Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Côte d'Ivoire

Messages d'enfants du" groupe Tapori 24 Decembre " d'Abidjan en Cote d' Ivoire en 2007.

Bettyna Awa.    Age.11 ans  Classe.5e

1) Je ne savais pas ce qu’était la journée du 17 Octobre. A travers la lettre de Tapori et par le canal de mon animateur, j’ai eue une idée de ce que representait cette journée. En un mot, j’ai retenu que cette journée était destinée au refus de la misère. Maintenant que je suis dans le groupe Tapori 24 Décembre, je retiendrais cette date du 17 Octobre et j’aimerais connaître beaucoup d’enfants à travers le monde entier. A bientôt.

Mariam       Age.11 ans   Classe. CM2

 2) A travers la lettre de Tapori d’Octobre 2007 numéro 323, j’ai vu comment des enfants d’un collège dans le nord de la France se sont mobilisés pour qu’eux tous réussissent. J’ai aussi compris ce que représentait la journée du 17 Octobre destinée au refus de la misère. Maintenant que je suis dans le groupe Tapori 24 Décembre, je retiendrais cette date du 17 Octobre et j’aimerais connaître beaucoup d’enfants à travers le monde entier pour correspondre et échanger.

Aboubacar Aziz  Age 13ans  Classe.4e

3) J’ai connu la journée du 17 Octobre à travers la lettre de Tapori et par mon animateur qui m’a expliqué ce qu’était cette journée. J’ai compris que cette journée était faite pour le refus de la misère. Je me suis inscris dans le groupe Tapori 24 Décembre. Désormais je retiendrais cette date et je voudrais connaître beaucoup d’amis à travers le monde entier. Merci a la prochaine

Amara  Classe.3e  Age.13ans

4) Je ne savais pas ce que la journée du 17 Octobre était la journée du refus de la misère. Mais grâce à mon animateur, j’ai pu visiter le site de Tapori le 17 Octobre 2007 et je l’ai trouvé cool. J’ai vu les enfants des autres pays,écouter certaines chansons et vu quelques photos. Donc j’aimerais faire parti du groupe de Tapori et pouvoir communiquer avec les enfants du monde entier.

Laurence Marie Marguerite  Classe. 4è  Age.13ans

5) En Cote d’Ivoire, précisément à Abidjan, nous avons appris que le 17 Octobre était la journée mondiale du refus de la misère. Ici, nous n’avons pas assisté à cette journée. Nous souhaiterions assister à la prochaine journée mondiale du refus de la misère car ça nous intéresse, nous affecte et on aimerait aussi que nos petits frères et grands frères aient la chance d’être heureux car ils ont le droit d’avoir des temps épanouissement. Donc pour cela nous disons non à la misère car ce n’est pas bon. Grâce à cette lettre, j’aimerais avoir des correspondants de différentes villes et pays et me faire beaucoup de connaissances. Je me suis inscrite dans le groupe Tapori 24 Décembre, le 29 Octobre parce que la mission à accomplir me fascine beaucoup. Je motive mes amies et amis à s’inscrire. Je félicite l’initiateur de Tapori.

Essane Marie  Classe 3è  Age.14ans

 6) Je ne savais pas que le 17 Octobre était la journée de lutte contre la misère,mais je l’ai apprise le soir donc je suis allée visiter le site et écouter quelques chansons.J’ai trouvé cela très cool et génial.J’ai alors intégré le groupe Tapori 24 Décembre.J’aimerais correspondre avec d’autres enfants du monde entier, j’en ai parle aux élèves de ma classe et j’attends toujours leurs réponses. Je trouve que l’initiateur de ce groupe a eu une très bonne idée car cela permet aux enfants du monde entier de mieux se connaître. Je pense participer activement  cette journee l’année prochaine.

Merci a bientôt.

Hamed  Classe.2nd

7) Jusqu’à aujourd’hui,je ne savais pas que le 17 Octobre était la journée mondiale du refus de la misère. Grâce a la lettre que Tapori nous a expedié, je viens de la découvrir. Ce que j’aurais aimé faire c’est aider ceux qui sont dans le besoin mais puisque je n’ai pas les moyens financiers, je voudrais les aider en leur apportant mon soutient et mon amitié.

Affoué L. Hortense  Classe.CE2  Age.8 Ans.

8)Je ne savais pas que le 17 Octobre était la journée du refus de la misère. C’est mon animateur qui m’a donné les détails. Maintenant que je suis dans le groupe, je retiendrais cette date très importante et je voudrais correspondre avec des amis de mon âge à travers le monde entier.

Animateur,

Camara Waotta Marc Souleymane.

07/07/2013
Camara
République centrafricaine

Témoignage collectif des enfants de Centrafrique

ATD Quart MondeBangui – RCA

Journée Mondiale du Refus de la Misère

Témoignage collectif des enfants de Centrafrique

Nous voulons que tous les enfants soient scolarisés. Nous voulons avoir un bon instituteur qui donne bien les cours pour notre avenir. Et qu'on puisse avoir tout le matériel pour les études.

Quand je vois les amis qui portent des bons sacs à dos, avec leur fourniture de l'école, je dis « si mon papa avait les moyens, il pourrait les acheter pour moi aussi ». Mais cela ne peut pas me décourager avec mes études. Même si j'ai seulement un ou deux cahiers, un bic, quelques habits, ça peut m'aider à étudier. C'est ça la paix.

Sans la paix, je ne peux pas bien étudier. Si j'ai des soucis je ne peux pas apprendre. Si j'ai faim, c'est plus dur. Si mes parents n'ont pas de travail, je ne peux pas avoir des fournitures scolaires.

Moi, je dis non à l'impossibilité d'obtenir un certificat de naissance. Sans certificat de naissance, les enfants ne peuvent pas s'inscrire à l'école.

Nous voulons avoir une bonne éducation à l'école afin de pouvoir réussir dans la vie.

Moi, je voudrais réussir pour protéger mes frères.

Moi, je prendrai toute ma force pour réussir dans mon école. Je voudrai devenir un ingénieur pour aider mon père et ma mère qui n'ont pas de moyens.

Moi, si je réussis à grandir, je ferai le commerce de légumes pour aider mon père et ma mère.

Moi aussi je ferai le commerce pour aider ma grand-mère qui est en train de souffrir pour me nourrir chaque jour.

J'aime aider mes parents car ce sont eux qui me font grandir et qui m'ont inscrit à l'école. Quand je serai grand, je m'occuperai d'eux.

Pour bien apprendre, j'ai besoin de la paix dans mon pays et dans ma famille et j'ai besoin d'avoir une belle maison pour bien dormir.

Pour moi, la paix c'est qu'il n'y ait pas de guerre. Je demande que les armes ne circulent pas dans le pays afin que tous les enfants trouvent la paix, qu'ils puissent aller à l'école et qu'ensemble nous ayons l'intelligence, la sagesse et la connaissance pour que le monde change.

Pour bien apprendre, il faut pouvoir jouer avec les autres, il ne faut pas se battre.

J'ai besoin d'étudier mais souvent à l'école les autres se moquent de moi parce que je n'ai pas des fournitures.

Si je vois mes amis en train de se bagarrer, je leur conseille d'arrêter. Si je vois un ami qui reste seul, je l'approche pour parler avec lui.

Je veux vivre ensemble avec tous les enfants, sans distinction et avancer dans un esprit d'égalité. Pour bien apprendre, j'ai besoin d'être acceptée comme tous les enfants, d'être interrogée dans la salle. J'aime ma maitresse parce qu'à l'école, elle m'interroge comme tous les autres enfants.

Ce qui me fait plaisir c'est d'être dans la bibliothèque de rue pour avoir des camarades. Moi j'ai la chance d'aller à l'école. Je souhaite que la bibliothèque soit une chance pour mes camarades du village qui ne vont pas à l'école. Si je pense aux enfants qui ne vont pas à l'école, je suis triste. Ces enfants ont besoin d'être ensemble avec les amis pour jouer, dialoguer et partager leur savoir.

Pour bien apprendre, il faut être en bonne santé et il faut que notre famille aussi soit en bonne santé.

Il faut aussi qu'il y ait une bonne écoute dans la famille. C'est aussi ça la paix.

14/10/2011
ATD Quart Monde Centrafrique
Cameroun

Jeunesses Unies contre les Souffrances JUSCAMEROON

Depuis que j'ai rencontré ATD QUART MONDE , je sais déjà comment travailler avec mes enfants au niveau du dialogue et l'expression du jeune.

 Pour que les enfants progessent à l'école , ils ont besoin de mieux s'exprimer devant leurs parents. Ils doivent apprendre à leur poser des questions sans crainte . C'est le début du combat contre la misère  Ainsi l'enfant grandit avec une détermination pour la réussite, grand atout de l'espoir.

Je vous remercie

21/09/2011
Mongo Jean Marie Magloire
France

apprendre à lire

1

Paul, 14 ans en SEGPA; va entrer en 3ème année.

 

« Je n’aimais pas l’école surtout en primaire. Dès que je suis arrivé en primaire les professeurs ne s’occupaient pas de moi. Ils ne m’apprenaient pas vraiment. Au CM1 et au CM2, je n’ai jamais travaillé. La maîtresse me disait de m’occuper tout seul. Au CM2, mes parents ont demandé à une maîtresse retraitée de m’apprendre à lire. Elle a demandé à rencontrer la psychologue de l’école puis le directeur et ma maîtresse. Après, ma maîtresse m’a un peu aidé: elle me donnait des fiches.

Au CM1 j’avais un copain. Comme il dérangeait, la maîtresse le séparait du reste de la classe par une armoire, et au CM2, il était très souvent dans le couloir. Il venait d’une famille d’accueil.

Je  n’aimais pas l’école car on ne m’aidait pas. Je m’ennuyais. Je pleurais pour aller à l’école. J’aurai aimé qu’on m’aide à travailler. Enfin, au CM2,  une enseignante retraitée m’a appris à lire, à écrire et à calculer et a voulu rencontrer le directeur, ma maîtresse et la psychologue.

En Segpa, j’ai encore des difficultés mais on m’aide. J’ai eu une professeur spéciale qui aidait trois élèves qui avaient des difficultés en lecture. J’aime les ateliers, le français. Les maths c’est très dur pour moi. En atelier, on fait des choses intéressantes que j’aime.

Du CP je n’ai pas trop de souvenirs, mais dès le CE2 j’étais rejeté. Les copains que j’avais ont déménagé et je ne suis plus arrivé à m’intégrer. Je me retrouvais tout seul et je ne parlais pas.  A la maison, on parlait le gitan et en classe je ne parlais pas le français. Je me taisais. Le copain que j’avais,  on l’a mis derrière l’armoire puis dans le couloir parce qu’il dérangeait. 

Parfois je voulais frapper le directeur mais je me suis contrôlé. J’avais la haine de ma maîtresse.

A la Segpa je me suis senti accueilli. Je suis plus gêné par les garçons et  les filles de ma classe qui font beaucoup de bruit et nous empêchent de travailler. »

 

 

2

Témoignage du père de Paul

 

1-2-3. « Il faut que tous les enfants réussissent à l’école.                                Si les enfants réussissent bien à l’école, ils passent déjà mieux leur adolescence. Ils ne risquent pas les mauvaises fréquentations, la délinquance (drogue, alcool). Ils ont des projets, ils voient l’avenir plus loin. Ils peuvent choisir un métier. Ils voient l’avenir en bien. Ils ont des rêves.

b)  L’école doit plaire aux enfants. Le matin, pour aller à l’école, il ne doit pas être triste. Certains vont avec joie à l’école. Ils y vont aussi pour les copains. D’autres sont tristes. Tout est dur. Mon fils avait une boule à la gorge. Il pleurait.

Je vois aux notes s’il ne réussit pas. Mon fils n’était pas noté.

c)  J’ai 2 fils. Le plus jeune réussit bien 

Le premier a eu la primaire gâchée. Moi-même, je lui aurais appris plus.

Il y a juste eu un instituteur, Mr Vogel, qui s’est occupé de lui. Il m’a fait venir et m’a dit que ça ne va pas et nous a dirigés vers une classe spéciale. Sa femme était directrice de Segpa et lui connaissait les difficultés des élèves. Le seul dialogue était avec Mr Vogel.

Je voulais qu’il aille dans la classe spéciale. On a fait les démarches. Valentino était prêt à y aller mais le directeur a dit qu’il était d’intelligence normale et que chaque jeudi il aurait une aide spéciale de 2 heures. La psychologue disait aussi qu’il était d’intelligence normale. Mais en fait, l’aide n’était pas du tout régulière.

On n’ose pas parler. On a peur de rouspéter. Nous sommes des gitans. Ma femme disait « on va dire que c’est nous. Ils vont nous l’enlever car on est de mauvais parents ».  Le directeur a menti en disant que c’est nous qui ne voulions  pas qu’il aille dans la classe spéciale. Je suis très en colère contre lui.

 

6- Les préjugés, les étiquettes.

On n’est  pas accepté en tant que gitans. Les enfants ne parlaient pas bien le français. A la maison on parle le gitan.

 

Qu’est-ce qui peut faire changer les choses?

C’est l’Etat avec la loi pour tout le monde : la loi de la discrimination raciale.

 

L’accueil à l’école.

A la Segpa, on est bien accueilli. Les professeurs me parlent. Les parents se sentent mieux. On peut discuter ; on peut se mettre d’accord sur des points. Le directeur m’a demandé de venir pour me demander si j’étais d’accord que Paul reste encore 2 ans car il a beaucoup de difficultés. Il m’a bien expliqué le nouveau dispositif mis en place pour qu’on puisse après envisager un apprentissage vers un métier. Bien sûr que je suis d’accord et Paul aussi ».

 

 

Nom de la personne qui a proposé les questions :

Heinrich Denise, enseignante retraitée.

Au CM2  quand ses parents m’ont demandé de l’aide, Paul ne savait absolument pas lire et parlait très incorrectement. Aujourd’hui, bien suivi au collège, il s’exprime nettement mieux et maîtrise la lecture.  Mais toutes ces années à l’école primaire à ne rien faire, cela laisse des traces.  Sans cesse, il faut lui redonner confiance et l’encourager. Il a un blocage en calcul, impressionnant.

13/09/2011
Denise HEINRICH