Chaque attitude, chaque geste compte pour combattre la misère et l’exclusion. Il existe de multiples manières d’agir, quelles que soient nos compétences et notre disponibilité. Ces messages, ces témoignages sont l’expression d'un engagement personnel autant que collectif avec d'autres citoyens. N’hésitez pas à apporter votre contribution.

Les témoignages sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils sont soumis à validation : ils ne seront publiés que s’ils respectent, sur la forme et sur le fond l’esprit de cette journée tel que défini dans la Charte internationale 17 octobre.

 

C’est injuste que les gens nous excluent, la réalité nous opprime

Je m’appelle Charles, j’habite un quartier de Morondava Ambohibao Antehiroka. « S’unir avec les exclus pour construire un monde où les droits de l’homme et la dignité seront universellement respectés. » Voici mon point de vue sur ce thème : tous les hommes sont sur un pied d’égalité concernant les droits de l’homme et la dignité. Mais face à la misère extrême, la mentalité change, parce qu’on est condamné à chercher son pain quotidien sans savoir où le trouver chaque matin. On ne peut donc pas s’exprimer ni trouver une plate-forme pour le faire. On vit quasiment dans la peur et l’angoisse. Mais comme disait le Père Joseph, la  pauvreté n’est pas une fatalité, on doit se relever et combattre la misère. (...) la pauvreté est déjà un héritage venant des parents qui n’avaient pas les moyens de scolariser leurs enfants et de les aider à se former à un métier.Ils sont donc livrés à eux-mêmes. Des fois, on est découragé, mais on trouve toujours du courage grâce à l’unité et au soutien du Mouvement.

Nous vivons tous de la décharge et celle-ci nous unit car c’est notre gagne-pain. Ce qui veut dire, nous sommes une petite communauté réunie par la pauvreté, donc nous nous efforçons de réussir. Nous sommes une minorité exclue par la société car nous vivons dans cette décharge. C’est injuste que les gens nous excluent, la réalité nous opprime.

Quand nous arrivions à Andramiarana, les gens disaient qu’il y a de nouveaux 4MI venus ajoutés à ceux qui s’y trouvent déjà. Ce mot doit être banni du vocabulaire car il bafoue la dignité et la dénigre. Ce mot veut dire pour moi : se droguer, boire, jouer et se prostituer (ces quatre mots commencent par MI en malgache). Cela concerne non seulement les pauvres mais tout le monde, et pourquoi donc on nous accuse ? Les sans-abris et les travailleurs de décharge sont traités de 4MI.

Je vous encourage tous à vous aimer dans la fraternité.

La proclamation des droits de l’homme fête ses 70 ans cette année. Désormais, ils devraient être respectés. Malheureusement, nous sommes encore très loin de la réalité. Pour refuser l’exclusion et respecter les droits de l’homme et la dignité, l’État devrait considérer les pauvres, donner du travail et étudier la vie sociale du peuple.

Ce témoignage est lié à l'événement: 
Deux jours de célébrations à Antananarivo
Charles R.