Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
Allemagne

Que mes enfants grandissent dans un environnement aimant

« J’ai grandi chez mon grand-père et ma grand-mère, papi et mamie. J’ai dû assez tôt devenir adulte et m’occuper de ma mamie. Ce qui m’a plu, c’était de pouvoir faire le bien [autour de moi]. Ce qui m’a pesé, c’était que je ne voyais quasiment personne et que je n’avais personne avec qui jouer. Qui n’a pas d’amis ne peut pas se développer. Même l’école, je la fréquentais rarement. Plusieurs enseignants sont venus me voir à la maison pour me dire "Là, ça ne va pas" – mais rien n’a changé. Une dame de l’Office de la protection de la jeunesse était au courant de ma situation, mais elle n’a rien fait. Autrefois, les enfants devaient participer aux travaux. J’en ai aussi connu d’autres qui se trouvaient dans une situation similaire à la mienne. J’ai soigné ma mamie jusqu’à sa mort. Après sa mort, je suis allée vivre chez ma mère et mon beau-père. C’est seulement alors que l’horreur a vraiment commencé. Aujourd’hui, ma mère dit qu’elle regrette. Mon père voulait s’occuper de moi et il est allé discuter avec l’Office de la protection de la jeunesse ; mais là-bas, on ne l’a pas pris au sérieux parce qu’il avait un problème d’alcoolisme. À 16 ans, je me suis tirée de la maison, pour aller habiter chez une parente éloignée de ma mamie. J’ai obtenu une autorisation de l’Office de la protection de la jeunesse pour cela. Ma logeuse était un peu handicapée ; nous nous sommes soutenues mutuellement. J’ai beaucoup appris pendant cette période et j’ai aussi fréquenté le centre de formation professionnelle. Ensuite, je suis rentrée à Naila, où j'avais grandi – à cause du père de mon fils.

L’Office de la protection de la jeunesse est venu lorsque mon fils était petit… j’ai également demandé moi-même ce que l’on pouvait obtenir comme aide, et je voulais tout faire correctement. Au jardin d’enfants, ils ne s’en sortaient pas avec mon garçon. C’est pourquoi l’Office de la protection de la jeunesse a demandé si j’étais à la hauteur de ma mission. Pourtant, à la maison, mon fils était différent. Les gens de la Protection de la jeunesse ont dit qu’ils se faisaient du souci pour mon psychisme – ils savaient, par leurs dossiers, dans quelles conditions j’avais grandi. J’avais peur qu’on ne me retire ce que j’avais de plus cher.

C’est surtout l’année où mon ami a perdu son travail que j’ai eu besoin de soutien. Mon ami n’avait pas de droits aux allocations chômage. Mon fils avait besoin de médicaments, mais il n’était pas couvert par l’assurance-maladie. Le médecin voulait délivrer une ordonnance privée pour des médicaments non remboursés, mais je n’aurais pas pu les payer. Nous étions au bord de la résiliation de bail et de la coupure de courant. L’aide, c’est de l’Église que je l’ai obtenue. Je suis toujours reconnaissante envers la KASA1 , ainsi qu’envers le Service de conseil aux personnes en surendettement. Quant à mon expérience de l’Office de protection de la jeunesse, elle a été plutôt négative ; il menaçait de placer mon fils dans un internat spécial. Les autres services administratifs nous ont laissés tomber. Je trouve qu’une telle chose est inadmissible !

On entend parler d’hommes qui, en tant qu’unique source de revenus de leur famille, perdent leur emploi et qui, dans une telle situation, songent à éliminer leur famille (les tuer, puis se suicider). Mon ami aussi a eu des pensées de ce genre. Je suis heureuse d’avoir été forte et de m’être chargée des démarches nécessaires. J’étais tombée tellement bas que cela ne pouvait pas être pire. Le fait de savoir que je m’en suis sortie me donne aujourd’hui de la force.

Ce que je souhaite, c’est que mes enfants grandissent dans un environnement aimant et regardent vers l’avant lorsque parfois cela ne marche pas si bien dans leur vie. Ils doivent ressentir à quel point c’est beau d’avoir quelqu’un, c’est-à-dire des amis et une famille – et non pas ce que la solitude peut nous faire endurer. »

1« Assistance sociale générale de l’Église », un centre de consultation du diaconat (service d’assistance sociale des Églises protestantes)

Gemeinsam Kinderrechte stark machen für eine Welt ohne Armut!
11/03/2020
Une femme, Naila, Allemagne
Allemagne

Dass meine Kinder in einem liebevollen Umfeld aufwachsen

„Ich wuchs bei Opa und Oma auf. Ich musste beizeiten erwachsen werden und mich um meine Oma kümmern. Mir hat gefallen, dass ich Gutes tun konnte. Belastet hat mich, dass ich kaum unter Menschen war und  niemanden zum Spielen hatte. Wer keine Freunde hat, kann sich nicht so entwickeln. Auch die Schule besuchte ich selten. Mehrere Lehrer kamen zu mir nach Hause und sagten: ‚So geht das nicht‘ – aber es änderte sich nichts. Eine Frau vom Jugendamt wusste Bescheid, aber hat nichts gemacht. Früher mussten Kinder mitarbeiten. Ich habe auch andere gekannt, bei denen es ähnlich war wie bei mir. Ich habe meine Oma bis in den Tod gepflegt. Nachdem sie gestorben war, kam ich zu meiner Mutter und meinem Stiefvater. Damit ging der Horror erst richtig los. Heute sagt meine Mutter, es tut ihr Leid.  Mein Vater wollte sich um mich kümmern und hat mit dem Jugendamt gesprochen; aber dort wurde er nicht ernst genommen, weil er ein Alkoholproblem hatte. Mit 16 bin ich abgehauen, zu einer weitläufigen Verwandten meiner Oma. Vom Jugendamt bekam ich die Erlaubnis dafür. Meine Gastgeberin war etwas behindert; wir  haben uns gegenseitig gestützt. Ich habe in dieser Zeit viel gelernt und auch die Berufsschule besucht. Dann zog ich wieder nach Naila – wegen dem Vater meines Sohnes. Das Jugendamt kam, als mein Sohn klein war ... ich habe auch selbst gefragt, was es an Hilfe gibt, und wollte alles richtig machen. Im Kindergarten kamen sie mit  dem Jungen nicht klar. Deshalb fragte das Jugendamt, ob ich der Aufgabe gewachsen sei. Dabei war er zu Hause anders. Die vom Jugendamt sagten, sie sorgten sich um meine Psyche – sie wussten aus den Akten, wie ich aufgewachsen war. Ich hatte Angst, dass mir das Allerliebste weggenommen würde. Vor allem in dem Jahr, in dem mein Freund die Arbeit verlor, brauchte ich Unterstützung. Mein Freund hatte keine Ansprüche auf Arbeitslosengeld. Mein Sohn brauchte Medikamente, aber er war nicht  krankenversichert. Der Arzt wollte ein Privatrezept ausstellen, aber das hätte ich nicht bezahlen können. Wir standen vor der Wohnungskündigung und Stromsperre. Hilfe bekam ich von der Kirche. Der KASA (1) bin ich immer noch dankbar, und auch der Schuldnerberatung. Das Jugendamt erlebte ich eher negativ; es drohte, meinen Sohn in ein spezielles Internat zu tun. Die übrigen Ämter ließen uns hängen. Ich finde, so etwas darf nicht sein! Man hört von Männern, die als Alleinverdiener die Arbeit verlieren und die in einer solchen Lage sich und ihre Familie auslöschen. Auch mein Freund hatte solche Gedanken. Ich bin froh, dass ich stark gewesen bin und mich  gekümmert habe. Ich war so tief am Boden, schlimmer kann es nicht mehr kommen. Zu wissen dass ich da durchgekommen bin, gibt mir heute Kraft.

Ich wünsche mir, dass meine Kinder in einem liebevollen Umfeld aufwachsen und nach vorne schauen, wenn es im Leben mal nicht so positiv verläuft. Sie sollen erleben, wie schön es ist, jemanden zu haben, also  Freunde und Familie – und nicht, was Einsamkeit anrichten kann.“

1Kirchliche allgemeine Sozialarbeit“, eine Beratungsstelle der Diakonie

Gemeinsam Kinderrechte stark machen für eine Welt ohne Armut!
11/03/2020
Eine Frau, Deutschland
France

Premier 17octobre 2019

Bientôt notre petite équipe de Dijon organisera son 1er 17 octobre. Ce qui encourage notre petite équipe, c'est notre première participation au grand Dèj' (grand forum d'association) autour du lac Kir de Dijon qui s'est passé récemment. Et qui nous a encouragés les unes les uns les autres, pour mettre à bien notre premier 17 octobre 2019.

J'ai quitté un groupe local (Chalon sur Saône dans le département de la Saône et Loire) et continue mon engagement avec ce petit groupe de Dijon. Avec bien sûr nos moyens, nos forces pour commencer à nous faire connaître. C'est un moment important cette première action, car nous ne pouvons pas mettre la charrue avant les bœufs. Et pour se faire connaître, il y a les rencontres avec d'autres comme les radios locales. Pour moi ce n'est pas quelque chose de nouveau, mais qui reste toujours important.

Je donnerai des nouvelles dès que ces événements seront passés. 

20/09/2019
Soulier Lucienne
Maroc

Le vieux qui passe

Il est matinal

Cris à voix haute

Il me réveille

Poussant une charrette

Barbé blanchette

Il a une charrette

Ramasse des jetés

Même pains abandonnés

Pieds lourds

Corps livide

Ventre vide

Âme avide

Vieux, au chapeau

Rides partout

Homme trop âgé

Doit être retraité

S'engage en face

Cette vie d'angoisse

17/09/2019
Mostafa K. MAROC (Benguerir) de l'Association 7 éme Art Rhmna
Burkina Faso

La dignité humaine - le travail des enfants - la misère sépare parents et enfants

La dignité humaine

Actuellement, la dignité humaine est difficilement respectée surtout si on est très pauvre. Nous vivons dans une société où si tu n’as pas une belle voiture, une belle moto, un bon travail, tu ne comptes pour personne. Avant, visiter quelqu’un, bien s’occuper de ses enfants, entretenir sa cour c’était digne ! Ce n’est plus le cas. Les valeurs de dignité de l’époque ne sont plus aussi importantes qu’aujourd’hui. Exposer ses problèmes à quelqu’un est considéré comme faire le mendiant alors que ce n’est pas le cas.

Quand tu es pauvre et que tu rentres dans un cabaret (i) on t’ignore. Mais si tu es riche on te respecte, même si tu racontes des mensonges tu mérites une considération parce que tu payes à boire. Mais, si tu n’as rien, ta dignité n’est pas respectée.

Depuis que je suis tombé malade c’est comme ça pour moi, je ne me sens plus respecté au sein de ma communauté.

Nous les militants d’ATD Quart Monde, nous apprenons à respecter la dignité humaine et nous savons qu’il y a des gens qui respectent la dignité des personnes pauvres. C’est comme quand on fait nos rencontres à la cour à Ouagadougou et qu’on voit la présence des invités qui viennent nous écouter ou quand on organise la journée mondiale du refus de la misère et qu’on voit beaucoup d’autres personnes qui viennent nous écouter, ça vraiment pour nous c’est un signe de respect de la dignité des plus pauvres.

(i): Cabaret : un lieu public où l'on ne sert que de la bière de mil (dolo) fabriqué et vendu par une femme, la dolotière

Mon témoignage porte sur le travail des enfants

En ce qui concerne le travail des enfants, je voulais tout simplement dire que quand les parents demandent à leurs enfants de travailler pendant les vacances c’est pour les aider à payer les fournitures scolaires. Sans ce travail, beaucoup de parents ne sont pas en mesure de payer la totalité des fournitures scolaires à leurs enfants. Avec mes coépouses, on vendait la nourriture, nos enfants nous aidaient pour le charbon ou autres. Tous les petits travaux qu’ils ont faits ont soutenu leur scolarité même s’ils n’ont pas pu aller loin.

Ici chez nous au Faso la vie est compliquée. La vie d’un enfant issue d’une famille aisée et celle d’un enfant issue d’une famille pauvre sont différentes. Les enfants des riches vivant dans les quartiers lotis sont tranquilles à la maison alors que ceux des pauvres habitant les quartiers non lotis travaillent régulièrement pour 200 ou 300 francs par jour pour soutenir leur scolarité. Les enfants villageois aussi aident leurs parents aux travaux champêtres et à l’élevage. Le travail des enfants qui vivent en ville devient de plus en plus indispensable pour soutenir leurs familles. L’enfant participe à l’économie familiale à cause de l’extrême pauvreté.

M’appuyant sur mon exemple personnel, actuellement je vis avec mon fils de 10 ans. Si je suis malade et que je n’arrive pas à gagner un peu d’argent, je le confie à un mécanicien pour qu’il travaille et qu’il gagne un peu de sou pour avoir à manger et payer ses cahiers. Je me trouve dans l’obligation de faire ça parce qu’étant moi-même victime de la grande pauvreté, je ne vois pas d’autres solutions pour mon fils.

Le Père Joseph Wresinski, fondateur de notre Mouvement international ATD Quart Monde avait dit « un enfant pauvre n’a pas d’enfance ». Issu lui-même d’une famille très pauvre, il était dans l’obligation de commencer à travailler dès l’âge de 5 ans afin de soutenir sa maman dans sa lutte quotidienne contre la misère.

Lorsque la misère sépare parents et enfants

Je viens de Solenzo. C’est grâce à mon fils que j’ai connu ATD Quart Monde. Il était dans la rue, ATD quart Monde l’a ramené en famille. Il est aujourd’hui père de famille. Moi j’ai été éduqué par le bâton et malmené par la faim. J’ai éduqué mes enfants de la même manière. C’est d’ailleurs la raison qui a poussé mon fils à aller dans la rue. Après la fugue de mon fils, j’ai pris conscience et me suis servi de mon intelligence et de mon cœur pour me rendre compte que cette manière de faire n’était pas bonne et aider mon fils à reprendre sa place en famille.

Quand mon fils est parti, j’ai beaucoup souffert intérieurement parce qu’on m’a accusé de l’avoir vendu. Ces rumeurs ont conduit son grand-père maternel chez moi et Dieu merci, il a été témoin de son retour.

Dans notre contrée, l’éducation des enfants n’est pas facile. Les enfants qui vont dans les mines sont pour la plupart des fils de parents démunis qui ne peuvent pas assurer la scolarité au secondaire. Une fois qu’un enfant monte sur la colline, dans les mines, il n’a plus le désir de retourner à l’école.

Pour nous soutenir mutuellement et soutenir nos enfants, nous avons créé un groupe dans notre village pour aider à pacifier nos foyers, à réfléchir autour de l’éducation de nos enfants et à éviter qu’aucun de nos enfants n’aille dans la rue.

Je vous remercie.

Rassemblement et dialogue
23/01/2019
Différentes personnes ayant l’expérience de la pauvreté