Thème pour 2018
S’unir avec les plus exclus pour construire un monde où les droits de l’homme et la dignité seront universellement respectés.

Cette année quelques changements ont été apportés à la page 17 octobre.

Vous y trouverez :

  • Témoignages: prises de parole de personnes vivant la grande pauvreté, ...
  • Présentation: le sens de la Journée, son esprit, ...
  • Moments forts: activités, prises de paroles, gestes significatifs, ...
  • Contactez-nous: pour toute question liée au 17 octobre.
  • Boîte à outils: affiche, note explicative, textes de référence, vidéos, ...

Pour voir plus d'événements en France, c'est ici: https://www.atd-quartmonde.fr/17oct2018/

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Bukavu - Mardi 17 Octobre 2017 - Célébration de la journée du 17 Octobre

Compte-rendu de l'événement

Le témoignage de Papa HERMAN MUHAMIRIZA des familles solidaires a ouvert la manifestation et donné sens à cette journée du 17 octobre.

« Dans mon village Cikera, je vivais bien avec mon voisin X. Étant un voisin très proche nous vivions comme si nous venions d'une même famille. Sa femme et se enfants venaient prendre du sel chez moi et de mon coté, c'était la même chose. Avec monsieur X chaque soir nous partagions un verre de boisson. Seul le sommeil nous séparait.

Pas plus tard qu'un mois, une femme d'un peu loin de notre milieu était décédée subitement. Deux semaines après ce décès, le bruit commencera à circuler que c'est la femme de X qui avait ensorcelé cette femme. Ce bruit prendra une ampleur inquiétante, et par après la population en colère trouvera la femme de X qui venait du puits, la luncha à demi mort. Elle trouvera la vie par l'intervention de la police qui l'isola de la justice populaire. Dans cette colère folle de la population de cikera de n'avoir pas exterminé une fois pour toute la vie de la femme, la population ira incendier sa maison. Aucune chose ne sera sortie de la maison calcinée. Et monsieur X et ses enfants ainsi que sa femme, chacun restera qu'avec l'habit qu'il portait. Mon cœur s'était révolté de cette situation, j'avais pris un de mes pantalons et la babouche pour les lui donner. Trois jours après ce scénario, la population indexera ma famille comme quoi, qu'elle travaillait de mèche avec la famille de X pour tuer les gens par la sorcellerie, et que moi aussi je courrais le risque de subir le même coup. Voilà que ma famille a peur de soulager cette famille de X de la souffrance qu'elle a subit. Ma femme commence à donner à manger aux enfants de X en cachette. Sinon une fois vu par la population, ça sera de la pagaille pour ma famille aussi. Moi même, si je me rencontre avec Mr X, je ne le salue plus, alors que nous sommes des amis très proche, à cause de la crainte du courroux de la population. La population a décidé même de ne plus vendre de la nourriture à cette famille. Mon cœur porte actuellement une charge insupportable. Que faire pour que : ne laisser personne dernière ne soit pas une source aussi d'insécurité pour l'autre ?

Que me conseillez-vous face à cette situation?

Suite du compte rendu de la visite au centre E'Kabana le 22 octobre 2017: en pièce jointe avec photos.

Description de l'événement

Programme de la célébration de la journée du 17 Octobre. Célébration en trois temps :

1. Premier temps : du 01 octobre au 17 Octobre :
campagne radio diffusée « spéciale 17 Octobre ».

Passation des émissions radiodiffusées aux différentes chaînes de radio et télévision sur la journée du 17 Octobre. Radio RFI, Radio Okapi, Radio RTNC/Bukavu, Radio Maendeleo, Radio Neno la Uzima…

2. Deuxième temps le 13 Octobre 2017 à Bandari.

Programme de la journée.

De 13h à 13h 30 : Arrivée, accueil, mot d’ouverture et Mise en place des invités.
De 13h30 à 14h00 : Introduction sur la Journée du 17 Octobre : Origine, Historique, thème de l’année.
De 14h30 à 15h00 : Thème «Fiers de lutter ensemble contre la misère pour que chacun trouve sa place». Présentation des familles solidaires et leur expérience: témoignages des personnes + projection du film « la solidarité et la fraternité mettent les gens débout ».
De 15h00 à 15h15 : Pause.
De 15h15 à 16h 00 : Débat des participants autour des questions :

    - Qu’avons-nous retenu/appris d’interpellateur dans l’expérience des familles solidaires qui favorise la création d’une société pacifique et inclusive dans nos communautés?

     - Dans un contexte de Bukavu comment peut-on bâtir une société pacifique et inclusive basée sur le partenariat avec les plus pauvres ?

     - Que faire ensemble pour que l’expérience de tous (y compris celle des personnes en situation d’extrême pauvreté) puisse intégrer la connaissance scientifique et autre disciplines de recherche à Bukavu ?

De 16h00 à 16h30 : Signature de l’appel à l’action d’ATD Quart-Monde.
De 16h30 à 17h00 : Cocktail
A 17h :00 fin de la conférence-débat.

3. Troisième temps le 22 Octobre 2017 : Cérémonie festive à la Paroisse de Kadutu.

De 8h à 8h30 : Accueil et Mise en place des invités : agrémenté par les musiques et les chants de la mobilisation 2017 et les chansons des enfants Tapori.
De 8h30 à 9h00 : Restitution des temps forts de la séance du 15 Octobre.
De 9h00 à 9h30 Présentation des chants et des danses des enfants Tapori. Animation par l’artiste Comédien Franga Mbele.
De 9h30 à 10h 00: Présentation de la Journée du 17 Octobre : Origine, historique, thème de l’année.
De 10h 00 à 10h30 : Témoignages des membres des familles solidaires et des jeunes de la dynamique ATD Quart-Monde.
De 10h30 à 11h00 : Mots des invités
- Division des Affaires Sociales,
- Division genre et famille,
- Société civile,
- …
De 11h00 à 12h00 : Présentation des poèmes, des sketchs ainsi que la danse traditionnelle des enfants et celle des familles solidaires.
De 12h00 à 12h15 : Mot de clôture de l’Association des Amis d’ATD Quart-Monde.
De 12h15 à 13h30 : Cocktail et Clôture de la journée.

Bukavu
Congo (Kinshasa)

Uvira - Mardi 17 Octobre 2017 - Célébration avec les enfants réfugiés burundais

Compte-rendu de l'événement

Les enfants et leurs animateurs ont élargi leur natte d’amitié à ceux qui n’ont pas d’amis spécialement les enfants burundais qui sont en refuge à Uvira à cause de la récente guerre qui a secoué leur pays.
Les objectifs poursuivi par les enfants étaient de:
 Rejoindre les enfants burundais dans le camp afin de leur apporter leur amitié.
 Faire changer le regard d'autres personnes sur ces enfants vivant dans la rue à Uvira.

En 2016, la guerre a éclaté au Burundi. Cette situation a provoqué plusieurs déplacements de la population qui fuyaient les atrocités. C'est ainsi que plusieurs burundais, les uns avec leurs familles, les autres non. Plusieurs enfants ont été coupés de leur famille et se retrouvent à   Uvira seuls. Ce sont eux qui sont dans la rue et sillonnent toute la ville entrain de quémander.

Un jour, un enfant du groupe tapori de Mulongwe rencontre un enfant réfugie burundais entrain d'être copieusement frappé par un adulte au motif que cet enfant avait volé un téléphone. Cet tapori étant fâché face à cette scène, a sauté sur cet adulte pour qu'il soit aussi frappé parce que ne pouvant supporter cette  injustice. Lors de leur réunion tapori, il parla à ses amis   de ce tableau vécu, c'est ainsi qu'ils décideront tous ensemble d'aller célébrer avec les enfants burundais la  journée du refus de la misère 2017. Pour les enfants tapori : « nous avons nommé cette journée Construisons une chaîne d'amitié pour la paix parce que les enfants burundais sont sans abris. ils circulent dans les quartiers en train de mendier et sont mal reçus par les gens. Mais, ils sont courageux malgré les injures et la maltraitance qu'ils reçoivent chaque jour ».

Pour se rendre au camp de réfugies, les enfants  devraient avoir l'autorisation de leurs parents. A ce stade, ce n'était pas facile parce que la plus part de  parents ne voulaient pas que leurs enfants se rendent au camp à cause de la réputation de ces enfants burundais à  Uvira. Mais les enfants avaient insisté auprès de leurs parents pour coûte que coûte s'y rendre.

Pour NADIA (12ans tapori Mulongwe) : « Notre message était de donner l’espoir à ces enfants qu'un jour la misère finira grâce à votre courage ».
A l’occasion de cette journée, les enfants tapori avaient exhibé plusieurs jeux pour chercher à bâtir l'amitié entre les enfants tapori et les enfants burundais.

Quelques messages de enfants tapori adressés à la circonstance leurs amis burundais

- NEEMA (10ans tapori Mulongwe) : « vous êtes mes amis. Je vous aime tous. Je vous invite dans notre groupe pour venir jouer avec nous. Dans ma famille, nous  sommes pauvre. Ma mère est une cultivatrice, mes frères ne vont pas à l'école, et moi à l'école ont me traite de vaut rien. Mais notre groupe tapori me considère. »

- Philippe CIRIMWAMI (13 ans Tapori Kalundu) « nous les tapori d'Uvira nous vous invitons à devenir nos amis. Moi je ne vais pas vous injurier ni vous lancer des pierres ».

- Angélique MARTHA (10ans tapori Mulongwe) « je vous invite à venir découvrir chez moi. Ma maman ne va pas vous frapper ni vous faire du mal ».

- François BASHAGE (12 ans Tapori Kalundu) « même si vous n'étudiez pas, moi je vous considère.
Ce qui importe pour moi, c'est l'amitié et la paix ».Après, ses enfants nous ont dit qu'ils sont parfois injurier comme des sorciers, des voleurs et cela parce qu’ils sont pauvres. Ils vivent dans l'injustice, ils n'ont pas un mot à dire dans la société. C’est pourquoi, nous les enfants Tapori, nous avons pris l'initiative de ne pas les abandonner car dit – on, « on ne peut pas aider un pauvre aujourd’hui et l’abandonner demain », nous voulons vivre ensemble dans l'amitié.

SAFI ( 10 ans tapori Kalundu) « Nous sommes dans la joie parce que notre chaîne d'amitié pour lapaix a réussie des nouveaux amis et nous en sommes fiers »

AHADI ( 10 ans tapori Mulongwe): « Je suis fier d’être avec de nouveaux amis. Je n'ai jamais vu des enfants comme vous, même dans mon école. Vous êtes tous nos amis, cela me rend joyeux. J'ai beaucoup d'idées, j'ai maintenant à partager avec les autres dans ma classe car j'aimerais aussi que d'autres enfants qui sont aussi dans le camp et en dehors du camp et qui n'ont pas d'amis puissent venir nous rejoindre dans notre chaîné d'amitié pour la paix ».

Réactions de quelques enfants burundais après les mots d'amitiés tenus par les enfants tapori

- Antoine NGARUKIYE (12 ans) : « merci de votre visite, moi, je n'ai pas de parents ni de frères ici à Uvira. Si vous pouvez m'aider à retrouver mes parents ».

- Jacques GITESI « chaque jour nous sommes injuriés par les mamans qui nous font transporter leurs bagages, et elles ne nous payent pas de fois, vraiment nous souffrons beaucoup. Tapori c'est quoi ? ».

- BIGIRIMANA Olga « au Burundi j'étudiais. Ici je n'étudie pas. Je sillonne la ville pour mendier afin que je trouve à manger le soir. Tous mes parents sont restés au Burundi, nous nous sommes séparés lorsque les balles crépitaient beaucoup. J'ai maintenant besoin de retrouver chez mes parents. Je pense beaucoup à eux ».

A la question de Jacques GITESI sur tapori c'est quoi ? Un enfant tapori a pris la parole pour expliquer.

François RAMAZANI (10 ans tapori Mulongwe) « Tapori, c'est l'amitié, c'est la paix. Tapori c'est le sourire entre nous les enfants, la joie. Tous les jeux que nous avons présenter. Il a été crée par père le Père Joseph Wresinski. Il a 50 ans d'âge. Nous écrivons des lettres aux amis de partout au monde, nous faisons des dessins».

A la fin de cette journée, nous étions tous ravis d’ intégration de 9 enfants réfugiés burundais qui vivent dans la rue et à coté du camp des réfugies de Kanvivira dans notre groupe Tapori Mulongwe Uvira.

Description de l'événement

La journée internationale du refus de la misère à Uvira a été célébrée sous le thème : «Ne laisser
personne en arrière, construisons une chaîne d'amitié pour la paix » Les enfants et leurs animateurs
ont préféré élargir leur natte d’amitié à ceux qui n’ont pas d’amis spécialement les enfants burundais
qui sont en refuge à Uvira à cause de la récente guerre qui a secoué leur pays.

Uvira
Congo (Kinshasa)

Kavumu - Mardi 17 Octobre 2017 - Célébration au centre hospitalier de Karanda

Compte-rendu de l'événement

Les enfants, les jeunes ainsi que certains parents d’enfants tapori à KAVUMU ont décidé de célébrer la journée mondiale du refus de la misère sous le thème « ne laisser personne en arrière : même dans la misère l’homme a toujours des idées ». L’objectif de cette journée était de donner l’espoir et la chaleur aux enfants saisis au sein du centre de santé KARANDA de Kavumu à cause du non payement des frais médicaux, et à leurs parents impuissants qui subissent cette violence de briser les barrières entre les enfants qui en règle avec les frais médicaux et ceux qui n'en sont pas.

Pour lire plus, voir la pièce jointe, avec des photos.

Description de l'événement

Visite aux enfants saisis au sein du centre de santé de Kavumu à cause du non payement des frais médicaux, et à leurs parents.

Kavumu
Congo (Kinshasa)

Port au Prince - Vendredi 20 Octobre 2017 - Rassemblement à LAKOU Don Bosco le vendredi 20 octobre

Compte-rendu de l'événement

Le 20 octobre 2017, un Rassemblement a eu lieu à Lakou Don Bosco

Après un mot d’accueil de Mogène Alionat (au nom d’ATD Quart Monde) et de Jean-Phanel Nicolas (au nom de Lakou), la journée était lancée et chacun des participants pouvait découvrir les différents ateliers :

- l’atelier « Stop pauvreté » permettait de découvrir quelques paroles de différentes personnes à travers le monde qui ont signé l’appel. C’était en même temps l’occasion de se rendre compte que la misère existe dans tous les pays et que partout aussi des personnes disent non.

C’est dans cet atelier aussi que l’on pouvait découvrir le clip de Playing for change « Avec mes deux mains, je peux changer le monde » : une partie est enregistrée en Haïti et en créole haïtien.

Ceux qui le souhaitaient, pouvaient également signer l’appel.

- l’atelier OPC (Office de la Protection du Citoyen) a permis à de nombreuses personnes de découvrir cette institution, quels sont les services qu’elle offre et quand et comment la solliciter.

Chacun a reçu une brochure qui résume cela : certains disaient qu’ils allaient la garder précieusement pour le cas où ils en auraient besoin ou pour pouvoir en parler à quelqu’un qui pourrait en avoir besoin.

- l’atelier « 17 octobre - 30 ans de la dalle » a permis un échange d’idées sur l’objectif de la journée mondiale du refus de la misère, son histoire, avec des témoignages qui montrent combien la misère détruit la vie des hommes.

A la question : Est-ce qu’un jour la misère va finir ? Nous avons comme élément de réponse qu’il faut passer d’une conscience personnelle à une conscience collective.

Une belle petite phrase est ressortie des échanges :  « la force des plus pauvres, c’est la solidarité. » 

- l’atelier LAKOU/LAKAY permettait de découvrir les activités que cette institution mène avec les enfants qui vivent dans la rue : depuis le moment où il les rencontrent dans la rue et toute la route qu’ils font ensuite ensemble. On découvrait des photos de ces enfants en train de chanter, certains se demandaient : est-ce que ces enfants ne gaspillent pas leur talents dans la rue ?

- dans l’atelier sur le Père Joseph, la façon dont il parlait du mot liberté était vraiment intéressant. Il posait une série de conditions pour que chacun puisse vivre libre. Cela nous fait comprendre que si le monde ne donne pas la possibilité à une personne de vivre comme tout le monde, cette personne vit comme un prisonnier libre. C’est ce travail qui relie le travail de JILAP (Justice et Paix) et l’idée du Père Joseph, comme nous le rappelait Jocelyne Colas, directrice de JILAP en Haïti. Elle insistait aussi sur le fait que c’est à chacun de nous, autant les autorités étatiques que chaque citoyen, de prendre conscience que la misère n’est pas fatale.

Nous avons terminé par un temps de rassemblement, avec des chants (des familles ATD Quart Monde, des enfants de Lakou, de Jean-François Gay), des prises de parole diverses.

Description de l'événement

Rassemblement à  LAKOU Don Bosco le vendredi 20 octobre.

Il y aura cinq stands à visiter et dans lesquels nous voulons créer une dynamique d'échange :

- Sur le Père Joseph (avec l'année du centenaire) [Jocelyne Colas y participera en présentant sa contribution au livre, c'est aussi une façon de faire connaître celui-ci],

- Histoire du 17 octobre, Journée Internationale pour l'élimination de la pauvreté,

- Appel à l'Action et mobilisation 2017,

- Stand pour l'Office de la Protection du Citoyen (O.P.C.)

- Espace LAKOU / LAKAY (projet Don Bosco).

Cela se terminera par un temps tous ensemble.

Port au Prince
Haïti

Quaregnon - Samedi 14 Octobre 2017 - Inauguration d'une stèle commémorative

Compte-rendu de l'événement

Nous y sommes, c'est pour le samedi 14 octobre 2017 qu'avait été prise la décision d'inaugurer une stèle sur la Grand Place de Quaregnon à 11 heures. Après une année de rencontres, de réflexions, de dialogues, d'interrogations et de détails de dernière minute. Nous y sommes, l'entente entre les représentants des Communautés Chrétiennes de Quaregnon-Wasmuel: Armée du Salut, Eglise Protestante Unie de Belgique, Eglise Catholique et l'Administration Communale de Quaregnon s'est passée dans la sérénité et l'humilité.

Onze heures, la chorale Saint Paul de Mons chante deux chants. Le Bourgmestre Jean-Pierre Lepine, accompagné du Collège communal au complet, prend la parole. Pendant ce moment nous avons eu la surprise de l'arrivée du Bourgmestre de Mons, monsieur Elio Di Rupo. La parole lui sera donnée et il reconnaîtra que les communautés chrétiennes sont très actives dans le domaine des pauvretés et que lui même a connu la pauvreté dans son enfance.

Dans son discours, monsieur le Bourgmestre a insisté sur : On ne peut vaincre la misère qu'avec les premiers concernés. La misère peur être combattue et vaincue comme l'ont été l'esclavage et l'apartheid. La misère est une violation des droits humains fondamentaux.

Le dévoilement de la stèle a été fait par madame Véronique Bonjean, échevine des fêtes et de la solidarité, et par madame Christiane Baton, militante depuis 22 ans d'ATD Quart Monde.
Pendant le dévoilement, deux élèves d'art dramatique de l'Académie de Musique, ont déclamés avec splendeur les strophes proclamées par le père Joseph Wresinski le 17 octobre 1987 à la place des droits de l'homme à Paris.

Voici le témoignage d'une militante, depuis 22 ans, du mouvement ATD Quart Monde

« Cette année, est une année importante dans la lutte contre la misère car le père Joseph Wresinski est né il y a 100 ans, en février 1917 à Angers dans une famille très pauvre.

Il y a 30 ans fut posée la première Dalle à Paris en octobre 1987 à la place des droits de l'homme. Lors de cette inauguration, une femme très pauvre de Pâturage disait à son fils : tu vois fiston, on est chez nous ici, c'est notre famille ici avec le monde entier, on est enfin reconnu. Cette Dalle a été reproduite depuis un peu partout dans le monde et 30 ans plus tard c'est ici à Quaregnon que nous inaugurons cette stèle.

Il y a deux ans, les autorités communales nous ont permis de projeter le film "Joseph l'insoumis" à la salle Allard l'Olivier. A la fin du film, madame Christiane B., ici présente, a dit au Bourgmestre qu'elle connaît bien : "M'biau, tu vas nous mettr één dalle sul plache de Quaregnon". Et le Bourgmestre a répondu sans hésiter: "Pourquoi pas ". Merci monsieur le Bourgmestre, nous pouvons dire aujourd'hui, ici c'est chez nous, nous sommes en famille car ici nous pourrons prendre la parole. C'est ça aussi le 17 octobre, que les pauvres prennent la parole.

Il arrive que souvent dans les médias l'on nous traite comme des assistés et cela nous fait mal. Lorsque l'on nous fait confiance et que l'on est bien entouré, nous pouvons démontrer que nous avons aussi une intelligence et une expérience de la pauvreté qui peut servir à mieux faire reculer la misère.

Changer la société, lutter contre les inégalités et s’ouvrir à des manières de penser différentes, pas simple…
Mais on a une trop bonne idée ! Et si on vous démontrait qu’une société plus juste, ça se construit avec tous, et surtout avec les personnes les plus exclues ? Face aux violences de la pauvreté, les personnes qui la vivent développent des formes de résistance. Que ce soit au sujet des inégalités sociales, de l’éducation ou du climat, leurs voix sont indispensables pour penser le monde de demain. Et vous, c’est quoi vos bonnes idées ? Quoi? Merci. »

Nous avons clôturé cette inauguration en remerciant l'Administration Communale d'avoir autorisé la commémoration du 17 octobre depuis cinq ans, un grand merci à la population car c'est en se rassemblant, pauvres et non pauvres que nous pouvons échanger nos savoirs. Un grand merci au groupe local ATD Quart Monde qui depuis 22 ans réfléchit humblement, dans la simplicité et sans faire de bruit, pour proposer des solutions afin que la misère soit refusée.

Nous y sommes, mais est-ce que le refus de la misère continue ? Oui, il continue avec ses obstacles, ses échecs, ses tristesses, ses impuissances, ses incompréhensions mais aussi avec ses joies, ses espoirs et ses très petites victoires. L'aide individuelle pour soulager les pauvretés est très importante mais si on oublie la lutte collective pour proposer des lois, il manque une dimension qui est prioritaire.

Je termine cet article par la fin du livre du père Joseph Wresinski: "Les pauvres, rencontre du vrai Dieu": "Seul l’homme peut aimer l'homme. C'est cela que les plus pauvres m'ont appris. J'ai eu la chance de les connaître dès mon plus jeune âge. La chance aussi d'avoir subi beaucoup d'échecs, ce qui m'a détourné de la tentation de me croire quelqu'un, de jouer à être quelqu'un. Le Christ n'a pas monté une comédie devant les misérables et nous-mêmes nous ne le pouvons pas. Les familles du Quart Monde ont un flair infaillibles pour la sincérité. Elles ne se font pas connaître à celui qui fait semblant. Par contre, celui qui est devant elles en toute simplicité, avance de douleur en douleur, mais aussi de surprises en émerveillement".

Mr. Antonio Miceli, Octobre 2017

Description de l'événement

Au programme :

Inauguration d'une stèle commémorative, suivie d'un moment convivial avec verre de l'amitié, chorales et ensembles instrumentaux

(Chorale de l'Académie de Musique de Quaregnon, Ensemble Instrumental de l'Armée du Salut, Royale Philharmonie de Quaregnon)

Renseignements pratiques :

Inauguration sur la Grand-Place de Quaregnon à 11:00.

Les moments qui suivent se déroulent à l'espace Léon Delvallée (rue Modeste Derbaix, 7390 Quaregnon).

Rue Modeste Derbaix Espace Léon Delvallée
Quaregnon
Belgique