Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Ici c'est chez nous, car ici nous pourrons prendre la parole

"Là, où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré." Père Joseph Wresinski.

Cette année, est une année importante dans la lutte contre la misère car le père Joseph Wresinski est né il y a 100 ans, en février 1917 à Angers dans une famille très pauvre.

Il y a 30 ans fut posée la première Dalle à Paris en octobre 1987 à la place des droits de l'homme. Lors de cette inauguration, une femme très pauvre de Pâturage disait à son fils : tu vois fiston, on est chez nous ici, c'est notre famille ici avec le monde entier, on est enfin reconnu. Cette Dalle a été reproduite depuis un peu partout dans le monde et 30 ans plus tard c'est ici à Quaregnon que nous inaugurons cette stèle.

Il y a deux ans, les autorités communales nous ont permis de projeter le film "Joseph l'insoumis" à la salle Allard l'Olivier. A la fin du film, madame Christiane B. a dit au Bourgmestre qu'elle connaît bien : "M'biau, tu vas nous mettr één dalle sul plache de Quaregnon". Et le Bourgmestre a répondu sans hésiter: "Pourquoi pas ". Merci monsieur le Bourgmestre, nous pouvons dire aujourd'hui, ici c'est chez nous, nous sommes en famille car ici nous pourrons prendre la parole. C'est ça aussi le 17 octobre, que les pauvres prennent la parole.

Il arrive que souvent dans les médias l'on nous traite comme des assistés et cela nous fait mal. Lorsque l'on nous fait confiance et que l'on est bien entouré, nous pouvons démontrer que nous avons aussi une intelligence et une expérience de la pauvreté qui peut servir à mieux faire reculer la misère.

Changer la société, lutter contre les inégalités et s’ouvrir à des manières de penser différentes, pas simple…

Mais on a une trop bonne idée ! Et si on vous démontrait qu’une société plus juste, ça se construit avec tous, et surtout avec les personnes les plus exclues ? Face aux violences de la pauvreté, les personnes qui la vivent développent des formes de résistance. Que ce soit au sujet des inégalités sociales, de l’éducation ou du climat, leurs voix sont indispensables pour penser le monde de demain.

Et vous, c’est quoi vos bonnes idées ? Merci.

Christiane B, Octobre 2017