui passe pouvait voir tout ce qu’il y a dedans sans y entrer. Quand la pluie tombait, c’était grave on ne dormait plus, nous cherchions des sachets pour nous couvrir ou on passait la nuit debout jusqu’au petit matin. C’était une très grande souffrance.

Dans ma maison on ne pouvait pas y trouver ni habit, ni chaise, ni à manger; moi en tant que père de famille je n’avais même pas quelque chose à faire pour subvenir aux besoins de ma famille. Je ne pouvais pas partir au marché, les gens avait peur de moi.

En dépit de cela, les enfants tapori m’ont vu ils se sont dits que ce n'est pas possible que quelqu’un puisse vivre comme cela, ils se sont mobilisés pour rénover ma maison. Ils ont fait qu’aujourd’hui je sois considéré… Tous les préjugés que les gens portaient sur moi je puis dire que les pluparts a disparu. Je suis militant, je suis fier aujourd’hui, de cette considération que vous m’avez octroyée. C’est un honneur d’écouter les témoignages des uns et des autres, ça me donne de la chance et de l’espoir de faire chemin ensemble.

Emissions radio, Dialogue à Egalité et Restitution générale
03/12/2018
Papa Emile
Congo (Kinshasa)

La misère, nous la combattons avec nos forces physiques et morales

Je suis membre d’un groupe que nous appelons « Canal d’échange et de la Paix » de Ciherano. Nous nous rencontrons une fois le mois pour discuter de la lutte contre la pauvreté.

Dans notre groupe il y a beaucoup de gens qui vivent dans la grande pauvreté à cause des violences qui s’étaient passées dans notre milieu. Les différentes guerres avaient ravagé toutes les potentialités de notre village sur tous les plans vitaux. En dépit de ces problèmes nous sommes parvenus à nous mettre ensemble comme un seul homme afin de nous aider mutuellement. La misère, nous la combattons avec nos forces physiques et morales. Nous cultivons les champs pour nous permettre de subvenir aux besoins des nos propres familles. Quand nous sommes en famille avec nos maris nous plaçons nos idées ensemble pour étudier les voies et moyens, comment nos enfants vont étudier et être soignés de maladie. Dans ma propre famille tous les enfants étudient. Quand nous cultivons nous les faisons tout en sachant que nous pouvons avoir une récolte, et cela nous aide à scolariser nos enfants et à les nourrir.

Beaucoup de gens se demandent comment moi avec mon mari nous arrivons à nous en sortir. Nous leur partageons nos expériences. Nous ne devons laisser les autres souffrir alors que nous avons à leur partager qui peuvent les aider à s’en sortir.

Une amie voulait abandonner ses enfants parce que son mari l’avait rejetée, dans son découragement je lui avais partagé mon expérience de vie, d’abord en l’invitant dans notre groupe canal d’échange et de paix pour qu’elle entende qu’elle ne reste pas seule, mais aussi qu’elle arrive à puiser le courage de part les témoignages d’autres personnes membres.

Pour moi c’est ma première fois d’attendre parler de la journée mondiale du refus de la misère. C’est une innovation pour moi et pour ma communauté qui va en bénéficier aussi lorsque je serai de retour. C’est excellent pour moi de voir aussi les gens qui habitent ici dans la ville de Bukavu et qui luttent aussi contre la misère.

Vraiment la misère n’a pas de barrière et comme elle n’a pas des barrières chaque contrée doit se prendre en responsable pour chasser la misère.

Emissions radio, Dialogue à Egalité et Restitution générale
03/12/2018
Association "Canal d’échange et de la Paix"
Suisse

Témoignage d’une maman

Quand on est maman seule on doit tout assumer. Normalement, l’éducation se fait à deux. J’ai le rôle du père et de la mère. C’est deux fois plus de responsabilités, et deux fois plus de fatigue. Depuis quelque temps, j’ai trouvé une présence masculine, et je sens la différence. Aujourd’hui, le week-end, je peux me reposer. Ma fille joue avec lui.

Je m’inspire de ma sœur, qui a été aussi seule avec trois enfants. Elle n’a pas baissé les bras, et a su faire face aux difficultés. C’est ma petite sœur, mais elle est un exemple pour moi. Maman était aussi un exemple. On était 6 à la maison et elle ne faisait pas de différences. Elle se retrouvait certaines fois seule avec nous. Elle avait beau être découragée, elle trouvait une ressource pour avancer et ne pas baisser les bras.

La famille, à mes yeux, c’est ce qui passe avant toute chose. On est là les uns pour les autres dans les moments de difficultés. Quoi qu’il arrive on est uni.

Après mon accouchement, j’ai demandé à entrer en foyer. J’ai demandé de l’aide : je n’en pouvais plus. Familles au cœur de la pauvreté, c’est la réalité. Heureusement, j’ai eu de l’aide pour trouver mon appartement. J’ai mis plus d’une année à en trouver un. Après le travail, je devais aller chercher ma fille à la garderie, et le soir chercher des appartements. J’avais beaucoup de pression de la part du foyer en raison du délai. Quand j’ai eu mon appartement, j’ai crié de joie, j’ai fondu en larmes. Enfin ! C’était surtout important pour ma fille. Toute seule, ça ne m’aurait rien fait d’être à l’hôtel. J’ai fait les choses en pensant à ma maman. Elle serait fière de nous.

Aujourd’hui, le SPJ a vu que je m’en sortais bien avec ma fille, et il n’est plus dans la course. Sans l’aide que j’ai reçue, je ne sais pas où j’en serais maintenant.

28/11/2018
Séverine