Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Pour un avenir durable il faut passer par l’éducation

TÉMOIGNAGES POUR LE 17 OCTOBRE 2015

« Construire un avenir durable: s’unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination »

Steeve / Antohomadinika III G Hangar

Un avenir durable, pour moi c’est avoir un travail durable, être affiliée à l’Ostie (comme cela, en cas de maladie on peut se faire soigner sans avoir à payer), être affiliée à la Cnaps aussi (comme cela on a droit à une retraite quand on sera vieux, incapable de travailler). Avec ce travail on peut posséder une terre et une maison pour ses vieux jours et pour ses enfants.

Je sais que pour un avenir durable il faut passer par l’éducation, par des études surtout. Consciente de cela, je participe au développement de ma famille. Cette année, j’ai aidé ma mère pour l’achat des kits scolaires pour mes cadets. Je ne voudrais pas qu’ils vivent à leur tour ce que j’ai vécu, j’ai dû abandonner l’école alors que j’avais encore envie de poursuivre mes études.

Je participe aussi au développement de mon fokontany, avec les autres, je fais des animations pour lutter contre la violence et le viol des enfants, j’écoute et donne des solutions aux problèmes des voisins par le kiosque KAPDA (kiosque d’Accueil de Personnes en Difficulté d’Antananarivo), je fais partie aussi de la jeunesse du Mouvement ATD Quart Monde qui procède à l’assainissement du fokontany.

Mon problème c’est que je n’ai pas un travail durable. J’ai déjà fait l’effort de chercher du travail mais on ne m’a pas encore embauche même si dans l’entreprise il y a bien une place qui correspond à mes capacités, tout simplement parce que je n’ai pas le bac. Pourtant j’ai fait pas mal de stages. Aujourd’hui on mesure votre capacité par vos diplômes.

Les jeunes nécessiteux ont besoin de plus d’ouverture ; ils doivent posséder d’autres langues étrangères. Ainsi ils ne seront jamais perdus, même sans le bac. La langue étrangère ne doit pas constituer un nouvel écueil.

Il est nécessaire que les entreprises collaborent avec les associations qui s’occupent des jeunes.

Ce n’est pas simplement une histoire de stage, mais embaucher vraiment les jeunes nécessiteux car c’est cela l’avenir durable.

La construction du développement durable est un long combat et nous avons besoin de collaboration avec l’État. Les réalités politiques, sociales et économiques du pays n’entraînent que plus de difficultés pour les jeunes. Le chômage, la drogue et la violence règnent en maître. Les jeunes aspirent à un avenir brillant et durable. C’est pour cela que des associations, comme le Mouvement ATD Quart Monde, luttent pour que les jeunes ne soient pas abattus par la violence et le découragement.

Mes souhaits de collaboration avec l'état :

Avoir une politique efficace pour lutter contre le chômage des jeunes, pour qu’ils puissent avoir un avenir durable.

Que l'Etat soit réellement à l’écoute de ceux qui sont très pauvres au lieu de vrais pauvres qui subissent le poids de la misère et de la discrimination.

Le problème, à mon avis, pour la solidarité en vue d’éradiquer la pauvreté et la discrimination, c’est que, souvent, les plaintes, les appels et les cris sont lancés dans le désert, personne ne les écoute.

J’ai vécu un événement qui a prouvé que la solidarité peut mettre fin à la pauvreté et à la discrimination : c’était lors des dernières inondations. Tout le monde a uni ses efforts, des individus, des associations, des organismes d’Etat se sont donnés la main. Pour terminer, je dis qu’il ne faut pas attendre que le problème ne trouve plus de solution avant de réagir.

Ce témoignage est lié à l'événement: 
17 octobre à Madagascar
Steeve