Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
France

témoignage lu à Gouesnou le 17 octobre 2011

Je témoigne avec ma propre expérience. Je n'ai pas un grand niveau scolaire car on ne m'a pas poussée, encouragée.

Il y a un an, pour mes enfants, j'ai décidé de reprendre le chemin des études en candidat libre à la fac en Sociologie contemporaine et empirique mais j'ai dû arrêter en raison du mode de garde de mes enfants...

Je veux les motiver au maximum: ma grande fille de 14 ans se trouve en 4ème, j'ai pris les devants pour la soutenir dans son année en contactant le dispositif de réussite éducative.

Laetitia, Maman de Rozenn 14ans,

 Nolwenn 10 ans, Gwendal 6 ans et Gaelig 3 ans

07/11/2011
Véronique d'Ervau (mais c'est le témoignage de Laetitia)
France

Témoignage lu à Saint Brieuc le 17 octobre 2011

« Aînée de onze enfants, ma mère nous a élevés seule. A l’âge de 16 ans j’ai rencontré ATD QUART-MONDE. C’est là que j’ai connu le Père Joseph. Et là a commencé un long parcours contre la misère ; et depuis 39 ans c’est toujours le même parcours ».

J’ai connu beaucoup de personnes qui, malgré les difficultés ont gardé la tête haute. Il y avait beaucoup d’amour dans leur vie et de joie grâce aux enfants et à la famille, et c’était important pour eux.

Je connais des personnes qui, faute d’argent, n’ont pu se soigner correctement. Des problèmes de santé qui sont souvent la conséquence de leurs difficultés à se nourrir et des conditions de vie trop dures. Et aujourd’hui encore quand on n’a pas la CMU on ne peut se soigner, mais pendant ce temps la maladie s’aggrave. Quand on a la CMU on peut se soigner, mais il aura fallu attendre combien de temps ?

Des personnes ont du mal à se chauffer, surtout quand le logement est mal isolé. Souvent le chauffage est électrique et ça coûte cher. Donc on évite de l’allumer et on essaie de mettre des pulls plus chauds.

Chez nous encore des familles ne mangent pas à leur faim. Certaines ne vivent qu’avec ce qu’ils reçoivent des restos du cœur.  Et souvent après avoir fait un long parcours en  car et y avoir passé une partie de la journée, sans compter les lourds caddies  à traîner.

Mais que mangeront-ils si on supprime les aides aux Restos du Cœur ? Comment et par qui seront-ils pris en charge  si cette précarité doit encore durer ? MERCI DE BIEN ENTENDRE CES CRIS DE DETRESSE  !

04/11/2011
Joëlle Ladjyn
France

Témoignage lu à Saint Brieuc le 17 octobre 2011

Tous les choix que j’ai eu à l’école,/ on me les a imposés.

J’avais pas le droit de dire mon mot/ parce que j’étais jeune.

Le pire c’était en 6ème. J’étais perturbée à cause des soucis que j’avais.

Comme j’avais du mal à l’école, en cours d’année mon prof principal m’a fait quitter l’école.

Il m’a mis en 6ème SEGPA.

Le prof l’a décidé avec ma famille d’accueil et mon éducatrice

Ils m’ont prise à Lamballe où restait une place.

Quand je suis arrivée, je me suis dit qu’est ce que je fais là-dedans ? En plus y’avait de la cuisine et moi je n’aimais pas ça.

J’arrive en plein milieu d’année. Je ne connais personne.

Ils donnent des trucs, je ne sais même pas ce qu’il faut faire.

Du coup, je me disais que ça me sert à rien là-dedans, je faisais exprès d’être malade ou d’avoir un rendez-vous et j’allais pas en cours.

Après ma 3ème mon éduc m’a mis en CAP de cuisine.

En fait j’aurais voulu être secrétaire.

J’avais été à la Ville Davy avec ma famille d’accueil voir le directeur. Il voulait bien me prendre, sauf que ça n’a pas plu à l’éducatrice.

Elle m’a mis à Dinan en internat pour quitter ma famille d’accueil. Elle voulait que je m’en éloigne parce que là-bas, c’était trop un cocon de famille d’accueil. Ils m’aimaient trop, j’étais trop entourée donc pour elle, il fallait que je m’écarte.

Donc j’ai fait deux ans de CAP pour rien à Dinan.

Pour rien parce que je l’ai pas eu et je n’aimais pas la cuisine.

C’est pas ça que je voulais faire comme métier.

Après ça, j’ai voulu m’occuper des enfants.

On ne m’a pas prise parce que j’avais une moyenne trop faible.

Du coup je me suis sentie mal. Je me suis dis personne ne veut de moi qu’est-ce que je vais faire ?

Je voulais faire plein de trucs, on m’a dit je te vois pas là-dedans.

je voulais faire coiffeuse.

L’éducatrice, elle ne voulait pas. C’était elle qui décidait du choix de l’école où j’allais.

Ma famille d’accueil m’a dit  « essaie de trouver d’autre chose ».

Du coup j’ai fait un BEPA service aux personnes.

C’est avec la famille d’accueil que ça c’est décidé et avec l’éducatrice aussi.

Je ne voulais pas travailler avec les personnes âgées. Ca ne me plaisait pas. Pendant 2 ans j’ai rien fait en cours. J’ai loupé mon BEP à un point près.

Du coup les profs ils m’ont dit « même si tu ne veux pas travailler avec les personnes âgées repasse ton BEP et tu es sure de l’avoir » donc je l’ai repassé et en 2009 j’ai eu mon BEPA Service à la Personne.

Maintenant, je suis une remise à niveau avec Emeraude ID.

Là-bas, ils sont là pour nous aider.

Là, je peux apprendre parce qu’on est derrière nous. Ils ne nous dévalorisent pas, ils nous encouragent nous disent qu’on peut y arriver.

Avant, on ne me le disait pas.

Ca va moins vite ils prennent le temps d’expliquer mieux ; en cours, t’as pas le temps !

Ce qui change aussi par rapport à l’école, c’est que les gens sont volontaires pour y aller. Moi, j’y vais parce que j’en ai besoin. Je voudrais faire une formation de peintre avec l’AFPA de Langueux.

04/11/2011
Isabelle
France

Témoignage lu à Saint Brieuc le 17 octobre 2011

Personne ne choisit d’être SDF.

Des hommes et des femmes de tous âges se retrouvent à la rue : chômage, séparation, maladie… chacun a son histoire.

La rue, c’est l’insécurité : peur d’être dévalisé par un plus pauvre que nous ou par quelqu’un de malveillant, peur de la violence, devoir toujours bouger : en France les attroupements sont interdits sur la voie publique et la police nous disperse régulièrement. Pourtant, qui peut vivre seul ?

La rue c’est aussi une famille qui se disloque. Malgré beaucoup d’efforts, c’est difficile de garder un lien avec sa famille, avec ses enfants

Avoir un travail et un logement, certains y arrivent. Mais plus les années passent, plus ça devient difficile.

Les journées sont longues quand on est dans la rue.

Dans la rue, tout est problème : s’abriter, se nourrir, se soigner…

Des structures nous apportent de l’aide :

  • ADALEA où on peut prendre une douche ou faire une lessive

  • Les Restos du Cœur où on peut prendre un café, se poser un peu. C’est très bien. On y est toujours bien accueilli

  • La Croix Rouge qui distribue deux fois par semaine une soupe chaude et un petit repas.

La grande peur, c’est l’hiver. Avec le froid, on craint encore plus pour nos vies. On a peur qu’il n’y ait pas assez de place en centre d’hébergement.

Beaucoup ont un chien qui les accompagne et les protège. A cause des chiens, ils ne sont pas acceptés en centre d’hébergement. Qu’est-ce qu’ils vont devenir cet hiver ?

04/11/2011
Témoignage de Stéphane, Gazy, Tonio et leurs amis
France

Témoignage lu à Saint Brieuc le 17 octobre 2011

J’habite dans un quartier où toutes les personnes de tous les âges s’écoutent et se respectent.

Le mélange de générations, c’est bien, ça peut aider.

J’aime bien discuter avec des dames du quartier mais pour tout le quartier, y’a juste 4 bancs. Y’a pas forcément de place. Et pour les jeunes enfants, y’a rien d’adapté : pas de petit jeu à bascule, pas un bac à sable… Les parents essaient de sortir les enfants pour leur faire prendre l’air. Mais quand ils voient que les bancs sont déjà occupés, souvent les parents ne descendent pas et les enfants vont rester cloîtrés chez eux devant la télé.

Pourtant, on voudrait bien que les enfants bougent..

Ma fille aime bien l’école du quartier. Elle est bien accueillie dans la classe. La dame qui accompagne le professeur, l’ASEN, nous met en confiance et le professeur aussi est très accueillant. Si ma fille part jouer directement, c’est qu’elle est contente d’aller à l’école et de ne pas rester dans l’appartement.

Il faut faire quelque chose au niveau du quartier. Il faut le revaloriser et pas le critiquer en disant que dans ce quartier, y’a que du bazar et que ça restera un quartier où y’a que des cas sociaux.

On a fait des nouveaux bâtiments, une nouvelle piscine. Il faudrait aussi des endroits pour se retrouver et il faudrait des endroits pour les enfants.

Au niveau du quartier, y’a des gens de toutes nationalités qui veulent se retrouver dès qu’il y a des possibilités : la coupe du monde, des grillades faites par les jeunes de Boom Cœur, une fête comme celle de cet été. Les gens participent. Y’a pas mal d’animation.

On aime bien notre quartier mais il n’est pas assez valorisé.

04/11/2011
Aurélie