Deux jours de célébrations à Antananarivo

Dans le cadre de la célébration du 70 ème anniversaire de la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ATD Quart-Monde Madagascar a préparé la commémoration du 17 octobre 2018 avec de nombreuses ONG et associations œuvrant pour le respect des droits de l’homme. Cet événement était placé sous le haut patronage de M. Christian NTSAY, Premier Ministre.

Cette année, la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté a été célébrée durant deux jours, le 17 et le 18 octobre sur le parvis de l’hôtel de ville de Antananarivo.

Pour ouvrir ce temps de fête, la représentante de Madame la Maire a prononcé un discours d’accueil, souhaitant la bienvenue aux quelques centaines de personnes présentes.

Plus de quatre cents personnes sont en effet présentes pour ce temps de commémoration, parmi lesquelles de nombreuses familles venues d’Andramiarana et d’Antohomadinika, deux quartiers dans lesquels ATD Quart Monde est présent depuis de nombreuses années et mènent des actions en faveur de l’accès des parents et des enfants aux droits de tous.
Parmi les autres participants, on peut citer les  nombreuses délégations d’ONG et autres partenaires d’ATD Quart Monde et notamment :
• la CNIDH (Commission Nationale Indépendante des Droits de l’homme),
• le CDA, Conseil de Développement d’Andohatapenaka, engagé dans l'amélioration des conditions de vie des habitants de six quartiers défavorisés d'Antananarivo,
• l’ONG HAFA, spécialisée en accueil préscolaire et en alphabétisation,
• la PFSCE, Plate Forme de la Société Civile pour l’Enfance, collectif de trente associations malgaches ou internationales,
• la congrégation FMA, engagée dans l’éducation et la formation professionnelle,
• Don Bosco, centré sur la formation d’enseignants et d’animateurs,
• l’ONG MANDA qui prend en charge plus de 300 enfants des rues à Antananarivo,
• le BUCAS, Bureau de coordination des Actions Sociales, qui vise la promotion de la dignité humaine,
• Trait d’Union (CLIC), qui fournit des milliers de livres en français à 25 bibliothèques,
• ACAT-Mada, ONG des droits de l’homme, luttant en particulier contre la torture et la peine de mort,
• la société d’édition Prediff,
• toutes les structures participant à l’animation du Festival des arts et des savoirs,
• ...

Vient le temps de partage d’expériences sur le thème de la journée, pendant lequel quatre témoignages vont se succéder.

Après le temps de partage d’expériences très fort, les enfants de l’association ManaoDE ont réjoui les participants par un beau spectacle de danse.

Enfin la matinée a été clôturée par deux temps de danse :
• des enfants des bibliothèques de rue animées par ATD Quart Monde avaient préparé une chorégraphie inspirée par le respect de trois droits fondamentaux : le droit à une alimentation saine, le droit à une identité et le droit à l’éducation,
• des adultes venant des quartiers d’Andramiarana et d’Antohomadinika ont réalisé une danse traditionnelle malgache.

FORUM SUR L’ÉDUCATION

Dans l’après midi, il y a eu deux heures de partage sur l’éducation avec les parents suite à leur demande de pouvoir réfléchir ensemble sur des questions relatives à l’éducation Le général Désiré RAMAKAVELO qui est un  personnage reconnu de tous pour son implication effective dans le domaine de l’éducation des citoyens est venu pour partager son expérience. L’assemblée était très contente de ce temps de rencontre, tous ont dit avoir appris beaucoup des choses.

Parmi les questions posées, on peut citer :
comment faire avec des enfants qui se comportent mal ?
comment gagner la confiance de ses enfants ?
comment faire face au manque de moyens matériels pour scolariser ses enfants ?

FESTIVAL DES ARTS ET DES SAVOIRS

En cette année du 70 ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ATD Madagascar a souhaité marquer la Journée Mondiale du Refus de la Misère de manière exceptionnelle, en organisant sur deux demi-journées un Festival des arts et des savoirs auquel ont participé plus de 600 personnes.

Les objectifs de ce festival étaient multiples :
• permettre la rencontre entre des personnes issues de milieux très différents, leur offrir l’opportunité de découvrir le plaisir d’apprendre ensemble,
• affirmer l’importance de la culture et de la création artistique pour tous, indépendamment de l’origine sociale,
• démontrer la capacité de personnes vivant en grande pauvreté à oser créer, inventer, transmettre leurs savoir-faire à d’autres, adultes et enfants.

Ce festival a pu être organisé grâce à la participation de citoyens engagés dans la lutte contre la pauvreté, de personnes elles-mêmes très pauvres, d’artisans et de partenaires, dont principalement:
• le centre social Arrupe de la Congrégation des Jésuites de Madagascar, très engagé dans l’éducation et la formation,
• ENDA, une association qui intervient notamment dans les domaines de l’assainissement, de l’éducation/formation, et de l’habitat,
• l’association ManaoDE, engagée dans la promotion et
l’application de la Convention des droits de l’enfant,
• BMV, une association regroupant cinq bibliothèques dAntohomadinika,
• l’association Vanona,
• Graines de bitume, ou comment rendre viables les projets des enfants des rues, en respectant leurs droits,
• ...

Quelques points forts de ce festival :
• plusieurs ateliers ont été animés par des personnes très pauvres vivant dans les quartiers d’Anthomadinika et d’Andramiarana ; elles étaient très fières de montrer leur savoir-faire, d’être vues comme ayant quelque chose à transmettre, sachant communiquer ; certaines d’entre elles, d’ordinaire très réservées, parlaient facilement, paraissaient épanouies...
• ces temps de création ensemble ont permis une rencontre (un début de changement de regard ?) entre des personnes issues de milieux différents, qui s’ignorent et souvent se craignent...
• cette animation sur la place de l’Hôtel de Ville a permis une ouverture vers la société, les autorités locales, permettant aux personnes très pauvres de se reconnaître comme habitantes de cette capitale,
• de nombreux médias (TV, radios, journaux) se sont montrés intéressés, cherchant à avoir une autre vision de la pauvreté que celle des politiques.

En conclusion...
Un hommage particulier doit être rendu aux familles des quartiers d’Andramiarana et d’Antohomadinika qui sont venues nombreuses durant ces deux jours. Pour le 18 octobre, quelques familles d’Andramiarana n’ont pas pu venir car la démolition des maisons de 19 familles, suite aux travaux de construction d’une route, a commencé ce jour là.

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