Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
International

le Pape François parle de la journée du 17 octobre

Le Pape a également lancé un appel ce mercredi pour la Journée mondiale du Refus de la Misère  qui aura lieu samedi. Une journée qui a pour but, a rappelé le Pape, d’accroître les efforts pour éliminer l’extrême pauvreté  et la discrimination, et de s’assurer que chacun de nous puisse jouir  pleinement de ses droits fondamentaux. «  Nous sommes tous invités à faire nôtre cette intention,  car la charité du Christ atteint et soulage nos frères et sœurs les plus pauvres, et abandonnés. »

( Extrait de l'audience du mercredi 14 octobre 2015 )

http://fr.radiovaticana.va/news/2015/10/14/audience_g%C3%A9n%C3%A9rale__fran%C3%A7ois_demande_pardon_pour_les_scandales/1179170

http://it.radiovaticana.va/news/2015/10/14/papa_aumentare_sforzi_per_eliminare_estrema_povert%C3%A0/1179110

http://en.radiovaticana.va/news/2015/10/14/pope_backs_international_day_for_the_eradication_of_poverty_/1179286

15/10/2015
Radio Vatican
International

Message de la Déléguée générale du Mouvement international ATD Quart Monde

à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre 2015

Pour que personne ne soit laissé de côté !

Dans le ciel incroyablement bleu du 17 octobre 1987, le Père Joseph Wresinski témoignait de ces « pauvres de tous les temps, fuyant de lieux en lieux, méprisés et honnis… »

Qui sont-ils aujourd'hui ces « millions et millions d’enfants, de femmes et de pères » ? Encore et toujours obligés de partir, cherchant la vie, marchant des semaines, des mois durant, avec souvent pour seule richesse ce qu’ils portent sur eux, quelquefois leurs enfants ;

Empêchés d’entrer, secouant pourtant les barrières, et par là questionnant notre humanité et ce que nous voulons bâtir ensemble ;

Condamnés à vivre dans des lieux « à part » : centres et camps soi-disant provisoires, asiles, casernes désaffectées, logements délabrés, parqués comme l’ont toujours été les sans lieux, dans les zones grises de nos villes, au bord des rivières, à la lisère des forêts, loin des yeux, loin des consciences, à la merci d’une générosité qui parfois oublie ses promesses.

Qui sont-ils aujourd'hui ces « millions et millions d'enfants, de femmes et de pères dont les coeurs à grands coups battent encore pour lutter » ? C'est cette mère de famille de Madagascar qui a si longtemps vécu sous une bâche plastique, où elle ne pouvait tenir debout. Elle qui, dans une de nos réunions après que tout le monde ait parlé, lève la main : « Surtout, il ne faut pas oublier qu'il y a encore des gens qui sont tout seuls et qui ne nous connaissent pas. C'est pour eux que nous sommes ensemble ».

Ce sont ces pères et ces mères de Grande-Bretagne, systématiquement dénigrés, jusque sur les murs et dans les médias, traités de profiteurs, considérés comme en trop. Et pourtant, ce sont eux qui, dans leur quartier, soutiennent d'autres totalement oubliés. Ils défendent ainsi les droits de l'homme pour tous. Ce sont ces jeunes de Centrafrique qui ont vu la violence déferler sur leur propre famille. Ils ont résisté à la haine et à la vengeance en rejoignant sur le tarmac de l'aéroport ces milliers d'enfants privés d'école pour leur apporter le savoir, la beauté, bagages pour retrouver la paix. Aujourd'hui encore, ils animent des bibliothèques de rue dans les lieux les plus abandonnés.

Qui sont-ils aujourd'hui ces « millions et millions d'enfants, de femmes et de pères dont le courage exige le droit à l'inestimable dignité » ? Ce sont ces familles d'un quartier de Beyrouth, au Liban, où sont accueillis des milliers de réfugiés, Syriens pour la plupart. Pour elles, la vie se complique encore du fait de cet afflux. Elles qui avaient tant de mal à trouver ne fût-ce qu'une place pour leurs enfants à l'école, nous disent : « nous avons connu le même désespoir qu’eux, les mêmes nuits sans sommeil. Nous ne pouvons pas leur fermer la porte. Même si c’est difficile, on ne peut qu'essayer de vivre ensemble ».

« Moi, je voudrais être ambassadrice du Quart Monde » nous dit cette femme d’Érythrée accueillie par les membres du Mouvement à Londres, rappelant que nous nous mettons ensemble parce que nous voulons que, d’ici ou d’ailleurs, aucun être humain ne soit mis à part, que personne ne soit laissé de côté. Ne sommes-nous pas ensemble pour apprendre de tous ceux qui, à cause de leur souffrance et de leur espoir, veulent que le monde avance ? C’est avec eux que nous pourrons gagner la paix dont le monde a besoin, parce qu’au-delà de l’amertume, ils fondent leur espérance et puisent leur force dans la fraternité.

( Télécharger le message en pdf )

14/10/2015
Isabelle Pypaert Perrin, Déléguée générale du Mouvement international ATD Quart Monde,
International

Message du Comité International 17 octobre

COMITÉ  INTERNATIONAL  17  OCTOBRE

Message pour la Journée mondiale du refus de la misère - Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté 17 octobre 2015

Cette année la célébration de la Journée Mondiale du refus de la misère revêt une signification particulière car elle suit immédiatement le lancement de l’Agenda 2030 des Nations Unies pour le Développement durable.

Nous accueillons avec satisfaction la déclaration des Etats membres affirmant dans l’Agenda 2030 leur détermination «à mettre fin à la pauvreté et à la faim, sous toutes leurs formes et dans toutes leurs dimensions» ainsi que leur engagement à ce que «personne ne soit laissé de côté».

Nous savons parfaitement bien que lorsque la pauvreté est mesurée uniquement en termes économiques, cela porte atteinte à la dignité des personnes vivant dans la misère et à leur lutte quotidienne pour vaincre la pauvreté. Cela évite de reconnaître la pauvreté comme une violation des droits humains ou que la pauvreté est par essence complexe et multidimensionnelle.  

Et lorsqu’en 2000 les dirigeants de la planète ont décidé de diminuer de moitié le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté, ils ont en réalité abandonné des millions d'hommes, de femmes et d’enfants à lutter seuls contre la pauvreté.

Certains dirigeants du monde voudraient nous faire croire que nous sommes la première génération capable de mettre fin à la pauvreté. Ceci est trompeur. Dans l'histoire contemporaine, chacune des générations précédentes a eu la capacité de mettre fin à la pauvreté ; il leur a simplement manqué la vision, l’empathie et la volonté politique pour y parvenir.

. Nous ne devons pas répéter les erreurs des 15 dernières années. Cette fois-ci nous devons veiller à ce que personne ne soit oublié.

Cette année le thème de la commémoration de la Journée Mondiale du refus de la misère - "Construire un avenir durable : S’unir pour mettre fin à la pauvreté et la discrimination» - nous rappelle combien il est important d'agir ensemble pour éradiquer l'extrême pauvreté et la discrimination partout pour construire un avenir durable.

Les personnes vivant dans la pauvreté savent par expérience que la pauvreté et la discrimination sont étroitement liées.

Elles ont vu combien la discrimination affecte les personnes vivant dans la pauvreté en créant un environnement d'inégalité qui limite l’accès à leurs droits fondamentaux, à leurs besoins de base et à des chances d'avancée sociale et économique. Elles savent d’expérience à quel point une telle discrimination peut à la fois être cause de pauvreté et un obstacle pour la surmonter. Nous avons vu combien, même dans les pays où des progrès significatifs ont été réalisés pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, la discrimination et les inégalités ont augmenté.

Les personnes vivant dans la pauvreté doivent être des partenaires à égalité et à part entière pour la construction d'un avenir juste et durable.

 Leur pleine participation, en particulier dans les décisions qui affectent leurs vies et leurs communautés, doit être au centre des politiques et des stratégies visant à bâtir un avenir durable. Trop souvent, la participation des personnes vivant dans la pauvreté a été un faux semblant et de ce fait leurs connaissances et leur expérience si précieuses ont été ignorées ou mises de côté.

Nous devons œuvrer tous ensemble pour garantir que notre planète pourra répondre aux besoins de chaque personne – et pas seulement à ceux de quelques privilégiés – et ce, pour les générations présentes et futures.

13/10/2015
Donald Lee, Président du Comité international 17 Octobre
Liban

"Construire un avenir durable : S'unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination."

Bonjour, et salut à tout le monde

Droits de l'homme et dignité: ca m'intéresse! Et, c'est quelque chose que je vois important à mettre devant nous pour les assurer et un de ces droits est que: on ne doit plus avoir de la pauvreté extrême et de la discrimination. C'est vrai qu'on doit s'unir pour mettre fin à cela. Car, L'union est une clef pour ouvrir de grandes portes! Il faut vraiment construire ensemble un avenir durable et je redis ce que ma fille dit: Au milieu de la Misère dans ce monde, il y a la Paix dans le coeur de tout le monde! Et quand on dit tout le monde, c'est vraiment tout le monde car chaque personne est importante si on veut un avenir important! 

Courage et bon travail,

Amicalement et à bientot

Chandra Skaf 

18/06/2015
Chandra Skaf
Réunion

Message de Dominique Versini, Président de ATD Quart Monde Réunion

Homme, Femme, qui que tu sois, j‘en appelle à ton honneur, à ta dignité. Allons debout ! Regarde ton voisin, ton ami, ton frère. N’a‐t‐il pas du prix à tes yeux ? Celui que tu croises tous les jours, celui que tu vois mais ne regardes pas, Celui que tu entends mais n’écoutes pas. N’est‐ce pas deux mondes qui se croisent ? Se croisent seulement ? Y aurait‐il deux mondes sur ce monde où nous vivons ? Y a‐t‐il deux peuples ? Ne peut‐il y avoir un peuple, un seul peuple sur ce monde ? Toi qui as, toi qui n’as pas. Toi, peuple du Quart Monde, se peut‐il que l’on vous ait ôté autant de droits Pour que vous soyez si peu aux yeux du monde ? Et toi, homme solitaire dans la rue. Tu es perdu et tu regardes ces visages, Regards perdus qui passent sans te reconnaître. Toi, famille dont les enfants te sont ôtés. Quelles souffrances vis‐tu de ne plus voir et chérir ton sang, de ne plus serrer sur ton coeur l’espoir de ta vie, de ne plus embrasser ceux pour qui tu luttes ?

Toi, peuple du monde, se peut‐il que tu vives tes droits sans savoir que certains en sont privés ? Toi qui entre chez toi et referme la porte derrière toi. Toi qui tourne le dos à tous ces dos courbés. Toi, homme religieux, ne dis‐tu pas que Dieu est en chaque Homme ? Comment vas‐tu à ton dieu si tu ne rejoints pas l’Homme ? Toi, homme sans dieu, tu te dis humaniste, Comment rejoints‐tu l’homme si ce n’est dans de vain discours ? Debout tous, allons à la rencontre de chacun. Prenons le même chemin, chemin de croissance. Retrouvons notre honneur, notre dignité d’homme. L’un dans la main tendue vers notre frère écrasé, humilié. L’autre vers la confiance retrouvée par l’un, donnée. Je crois en vous, Jeunes du monde, Pour apporter la paix, la fraternité et l’espérance. Pour montrer votre volonté à bâtir un monde juste en union avec les anciens et la société. Je crois en vous, Familles du monde, Pour votre capacité à réagir face à l’adversité, pour votre force, votre courage, face à ce monde aveugle. Malgré le silence qui vous étreint, devant le silence du monde, Malgré les dos tournés et les regards méprisants, Vous faites face et vous regardez les coeurs avec respect et patience.

Vous avez reconnu dans le père Joseph Wresinski, Celui qui vous a redonné l’espoir, la dignité. Celui qui a révélé en vous votre capacité à être responsable. La pensée du père Joseph, où tous sont acteurs et bâtisseurs de ce monde, doit être nôtre. Aujourd’hui nous sommes rassemblé pour un anniversaire. L’anniversaire de cette Dalle, pour ses 25 ans. 25 ans, c’est Jeune au regard du combat qui dure depuis que l’homme est homme. Dalle gravée en votre honneur, en hommage à tous ceux qui luttent pour leur dignité et leurs droits. Mon voeu le plus cher est qu’un jour ce parvis des droits de l’homme soit noir de monde pour affirmer la solidarité avec les plus pauvres. Que la phrase du père Joseph gravée soit devenue caduque. Que nous venions sur cette dalle pour fêter la fin de la misère. Je crois en vous, Hommes, femmes de toutes conditions, pour reconnaître la valeur inaliénable des droits fondamentaux qui font de nous des égaux, des hommes libres, Pour reconnaître la valeur de la vie, Qu’il y a en chacun de vous, en chacun de nous, en chacun de tous. Regarde toi, regarde le, tous n’aspirons‐nous pas au bonheur ? Peut‐il y avoir un chemin de partage, d’échange, de confiance ? Un chemin que tous, nous pourrions emprunter, chemin de respect, de confiance et d’espérance ?

25ème anniversaire de la Dalle de Champ Fleuri 17 et 28 octobre
12/11/2014
Dominique Versini, Président de ATD Quart Monde Réunion