Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
International

Message d’Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère.

La mondialisation n’a aucun sens si le nombre de laissés-pour-compte continue d’augmenter chaque année. Les processus économiques ne devraient pas continuer à mettre autant en péril la dignité humaine dans le monde.Ainsi l’émergence du Continent africain, tant évoquée, est loin d’être une réalité : le nombre de pauvres y avoisine les 50 %. Les revenus considérables générés par les activités des industries extractives ne contribuent toujours pas à l’élimination de l’extrême pauvreté, à la réduction des inégalités et au respect des droits fondamentaux de la majeure partie de la population.À l’heure où la communauté internationale s’engage, sous l’égide des Nations unies, dans la formulation de l’agenda post 2015 pour le développement durable, le prochain Sommet de la Francophonie va adopter, à Dakar, une stratégie économique qui prend pour principe fondateur une économie au service de l’humain, visant un partage équitable des richesses et un usage raisonné des ressources naturelles mondiales. Elle demande également que les Objectifs du Millénaire pour le développement, qui sont loin d’être atteints dans certaines parties du monde, fassent partie intégrante des nouveaux Objectifs du développement durable.La Francophonie partage le combat d’ATD Quart Monde pour le refus de la misère et l’appropriation par les plus pauvres des Principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme adoptés par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies le 27 septembre 2012.J’appelle les Etats de l’espace francophone à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre les dispositions de ce texte novateur consacré à la transparence et à l’accès à l’information, à associer avec détermination développement économique et droits des personnes les plus vulnérables.Les Etats membres de la Francophonie doivent renforcer l’appropriation des normes internationales ou régionales relatives aux droits économiques, sociaux et culturels, et prendre en compte les principes relatifs à la responsabilité des entreprises en matière de droits de l’Homme.Ils doivent également lutter contre l’extrême pauvreté en s’inspirant notamment des recommandations du Conseil des droits de l’Homme sur une utilisation plus efficace des politiques fiscales et sur un meilleur usage des dépenses publiques dans les services de base.Comme l’affirme clairement la Déclaration de Bamako du 3 novembre 2000, texte de référence de la Francophonie sur la paix, la démocratie et les droits de l’Homme, le droit au développement doit bénéficier à tous.

http://www.francophonie.org/17-octobre-Journee-mondiale-du.html

17/10/2014
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
International

Apprenons avec ceux qui réfléchissent à la misère jour et nuit !

Message de la Délégation générale du Mouvement international ATD Quart Monde à l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre 2014

Apprenons avec ceux qui réfléchissent à la misère jour et nuit !

Au fil des siècles, partout dans le monde, on a cherché à garder mémoire de tous ceux qui ont enduré et souvent payé de leur vie leur résistance aux guerres, à l’esclavage, et à tous les fléaux qui défigurent l’humanité.

Quand nous souvenons-nous de ceux qui, leur vie durant, ont eu à affronter la violence de la misère ? Ceux qui ont quitté cette terre sans laisser de traces ? Dont les corps ont été enterrés dans des fosses anonymes ? Ceux dont les lieux de vie sont constamment effacés de nos cartes ? Dont les paroles n'ont jamais été entendues ?

Le 17 octobre est un temps pour que l’humanité prenne conscience de la violence de la misère et du courage de ceux qui lui résistent jour après jour. Marquer ce jour signifie que nous voulons en finir avec la brutalité du mépris et des humiliations, que nous voulons faire cause commune avec les plus oubliés, renouvelant avec eux nos manières de vivre les droits humains, l’économie, l’éducation et la paix.

Au Burkina Faso, Fatimata s’interroge : « Au-delà de la souffrance, il y a l’humiliation : c’est le pire. (...) Même dans la misère, la plus profonde, un homme a besoin de partager. (...) Je me demande qui sont les vrais acteurs de la lutte contre la pauvreté ? Il y a beaucoup de projets, beaucoup de chercheurs, et beaucoup de textes et de livres sur la pauvreté, on en connaît tous les mots de A à Z, et malgré tout cela, elle persiste. Je me demande s’il ne faut pas créer maintenant un autre alphabet pour exprimer nos luttes ? »

Cette question de Fatimata fait écho aux mots gravés sur la dalle commémorative, inaugurée le 17 octobre 1987, « en hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence ». Ce mot « d’ignorance », nous avons besoin de le comprendre dans tout son sens. Notre monde ignore ce que vivent les personnes confrontées à la misère : il se fait des idées, il construit des connaissances sur elles qui les maintiennent à l’écart.

Thérèse, du Sénégal, dit aussi : « On dit « la pauvreté par-ci », « la pauvreté par-là ». Mais qui sont ceux qui y réfléchissent le plus ? Ce que je vois, c’est que les gens de mon quartier y réfléchissent jour et nuit. Celui qui n'a pas de souci, quand il se couche le soir, il ne pense qu'à dormir. Mais celui qui ne sait pas ce qu'il va donner à manger à sa famille le lendemain, même quand il se couche, il continue de penser, il réfléchit. »

Notre monde souffre d’ignorer l’intelligence des personnes aux prises avec la misère, des personnes à qui on ne donne jamais de temps et d’espace pour partager leur réflexion, et qui pourtant pensent jour et nuit et luttent pour la vie de leur famille et pour la dignité de tous.

Le 17 octobre, nous voulons redire qu’avec leur expérience et leur savoir, ils sont des partenaires indispensables pour faire reculer notre ignorance et faire grandir la paix.

A quoi nous engagent ces réflexions que nous échangeons aujourd’hui ?

« Le gars qui vient d’être embauché ici a du mal à faire son boulot. Les autres se plaignent de lui. Mais je sais qu’il a besoin de son travail et de sa paie, sinon qu’est-ce qu’il va devenir ? S’il faut que je lui donne un coup de main pour qu’il y arrive, je suis prêt à le faire. » Claude travaille dans une équipe de bûcherons en France. Il accepte de prendre sur lui et d’en faire plus pour être sûr que son collègue ne sera pas renvoyé. Il nous rappelle les efforts d’autres. De cet enseignant dans un quartier défavorisé qui invente avec tous les enfants de la classe et la communauté des adultes une nouvelle façon d’accueillir et de soutenir un élève qui manque très souvent l’école. Ou les efforts de ces résidents d’un quartier populaire qui repeignent un mur pour effacer des graffitis humiliants envers une famille du voisinage.

Ce nouvel alphabet que propose Fatimata, n’est-ce pas tous ces gestes et ces engagements qui écrivent déjà dans l’ombre une histoire nouvelle de fraternité ? N’avons-nous pas à les rendre visibles comme nous invite à le faire Jane, des Etats-Unis : « A Ferguson, les médias ont montré des manifestations et des pillages après la mort d’un jeune abattu par des policiers. Pourquoi, les médias ne montrent-ils jamais le courage de ceux qui vivent dans la précarité et qui ont risqué leur vie pour protéger leur communauté des pillages ? Ce courage-là vient du cœur. Il faut que tout le monde le sache. »

Se mettre à l’école de ceux qui, nuit et jour, cherchent le sens profond de la vie, de la justice, de la paix, c’est bâtir la confiance et avancer ensemble vers la réalisation d’un monde dont nous serons tous fiers, un monde où « tous les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère.* »

Isabelle Pypaert Perrin, Déléguée générale

 *Déclaration universelle des droits de l’homme.

15/10/2014
Isabelle Pypaert Perrin, pour la Délégation générale
International

Message du Comité international 17 Octobre

                                    Comité international 17 octobre

Message pour la Journée mondiale du refus de la misère - Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté

Ne laisser personne de côté : réfléchir, décider et agir ensemble contre la misère

    Les personnes vivant dans l'extrême pauvreté savent par expérience que c'est seulement en agissant ensemble que nous pouvons transformer nos vies et nos communautés afin de bâtir un monde plus durable et plus équitable pour tous.

    Sans véritable inclusion sociale, aucun changement ne sera possible.

    Par conséquent, les nouveaux Objectifs du Développement Durable doivent garantir que les engagements politiques pris au plus haut niveau se traduisent, sur le terrain, par des participations pleines et entières et des mises en œuvre effectives.

     Cette année, le thème du 17 Octobre, qui a été élaboré en étroite consultation avec des personnes vivant dans l'extrême pauvreté, reflète leur vision et leurs aspirations pour le nouvel environnement de développement dans la période post-2015.

    L'exigence de «ne laisser personne de côté» nous rappelle que nous devons éliminer la discrimination, la marginalisation et l'exclusion fondées sur la pauvreté, l'origine ethnique, le genre ou le statut économique et social.

    Elle nous rappelle que nous devons être actifs pour atteindre les groupes les plus pauvres et les plus exclus de nos sociétés.

    Elle nous rappelle que nos efforts pour éradiquer l'extrême pauvreté doivent respecter toutes les normes et les standards relatifs aux droits de l'homme, conformément aux Principes directeurs des Nations Unies sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme. 
    

    L'exigence de «réfléchir, décider et agir ensemble contre la misère» nous rappelle que les personnes vivant dans la pauvreté doivent être des partenaires à part entière dans la construction d'un monde plus juste et plus durable.

    Dans ce partenariat, nous devons être capables de créer et de partager des connaissances ensemble; de décider des stratégies, des politiques et des actions ensemble; et d’agir ou de mettre en œuvre ces décisions ensemble.

    Pendant trop longtemps, l'expérience, la connaissance et la sagesse que les personnes vivant dans la pauvreté peuvent apporter au monde ont été largement ignorées. 
    

   Des décideurs et des experts parlent de la pauvreté mais ce sont les pauvres qui la combattent chaque jour.

    Des décideurs et des experts sont avides de proposer des solutions et des stratégies mais ils ne consultent presque jamais les personnes vivant dans la pauvreté sur ce qui fonctionne ou ce qui ne fonctionne pas, ou sur ce qu'il faudrait faire pour éradiquer la pauvreté.

    Des entreprises et des célébrités sont accueillies dans les débats publics mais les personnes vivant dans la pauvreté doivent se battre pour se faire entendre sur des questions qui les touchent directement.

    En fait, nous nous réunissons le 17 Octobre, chaque année, pour témoigner de notre partenariat et de notre solidarité avec les personnes vivant dans la pauvreté; pour reconnaître et apprendre de leurs efforts ; et pour défendre leurs droits humains et leur dignité.

    C'est pourquoi, si nous sommes véritablement déterminés à créer un monde juste et durable, libéré de la misère, nous devons construire et entretenir un partenariat authentique  avec les personnes vivant dans la pauvreté.

    Nous ne laisserons personne de côté.  

14/10/2014
Donald Lee, Président du Comité international 17 Octobre
France

Riches et pauvres , ensemble pour un monde de justice et de paix

Soutien pour le 17 Octobre 2014.

Comme en son temps Louis-Pierre Dufourny de Villers, la discrimination sociale existe toujours malgré les prises de position de plus en plus nombreuses et déterminés à abolir cet apartheid social qui mine la société dans sa cohésion.

Voici quelques phrases courtes qui seront lues lors de la prochaine Journée mondiale du refus de la misère en souhaitant de tout coeur qu'elle porte du fruit et que les responsables politiques prennent conscience qu'il n'est plus possible de faire la politique de l'autruche quant à la discrimination sociale. Je souhaite par cette action que tout citoyen d'où qu'ils viennent puisse affirmer : j'ai le droit au travail, j'ai le droit de vivre dignement, d'être en bonne santé, de fonder une famille si je le souhaite et de faire vivre dignement les miens sans avoir à me justifier ni à fournir d'explication pour que ces droits soient respectés .

" Que l'on soit riche ou pauvre , on a tous les mêmes droits "

" La misère et le chômage porte atteinte gravement à la dignité humaine "

" Les pauvres ne sont pas victimes de leur situation mais des personnes responsables cherchant comme tout le monde un sens à leur vie "

" Les pauvres n'ont pas vocation à devenir délinquants et à remplir les prisons "

" On ne lutte pas contre le chômage en prescrivant des anti-dépresseurs et des neuroleptiques "

" Les pauvres ne sont pas des dealers , des criminels , des pervers etc... "

C'est la société qui est malade, pas les pauvres , elle est responsable de la fabrication de malades, l'anxiété qu'elle crée génère des tensions, des rivalités qui ne peuvent se résoudre dans une logique d'écrémage dû à l'encouragement de la compétitivité. L'anxiété qui en résulte génère de la violence et rend le monde malodorant pour les personnes qui ont été abandonnés par un système basé sur une connaissance mensongère lorsqu'elle refuse de se nourrir du savoir des personnes les plus en bas de l'échelle sociale qui ont une réflexion et une pensée aussi importante que les les connaissances tirées de théories mais ne prenant pas en compte le savoir lié à l'expérience de vie des personnes qui ont traversé des difficultés.

La société ne peut se fermer les yeux sur cette somme de savoir acquises au fil des siècles dont les détenteurs sont en droit de réclamer leur légitime reconnaissance par les pouvoirs publics. Cela ne peut se faire dans la précipitation , il y faut un changement de vision dans les priorités actuelles dont les bases ont été fondées dans l'injustice profonde qu'il y a à exclure une partie du peuple pour qu'une couche de la société se maintienne en haut de l'échelle. Il est dérisoire de vouloir vaincre la misère si l'on n' y associe pas les plus démunis à égalité de parole et de pensée et si celle-ci n'est pas transformante pour l'ensemble de la société. Aussi, j'en appelle à une métamorphose du pouvoir lié à l'amitié entre les peuples, appelant chacun à se dépouiller de ses certitudes pour se mettre en marche à l'école de l'humilité avec ceux que l'économie n'a fait que tirer profit en leur fournissant une subsistance en échange de leur silence. La justice réclame à ce que chacun puisse exprimer sa propre pensée en étant sûr d'être pris en compte sans être instrumentalisé par la suite, et sans subir la double peine qui est actuellement en vigueur : le chômage ajouté à des conditions de vie précaire . Comme le disait Claude Alphnadéry : " il y a des formes d'insoumission qui ne sont pas de la violence ". Lorsqu'elle concerne la dignité des personnes , toutes les formes d'insoumission sont légitimes et devraient être pris en compte par les pouvoirs qui cherchent à cultiver la paix et non la guerre . Ce n'est pas en assistant les plus pauvres que la discrimination sociale disparaîtra mais en amenant chacun à sa propre autonomie pour le bien-être de tous comme l'affirmait soeur Emmanuelle, Freddy Kunz et tant d'autres combattants pour les droits des des plus pauvres à être reconnus comme tout le monde....

Fraternellement

la Journée du 17 octobre se prépare activement...
10/10/2014
Régis HANNART
Belgique

Vivre le 17 octobre à travers l'art

Voici ma contribution indirecte à cette journée du 17 octobre 2013. Ma dernière peinture sur tout ceux qui quittent familles, foyers, enfants, quartiers, villes, pays, continents pour oser partir vers ailleurs, là où leurs rêves seraient peut être possible. Histoires sans cesse recommencée ... avec une humanité toujours en recherche d'un avenir meilleur.

( peinture inspirée des statues de bronze de Dublin)

04/11/2013
Christian Januth