Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
International

DU REFUS DE LA MISERE

Cassam UTEEM GCSK Président du Mouvement International ATD Quart Monde

La Journée mondiale du refus de la misère ou Journée internationale des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté, célébrée le 17 octobre de chaque année et ce depuis 1987, a pour thème cette année « Construire un avenir durable : S’unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination. » Selon le rapport A/61/308 du Secrétaire général des Nations Unies, cette journée « représente une occasion de reconnaître les efforts et les luttes des personnes vivant dans la pauvreté, une chance pour elles de faire entendre leurs préoccupations et un moment pour reconnaître que les pauvres sont à la pointe de la lutte contre la pauvreté. » Ces propos du Secrétaire général des Nations Unies viennent ainsi rejoindre ceux du père Joseph Wresinski, initiateur de cette journée. Ils encouragent tous ceux qui se mobilisent pour donner plus d'ampleur à cette journée. Ils nous rappellent la place que doivent occuper les familles vivant dans la pauvreté pour la réussite de tout programme de combat contre ce fléau qui, ne l’oublions pas, est l’œuvre des hommes et ne pourra être détruit que par les hommes.

Il est évident que nous ne pourrons construire un avenir durable sans d’abord nous défaire des préjugés dont les pauvres sont victimes et qui souvent empêchent leur intégration dans la communauté. Le regard des autres est autrement plus blessant et humiliant que les conditions dans lesquelles ils vivent. Il faut changer ce regard. Des familles habitant certaines régions, notamment les banlieues des grandes villes du Nord ou les poches dites de pauvreté du Sud, font l’objet de discrimination flagrante lorsqu’il s’agit d’emplois au sein de certaines institutions ou entreprises privées et publiques. La pratique d’une forme de discrimination dont font l’objet des enfants des familles vivant dans la pauvreté dans certaines écoles peut s’apparenter à celle de la discrimination raciale. S’unir pour mettre fin à la discrimination est un des impératifs de la lutte pour l’élimination de la pauvreté partout dans le monde.

On ne peut non plus prétendre pouvoir construire un avenir durable sur un modèle de développement qui repose sur l’exploitation et l’exclusion. L’exploitation de la main-d’œuvre, le non-respect des droits humains, le recours aux lois du marché avec pour seul objectif le profit et la privatisation des biens publics ont eu pour conséquence un sous-emploi chronique, l’approfondissement des inégalités sociales et l’amplification du phénomène d’exclusion. D’autre part, l’exploitation débridée des ressources limitées de la planète et son impact négatif sur l’environnement, la production non-contrôlée des gaz responsables de l’effet de serre générés par l’activité humaine provoquent des dérèglements climatiques avec pour résultat des catastrophes écologiques dont les premières victimes sont les pauvres et les exclus.

Un dialogue politique global devrait aboutir à un changement de modes de production et de consommation, avec accent sur les énergies renouvelables pour diminuer l’émission des gaz à effet de serre, préserver l’environnement et faire reculer la pauvreté. Le consensus semble avoir été trouvé avec le concept du développement durable qui cherche à concilier croissance à long terme et préservation des richesses de la planète pour les générations futures. Nous ne pourrons qu’espérer que les pays qui sont les plus gros producteurs des gaz à effet de serre puissent mettre en pratique les recommandations des instances internationales afin que le développement durable devienne une réalité.

A la veille de la célébration de la Journée mondiale du refus de la misère, le Mouvement International ATD Quart Monde se félicite de l’adoption par les Nations Unies des Objectifs de Développement Durable à atteindre d’ici 2030. Ces objectifs, pour la première fois, s’appuient sur les droits de l’Homme. Ils lient étroitement les politiques qui visent à éliminer la pauvreté et celles qui visent à préserver la planète. ATD Quart Monde constate non sans satisfaction que ceux-ci reprennent explicitement l’exigence de « ne laisser personne de côté » pour laquelle il se bat inlassablement depuis des années. Cette exigence nous vient des personnes et des familles qui, dans leur vie quotidienne et au milieu de difficultés sans nombre, refusent avec courage d'abandonner plus fragiles qu'elles. Il nous appartient à tous maintenant de nous engager avec détermination, dans nos responsabilités respectives, à promouvoir la participation des populations en situation de grande pauvreté dans la mise en œuvre, dans chaque pays, de ces Objectifs de Développement Durable.

( Télécharger le message en pdf )

16/10/2015
Cassam UTEEM GCSK
International

le Pape François parle de la journée du 17 octobre

Le Pape a également lancé un appel ce mercredi pour la Journée mondiale du Refus de la Misère  qui aura lieu samedi. Une journée qui a pour but, a rappelé le Pape, d’accroître les efforts pour éliminer l’extrême pauvreté  et la discrimination, et de s’assurer que chacun de nous puisse jouir  pleinement de ses droits fondamentaux. «  Nous sommes tous invités à faire nôtre cette intention,  car la charité du Christ atteint et soulage nos frères et sœurs les plus pauvres, et abandonnés. »

( Extrait de l'audience du mercredi 14 octobre 2015 )

http://fr.radiovaticana.va/news/2015/10/14/audience_g%C3%A9n%C3%A9rale__fran%C3%A7ois_demande_pardon_pour_les_scandales/1179170

http://it.radiovaticana.va/news/2015/10/14/papa_aumentare_sforzi_per_eliminare_estrema_povert%C3%A0/1179110

http://en.radiovaticana.va/news/2015/10/14/pope_backs_international_day_for_the_eradication_of_poverty_/1179286

15/10/2015
Radio Vatican
International

Message de la Déléguée générale du Mouvement international ATD Quart Monde

à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre 2015

Pour que personne ne soit laissé de côté !

Dans le ciel incroyablement bleu du 17 octobre 1987, le Père Joseph Wresinski témoignait de ces « pauvres de tous les temps, fuyant de lieux en lieux, méprisés et honnis… »

Qui sont-ils aujourd'hui ces « millions et millions d’enfants, de femmes et de pères » ? Encore et toujours obligés de partir, cherchant la vie, marchant des semaines, des mois durant, avec souvent pour seule richesse ce qu’ils portent sur eux, quelquefois leurs enfants ;

Empêchés d’entrer, secouant pourtant les barrières, et par là questionnant notre humanité et ce que nous voulons bâtir ensemble ;

Condamnés à vivre dans des lieux « à part » : centres et camps soi-disant provisoires, asiles, casernes désaffectées, logements délabrés, parqués comme l’ont toujours été les sans lieux, dans les zones grises de nos villes, au bord des rivières, à la lisère des forêts, loin des yeux, loin des consciences, à la merci d’une générosité qui parfois oublie ses promesses.

Qui sont-ils aujourd'hui ces « millions et millions d'enfants, de femmes et de pères dont les coeurs à grands coups battent encore pour lutter » ? C'est cette mère de famille de Madagascar qui a si longtemps vécu sous une bâche plastique, où elle ne pouvait tenir debout. Elle qui, dans une de nos réunions après que tout le monde ait parlé, lève la main : « Surtout, il ne faut pas oublier qu'il y a encore des gens qui sont tout seuls et qui ne nous connaissent pas. C'est pour eux que nous sommes ensemble ».

Ce sont ces pères et ces mères de Grande-Bretagne, systématiquement dénigrés, jusque sur les murs et dans les médias, traités de profiteurs, considérés comme en trop. Et pourtant, ce sont eux qui, dans leur quartier, soutiennent d'autres totalement oubliés. Ils défendent ainsi les droits de l'homme pour tous. Ce sont ces jeunes de Centrafrique qui ont vu la violence déferler sur leur propre famille. Ils ont résisté à la haine et à la vengeance en rejoignant sur le tarmac de l'aéroport ces milliers d'enfants privés d'école pour leur apporter le savoir, la beauté, bagages pour retrouver la paix. Aujourd'hui encore, ils animent des bibliothèques de rue dans les lieux les plus abandonnés.

Qui sont-ils aujourd'hui ces « millions et millions d'enfants, de femmes et de pères dont le courage exige le droit à l'inestimable dignité » ? Ce sont ces familles d'un quartier de Beyrouth, au Liban, où sont accueillis des milliers de réfugiés, Syriens pour la plupart. Pour elles, la vie se complique encore du fait de cet afflux. Elles qui avaient tant de mal à trouver ne fût-ce qu'une place pour leurs enfants à l'école, nous disent : « nous avons connu le même désespoir qu’eux, les mêmes nuits sans sommeil. Nous ne pouvons pas leur fermer la porte. Même si c’est difficile, on ne peut qu'essayer de vivre ensemble ».

« Moi, je voudrais être ambassadrice du Quart Monde » nous dit cette femme d’Érythrée accueillie par les membres du Mouvement à Londres, rappelant que nous nous mettons ensemble parce que nous voulons que, d’ici ou d’ailleurs, aucun être humain ne soit mis à part, que personne ne soit laissé de côté. Ne sommes-nous pas ensemble pour apprendre de tous ceux qui, à cause de leur souffrance et de leur espoir, veulent que le monde avance ? C’est avec eux que nous pourrons gagner la paix dont le monde a besoin, parce qu’au-delà de l’amertume, ils fondent leur espérance et puisent leur force dans la fraternité.

( Télécharger le message en pdf )

14/10/2015
Isabelle Pypaert Perrin, Déléguée générale du Mouvement international ATD Quart Monde,
International

Message du Comité International 17 octobre

COMITÉ  INTERNATIONAL  17  OCTOBRE

Message pour la Journée mondiale du refus de la misère - Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté 17 octobre 2015

Cette année la célébration de la Journée Mondiale du refus de la misère revêt une signification particulière car elle suit immédiatement le lancement de l’Agenda 2030 des Nations Unies pour le Développement durable.

Nous accueillons avec satisfaction la déclaration des Etats membres affirmant dans l’Agenda 2030 leur détermination «à mettre fin à la pauvreté et à la faim, sous toutes leurs formes et dans toutes leurs dimensions» ainsi que leur engagement à ce que «personne ne soit laissé de côté».

Nous savons parfaitement bien que lorsque la pauvreté est mesurée uniquement en termes économiques, cela porte atteinte à la dignité des personnes vivant dans la misère et à leur lutte quotidienne pour vaincre la pauvreté. Cela évite de reconnaître la pauvreté comme une violation des droits humains ou que la pauvreté est par essence complexe et multidimensionnelle.  

Et lorsqu’en 2000 les dirigeants de la planète ont décidé de diminuer de moitié le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté, ils ont en réalité abandonné des millions d'hommes, de femmes et d’enfants à lutter seuls contre la pauvreté.

Certains dirigeants du monde voudraient nous faire croire que nous sommes la première génération capable de mettre fin à la pauvreté. Ceci est trompeur. Dans l'histoire contemporaine, chacune des générations précédentes a eu la capacité de mettre fin à la pauvreté ; il leur a simplement manqué la vision, l’empathie et la volonté politique pour y parvenir.

. Nous ne devons pas répéter les erreurs des 15 dernières années. Cette fois-ci nous devons veiller à ce que personne ne soit oublié.

Cette année le thème de la commémoration de la Journée Mondiale du refus de la misère - "Construire un avenir durable : S’unir pour mettre fin à la pauvreté et la discrimination» - nous rappelle combien il est important d'agir ensemble pour éradiquer l'extrême pauvreté et la discrimination partout pour construire un avenir durable.

Les personnes vivant dans la pauvreté savent par expérience que la pauvreté et la discrimination sont étroitement liées.

Elles ont vu combien la discrimination affecte les personnes vivant dans la pauvreté en créant un environnement d'inégalité qui limite l’accès à leurs droits fondamentaux, à leurs besoins de base et à des chances d'avancée sociale et économique. Elles savent d’expérience à quel point une telle discrimination peut à la fois être cause de pauvreté et un obstacle pour la surmonter. Nous avons vu combien, même dans les pays où des progrès significatifs ont été réalisés pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, la discrimination et les inégalités ont augmenté.

Les personnes vivant dans la pauvreté doivent être des partenaires à égalité et à part entière pour la construction d'un avenir juste et durable.

 Leur pleine participation, en particulier dans les décisions qui affectent leurs vies et leurs communautés, doit être au centre des politiques et des stratégies visant à bâtir un avenir durable. Trop souvent, la participation des personnes vivant dans la pauvreté a été un faux semblant et de ce fait leurs connaissances et leur expérience si précieuses ont été ignorées ou mises de côté.

Nous devons œuvrer tous ensemble pour garantir que notre planète pourra répondre aux besoins de chaque personne – et pas seulement à ceux de quelques privilégiés – et ce, pour les générations présentes et futures.

13/10/2015
Donald Lee, Président du Comité international 17 Octobre
Liban

"Construire un avenir durable : S'unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination."

Bonjour, et salut à tout le monde

Droits de l'homme et dignité: ca m'intéresse! Et, c'est quelque chose que je vois important à mettre devant nous pour les assurer et un de ces droits est que: on ne doit plus avoir de la pauvreté extrême et de la discrimination. C'est vrai qu'on doit s'unir pour mettre fin à cela. Car, L'union est une clef pour ouvrir de grandes portes! Il faut vraiment construire ensemble un avenir durable et je redis ce que ma fille dit: Au milieu de la Misère dans ce monde, il y a la Paix dans le coeur de tout le monde! Et quand on dit tout le monde, c'est vraiment tout le monde car chaque personne est importante si on veut un avenir important! 

Courage et bon travail,

Amicalement et à bientot

Chandra Skaf 

18/06/2015
Chandra Skaf