Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

Cet enfant est mort à cause de la misère

Témoignage de Madame Germaine à Andramiarana

En ce moment il y a la peste dans plusieurs régions dans le pays. Nous avons entendu qu’il y a beaucoup de morts à l’hôpital et les 4 hôpitaux principaux sont remplis de malades.

C’est une maladie qui fait mal et qui fait honte car elle est le fruit d’une saleté (les rats et les puces). Comme nous vivons sur la décharge, cette maladie apporte beaucoup d’humiliation pour nous. Il y a eu un mort dans notre quartier, et la rumeur a couru en disant que la personne était morte de la peste. Mais elle était malade depuis très longtemps et ce n’était pas la peste. Nous vivons à la décharge mais il n’y a pas de la peste chez nous.

Par contre, nous vivons toujours dans la peur. La semaine dernière il y a eu un enfant de 13 ans qui est mort à la décharge, écrasé par un camion qui repoussait les ordures pour avoir plus de place. L’enfant était là en train de chercher des morceaux de fer. La moitié de son corps a été aplati complètement, c’était trop triste.

Tout le monde parle de la peste, mais ça, personne n’en parle, personne ne se pose des questions, à part nous dans le quartier.

Cet enfant est mort à cause de la misère. Cet enfant ne devait pas être à la décharge, il devait être à l’école en train de préparer son avenir et de profiter d’avoir la joie d’apprendre avec ses camarades.

Qui va nous protéger, qui protégera nos enfants ?

Qu’est-ce que le gouvernement fait pour améliorer notre vie ? Rien !

Notre situation deviendra de plus en plus difficile car une route va traverser notre village. Nous savons que nos maisons vont disparaître et on ne sait pas où aller. On va encore déplacer les gens loin de la ville avec des fausses promesses comme il y a quelques années.

A cause de la peste, nous ne pourrons pas célébrer le 17 octobre en même temps que tout le monde cette année. Nous avons pourtant beaucoup travaillé pour préparer ce 17 octobre. Je souhaite marquer quand même la journée mondiale du refus de la misère dès que les autorités donnent l’autorisation de faire un rassemblement et attendant, à tous ceux qui peuvent se réunir le mardi prochain, je vous souhaite un bon 17 octobre.

Madame Germaine