Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Plateforme pour le 17 octobre.

France

Apporter un mieux à quelqu'un dans la misère, même ponctuellement

J'habite Pau, une ville où de plus en plus on voit des gens dans la rue en train de tendre la main, malgré que cette ville se dit riche.

Tous les jours, jusqu'à présent, je ne voyais qu'une seule personne, maintenant en l'espace de 100m, il y a trois personnes.

Je parle avec une de ces personnes, " un petit bonjour " , " comment ça va ". C'est une personne, qui est là de 8h du matin jusqu'à 11h, par n'importe quel temps, assis sur un tapis sûrement que l'on lui a donné, et bien emmitouflé dans son parka.

Je lui ai demandé l'autre jour, " s'il n'avait pas froid ", il m'a répondu en souriant, " non je suis bien couvert ". Vous savez, ça m'a fait quelque chose, moi qui ai le chauffage chez moi même s'il m'est difficile d'avoir chaud parce que ça dépense, je suis quand même mieux que cette personne.

Je lui ai demandé ce jour là s'il aimait les pommes et les clémentines, il m'a répondu " oui ", et je lui ai dit que je lui en porterais quelques unes. J'ai dit cela machinalement et sans calculer.

Et le lendemain, toujours à la même place je lui apporte ce que je lui avait dit.

Et deux jours après, je le revois comme chaque matin, et lui demande s'il avait mangé ces fruits. Il me répond, non pas tous, je les économise, je les garde pour plus longtemps.  Ça m'a fait mal au cœur car qu'est ce que c'est que trois pommes et trois clémentines, mais pour lui ça avait de la valeur.

Et j'ai réalisé que malgré que j'ai du mal à m'en sortir financièrement, j'ai un toit pour m'abriter ce qui serait primordial que tous ces gens à la rue aient.

Alors je ne me plains pas car par rapport à certaines personnes souffrant du froid, de la solitude car les personnes "sans domicile fixe", sont vraiment seuls ils se regroupent ensemble, fuient le regard des gens, car c'est aussi cela, leur porter un regard comme si on parlait à une personne qui n'est pas dans la pauvreté.

Moi je n'éprouve aucune honte à m'arrêter à parler à cette personne que j'admire avec sa patience et que tous les matins il est là, pour récolter quelques pièces que les gens voudront bien donner;

Voilà ce que je voulais dire à ATD QUART MONDE, je me sens bien impliquée sur le sujet de la misère, car il y a celle que l'on voit mais aussi celle qui ne se voit pas, et c'est peut être encore pire,  les gens ne se montrent pas car ils ne veulent pas qu'on les voit comme ça et ils vivent en souffrance tous les jours.

20/11/2011
Bréchoteau Danièle
France

Témoignage lu à Saint-Brieuc le 17 octobre 2011

Bonjour,

Beaucoup d’entre nous ont l’expérience de la pauvreté.

Le présent et l'avenir des jeunes de nos quartiers sont une grande préoccupation pour nous.

Nous, les grands-parents et les parents, sommes fiers de nos jeunes : ils représentent l’avenir, l’espoir. Ils continuent notre combat  !

Je suis fière de mes enfants et de mes petits enfants.

Mes petits enfants devenus adolescents, sont gentils chez moi, ils m’obéissent. Comme à mes enfants, je leur apprends à tenir une maison, à faire du jardinage, à être propre, à être poli.

Mes petits enfants se confient à moi et je leur donne des conseils.

Cependant, je constate que mes petits enfants n’ont pas toujours envie d’aller à l’école, ils disent : « C’est trop dur ».

Les professeurs ne sont pas assez proches des enfants ayant des difficultés. Et les enfants se sentent jugés.

Les jeunes s’enferment avec des jeux-vidéo et internet, ils fuient la réalité et ils écrivent parfois mal.

Je soutiens leurs parents pour qu’ils ne soient pas toujours devant un écran et pour qu’ils continuent leur scolarité.

Ce n’est pas facile de trouver des stages parce qu’on ne connaît pas les entreprises et souvent les patrons n’acceptent plus de stagiaire.

Les jeunes ont tous des projets et veulent rentrer dans le monde du travail pour devenir maçon, peintre ou serveuse.

Mes petits enfants comme les autres jeunes sont solidaires entre eux.

08/11/2011
Jacqueline
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