Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
France

Témoignage lu à Saint Brieuc le 17 octobre 2011

Personne ne choisit d’être SDF.

Des hommes et des femmes de tous âges se retrouvent à la rue : chômage, séparation, maladie… chacun a son histoire.

La rue, c’est l’insécurité : peur d’être dévalisé par un plus pauvre que nous ou par quelqu’un de malveillant, peur de la violence, devoir toujours bouger : en France les attroupements sont interdits sur la voie publique et la police nous disperse régulièrement. Pourtant, qui peut vivre seul ?

La rue c’est aussi une famille qui se disloque. Malgré beaucoup d’efforts, c’est difficile de garder un lien avec sa famille, avec ses enfants

Avoir un travail et un logement, certains y arrivent. Mais plus les années passent, plus ça devient difficile.

Les journées sont longues quand on est dans la rue.

Dans la rue, tout est problème : s’abriter, se nourrir, se soigner…

Des structures nous apportent de l’aide :

  • ADALEA où on peut prendre une douche ou faire une lessive

  • Les Restos du Cœur où on peut prendre un café, se poser un peu. C’est très bien. On y est toujours bien accueilli

  • La Croix Rouge qui distribue deux fois par semaine une soupe chaude et un petit repas.

La grande peur, c’est l’hiver. Avec le froid, on craint encore plus pour nos vies. On a peur qu’il n’y ait pas assez de place en centre d’hébergement.

Beaucoup ont un chien qui les accompagne et les protège. A cause des chiens, ils ne sont pas acceptés en centre d’hébergement. Qu’est-ce qu’ils vont devenir cet hiver ?

04/11/2011
Témoignage de Stéphane, Gazy, Tonio et leurs amis
France

Témoignage lu à Saint Brieuc le 17 octobre 2011

Tous les choix que j’ai eu à l’école,/ on me les a imposés.

J’avais pas le droit de dire mon mot/ parce que j’étais jeune.

Le pire c’était en 6ème. J’étais perturbée à cause des soucis que j’avais.

Comme j’avais du mal à l’école, en cours d’année mon prof principal m’a fait quitter l’école.

Il m’a mis en 6ème SEGPA.

Le prof l’a décidé avec ma famille d’accueil et mon éducatrice

Ils m’ont prise à Lamballe où restait une place.

Quand je suis arrivée, je me suis dit qu’est ce que je fais là-dedans ? En plus y’avait de la cuisine et moi je n’aimais pas ça.

J’arrive en plein milieu d’année. Je ne connais personne.

Ils donnent des trucs, je ne sais même pas ce qu’il faut faire.

Du coup, je me disais que ça me sert à rien là-dedans, je faisais exprès d’être malade ou d’avoir un rendez-vous et j’allais pas en cours.

Après ma 3ème mon éduc m’a mis en CAP de cuisine.

En fait j’aurais voulu être secrétaire.

J’avais été à la Ville Davy avec ma famille d’accueil voir le directeur. Il voulait bien me prendre, sauf que ça n’a pas plu à l’éducatrice.

Elle m’a mis à Dinan en internat pour quitter ma famille d’accueil. Elle voulait que je m’en éloigne parce que là-bas, c’était trop un cocon de famille d’accueil. Ils m’aimaient trop, j’étais trop entourée donc pour elle, il fallait que je m’écarte.

Donc j’ai fait deux ans de CAP pour rien à Dinan.

Pour rien parce que je l’ai pas eu et je n’aimais pas la cuisine.

C’est pas ça que je voulais faire comme métier.

Après ça, j’ai voulu m’occuper des enfants.

On ne m’a pas prise parce que j’avais une moyenne trop faible.

Du coup je me suis sentie mal. Je me suis dis personne ne veut de moi qu’est-ce que je vais faire ?

Je voulais faire plein de trucs, on m’a dit je te vois pas là-dedans.

je voulais faire coiffeuse.

L’éducatrice, elle ne voulait pas. C’était elle qui décidait du choix de l’école où j’allais.

Ma famille d’accueil m’a dit  « essaie de trouver d’autre chose ».

Du coup j’ai fait un BEPA service aux personnes.

C’est avec la famille d’accueil que ça c’est décidé et avec l’éducatrice aussi.

Je ne voulais pas travailler avec les personnes âgées. Ca ne me plaisait pas. Pendant 2 ans j’ai rien fait en cours. J’ai loupé mon BEP à un point près.

Du coup les profs ils m’ont dit « même si tu ne veux pas travailler avec les personnes âgées repasse ton BEP et tu es sure de l’avoir » donc je l’ai repassé et en 2009 j’ai eu mon BEPA Service à la Personne.

Maintenant, je suis une remise à niveau avec Emeraude ID.

Là-bas, ils sont là pour nous aider.

Là, je peux apprendre parce qu’on est derrière nous. Ils ne nous dévalorisent pas, ils nous encouragent nous disent qu’on peut y arriver.

Avant, on ne me le disait pas.

Ca va moins vite ils prennent le temps d’expliquer mieux ; en cours, t’as pas le temps !

Ce qui change aussi par rapport à l’école, c’est que les gens sont volontaires pour y aller. Moi, j’y vais parce que j’en ai besoin. Je voudrais faire une formation de peintre avec l’AFPA de Langueux.

04/11/2011
Isabelle
France

La pauvreté c'est quoi ?

La pauvreté, c'est ne pas manger à sa faim, ne pas avoir de beaux meubles, ne pas être bien habiller. Les vêtements il faut les laver la veille, les faire sécher pour les remettre le lendemain. C'est acheter sur le marché à 1 euro. Les enfants ne peuvent pas partir en vacances cest trop cher les parents ne peuvents pas payer.  La pauvreté c'est manger grâce au colis alimentaire distribué et ne pas avoir un centime dans le portemonnaie.

La pauvreté c'est la famille qui ne fête pas Noël, pas de cadeau, ni un jouet aux enfants.

20/10/2011
danielle
France

Ne pas baisser les bras face aux humiliations et incompréhensions.

Aujourd'hui comme tous les jours je me réveille en me disant est que ça être encore une journée de galère à courir pour chercher un travail, à me confronter non à des humains mais à des automates!!!

Les courriers administratifs que je reçois sont des courriers informatisés. Certaines sociétés parlent de remettre l'humain au coeur de l'entreprise et par derrière on se rend compte que c'est l'inverse qui se produit!! Où trouver la force, le rebond lorsqu'on se sent manipulé par un système asservi à l'arbitraire d'automates ? Le monde ubuesque dénoncé par des auteurs comme Orwel est en train de s'incarner sous nos yeux. Devons nous rester des spectacteurs impuissants en train d'assister à la chute de l'empire ?  

Le système dans lequel nous sommes est en train de montrer ses limites , nous avons le choix entre la rencontre de l'autre ou la destruction des relations par peur de nous mêmes. La peur montré comme exemple par certains économistes (voir l'éditorial d'ouest-france du 18 octobre ) n'est pas forcément la seule alternative à un monde malade de son indifférence et de sa cupidité excessive.

Si l'argent n'était que le seul moteur de ce monde , nous devrions être heureux puisque soi-disant nous sommes dans un pays riche. Or on voit bien que ce n'est pas le cas. L'argent doit être au service du bien commun et non l'inverse.

Pourtant j'aurais tendance à croire le contraire le contraire puisque la richesse n'est plus lié à la production mais tire sa source le plus souvent de la spéculation. Aussi ne nous étonnons de voir une masse de personnes de plus en plus grandes à être révoltés par des pratiques qui sont contraires aux valeurs de la vie en collectivité.

La vie ne s'achète pas plus qu'elle ne se mérite. Vouloir forcer les personnes à se mette au travail de manière contrainte fait naitre en eux plus d'ammertume que de  bonheur.

Souhaitez vous rendre heureux les citoyens de votre pays ou privilégier ceux qui vous ressemblent et vont dans votre sens ? C'est la question que j'aimerai poser au futur candidat à la présidence de la République. Et aussi quelle sera ces propositions en matière de représentations des plus pauvres au sein de son gouvernenement? Quand y aura t-il enfin des regards croisés à partir de ce que vivent au quotidien ceux qui sont souvent condamnés à n'être justement que représenté ? Y aura t'il une attention particulière accordé au bien être de ceux qui ne font que subir leur sort en ayant des minima sociaux et à qui ne leur est proposé que des bons d'aides alimentaires pour se donner bonne conscience ? Est ce que l'économie doit envahir tout le champ de vision de la politique ? N'y a t'il pas moyens d'imaginer des chemins de traverses qui permettent à toute personne de se sentir digne et fiers d'être sur cette terre?

On voit que là-dessus les réponses sont le plus souvent évasives et pourtant je sens dans mon quartier H.L.M. comme une soif de sentir heureux et fiers de soi qu'aucun autre ne pourra détruire. Je serai d'avis de revoir notre devise républicaine et d'y ajouter les mots Dignité et Fierté.

Le temps est passé de se chercher des boucs émissaires dont les plus pauvres Rsastes , familles séparés , immigrés font les frais. Partout où les groupes humains cherchent à se refermer sur une identité commune , locale , nationale, idéologique , raciale, religieuse , de terroir , les boucs émissaires pullulent. Cela demande de s'attaquer aux fondements de ce qui a permis à notre civilisation d'être ce qu'elle est : un modéle inapte à faire vivre en intelligence des personnes singulières au sein de la collectivité et qui alimentent les rivalités plutôt que de sortir des logiques d'affrontement. Le problème est sans doute à la fois religieux et humain.

Ne pas s'accepter soi-même conduit finalement à exclure l'autre. La fraternité universelle ne pourra se faire je crois que dans l'acceptation du Pére symbolique , qu'en se sachant reçu d'un Autre que nous ne connaissons pas. Les politiques sont ils conscients de cela qu'un Autre les habitent , que ce pouvoir dont ils abusent le plus souvent , ils l'ont reçu  des citoyens , ils ne l'ont pas d'eux-mêmes . Vaste sujet mais qui mérite d'être évoqué en des temps devenus de plus en plus incertain et incontrolables.

19/10/2011
Régis HANNART
France

Visage de la pauvreté

La pauvreté c'est quoi ?

Ca commence dès l'enfance lorsque on prend conscience  qu'à l'école ses camarades sont habillés différemment et vous regardent comme des enfants à part. Pas de jeux ensemble, chacun dans sa "caste" si l'on peut dire.

Puis nous grandissons  et nos parents ne peuvent pas assumer nos études, donc pas de perspective de métier à haut niveau. Il faut dire qu'il y a deux mondes : celui des pauvres et celui des riches et la bonne société ne se mélange pas. Donc là est l'exclusion pur beaucoup de personnes dans des cas différents : mariage râté, on n'est pas du même niveau social, moquerie, méprise, indifférence des gens. Toute leur vie ces gens-là sont malmenés par la société et l'incompréhension les barrières sociales sont là. Les riches méprisent ceux qui n'ont pas réussi leur vie sociale.

Michelle    

18/10/2011
michelle