Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Nous souhaitons voir nos droits respectés

17 Octobre 2018

Cela fait 15 ans que nous habitons sur ce lieu d’Andramiarana. Nous sommes des familles qui habitions avant à La réunion Kely et l’État nous a déplacés [à plusieurs reprises]. Nous sommes retournés à Antananarivo à cause de fausses promesses que l’État nous a faites. Et nous nous sommes installés ici. Quand nous venions d’arriver sur ce lieu, nous avons construit des maisons en plastique et travaillé sur la décharge. Disons que nous nous sommes installés là pour pouvoir travailler sur cette décharge. Nous cherchons  des objets à la décharge, nous les réparons, nettoyons, nous fabriquons des tapis avec les chutes des tissus...

Quand le fokontany a vu nos habitations, il nous a demandé de construire des maisons en briques. Plus tard, nous avons reçu des aides « cash transfer » d’ATD Quart Monde et de l’UNICEF et nous avons pu transformer nos maisons petit à petit en brique, nous avons pu envoyer nos enfants à l’école, faire nos cartes d’identité nationale, nous avons cotisé à l’AFAFI pour la santé et cela a fait que nous avons pu nous soigner quand nous étions malades. Nous payons des impôts en étant sur ce lieu et plusieurs parmi nous ont des numéros de logements. Maintenant, il y a la construction de la route qui passe chez nous, c’est un projet de l’État. Nous ne sommes pas opposés aux biens communs mais nous exigeons qu’il y ait une compensation de notre maison, qu’on nous donne des terrains et l’argent qui nous permettront de nous loger dignement.

La route arrive déjà dans nos cours et il n’y a toujours pas de choses bien claires venant de l’État. Ceux qui construisent cette route nous ont dit clairement la semaine dernière « l’état malgache ne va rien vous donner, il nous ont dit de raser vos maisons car vous avez construit illégalement sur ce lieu. Nous sommes des êtres humains comme vous et nous ne pouvons pas vous laisser comme ça, nous allons vous donner des tôles, du ciment, des briques pour que vous puissiez construire vos maisons ailleurs... Nous avons déjà donné le prix des maisons pour 19 familles touchées par la construction de cette route ». Aujourd’hui nous fêtons le 70 ème anniversaire des droits de l’homme et le 17 octobre journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Face à cette situation, je dirai : On lance les cordes sur les cornes des zébus, on lance les paroles dans les cœurs de ceux qui ont de la connaissance et de la sagesse.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie.

Ce témoignage est lié à l'événement: 
Deux jours de célébrations à Antananarivo
Madame S.