Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Comme tous les jeunes, je prépare mon avenir

J’ai 23 ans et j’habite à Antohomadinika. Notre thème d’aujourd’hui est « S’unir avec les exclus pour construire un monde où les droits de l’homme et la dignité seront universellement respectés. » Je me sens particulièrement exclue à cause de mon handicap, comme vous voyez, je suis différente des autres, je suis trop petite. Je ressens cette exclusion par le regard des autres, surtout quand je vais au marché. Un jour, mon frère cadet et moi sortions pour acheter un lecteur DVD dans un magasin spécialisé. Quand nous y entrions, le vendeur nous disait méchamment : « partez, il n’y a pas d’argent ici ». Je lui répondais : « nous ne sommes pas venus ici, Monsieur, pour mendier mais pour acheter un lecteur DVD ». Mon frère a failli acheter un stylo feutre pour écrire sur mon fauteuil au dessus de ma tête: « je ne mendie pas mais je sors comme tout le monde ».

Comme tous les jeunes, je prépare mon avenir. Je suis la formation en coupe et couture, car je n’ai pas pu terminer mes études. Je suis restée en classe de seconde à cause de la précarité de notre vie. Ma formation n’est pas encore terminée, mais je reçois les commandes de couture quand quelqu’un vient chez moi. L’État n’aide pas les plus démunis et les handicapés, c’est pour cela que les droits de l’homme et la dignité ne sont pas respectés. Ainsi, nous vivons quotidiennement dans l’angoisse. On m’a éduqué à ne jamais mendier. Je sais que les handicapés mendiants subissent toutes les humiliations, les préjugés des gens et toute sorte d’oppression. A la fin de la journée, leurs familles récupèrent l’argent gagné.

Je rencontre toujours des difficultés lors de mes sorties. Les lieux publics comme les escaliers et les montées ne sont pas adaptés à ma chaise roulante. Je dois demander de l’aide aux gens pour la porter et je suis très gênée. Tout cela est cause de non-respect de nos droits, ce qui  entraîne notre dépendance aux autres.

Tout homme a les mêmes droits et la même dignité en tant qu’humain. Nous voulons de l’aide dans notre projet pour atteindre notre but, mais non de la pitié ni des préjugés. Pour les parents ayant des enfants handicapés, donnez-leur de l’amour à partage égal. N’ayez pas honte de vos enfants, emmenez-les se promener pour découvrir le monde. C’est cela dont nous avons besoin.

J’encourage les personnes handicapées à bien se comporter, à s’unir et à collaborer pour revendiquer leurs droits. Mes souhaits ? Que les droits de l’homme et la dignité soient vraiment une réalité mais non une idée.

Je vous remercie.

Ce témoignage est lié à l'événement: 
Deux jours de célébrations à Antananarivo
Florence