Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

LES DISCRIMINATIONS SOCIALES

LES DISCRIMINATIONS SOCIALES

Bonjour,

Nous avons, dans notre pays, des lois qui condamnent certaines discriminations sexuelles, raciales, homophobes, etc... Mais rien, rien contre les offenses que l'on fait aux plus pauvres à l'école, dans les lieux de culture, dans la recherche de travail et aussi dans le domaine de la santé et bien d'autres.

A l’école en premier lieu ; issu de la communauté des gens du voyage, petit, quand je suis allé à l’école, personne, aucun enfant ne jouait avec moi. On me traitait de pouilleux, que j’étais mal habillé. Je me suis enfermé sur moi-même, je me protégeais en m’éloignant des autres. Plus tard lorsque mes enfants sont allés à l’école, je ne pouvais pas franchir la grille des établissements scolaires quand il y avait des problèmes ou même pour aller parler aux instituteurs. Puis un jour, j’ai osé pour ne pas transmettre la honte que j’aie à mes enfants.

Dans le domaine de la santé, la discrimination sociale, elle aussi, est violente :

Bénéficiaire de la Couverture Maladie Universelle (C.M.U.), il y a quelques années, j'ai pris rendez-vous dans un cabinet dentaire de ma ville, pour faire soigner les dents de mes enfants. Arrivé chez le praticien, comme tout le monde, je me signale au Secrétariat. Reçus dans le Cabinet, je lui signale que je suis bénéficiaire de la C.M.U : sa réaction a été violente verbalement, elle me dit que j'aurais dû prévenir et me fait comprendre qu'elle évite de soigner les pauvres bénéficiaires de la C.M.U., car elle n'y gagne rien et qu'elle met longtemps a être réglée.

La honte d'entendre ces mots ont fait que je n'y suis pas retourné, au détriment de mes enfants : j'étais coupable d'être pauvre.

La discrimination sociale a lieu aussi dans le domaine de la culture.

Nous avons, dans notre ville, un partenariat entre le comité ATD et le service « saison culturelle » de la municipalité. Donc lors de certaines représentations théâtrales ou spectacle des militants s’y rendent et à plusieurs reprises, ils ont entendus des réflexions comme quoi ils avaient le RSA, qu’ils allaient au resto du Cœur et qu’en plus, ils avaient encore des spectacles gratuits ! En fait qu’ils profitaient !

Il faut que cela change, mais pour que cela change, il faut que ce soit nous les plus fragiles qui les faisions changer :

Nous devons crier que l'on n'a pas le droit de nous traiter comme inexistant.

Comme le disait le Joseph WRESINSKI : « Vous êtes des êtres humains, capables de faire bouger les choses, relevez vous et battez vous ! »

Et que nos représentants politiques prennent en compte les effets dévastateurs que ces attaques faites aux pauvres produisent,

Et qu'un texte de loi fasse que l'on en finisse avec ces attaques  faites aux pauvres.

Merci.

Ce témoignage est lié à l'événement: 
17 Octobre 2013: Place du Trocadéro
Franck LENFANT – Nogent le Rotrou - pour le 17 octobre 2013