Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Témoignages
États-Unis

Nous devons récupérer notre liberté

Les gens m'appellent Shay; J'ai 28 ans, mère de 4 garçons, qui ont entre 13 et 1 ans. J'ai vécu à la Nouvelle Orléans toute ma vie. Quand j'étais petite, je rêvais de devenir policière, avocate ou coiffeuse (coiffeuse ou esthéticienne). Je voulais être une femme indépendante, me sacrifier pour mes enfants et ne pas dépendre des autres. Très vite, je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas. L'école était dure, et les enfants se moquaient de moi en m'appelant tête chauve. J'étais dans ma 11ème année (seconde) quand Katrina a frappé. J'avais alors 13 ans; J'ai été déplacée et séparée de ma famille. Je ne trouvais pas ma mère, mes frères et soeurs. J'ai manqué l'école et j'ai fini par tomber enceinte pour mon premier-né R.

Je pense que je me suis sentie laissée de côté parce que maintenant je dépends de l’assistance sociale pour mes enfants. Nous avons des bons alimentaires, et nous ne le recevons pas gratuitement. C’est le gouvernement qui nous les donne. Lorsque le gouvernement obtient votre information dans le système et qu'il sait ce que vous faites, vous n'êtes plus libre. J'ai peur, et je crains qu'ils ne prennent ma liberté.

Je m'inquiète pour mes enfants et les autres mères en raison de la montée de la violence et des fusillades dans la ville.

Ils veulent nous enlever nos plans de santé. Comment les gens vont se soigner s’ils nous (le gouvernement) coupent tout? Avec le plan de santé d'Obama, les gens peuvent se soigner. Mais si on nous enlève tout, ceux qui ont le diabète et le cancer (ils) ne pourront pas se soigner convenablement. Tout le monde devrait pouvoir se soigner gratuitement. Nous les pauvres nous n’avons pas de place dans ce monde, car tout est un combat pour nous. Si j'ai un emploi à temps plein, ils vont supprimer l’assistance alimentaire.

Je continue de lutter pour élever mes enfants. J'espère d’un monde meilleur pour moi et les autres mamans, pour aider ceux et celles qui sont dans le besoin. Nous ne pouvons pas trouver de logement parce que nous n'avons pas d'emplois.

Je dis à toutes les jeunes mères d'être fortes et de rester belles. Faites ce dont vous avez besoin de faire et pour l’avenir de vos enfants. C'est une lutte quotidienne et j’ai besoin de faire ce dont j’ai besoin de faire. J’ai trouvé un emploi à temps partiel, et avec les bons alimentaires nous pouvons continuer la route.

Je dois être bénie pour intensifier ma lutte. Battez-vous pour votre communauté et défendez vos droits civils. Nous devons lutter contre le système pour récupérer notre liberté.

27/10/2017
Shay
États-Unis

Bâtir un monde qui ne laisse personne de côté, c'est bâtir un monde pour tous

Je témoigne du courage, la ténacité et l'espoir de Mme Yolanda A., originaire de la Nouvelle-Orléans. Mme Yolanda a 41 ans, mère et six enfants: trois filles et trois fils.

En parlant d’ "Unissons nos voix - bâtir un monde qui ne laisse personne de côté", vous dites, "je joins ma voix aujourd'hui à toutes les mamans qui luttent au quotidien pour élever leur famille."

« Bâtir un monde qui ne laisse personne de côté, c'est bâtir un monde pour tous. Je suppose que j'ai été laissée de côté il y a bien longtemps. »

Madame Yolanda, vous êtes habituellement une personne tranquille et vous n'avez pas besoin de beaucoup de mots pour vous exprimer. "Construire un monde pour tous" en dit long sur votre vie et celle de votre famille. Vous étiez sans abri depuis de nombreuses années et vous attendiez depuis longtemps pour avoir accès à une maison au loyer modérer pour votre famille.

Le jour où vous avez quitté le bureau de logement de la Nouvelle-Orléans avec votre subvention entre vos mains, vous aviez eu un grand sourire sur le visage et vous me disiez, «On dirait aujourd'hui que j'ai gagné à la loterie! Cela fait des années que j'ai attendu ma maison. Ce fut une lutte pour passer d'un endroit à l'autre avec mes enfants. Mes enfants grandissent, et j'avais besoin d'un endroit sûr pour eux. C'est pourquoi ils ne pouvaient pas apprendre à l'école. Mon fils D. et ma fille ont toujours été renvoyés de l'école. Je passais mon temps à faire le va et vient du tribunal, à l'école. J'ai perdu mon travail quand j'ai perdu ma maison.

Depuis l'ouragan Katrina j'avais fait une demande de logement. J'étais tout le temps sur leur liste d'attente. La dernière fois que je suis allée vérifier, ils ont dit qu'ils m'avaient envoyé une lettre que je n'ai jamais reçue. Je les ai appelés plusieurs fois, et ils n'ont jamais répondu à mon appel. J'étais découragée! Je pleurais. J'ai trimbalé mes enfants trop de fois et je ne pouvais plus le supporter. Je suis heureuse aujourd'hui d'avoir enfin l'occasion d'être à nouveau dans une maison. Je vais redémarrer à nouveau. Maintenant, je dois trouver de l'argent pour meubler ma maison. Tous les meubles que j’avais dans le store ont été mis aux enchères parce que je ne pouvais plus payer pour le store. Ils ont vendu aux enchères mes meubles. Mais vous savez que ce sont du matériels Je vais en trouver des nouveau. »

Comme de nombreuses familles vivant dans l’extrême pauvreté à la Nouvelle-Orléans trouver des logements sociaux au loyer modéré devient de plus en plus difficile. En raison du manque de logements sociaux, décents, les familles sont dispersées, séparées et brisées. Les enfants sont plus que perturbés, ce qui répercute sur leur éducation, et nos jeunes sont de plus en plus désorientés. Le développement des nouveaux logements crée de plus en plus l'isolement des familles vivant dans la pauvreté De plus en plus de familles vivant dans l.’extrême pauvreté à la Nouvelle-Orléans sont poussées à la périphérie des villes où l'accès aux besoins fondamentaux leur est refusé. Bâtir un monde qui ne laisse personne de côté tient compte des expériences de ceux qui ont à cœur de garder leur famille unie et en sécurité.

27/10/2017
Mme Yolanda A.
Côte d'Ivoire

La misère sous toutes ses formes

La misère nous l'avons vécu et senti sous toutes ses formes.

vivre à 5 dans une seule pièce, avoir peut être un seul repas par jour, ne pas avoir de savons ni de brosse à dent pour prendre soin de son corps. aller à l'école avec des tenues déchirées. Être abandonné par ses proches qui vous mettent à la porte à 23h vous et toute votre famille.

17/10/2017
Matrix
Congo (Kinshasa)

Message du Consortium pour le refus de la misère, CREM

Les preuves ne sont plus à démontrer que la misère est un crime commis par notre incapacité de partager, c’est une violation grave des droits de l’homme. Les acteurs du refus de la misère sont interpellés chaque 17 octobre en vue d’accroître les efforts pour éliminer l’extrême pauvreté  et la discrimination, et de s’assurer que chacun de nous puisse jouir pleinement de ses droits fondamentaux.

La lutte doit permettre aux victimes de la misère (les oubliés, les abandonnés, ou les populations défavorisées) de se débarrasser de la misère.

La misère tue plus que toute autre guerre ou catastrophe que l'humanité a déjà connu.

Pacifique Birindwa

Coordonnateur du CREM

Consortium pour le refus de la misère.

RD Congo

Exposition sur le 17 octobre
11/11/2016
Pacifique Birindwa
France

Témoignage lu pour le 17 octobre 2016

Je ne connaissais pas la journée du 17 octobre, des amis me l'ont fait connaître. Cela fait 4 ans que je participe à cette journée qui me touche beaucoup, car j'ai connu la misère dans mon passé. Cela me touche car la pauvreté il y en a encore dans le monde entier.

J'étais seule, une amie m'a parlé et m'a emmené à Beaux Quartier. C'est un feuilleton qui a été réalisé par le quartiers des Aubépins et d'autres quartiers, pour montrer les belles choses du quartier; et comment vivent les habitants de ces quartiers. Être ensemble cela m'a donné la force et l'envie de participer au feuilleton. Il n'y avait pas de différence entre nous, on était tous pareil car la culture se partage. Depuis que j'ai participé dans le film, j'ai changé de caractère et je me suis fais des amies. Je ne suis plus seule. 

07/11/2016
Soulier Lucienne