Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Suisse

ne parlez pas sur nous ... mais avec nous

Faisons taire les préjugés : ne parlez pas sur … nous mais avec nous.

« Le regard que porte sur nous la société, associé aux conditions de vie très difficiles auxquelles nous sommes confrontés, est une grande souffrance et contribue à fermer notre avenir.

Nous sommes trop souvent vus comme des assistés, des fainéants, des fraudeurs parce que les gens ne nous connaissent pas. On nous montre du doigt, on nous parle mal, on ne nous écoute pas. C’est une réalité que beaucoup d'entre nous connaissent ; cela commence parfois dès l’enfance, à l’école. »

Changer de regard sur la pauvreté c’est combattre les idées qui font porter aux plus démunis la responsabilité de leur situation. Il est dramatique que des personnes pensent que la pauvreté et l’exclusion s’expliquent par le fait que les gens refusent de travailler, mais pourtant n'est-ce pas ce que nous entendons autour de nous ?

La méconnaissance du vécu des personnes précarisées amène parfois les gens à penser des choses horribles en faisant d'un cas particulier une généralité. Pourquoi toujours jeter la pierre sur celles et ceux qui ne peuvent faire autrement ?

« J'habite dans des baraquements en bois, des logements d'urgence, où sont relogées des personnes qui ont été expulsées de leur logement. C'était en principe pour quelques mois mais j'y suis depuis 28 ans, j'ai maintenant 71 ans. Toutes nos demandes de logements sociaux ont échoué et nous n'avons pas assez de revenus pour une régie privée.

L'an dernier, j'ai été voir un médecin près de chez moi. Quand je lui ai dit où j'habitais, il m'a répondu que c'est là où vivent tous les cas sociaux. Je n'ai rien osé répondre. Par cette remarque, je me suis sentie mise en bas de la société et parce que j'habite là, j'ai l'impression que je ne vaux rien. »

La misère est une violence et les familles confrontées à celle-ci inventent au jour le jour des manière de bâtir la paix alors qu'elles sont si souvent accusées d'être la cause de la violence. Elles portent un sens de la paix que notre monde ignore encore.

« La violence du mépris et de l'indifférence crée la misère car elle conduit inexorablement à l'exclusion, au rejet d'un homme par un autre homme ». Joseph Wresinski

« Lors d'une rencontre, mon assistante sociale m'a dit qu'ils ne payent pas les gens à dormir sur leur canapé, qu'il faut bouger, faire quelque chose. Elle pensait que je ne faisais rien de mes journées alors que je rends visite à ma mère chaque jour, car elle est malade. De plus, je participe régulièrement aux rencontres proposées par ATD Quart Monde afin de me battre, avec d'autres, contre la pauvreté de tous. Cette remarque m'a très énervé, elle n'avait pas conscience de tout ce que je faisais, mais pourquoi n'a t'elle pas pris le temps de discuter un peu plus avec moi pour le savoir ? »

Ces personnes sont les premiers experts de la lutte contre la pauvreté, les prendre comme partenaires dans une réflexion prospective sur l’Europe, la Suisse, Genève est indispensable si nous souhaitons mener une politique globale de lutte contre la pauvreté. Pour travailler ensemble, le préalable est sans nul doute de reconnaître les personnes en situation de pauvreté comme des acteurs à part entière. C’est les reconnaître comme disposant d’un pouvoir et d’un savoir incontournables pour penser les programmes et stratégies d’action susceptibles d’éradiquer la misère et de faire reculer la pauvreté.

« Il y a quelques années, j'ai été convoquée au Service de la Protection des Mineurs parce que mes trois garçons étaient turbulents à l'école. Au lieu de discuter avec moi sur les solutions envisageables pour améliorer leur comportement, leur seule proposition fut de placer mes garçons en foyer. Lorsque je me suis opposée à ce placement, ils m'ont répondu que c'était ainsi où ils plaçaient également mes trois filles. J'ai du alors me soumettre à leur décision malgré la cassure que cela allait créer dans la famille. On m'a fait du chantage et des menaces plutôt que de me proposer un accompagnement. »

Le savoir et les connaissances des familles ne sont pas assez entendus et reconnus, où lorsque c'est le cas, il s'agit trop souvent d'une « participation-alibi » qui prétend entendre les plus pauvres sans jamais les comprendre.

« Quand on est soutenu par des personnes qui nous respectent, qui nous prennent pour des personnes à part entière, qui nous écoutent, on se sent considéré. On peut mieux se battre pour soi, se battre avec les autres, se battre pour les autres. »

Vous inviter à parler avec nous, c'est avant tout vous amener à dépasser vos préjugés afin de mieux comprendre ce que doivent subir au quotidien certains d'entre nous ; mais c'est également pour amener à vous engager à nos côtés dans la lutte contre la pauvreté.

Le groupe des adultes d'ATD Quart-Monde. Suisse

14/10/2011
groupe adultes, Suisse
Suisse

Le temps qu’on est debout, on a une dignité humaine et on reste debout.

Témoignage de Franck T. , Suisse, à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère

Bonjour à tous !

On m’a demandé de vous écrire ce petit message car j’ai connu ces derniers temps quelques « petites misères ». En effet, il y a encore peu de temps, je vivais tranquillement dans ma ferme avec ma femme et mes enfants. Je ne me préoccupais pas du lendemain, car je gagnais correctement ma vie et ma femme s’occupait de tout et surtout de notre administratif, car pour moi ce n’est pas ma tasse de thé !

Tout se passait bien, jusqu’à ce que ma femme, sans que je m’y attende a demandé le divorce. Gros coup de massue pour ma vie sentimentale, malheureusement, et gros coup aussi dans ma vie courante. En effet, tous nos comptes communs ont été fermés du jour au lendemain, me laissant sans aucune ressource, et ne voulant plus vivre sous le même toit, par conséquent sans un toit sur la tête.

N’ayant aucun moyen sur le moment, j’ai alors apprécié la solidarité des cartons du cœur. J’ai dû alors essayer de me débrouiller et j’ai dû malgré tout passer quelques nuits dans la rue, avant que de bonnes âmes ne m’hébergent et me nourrissent. Je me suis approché du social pour pouvoir alors survivre, mais comme j’avais été indépendant, je n’avais pas droit au social, au chômage à rien.

Après avoir insisté, ils m’ont alors « prêté » quelques centaines de francs afin que je puisse survivre. Somme insignifiante à mon goût. Ceci dit, ils m’ont régularisé tout mon administratif et m’ont aidé à faire des recherches pour un appartement, afin que je puisse décemment recevoir mes filles.

Tout cela pour dire que personne n’est à l’abri de se retrouver du jour au lendemain à la rue. Heureusement qu’il y a encore des gens ouverts d’esprit et qui t’aident sans compter, mais ceux-ci, semble-t-il, sont de plus en plus rares ! Heureusement qu’il existe aussi des œuvres solidaires lorsque l’on est dans cette situation qui permettent de survivre.

Avant je ne pensais pas particulièrement aux problèmes des autres, mais ces derniers mois, j’ai eu le temps d’y penser et je trouve que nous nous marchons sur la queue. Il faudrait que l’on revoie notre société. En effet, par exemple, lorsqu’on recherche un appartement on doit avoir un travail et on vous demande de présenter un certificat de l’office des poursuites. Pour la recherche d’un travail auprès d’une boîte d’intérim, si vous n’avez pas un domicile fixe, on vous proposera difficilement un travail et il y a plein d’autres aberrations à relever. Pour résumer, c’est lorsque les ennuis commencent que cela peut devenir la spirale infernale.

Ai-je le droit de me plaindre ? De quoi veux-tu que je me plaigne. Je ne suis pas là pour me plaindre. Je suis l’homme le plus heureux du monde. Les gens sont gentils. Les gens me donnent. On peut discuter. C’est ça qui est important. C’est le partage.

On est un maillon. Nous sommes tous pareils. Quand un maillon pète, toute la chaîne pète.

Je ne veux pas que vous pleuriez sur mon sort, je veux juste que les gens réagissent contre la misère.

Le temps qu’on est debout, on a une dignité humaine et on reste debout.

14/10/2011
Frank T., ATD Quart Monde, Suisse
Suisse

On s’apprend des choses, on est tous capables de quelque chose.

Témoignage de Patricia B. , Suisse, le 17 octobre 2011.

Le 17 octobre c’est pas une journée pour les pauvres

Le 17 octobre c’est la journée pour dire

que nous voulons sortir de la misère.

Il faut refuser ensemble la misère

parce que si tu es dedans, tu ne t’en sort pas.

Nous voulons nous soutenir pour sortir des tutelles. Un membre de notre groupe disait après douze années sous tutelle : « j’en suis sortie la tête haute avec l’aide de mon compagnon ».

Avec mon mari Yvan nous sommes militants du Mouvement ATD Quart Monde et je peux vous dire que ce Mouvement ne nous donne pas d’argent.

On s’aide autrement.

On apprend à se connaître, à se mettre dans la peau de ce que vit l’autre.

On s’apprend des choses, on est tous capables de quelque chose.

14/10/2011
Patricia B. Suisse
France

Prise de parole à Bezons - France

Prise de parole d'habitants de Bezons sur le lien entre la commémoration du 17 octobre 1961 et la Journée Mondiale du Refus de la Misère

Le lundi 17 octobre 2011

Introduction:Le 17 octobre 1987, devant 100.000 personnes, Joseph WRESINSKI, le fondateur du Mouvement ATD Quart Monde, inaugurait au Trocadéro, sur le parvis des Libertés et des Droits de l’Homme, une Dalle en mémoire des victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence.

Cette date est à l’origine de la Journée Mondiale du Refus de la Misère qui a été reconnue par l’ONU en 1992 et qui est maintenant célébrée partout dans le monde. L’esprit de la journée se fonde sur la phrase gravée sur cette Dalle :

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

Père Joseph WRESINSKI

Par un hasard de calendrier, la journée mondiale du refus de la misère a lieu le jour de la commémoration du 17 octobre 1961. A première vue, ces événements semblent éloignés l’un de l’autre et pourtant.

Monsieur B:

Le 17 octobre 1961, j’avais 8 ans et je vivais déjà à Bezons avec mes parents. Mes souvenirs sont confus, mais je me rappelle de mon père qui nous demandait de ne plus sortir de chez nous après 18 heures, à cause du couvre-feu. J’avais de la famille qui habitait les bidonvilles d’Houilles et de Nanterre. Même s’ils avaient du travail, ils vivaient dans des abris de fortune, dans des conditions misérables.

Le 17 octobre 1961, les Algériens ont voulu exprimer pacifiquement pour dire halte aux discriminations, aux rafles, aux ratonnades, mais aussi à la misère subie.

50 ans après, je n’arrive pas à comprendre pourquoi la France et l’Algérie n’arrivent toujours pas à se réconcilier et à construire un avenir commun, sans pour autant oublier ce qui s’est passé. Après d’énormes déchirures, d’autres peuples ont réussi à marcher ensemble, alors pourquoi ne pas y parvenir nous aussi ?

Pour moi, il y a des points communs entre le 17 octobre 1961 et la Journée Mondiale du Refus de la Misère. En effet, il s’agit de deux combats pour la liberté, le bien-être, la volonté de vivre décemment et le refus de la violence subie. La misère génère aussi une violence. Par exemple quand après une vie de travail, on se retrouve sans emploi et pas assez d’argent pour manger, payer son loyer et faire vivre sa famille.

Par ailleurs, le 17 octobre 1961 et la Journée Mondiale du Refus de la Misère sont deux manifestations pacifiques, mais il n’empêche que tout en étant pacifiques, elles portent en elles une forme de violence car en exprimant son refus, quelque part, cela est perçu comme une provocation par les personnes qui nous contraignent à vivre dans de telles conditions.

Mme Z :

Avant l’Indépendance, les Algériens sont venus en France pour chercher du travail et pouvoir vivre, mais ils n’étaient pas traités correctement. Aujourd’hui encore, qu’ils viennent d’Algérie, des autres pays du Maghreb, d’Afrique noire ou d’ailleurs, les migrants viennent en Europe dans un but précis : gagner de l’argent en travaillant et faire vivre leur famille, mais ils ne sont pas acceptés, ni reconnus.

Quand nous sommes sans papier, nous vivons comme des chiens. Pourquoi refuse-t-on de nous aider en nous régularisant ?

Les gens qui nous voient n’imaginent pas comment nous vivons. Les conditions que nous subissons sont un harcèlement permanent ; nous sommes angoissés dès que nous sortons car nous avons peur des contrôles de police et d’être arrêtés.

On nous dit sans cesse d’attendre pour obtenir nos papiers, mais en attendant, nous n’avons pas le droit de travailler et sans travail, pas de logement, ni de ressources pour vivre dignement. Combien de temps devons-nous attendre ?

Combien de temps devons-nous encore subir tout cela ?

Nous subissons une violence pour pouvoir survivre dans ces conditions ; cette vie doit s’arrêter.

Plusieurs fois, j’ai été sollicitée pour un emploi, mais quand il prenait connaissance de ma situation, le patron était désolé car il ne pouvait pas m’embaucher. A chaque fois, je suis repartie en pleurs…

Heureusement, grâce à la générosité d’associations ou de certaines personnes, nous avons la chance de pouvoir manger et parfois, de dormir, mais les gens qui nous dépannent peuvent s’en lasser. Surtout quand notre situation s’éternise de plus en plus et que personne ne peut dire quand elle prendra fin. De plus, je ne veux pas rester dépendante de l’assistanat.

J’aspire à vivre comme tous les Français : travailler pour pouvoir vivre par moi-même, payer mes impôts, avoir mon logement, pouvoir faire du bénévolat, pouvoir m’exprimer comme je le veux … ETRE LIBRE. !

Pour moi, être libre, c’est avoir ses papiers et pouvoir agir comme tous les utres citoyens. On est comme eux, alors pourquoi nous faire endurer cette vie ? C’est indigne.

12/10/2011
Des habitants de Bezons
Maurice

"Personne n'est responsable de sa misére mais chacun d'entre nous est responsable de s'en sortir"

Bonjour à tous,

Je travaille pour le site mauricien www.ACTogether.mu, plateforme de communication pour les ONG luttant contre l'exclusion et la pauvreté. Grâce à ce travail, j'ai eu l'occasion de rencontrer une personne exceptionnelle, Mélanie. Une jeune femme, qui force l'admiration.

Journée internationale de Lutte contre la misère 2010

 « Personne n’est responsable de sa misère mais chacun d’entre nous est responsable de s’en sortir »

Ces paroles sont la preuve qu’une personne peut naître très pauvre mais se battre pour s’en sortir et rester digne. Mélanie, 19 ans, « maman » de 5 enfants témoigne de ses conditions de vie. Certes, cette jeune femme fait partie des « dimoune misere » de la Cité Barkly, (à Beau-Bassin, Ile Maurice) mais jamais elle ne se plaint ou perd le sourire. Son courage et sa volonté d’offrir un avenir meilleur à sa famille forcent l’admiration dans son quartier. Témoignage.

« Je suis vendeuse dans un magasin pour les pauvres. Je trie les vêtements que reçoit  l’Association Solidarité Unité Développement. Le magasin existe depuis 5 ans et il marche bien, les gens viennent parfois de loin pour acheter des habits pour eux-mêmes ou leurs enfants. Attention, je dis bien « acheter », car nous refusons l’assistanat. De toute façon, les gens préfèrent payer, sinon ils auraient l’impression de mendier. Souvent les clients viennent juste pour jeter un coup d’œil, faute d’argent.

Je suis payée en fonction des ventes, je gagne environ rs 3000, par mois. Dans les mois qui viennent, j’envisage de reprendre mes études, composer mon SC puis me former au secrétariat. J’aimerais avoir un bon travail, mais avant de penser à moi, je voudrais déjà m’assurer que les enfants, mes frères et sœurs, auront un meilleur avenir…

A vrai dire, je suis encore plus préoccupée par le quotidien que par l’avenir. Ma priorité c’est que les enfants mangent et qu’ils mangent équilibré. Chaque semaine, Caritas me donnent des fruits et des légumes pour les nourrir correctement.

Avec ma sœur, nous nous occupons des quatre petits : deux filles de 8 et 13 ans et deux garçons de 10 et 14 ans. Avant nous étions sept, mais nous avons perdu notre frère.

Ce n’est pas évident que tout repose sur moi : aller en courses, aider les enfants dans leurs devoirs, rencontrer leurs professeurs, amener les petits à l’hôpital… Je les aime bien et j’ai tout fait pour que nous ne soyons pas séparés, quand maman est morte du cancer.

Depuis sa disparition, papa vit dans une grande souffrance. J’aimerais qu’on aide mon père, car j’ai besoin de lui pour gérer la maison. Ce serait à lui également d’instaurer l’autorité parentale nécessaire aux ados.

Cherche familles d’accueil

A 16 ans, je suis devenue la maman de la maison. Heureusement, j’ai trouvé beaucoup de soutien autour de moi. Avant le magasin pour les pauvres, je travaillais dans un centre Alzheimer. Là-bas j’ai rencontré les sœurs du couvent de Belle-Rose. Elles nous ont fait une grande faveur en nous accueillant  les week-ends, dans leur maison de retraite. Nous n’avons jamais connu nos grands-parents, mais là-bas nous avions la chance d’avoir 73 grands-mères qui nous aimaient beaucoup. Elles veillaient bien sur les petits quand j’étais fatiguée. Grâce à elles, nous avons vécu des expériences uniques, comme une sortie à Casela ! En mars dernier pour mes 19 ans, j’ai coupé mon premier gâteau d’anniversaire. C’était un instant merveilleux.

Malheureusement mon père ne veut plus que nous partions au couvent, il préfère nous avoir à ses côtés le week-end. Alors nous devons tous rester à la maison, dans 4 pièces que nous partageons avec notre oncle. Ce n’est pas évident pour les enfants, ils n’ont pas d’espace pour jouer. Les voisins se plaignent du bruit.

Mon souhait le plus cher serait que des familles sortent les enfants de la cité, le temps d’une demi-journée ou d’un week-end. J’aimerais qu’ils respirent l’air frais ! »

La vie des pauvres n’est pas remplie de rêves inaccessibles. Il manque juste un organisme ou une ONG pour faire le lien entre ces enfants et des familles relais, qui pourraient prendre soin d’un enfant ou d’une fratrie pour un week-end. Si vous avez des propositions à faire dans ce sens, merci de contacter ACTogether : info [at] actogether [dot] mu  

 

Mélanie sur tous les fronts

Les occasions de rencontrer Mélanie ne manquent pas. En plus de l’attention qu’elles portent à ses frères et sœurs, cette jeune fille s’investie auprès du Club Omega de la Cité Barkly, pour détecter et soutenir les familles dans le besoin.

La jeune femme s’investit également chaque samedi dans le service d’écoute ACE (Action Catholique des Enfants) et participe au projet de Croisement des Savoirs de l’ONG ATD Quart-Monde, qui vise à donner la parole aux pauvres, pour sortir de la logique de l’assistanat. « J’encourage les mères pour qu’elles ne baissent pas les bras. Par exemple, dans les 5 familles que j’accompagne, il y a une maman qui ne savait pas où demander de l’aide pour son enfant handicapé. Je connaissais l’APEIM, car un de mes frères souffre d’un retard et il est scolarisé là-bas. J’accompagne cette maman régulièrement pour rencontrer le personnel  et le psychologue de l’APEIM », explique Mélanie.

Enfin, Mélanie a suivi les cours de Leadership social, dispensés à l’Institut Cardinal Jean Margéot.  « J’ai retenu une chose très importante lors du cours Penser et agir avec les plus pauvres : Personne n’est responsable de sa misère, mais chacun d’entre nous est responsable de s’en sortir ».

10/08/2011
MLZP