Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
France

Courage

Je voudrais encourager l'équipe pour ce site que je trouve très dynamique. Je trouve aussi que c'est important pour chacun de savoir d'expérience qu'il n'est pas seul et que d'autres s'engagent eux aussi.

Les plus pauvres sont comme tout le monde, ils se méfient des seules bonnes intentions. Ils veulent toucher du doigt, participer.

Vous leur donnez la possibilité de replacer les petits gestes à la face du monde. Merci!

André Modave

03/09/2011
MODAVE André
France

Rompre le silence

Message de Eugen Brand pour le 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère

« Avant de connaître cet espace qu’on a maintenant pour se rencontrer et réfléchir ensemble, je pensais que j’allais mourir sans jamais pouvoir dire ce que je porte au plus profond de moi.  » déclarait récemment Doña Flores, mère de famille à La Paz, en Bolivie, lors d’une soirée d’Université populaire du Quart Monde.
Combien sont-ils ainsi, à ne jamais pouvoir dire les injustices et les violences infinies d’une misère qui les emprisonne ? Combien sont-ils, enfermés dans la honte, sans jamais pouvoir dire les violences quotidiennes et les humiliations endurées, cherchant à sauvegarder dans le silence leur part de dignité et un semblant de paix pour leur famille ? Combien sont-ils, obligés de taire parfois jusqu’à des crimes, même s’ils en connaissent les auteurs, tellement est grande leur angoisse de voir l’extrême de la violence encore fondre sur leurs jeunes ?

Combien sont-ils pourtant, au cœur même de ces zones où tout ’vivre ensemble’ semble impossible, à oser des actes forts à l’image de cette fillette qui essaie de calmer la colère de son père contre des voisins, « sinon, je ne pourrai plus être copine avec leurs enfants, papa.  » Au cœur des camps, des ghettos, des slums, tant et tant de familles qui s’efforcent de survivre, chassées de sous leur toit par des cataclysmes, des expulsions ou des guerres, expriment combien c’est vital pour elles de ne pas en rester au chacun pour soi. Ainsi ces jeunes animateurs africains qui se soucient d’enfants raflés puis embrigadés comme soldats, aujourd’hui désarmés et rassemblés dans un centre proche de chez eux. « Il leur reste quoi comme enfance à ces enfants là ? Et si ce n’est pas nous, qui auront-ils comme amis ?  » Et voilà ces animateurs qui osent la rencontre avec ces enfants soldats, entraînant des parents dans leur démarche.

Sur tous les continents où nos équipes sont présentes, des membres et des amis du Mouvement font les mêmes constats : une économie qui génère tant d’injustices, un système éducatif qui cautionne des exclusions, une gouvernance des États qui se prive de manière dramatique de la connaissance de leurs citoyens les plus vulnérables, une communauté internationale qui n’ancre pas ses objectifs dans les Droits de l’Homme.

Dans ces sphères de l’économie, du savoir et du pouvoir, coupées des réalités de la vie de tant de citoyens confrontés à l’inacceptable, il est vital de créer des lieux et des temps pour rompre le silence, des lieux et des temps où les conditions seront réunies pour que ceux qui n’ont jamais l’occasion de se rencontrer puissent se parler sans crainte, sans suspicion, et enfin réfléchir ensemble. Déjà, de plus en plus de femmes, d’hommes, de condition modeste ou pas, ouvrent la voie, risquant leur situation en créant des espaces de citoyenneté, où chacun retrouve la fierté de bâtir l’avenir, comme le dit cet homme d’Haïti, délégué à Lima, au Pérou, lors du séminaire international « Rompre le silence » : «  Je suis ici pour mon pays, mais aussi pour le monde. »

Ou encore ces jeunes du voyage en France qui aspirent à ce qu’on porte un autre regard sur eux et leur famille : «  Les gens ne voient que le bazar. Ils ne savent pas pourquoi on vit en caravane. Ils ne nous connaissent pas.  » Aiguillonnés par cette soif de reconnaissance et de dialogue, ils ont organisé un tournoi de foot, monté une exposition de photos, un concert de jazz manouche, invitant chaque fois tous les habitants des villes alentour, pour leur signifier que c’est une chance de vivre entre voisins différents. Certains parmi eux rejoindront, ce 17 octobre, à Bruxelles, d’autres jeunes pour dialoguer avec des responsables des Institutions européennes : « Nous avons du mal à comprendre ce monde mais nous voulons y trouver notre place... » Leurs mots s’accordent avec tous ceux qui affirmeront ce jour leur résistance et leur espérance : « Quand nos amis ont besoin de manger, et que même ça, ils ne le peuvent pas, je les dépanne... Je veux travailler avec des enfants qui, comme moi, ont eu la vie difficile. Je sais ce qu’ils endurent, je suis passé par là » Ce 19 octobre à Strasbourg, plusieurs délégués parmi ces jeunes remettront leur appel dans les mains de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies.

Ainsi, au carrefour des lieux les plus oubliés et des plus hautes enceintes du monde, le 17 octobre contribue à donner force et fierté à toujours plus de citoyens, décidés à rompre le silence, là où ils sont, par l’apprentissage de cette rencontre qui construit la paix. Ainsi, ce jeune de Centrafrique échangeant avec les parents d’un faubourg de Bangui : « C’est en voyant ce que vous êtes capables de faire ensemble ici que j’ai puisé la force de lancer avec d’autres un projet d’école dans cette île coupée de tout au milieu de la rivière Oubangui. » Cette école, il nous l’a montrée. Les enfants y sont assis à l’ombre d’un manguier sur des restes de pirogues qu’ils ont apportés eux-mêmes. Ce jeune de 25 ans aurait pu trouver un poste d’enseignant à la capitale, mais il a préféré enseigner là, à ces enfants, au risque de n’avoir pas lui-même assez pour vivre. Ce 17 octobre, à Bangui, ils travailleront ensemble pour que les enfants puissent apprendre à l’abri des intempéries...

Qui bâtira cette nouvelle école de la vie où on apprendra comment rompre le silence, sans compromettre l’avenir de personne ? Qui bâtira cette école de la confiance, si nous-mêmes ne le faisons pas ?

17 octobre 2010

05/07/2011
Eugen Brand
Canada

Réflexion de la Commission épiscopale

Réflexion de la Commission épiscopale pour la justice et la paix de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté le 17 octobre 2010.


04/05/2011
CECC
International

Message du Secrétaire Général de l'ONU - M. Ban Ki-moon

Message publié à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté- 17 octobre 2010

Cette année, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, l’accent est mis sur le travail décent, les emplois dignes de ce nom et les petits métiers qui sont source de revenus.

Créer des emplois décents et productifs est le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté et de favoriser l’autosuffisance.

Or, aujourd’hui, dans le monde, plus de la moitié de ceux qui travaillent occupent des emplois précaires. Leurs conditions d’emploi ne sont pas formellement établies et ils ne bénéficient pas de la sécurité sociale ; souvent, ils gagnent trop peu pour subvenir aux besoins de leur famille, et à fortiori pour trouver les moyens d’améliorer leur situation économique. La crise économique mondiale a plongé environ 64 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et le nombre de chômeurs a augmenté de 30 millions par rapport à 2007.

Comment combler le fossé qui sépare pauvreté et travail décent ? En investissant dans des politiques économiques et sociales qui favorisent la création d’emplois ; en prônant des conditions de travail décentes et en renforçant les systèmes de protection sociale. L’accès à l’enseignement, aux soins de santé et à la formation professionnelle est également essentiel.

Nous devons nous concentrer tout particulièrement sur l’emploi des jeunes. Les jeunes ont trois fois plus de chance d’être sans emploi que les adultes. L’an dernier, le nombre de jeunes chômeurs a atteint le chiffre record de 81 millions. Donner à ces jeunes un travail décent est un des meilleurs moyens de leur faire entrevoir un avenir empreint d’espoir.

Au Sommet mondial sur les objectifs du Millénaire pour le développement qui s’est tenu le mois dernier à New York, les dirigeants du monde entier sont convenus d’un programme d’action visant à intensifier la lutte contre la pauvreté. Malgré les progrès encourageants accomplis dans bien des régions du monde, des centaines de millions de personnes continuent de vivre dans des conditions affligeantes, privées des services les plus élémentaires. Pour faire changer les choses – pour vaincre la pauvreté, raffermir l’économie et édifier des sociétés pacifiques et stables – il est impératif de surmonter la crise de l’emploi qui sévit à l’échelle mondiale.

L’incertitude économique et l’austérité budgétaire généralisées ne devraient pas être prétexte à faire moins. Au contraire, ce sont des raisons de faire plus.

En cette Journée internationale de l’élimination de la pauvreté, écoutons les pauvres et cherchons les moyens de faire en sorte que davantage de personnes puissent travailler, et travailler dans de bonnes conditions.

Attachons-nous à ce que, partout dans le monde, chacun puisse avoir un travail décent.

03/05/2011
Mr Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations Unies