Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Congo (Kinshasa)

Lutter contre la pauvreté

L’éducation constitue une priorité pour les pays en voie de développement. C’est sur cette voie que repose l’avenir des enfants, des familles et de la communauté toute entière. Nous sommes convaincu qu’investir dans l’homme fait progresser le développement de la société et fait reculer le cycle de la pauvreté.

Stanislas

11/02/2016
Stanislas Kankolongo
Madagascar

Nous, les enfants, on est l’avenir de la Nation.

Témoignages

Enfants TAPORI Antohomadinika pour 17 octobre 2015

Les participants : Mathieu, Honora, Felatsabatra, Princia, Mialy

Les animatrices : Mamy et Prisca

Nous, les enfants, on est l’avenir de la Nation.

Pour nous, un avenir durable rime avec l’éradication de la pauvreté.

Les parents doivent avoir un travail qui peut subvenir à tous les besoins

Il n’y aura plus d’enfants qui ne vont pas à l’école. On peut manger normalement.

On doit habiter dans une maison en dur, qui nous protège de tous les risques.

Que la terre soit dans la paix. Ainsi, il n’y aura plus de guerres et de vols.

Si tout cela se réalise, la terre vivra dans la paix et la guerre sera pulvérisée.

Tout le monde s’aimera et s’entraidera.

Pour préparer un avenir durable à partir de nos souhaits :

Si les parents peuvent toujours nous scolariser alors on va bien travailler à l’école. Ainsi, on pourra trouver un bon emploi, digne et pérenne. Aussi, on peut cohabiter avec la société et respecter les autres.

Il est vraiment triste de savoir qu’il y a des enfants qui ne peuvent pas continuer leurs études car les parents ne peuvent plus les soutenir.

Il y a des amis qui sont attirés par autre chose et ont délaissé leurs études. Ainsi, ils vivent dans la débrouille.

Dans la société, l’exclusion apparait sous plusieurs formes : la couleur de la peau, la pauvreté, les orphelins, ceux qui n’ont pas réussi les études.

On lance un appel à tout le monde d’unir notre force et marcher ensemble contre l’exclusion.

Chaque individu a ses droits, qu’importent son origine, son niveau d’étude et son niveau social. Chaque individu est digne.

On aimerait bien partager avec vous ce dicton malgache : «Mpirahalahy mianala , izaho tokiny izy andriko   » ( Comme deux frères qui comptent l' un sur l' autre pour faire face ensemble aux éventuels obstacles)

17 octobre à Madagascar
30/10/2015
Les Enfants TAPORI Antohomadinika
France

Pionniers et Caravelles du groupe Gabrien O'Byrn d'Albi

A tous ceux qui ont connu la faim,

A tous ceux qui la connaissent trop,

A tous ceux qui veulent vivre mieux,

A tous ceux qui ont connu la violence,

A tous ceux qui veulent se faire entendre,

A tous ceux pour qui la misère est familière,

A tous ceux qui veulent de bonnes conditions de vie,

A tous ceux qui sont fatigués de ce combat quotidien,

A tous ceux qui voudraient pouvoir manger à leur faim,

Nous vous dédions ce message, notre respect et tout notre soutient.

Nous dénonçons à vos côtés l’injuste sort qui vous est imposé.

Nous dénonçons à vos côtés la misère qui vous est imposée.

Et nous vous soutenons de tout cœur.

Louise, caravelle d'Albi

Journée Mondiale du refus de la Misère
20/10/2015
Steffan Louise
Suisse

Quelque part en Europe : Contre la discrimination, créer la rencontre, bâtir l’avenir

A l'occasion du 17 octobre 2013 , message de jeunes d'Europe à l'ONU - Genève :

Quelque part en Europe : Contre la discrimination, créer la rencontre, bâtir l’avenir.

Message 17 octobre 2013

Nous, jeunes de quartiers abandonnés, jeunes vivant dans des beaux quartiers.

Nous, jeunes sans papiers, jeunes déracinés, jeunes citoyens.

Nous, jeunes chargés de familles, jeunes sortant d'institutions, jeunes soutenus par leurs familles.

Nous, jeunes chômeurs, jeunes sans emploi, sans formation, jeunes étudiants et jeunes travailleurs.

Nous sommes des jeunes du Mouvement ATD Quart Monde, qui luttons contre la pauvreté, la misère et l’exclusion sociale.

Nous sommes ensemble dans la dynamique jeunesse européenne, partageant la même ambition de contribuer à construire une société où tout le monde peut participer.

Nous faisons partie de groupes où nous cherchons à ce que tout le monde soit accepté.

On s’amuse, on apprend des expériences des autres, on réfléchi, on travaille et on partage un moment de vie ensemble. On cherche des solutions pour diminuer les problèmes qu'on rencontre dans nos vies, et on se rend utile pour les autres.

Nous créons la rencontre.

Nous n’avons pas toujours les mots justes pour dire les choses. Mais nous sommes bien conscients que pour certains d'entre nous la discrimination est une expérience de vie réelle qui a des conséquences sur leur présent et leur avenir.

Comparer les gens c'est les diviser, c'est là que commence la discrimination. Pauvres, riches, étrangers ou pas, sans papiers, quelques soient nos différences on ne mérite pas d'être traité différemment.

On ne nous donne « même pas » la possibilité de prouver ce dont nous sommes capables.

On a tous droits à l'accès à l'éducation sans discrimination. Si c'est le cas, pourquoi certains n'ont pas accès à ce droit ?

« Le quartier était éloigné de la ville. On y arrivait par un chemin qui conduisait à une décharge. Les parents et les jeunes ont pris du temps pour se convaincre d’inscrire les enfants à l’école car c’était loin et ils avaient peur d’être mal reçus. Quand le transport scolaire s’est mis en place, le chauffeur interdisait souvent à des enfants de monter car il disait qu’ils allaient salir le bus. Quand les enfants arrivaient à l’école les professeurs demandaient aux élèves venant du quartier d’aller laver leurs pantalons avant d’aller en classe. Les enfants ne voulaient plus aller à l'école. »

Beaucoup de jeunes qui ont grandi dans ces quartiers, ne savent aujourd'hui ni lire ou écrire, ou ont beaucoup de difficultés pour le faire.

« Ce qui est difficile c’est qu’on est tout seul. Quand tu n’as pas de boulot ou que tu n'as pas fait des études, toutes les portes sont fermées. Ce qui est dur, aussi, c’est quand tu as la capacité de faire quelque chose mais il n'y a personne qui est là pour t’aider ; tu es tout seul et personne va te donner un coup de main. Quand c’est comme ça, tout est fermé, barricadé. C’est comme moi quand je cherchais du boulot dans les services qui aident à la recherche d’emploi. J’ai parlé de mon parcours scolaire et j’ai parlé de la classe d’appui spéciale dans laquelle j’avais été. Du coup, ils n’ont rien voulu savoir et ne m'ont pas proposé du travail. Ils croient que la classe d’appui spéciale c’est pour des gens bêtes alors que pas du tout. »

« Tout le monde dit que c'est des écoles pour handicapés, mais non, c'est juste que t'as du retard, et que t'arrives pas à le passer toi même. »

L’école ne devient pas un choix pour nous, on nous impose des filières, on nous oriente, on choisit pour nous. À la fin, comme au début, on reste avec nos problèmes et sans choix, sans étude, sans travail.

Nous rencontrons des jeunes que nous n'avons pas l'habitude de rencontrer : Nous pouvons discuter de nos expériences de vie et de travail. Nous pouvons mieux nous entraider si nous avons déjà vécu la situation. Nous réfléchissons ensemble.

Nous créons la rencontre.

Nous connaissons des jeunes qui n'ont aucun plan pour leur avenir.

« Ce qui est dur c’est que t’as rien à faire. Et quand tu n'as rien à faire c’est que tu t’es perdu. Ça m’est arrivé pendant un an de rien faire du tout. Je n'étais pas motivé, je n’étais pas autonome non plus. Les gens se demandent pourquoi tu ne fais rien, pourquoi tu restes à la maison. Ils te prennent pour un délinquant. Tu ressens de la peur et de la tristesse. Je ressentais de la honte quand on me posait des questions. Du coup je ne sortais pas beaucoup, j’aidais plutôt ma mère. Quand je cherchais un emploi, je sentais une discrimination de leur part. Je me sentais jugé au niveau de mon apparence. »

Pour empêcher que tout abandon arrive, comme l’abandon des études, ou du travail, il faut ête attentif les uns aux autres. Il faut être à l’écoute de tous. Dès qu’il y a un souci, il faut s'entraider. Le jeune doit pouvoir en parler. Il faut que tout le monde change de mentalité.

Nous parlons surtout au nom de ceux qui ne sont pas là aujourd’hui, ceux qui sont absents. Car malgré tous les efforts et la bonne volonté, la participation de ceux qui ont la vie la plus dure ne peut être assurée.Certains jeunes qui devaient parler aujourd’hui ne sont pas là. Par exemple, si tu n'as pas de papiers d'identité, tu ne peux pas voyager même si tu es invité à parler aux Nations- Unies. Dans certains pays d'Europe, si tu dépends des aides sociales, tu risques de les perdre si tu sors de ton pays pour quelques jours. Si tu es soutien de famille, ou jeune parent, c'est difficile de laisser tes responsabilités quotidiennes. Si tu as des difficultés à lire ou à écrire et des difficultés pour t'exprimer, cela prend du temps, du soutien et du courage pour parler devant d'autres. Tu dois aussi croire profondément que cela va changer des choses pour toi et pour les autres.

La plupart d'entre nous avons du mal à croire que la politique sert à quelque chose, car la politique est loin de ce que nous vivons. Un jeune disait : « J'ai plein de potes qui ne veulent plus voter et même si moi je vais voter pour faire mon devoir de citoyen, je le fais sans y croire. »

Nous ne pouvons accepter plus longtemps une société qui exclut et discrimine. C'est pourquoi nous ne pouvons plus seulement attendre que des changements se produisent. Nous faisons déjà des efforts pour avancer et faire avancer notre communauté par des engagements quotidiens.

Nous rejoignons les plus isolées, là où ils vivent. Nous invitons d'autres jeunes à faire la même chose. Nous nous rencontrons et apprenons comment agir ensemble.

A travers toutes ces rencontres, nous avons appris que le plus important est que tout le monde contribue à construire une société plus juste.

Il est vraiment nécessaire de faire l'effort et de prendre le temps et les moyens de créer la rencontre entre personnes de différents milieux pour combattre la discrimination permanente dont souffrent les personnes pauvres.

Mais quand on voit nos parcours à l’école ou au travail, on se dit que les gens ne nous connaissent pas, n’ont jamais pris le temps de nous connaître...

Il faut de véritables espaces et de véritables initiatives, pour que chacun puisse prouver de quoi il est capable au niveau de la formation, du travail, de la création, de la citoyenneté...

L'expérience des personnes les plus défavorisées doit servir à bâtir ces espaces et ces initiatives.

Nous vous invitons à construire avec nous des rencontres où l'on apprendrait à se connaître, et où l'on réfléchirait ensemble, à partir de l'expérience et la connaissance des personnes dans la grande pauvreté, pour que nous puissions bâtir un monde sans discriminations.

La Journée mondiale du Refus de la misère 2013
20/10/2013
Djynamo Europe
République centrafricaine

Messages de paix des quartiers 17 octobre 2013

Messages de paix des quartiers 17 octobre 2013

Kokoro

Olive

Quand je peux m'amuser et je mange bien, je vois la paix.

Juste

S'il y a la guerre on se refuge dans la maison, alors pour moi la paix c'est notre maison.

Christelle

La paix c’est quand je peux aimer la joie de mon pays

Walingba

Florida Sinfora

Je veux la paix pour m'amuser avec les autres, car la paix c'est comme une fleur rose, qu'il faut arroser tous les jours.

Belvia

La paix c'est quand le coq chante le matin et dit « Bonjour » à tout le monde

Naomi

La paix c'est quand on se provoque pas

Koula Mandja

Wilibozoumna Gepherson

La paix c'est comme les poissons qui jouent libre dans l'eau, nous voulons jouer avec nos amis.

Ziguida Martin

La paix c'est quand on dort bien dans la maison et pas dans la brousse.

Béka Aubede

Je veux que les gens déposent leurs armes pour que la paix revienne.

Danzi

Romio

Pouvoir travailler c'est la paix.

Brenda

Pour moi la paix est aller à l'école pour lire et écrire, pour mieux connaître et savoir les choses.

Asaf

Quand j'accompagne mon père et ma mère au champ, c'est la paix pour moi.

Voix du Cœur

Severin

Moi la paix c'est la maison que je construis, ça peut m'aider à dormir là. C'est la paix.

S'il pleut sur la maison et sur les fleurs. C'est la paix

Le soleil se brille partout et après tu peux t’asseoir sous un arbre.

C'est la paix.

Walter

Moi je dis l'école constitue la paix, parce qu’à l'école tu peux apprendre et savoir des choses que tu ne sais pas.

Sainsire

Pour moi la paix c'est le cœur qui réunit tous ensemble.

Ile Mbongossoua

Carl

Pour moi, la paix est très important. Sinon maman ne va pas au champ. Pour qu'on reste ensemble, il faut la paix reste.

Clémentine

Quand j'ai la paix je dors bien, je mange bien et je peux jouer avec mes amis.

Dorcasse

Je n'aime pas quand mon pays n'a pas la paix et je dois courir. S'il y a la paix on avance, et ma mère fait le travail et j'ai la joie.

Dako Jano

Je souhaite que la paix revient en Centrafrique pour qu'on puisse retourner à l'école, parce que l'école est mon avenir.

18/10/2013
Les enfants de 6 quartiers de Bangui