Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
France

Premier 17octobre 2019

Bientôt notre petite équipe de Dijon organisera son 1er 17 octobre. Ce qui encourage notre petite équipe, c'est notre première participation au grand Dèj' (grand forum d'association) autour du lac Kir de Dijon qui s'est passé récemment. Et qui nous a encouragés les unes les uns les autres, pour mettre à bien notre premier 17 octobre 2019.

J'ai quitté un groupe local (Chalon sur Saône dans le département de la Saône et Loire) et continue mon engagement avec ce petit groupe de Dijon. Avec bien sûr nos moyens, nos forces pour commencer à nous faire connaître. C'est un moment important cette première action, car nous ne pouvons pas mettre la charrue avant les bœufs. Et pour se faire connaître, il y a les rencontres avec d'autres comme les radios locales. Pour moi ce n'est pas quelque chose de nouveau, mais qui reste toujours important.

Je donnerai des nouvelles dès que ces événements seront passés. 

20/09/2019
Soulier Lucienne
Maroc

Le vieux qui passe

Il est matinal

Cris à voix haute

Il me réveille

Poussant une charrette

Barbé blanchette

Il a une charrette

Ramasse des jetés

Même pains abandonnés

Pieds lourds

Corps livide

Ventre vide

Âme avide

Vieux, au chapeau

Rides partout

Homme trop âgé

Doit être retraité

S'engage en face

Cette vie d'angoisse

17/09/2019
Mostafa K. MAROC (Benguerir) de l'Association 7 éme Art Rhmna
Burkina Faso

La dignité humaine - le travail des enfants - la misère sépare parents et enfants

La dignité humaine

Actuellement, la dignité humaine est difficilement respectée surtout si on est très pauvre. Nous vivons dans une société où si tu n’as pas une belle voiture, une belle moto, un bon travail, tu ne comptes pour personne. Avant, visiter quelqu’un, bien s’occuper de ses enfants, entretenir sa cour c’était digne ! Ce n’est plus le cas. Les valeurs de dignité de l’époque ne sont plus aussi importantes qu’aujourd’hui. Exposer ses problèmes à quelqu’un est considéré comme faire le mendiant alors que ce n’est pas le cas.

Quand tu es pauvre et que tu rentres dans un cabaret (i) on t’ignore. Mais si tu es riche on te respecte, même si tu racontes des mensonges tu mérites une considération parce que tu payes à boire. Mais, si tu n’as rien, ta dignité n’est pas respectée.

Depuis que je suis tombé malade c’est comme ça pour moi, je ne me sens plus respecté au sein de ma communauté.

Nous les militants d’ATD Quart Monde, nous apprenons à respecter la dignité humaine et nous savons qu’il y a des gens qui respectent la dignité des personnes pauvres. C’est comme quand on fait nos rencontres à la cour à Ouagadougou et qu’on voit la présence des invités qui viennent nous écouter ou quand on organise la journée mondiale du refus de la misère et qu’on voit beaucoup d’autres personnes qui viennent nous écouter, ça vraiment pour nous c’est un signe de respect de la dignité des plus pauvres.

(i): Cabaret : un lieu public où l'on ne sert que de la bière de mil (dolo) fabriqué et vendu par une femme, la dolotière

Mon témoignage porte sur le travail des enfants

En ce qui concerne le travail des enfants, je voulais tout simplement dire que quand les parents demandent à leurs enfants de travailler pendant les vacances c’est pour les aider à payer les fournitures scolaires. Sans ce travail, beaucoup de parents ne sont pas en mesure de payer la totalité des fournitures scolaires à leurs enfants. Avec mes coépouses, on vendait la nourriture, nos enfants nous aidaient pour le charbon ou autres. Tous les petits travaux qu’ils ont faits ont soutenu leur scolarité même s’ils n’ont pas pu aller loin.

Ici chez nous au Faso la vie est compliquée. La vie d’un enfant issue d’une famille aisée et celle d’un enfant issue d’une famille pauvre sont différentes. Les enfants des riches vivant dans les quartiers lotis sont tranquilles à la maison alors que ceux des pauvres habitant les quartiers non lotis travaillent régulièrement pour 200 ou 300 francs par jour pour soutenir leur scolarité. Les enfants villageois aussi aident leurs parents aux travaux champêtres et à l’élevage. Le travail des enfants qui vivent en ville devient de plus en plus indispensable pour soutenir leurs familles. L’enfant participe à l’économie familiale à cause de l’extrême pauvreté.

M’appuyant sur mon exemple personnel, actuellement je vis avec mon fils de 10 ans. Si je suis malade et que je n’arrive pas à gagner un peu d’argent, je le confie à un mécanicien pour qu’il travaille et qu’il gagne un peu de sou pour avoir à manger et payer ses cahiers. Je me trouve dans l’obligation de faire ça parce qu’étant moi-même victime de la grande pauvreté, je ne vois pas d’autres solutions pour mon fils.

Le Père Joseph Wresinski, fondateur de notre Mouvement international ATD Quart Monde avait dit « un enfant pauvre n’a pas d’enfance ». Issu lui-même d’une famille très pauvre, il était dans l’obligation de commencer à travailler dès l’âge de 5 ans afin de soutenir sa maman dans sa lutte quotidienne contre la misère.

Lorsque la misère sépare parents et enfants

Je viens de Solenzo. C’est grâce à mon fils que j’ai connu ATD Quart Monde. Il était dans la rue, ATD quart Monde l’a ramené en famille. Il est aujourd’hui père de famille. Moi j’ai été éduqué par le bâton et malmené par la faim. J’ai éduqué mes enfants de la même manière. C’est d’ailleurs la raison qui a poussé mon fils à aller dans la rue. Après la fugue de mon fils, j’ai pris conscience et me suis servi de mon intelligence et de mon cœur pour me rendre compte que cette manière de faire n’était pas bonne et aider mon fils à reprendre sa place en famille.

Quand mon fils est parti, j’ai beaucoup souffert intérieurement parce qu’on m’a accusé de l’avoir vendu. Ces rumeurs ont conduit son grand-père maternel chez moi et Dieu merci, il a été témoin de son retour.

Dans notre contrée, l’éducation des enfants n’est pas facile. Les enfants qui vont dans les mines sont pour la plupart des fils de parents démunis qui ne peuvent pas assurer la scolarité au secondaire. Une fois qu’un enfant monte sur la colline, dans les mines, il n’a plus le désir de retourner à l’école.

Pour nous soutenir mutuellement et soutenir nos enfants, nous avons créé un groupe dans notre village pour aider à pacifier nos foyers, à réfléchir autour de l’éducation de nos enfants et à éviter qu’aucun de nos enfants n’aille dans la rue.

Je vous remercie.

Rassemblement et dialogue
23/01/2019
Différentes personnes ayant l’expérience de la pauvreté
France

Prochain 17octobre 2019

Les évènements qui ont lieu en cette période est difficile à vivre pour les plus pauvres, moi comprise. Il y a de la violence, ce n'est pas bon pour notre moral encore moins notre vie quotidienne.

Avec deux amies militantes avons une idée pour la prochaine journée mondiale du refus de la misère (17 octobre 2019).

Je viens ici pour proposer cette idée venue de l'une d'entre nous. Effectuer, faire une grande chaine humaine avec pour thème "nous ne voulons plus être invisible" Nous savons que c'est ensemble qu'une idée est belle et qu'elle a du sens et qui peut se mettre en action.

C'est pour cela que je formule ce témoignage.

06/01/2019
Soulier Lucienne
Burundi

Je suis une personne qui travaille et lutte pour le bien de ma famille

Bonjour. Je me sens très honoré de connaître cette journée du refus de la misère. Un jour où les pauvres peuvent aussi parler et être écoutés. Je n’étais pas au courant de cela avant. Je suis moi-même étonné et je crois que c’est aussi pareil pour ces enfants de me voir m’asseoir avec eux aujourd’hui dans cette maison avec mon apparence de tous les jours ! Car ils me voient souvent passer ici, très sale et parfois même certains me disent que j’ai volé leurs matériaux de construction juste à cause de mon apparence. Mais je ne suis pas un voleur, je suis une personne qui travaille et lutte pour mon bien et celui de ma famille. Aujourd’hui je suis très content d’apprendre que d’autres personnes se trouvant dans la même situation que moi ont célébré aussi cette journée pour dire non à la pauvreté.

Je dit vraiment merci car je viens de découvrir qu’il y a le 17 Octobre qui existe, et que les gens qui vivent dans la pauvreté peuvent se mettre débout, qu’ils soient accepté et considérer comme toute autre personne.

Je suis très honoré et je réalise aujourd’hui que je suis une personne comme les autres et je peux aussi tout faire. Que Dieu soit loué.

Briser le silence
05/12/2018
Papa MWEHA