Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Bénin

NON A LA MISERE ! TRAVAILLONS SANS LA PARESSE

Nous, les enfants de Hêvié Huinmê Saho, les enfants de LOKOSSA et les enfants de PARAKOU Quartier de SINAHOU l'Arrondissement de BETEROU Commune de TCHAOUROU,  répresentons tous les enfants du Bénin, du Lieu des évenements pour dire Non à la Misère, au Bénin et dans le monde entier .

Si on dit que la Guerre est le capital de la misère qui frappe les enfants et toute la famille, elle crée la pauvreté. La privation des choses nécessaires aussi crée la misère . Si même un village, ou une ville, est déclarée misérable lorsqu'elle ne renferme par les choses necessaires aux besoins de sa population. elle est considerée pauvre ou malade.

Une nation est misérable lorsque ce pays manque des insfractures adéquates pour promouvoir et satisfaire les besoins de sa population ou des individus qui y habitent. Si cette nation ne trouve pas les aides auprès des gens de bonne volonté, elle sera toujours dans la misère .

La misère est un virus qui n'épargne personne. La misère créé au fur et à mesure le virus de licenciement dans toute la contrée. Et s'il n'y avait pas les ONG comme "Emploi aux Jeunes", qui a déjà construit  son centre pour que le monde soit satisfaire dans le fruit et travailler sans la paresse et faire chassé la misére de loin et si l'ONG de l'Emploi aux Jeunes est disponible et par des aides pour construire les differentes modules de formation sa aussi c'est grave?

Je suis en train de me battre pour que la jeunesse soit satisfaite. Lorsque j'entends parler de licenciément, je tombe malade parce qu'il y aura des pleurs. Un immigré péruvien aprés 18 ans de bons et loyaux services dans un grand restaurant du bénin a été licencié. Il a cherché du travail mais sans succés durant presque 30 ans : "j'avais pourvu aux besoins de ma famille. A présent, j'avais l'impression d'être un raté".

Le témoignage de Rik souligne une réalité bien connue des sans - emploi : Le chômage crée la misère, créé des difficultés financiéres et les enfants sont malheureux. Souvent, on est atteint au plus profond de soi. Rik dont le mari, est resté sans travail pendant plus de 30 ans confie sa vie à Jésus. Il a continué à chercher et un jour il a trouvé le boulot.

Commençons par examiner cinq façons de lutter contre la misère : avoir la patience ;  chercher ; confier tout à Jésus ; ne pas avoir la paresse ; toujours dire la vérité.

L'ONG EMPLOI JEUNES à été créée le Vendredi 17 Octobre 2008 pour en finir avec la misère. La misère est un virus de la pauvrété et de la galère, qui conduit l'homme à la maladie ou la mort. Nous appelons les mouvements internationaux à penser à nous et de nous aider à construire des centres de formation.

* * *

ONG EMPLOI JEUNES fête son 3ème anniversaire le Lundi 17 Octobre 2011. Le 17 Octobre 2011 est la Journée Mondiale du Refus de la Misère à travers le monde entier.

ONG EMPLOI JEUNES01 BP 1821 COTONOU BENINTEL 00229 96 23 68 99 http://ong-e-j-sinahou-benin01.fr.gd

17/10/2011
DE HEVIE HOUINMIN LOKOSSA PARAKOU SINAHOU
France

Intervention de Yvette Heidinger , ATD Quart Monde 17 octobre 2011 ENA Strasbourg

Intervention de Yvette Heidinger , ATD Quart Monde 17 octobre 2011 ENA Strasbourg

Table ronde organisée par la Conférence des OING du Conseil de l’Europe

Bonsoir !

Quand je vous vois ici dans cette salle, venant de différents pays d’Europe, je me dis qu’heureusement il y a encore des gens qui se battent pour les Droits de l’Homme.

Avec mon mari j’habite près de Strasbourg. Nous sommes engagés dans le Groupe des chômeurs et nous avons participé à des manifestations contre l’expulsion des Roms en France, car c’est une injustice terrible. Nous, pendant 2 ans, nous avons été à la rue. Alors nous pouvons sentir ce que cela veut dire d’être chassé, de subir la séparation entre les pères, les mères et les enfants.

Et j’ai aussi lu ce qui se passait dans le temps de l’occupation dans les années 40. C’est comme si les mêmes scènes se répétaient, même si c’est une autre situation.

En France de plus en plus de gens n’ont pas d’autres possibilités que de vivre dans des mobil homes ou sous tente. De plus en plus de gens ont du mal à se soigner. L’Etat a coupé le budget pour les logements sociaux et pour des organisations de soutien aux personnes sans abris.

De plus en plus d’enfants sortent de l’école sans une éducation minimale. Le taux d’analphabétisme a augmenté et des postes de soutien aux enfants qui apprennent difficilement sont supprimés.

C’est comme si on abandonnait une partie de la population alors que nous, on se bat depuis toujours pour que nos enfants aient une vie meilleure.

Je suis intéressée dans ce qui se passe, j’observe et je lis différents journaux. Cela me permet de voir les tendances pour les plus pauvres. Je me fais le plus de soucis pour les jeunes. Ceux qui n’ont pas de formation ne trouvent même plus de petits boulots pour survivre. Et de plus en plus vite on traite des très jeunes comme des criminels et les prive d’une véritable justice. C’est un danger pour l’égale dignité et donc pour la démocratie.

Les Droits de l’Homme sont bien dans la tourmente.

Et pour ce qui est de la crise, on joue avec et on prend des gens comme les Roms comme des boucs émissaires. On s’acharne sur les plus vulnérables et ce sont toujours les plus pauvres qui payent le prix le plus dur. Récemment un collègue a dit : « La pauvreté, ce n’est pas la faute de mon voisin qui est Rom, qui est Turc. » La pauvreté existe parce qu’on ne prend pas au sérieux les êtres humains.

On le voit aussi en Somalie et dans d’autres pays où nous laissons mourir de faim des milliers de personnes.

Nous cherchons à être solidaires. C’est cela le sens du 17 octobre, la Journée mondiale du refus de la misère. Les questions de fond ici et là sont les mêmes. Le monde politique ne se mobilise pas à partir de ce que vivent les plus pauvres. Les Droits de l’Homme sont là pour que les plus pauvres ne fassent pas les frais de toutes ces politiques financières et économiques actuelles et à venir. Les Droits de l’Homme cela marche seulement si on se mobilise ensemble. Les Droits de l’Homme c’est ce qui défend l’Homme, c’est un garant de liberté.

J’ai apporté le Livre d’or du 17 octobre à Strasbourg et à la fin je vous inviterai à le signer.

Sur la première page est écrit l’appel de Joseph Wresinski, qui a grandi lui-même dans la pauvreté et qui a lancé la journée du 17 octobre, en 1987 :

« Là où des Hommes sont condamnés à vivre dans la misère

les Droits de l’Homme sont violés.

S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

14/10/2011
Yvette Heidinger
Canada

Contribution des membres de l’Université populaire Quart Monde du Canada

Prise de parole 17 octobre 2011 Contribution des membres de l’Université populaire Quart Monde du Canada

Nous, les participants de l’Université populaire Quart Monde avons réfléchi et travaillé sur le thème "La violence faite aux personnes vivant dans la pauvreté". Environ 70 personnes ont préparé ce thème au Québec, et bien d'autres ailleurs dans le monde, en lien avec le Mouvement international ATD Quart Monde. Certains d'entre nous vivent des situations de pauvreté, d'autres non. Ensemble, nous échangeons dans le but de mieux combattre la pauvreté.

Nous avons tout d'abord cherché à définir la violence. Pour nous, la violence est ce qui fait mal et qui est ressenti comme un non respect de la personne. Comme la pauvreté fait mal, la pauvreté est une violence.

L’année dernière, lors d'une de nos rencontres, nous avions parlé d’injustice. Toutes les injustices vécues par les personnes en situation de pauvreté sont des violences. Par exemple : ne pas pouvoir se loger, ne pas manger à sa faim, être victime de préjugés ou de discrimination, recevoir des amendes parce qu’on vit à la rue, etc.

Cette année, une des participantes nous a raconté une histoire qui fait mal : ``Quand je suis arrivée au Canada, je ne parlais pas le français, et maintenant je le parle un peu. L’argent qu’on me donnait pour les enfants, on me l’a coupé et je ne sais pas pourquoi. Le jeudi, je prends la passe (de transport en commun) de ma fille pour aller à l’école, les autres jours je marche. L’autre jour, ma fille est revenue de l’école en disant : ``Maman, à midi, tout le monde a mangé en classe, mais moi, je n’avais rien à manger``. Je ne sais pas pourquoi on m’a coupé l’argent comme cela. Peut-être que j’ai fait quelque chose de pas bon, je ne sais pas. Je ne sais pas lire, je veux continuer l’école pour apprendre à lire. Aller à l’école quand tu n’as rien à manger, c’est difficile. Tu ne vois pas le tableau. Je cherche aussi un logement. Mais on m’a dit que si je veux signer un bail, quelqu’un d’autre doit signer avec moi``. Ne pas avoir accès aux besoins fondamentaux, c'est une violence. Un groupe de participants  nous disent : "La pauvreté est un manque de liberté, c’est comme une prison".

Nous avons aussi réfléchi à ce qui nous maintient l’espoir. Une personne nous a dit par exemple : ``Moi, je fais partie du Carrefour familial depuis 20 ans. Cela m’a beaucoup aidée. Souvent, j’y allais jute pour me changer les idées, pour amener mon fils à la halte-répit pour pouvoir faire des courses ou pour apprendre``. La solidarité, c'est une façon de combattre la violence de la pauvreté.

Par la suite, nous avons parlé du regard et du mépris des autres. S'il est vrai que la pauvreté matérielle est une violence quotidienne, les préjugés le sont également.

Une participante nous dit : ``Je voudrais parler de ceux qui sont toujours en train de critiquer ceux qui sont sur l’aide sociale : Tu ne travailles pas, c’est moi qui te nourris, tu prends notre argent``.

Une autre ajoute : ``Il y a aussi la violence silencieuse; le regard des autres peut être violent``.

Pour un autre participant : "la pire des violences, c’est la violence institutionnelle, c’est-à-dire la violence d’ignorer l’individu, de ne jamais lui répondre et de le déshabiller de tous ses droits fondamentaux. C’est disparaître complètement dans le silence. (...) L’individu devient invisible, personne ne le voit, personne ne l’entend, il n’existe plus``. Pour combattre les préjugés, il faut beaucoup de courage. Un jour, un camelot vendait le journal de rue. Un passant lui dit : "vous feriez mieux d'aller travailler". Pour nous, ne pas reconnaître le travail de ce camelot, l'effort qu'il fait, c'est une violence. Mais c'est difficile de réagir face à des personnes qui portent des jugements. Certains s'en sentent capables, d'autres  non. Une d'entre nous propose une autre façon de réagir, elle nous dit : ``Je trouve que c’est intéressant, ce que disent les camelots; pour quelques réflexions désagréables qu’on entend, combien d’encouragements on reçoit. Je trouve que si on est pris de court, qu’on n’a pas toujours le courage de dire quelque chose, on peut, nous, porter attention et signifier qu’on trouve beau de s’impliquer comme cela``.

La pauvreté engendre beaucoup de violence, et la violence engendre la violence. C’est possible de briser ce cercle. Chacun peut poser des gestes de solidarité, d’entraide, de paix, etc. Ensemble on peut y arriver.

14/10/2011
Université Populaire Quart Monde Canada
Suisse

On s’apprend des choses, on est tous capables de quelque chose.

Témoignage de Patricia B. , Suisse, le 17 octobre 2011.

Le 17 octobre c’est pas une journée pour les pauvres

Le 17 octobre c’est la journée pour dire

que nous voulons sortir de la misère.

Il faut refuser ensemble la misère

parce que si tu es dedans, tu ne t’en sort pas.

Nous voulons nous soutenir pour sortir des tutelles. Un membre de notre groupe disait après douze années sous tutelle : « j’en suis sortie la tête haute avec l’aide de mon compagnon ».

Avec mon mari Yvan nous sommes militants du Mouvement ATD Quart Monde et je peux vous dire que ce Mouvement ne nous donne pas d’argent.

On s’aide autrement.

On apprend à se connaître, à se mettre dans la peau de ce que vit l’autre.

On s’apprend des choses, on est tous capables de quelque chose.

14/10/2011
Patricia B. Suisse
République centrafricaine

Témoignage de Gisèle

Mouvement ATD Quart MondeBangui – RCA

Journée Mondiale du Refus de la Misère – 15 octobre 2011

Témoignage de Gisèle

Le matin, je cherche comment mes enfants vont déjeuner, je cherche comment mes enfants vont manger, comment ils vont aller à l'école. Le repos, je n'en ai pas. Comme je cultive le champ, un jour ça marche, un jour ça ne marche pas. Et si tu n'as rien, il y a la pauvreté qui vient. Les enfants font des choses qui ne marchent pas. Si les enfants vont à la rue, je sais ce qu'ils vont devenir.

Mes enfants comprennent. Le matin, si j'ai 50 francs, on va partager le beignet. Si je n'ai rien, les enfants savent aussi. Si tu mens aux enfants, tu te prends toi même au piège. Quand je sors je leur dis : « je n’ai pas d’argent donc je vais d’abord aller travailler aux champs. Vous me connaissez, je suis l’amour avec vous. Quand je retourne, on mange et puis c’est tout. Restez calmes, je vous encourage de ne pas aller voler, non, restez seulement tranquilles». Tous restent en silence.

Je réunis mes enfants. Je connais la Bible. Je leur donne seulement les conseils de maitriser la souffrance. Mes enfants ont besoin de choses comme les autres mais comme je n’en ai pas, je les encourage de ne pas se décourager. Je leur dis « ne fais pas ça. Pense seulement au futur, ne pense pas au présent. Ne dis pas que tu es pauvre ». Je leur donne des conseils pour qu'ils restent seulement dignes dans la pauvreté. Dieu va leur faire grâce pour qu’ils puissent vivre encore mieux que moi.

Pour moi l'éducation, c’est le père et la mère qui éduquent leurs enfants dès l’âge de 1 ou 2 ans pour qu’ils fassent ce qui est bon.

Je veux aussi que mes enfants aillent à l’école, c’est ça mon souci. Mais je n’ai pas l’argent pour faire l’inscription. C’est ça qui me fait souffrir.

On nous demande des dossiers pour faire le concours pour rentrer en classe de secondaire. Je cours de gauche à droite, mais je n’aurai jamais de quoi fournir avec le dossier. Ma fille vend du piment au km 5. Elle a commencé à vendre pendant les vacances. Elle a préparé la rentrée pour elle-même : elle a acheté des cahiers et un petit parapluie avec son argent.

Moi je commence à enlever le manioc du champ pour le vendre, c’est comme ça que je vais la soutenir. Ma fille, elle comprend comment je vis et quand je l’encourage, elle fait les choses avec plaisir.

Mes enfants vont aussi à la bibliothèque de marché animée par ATD Quart Monde. C’est à cause de ça qu’ils auront le courage pour mieux apprendre à l'école et pour mieux apprendre aussi dans la famille. Ils font des choses sans honte, des choses qui les ouvrent. Il faut que les animateurs permettent aux enfants de comprendre ce qu’ils apprennent pour qu'ils fassent quelque chose dans notre pays aussi. Si mon enfant gagne quelque chose dans la bibliothèque de marché c’est tout centrafricain qui va en bénéficier aussi. Donc c’est le pays qui va avoir grandi.

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14/10/2011
ATD Quart Monde Centrafrique