CONSULTATION: propositions de thème 17 octobre 2018

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Un brainstorming a eu lieu à New York pour élaborer des propositions de thèmes pour la célébration du 17 octobre 2018. Le groupe de travail informel a convenu de proposer les thèmes suivants pour examen et consultation supplémentaires:

1. Assurer que les droits de l'homme soient effectifs pour tous: faire face ensemble au défi d’atteindre les plus exclus.

2. S’unir avec les plus exclus pour construire un monde où les droits de l’homme et la dignité seront universellement respectés.

Note sur les thèmes

Ces deux propositions reflètent le fait que 2018 marquera le 70ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) qui sera observé à l'ONU et dans le monde. La défense des droits de l'homme étant au cœur de la célébration du 17 octobre, il est important que le thème de 2018 renforce et souligne les liens entre la Journée et la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Les thèmes proposés soulignent l'urgence d’assurer que personne ne soit laissé de côté dans tous les efforts visant à mettre fin à la pauvreté et de défendre les droits de l'homme et la dignité des personnes vivant dans la pauvreté. Par conséquent, les thèmes proposés soulignent la nécessité d'atteindre et d'inclure ceux qui sont «les plus exclus».

Les thèmes proposés n'ont pas inclus explicitement la question des personnes réfugiées et migrantes, mais l'intention est que ces préoccupations soient intégrées dans la note explicative qui accompagne le thème finalement choisi.

Deux questions:

-Avec quelle proposition vous sentez-vous le plus à l’aise ?
-Font-elles écho à ce que vous vivez avec les personnes que vous rencontrez, avec qui vous êtes engagés ? Si oui, avez-vous des exemples ou des situations qui illustrent l'une ou l'autre de ces propositions?

Nous serons heureux de soumettre vos avis et commentaires au groupe de travail. Cela l’aidera dans le dialogue avec l’ONU, qui décidera alors de l'intitulé du thème retenu pour l'année 2018.

13 commentaires pour cette discussion

De Annette R., alliée ATD Quart Monde; commémore le 17 octobre depuis de nombreuses années avec des partenaires, Allemagne

Pour les thèmes, je suis d'accord qu'ils doivent tourner autour des "droits de l'homme" et des "plus exclus".
Je remarque que "les plus exclus" est une expression en passif. Ce qui me gêne un peu c'est que les deux thèmes laissent les plus exclus dans un rôle plutôt passif, car ce sont les autres qui s'encouragent à les atteindre ou à s'unir avec eux.

Voilà mes essais :
"Les droits de l'homme - clé(s) dans les mains des plus exclus."
"Les droits de l'homme - défi de s'unir au lieu d'exclure"
"Les droits de l'homme dans les mains des plus exclus - défi de s'unir avec eux au lieu d'exclure"

De Justin B., allié ATD Quart Monde, et membre du Comité international 17 octobre, République Démocratique du Congo

Selon moi, le 2ème thème reflète aussi bien le lien avec l’appel du Père Joseph à s’unir pour faire respecter les droits de l’homme. S’unir avec les plus exclus peut être compris aussi comme le fait de rejoindre les personnes les plus pauvres dans leurs efforts quotidiens du refus de la misère en vue de faire route ensemble en tenant compte de l’intelligence de tous. C’est devenir comme les enfants tapori qui inventent différentes façons pour devenir « les amis des sans amis ».  

Ce qui a même été au cœur de la célébration du 17 octobre 2017 à Bukavu : « aller vers les plus pauvres ».  Ce qu’expliquent les paroles de madame Louise, une militante et membre des familles solidaires en RDC, lors de la même célébration : « d’autres personnes pensent que les pauvres ne peuvent rien contribuer dans la construction de la paix et d’un monde juste. Mais, en réalité, nous pauvres avons l’intelligence, on a tellement des choses à apprendre aux autres. Quand je dis les autres, c’est les autorités, les enseignants, les étudiants, les parents,… On ne peut jamais prétendre combattre quelque chose qu’on ne connait pas ». Beaucoup d’autres personnes dans le monde sont comme les enfants tapori et madame Louise mais elles manquent d’espace et d’occasion pour libérer leurs pensées, pour créer la paix et l’amitié qui contribue au développement de tout homme et de tout l’homme. D’où, il faut aller vers elles.

Je trouve aussi important que la note explicative comprenne les aspects des migrants et des réfugiés car il existe un lien fort entre ces deux situations et la misère.  Selon moi, c’est à la suite du désespoir créé par la misère que des personnes et des familles entières se décident de migrer à la recherche du bien-être. Aussi, c’est quand on manque la paix que l’on devient réfugié. On est obligé de se déplacer d’une région à une autre, d’un pays à un autre. Et l’absence de la paix contribue pour beaucoup à la misère, voire à la violence. Ce qui dénote une fois de plus le non respect des droits de l’homme pour lesquels nous avons le devoir de nous unir avec les plus oubliés pour les faire respecter.  
Dans le cadre de l’immigration, je vois des familles vendre leurs biens (parcelles, maisons, voitures,…) pour envoyer un membre de la famille (souvent jeune) en Europe, aux USA,… dans l’espoir que une fois arrivé, celui-ci pourra leur envoyer beaucoup d’argent en vue d’acquérir des biens de valeur ou plus tard faciliter l’immigration d’autres membres de famille vers l’étranger.

Des jeunes interrompent les études dans l’espoir qu’ils pourront facilement étudier dans leur pays d’accueil et attraper un bon emploi. Mais, de tous ceux qui tentent, du moins pour ceux que j’ai connus, trop peu ont réussi en prenant un tel risque. Soit ils n’arrivent pas à destination  tel que pensé au départ, et retourner en famille, il y a une honte à le faire parce qu’ils évitent le regard et les critiques de l’entourage. Des jeunes que je connais vivent ainsi dans des camps de réfugiés ou loue une maison dans un pays voisin pour attendre que la chance de partir leur sourie. Là souvent, c’est la famille restée qui se débat pour envoyer de l’argent pour leur assurer la survie.

A cause des guerres et des conflits, des villages, des territoires entiers se vident de leurs populations à la recherche de la paix. Des personnes abandonnent tout : maisons, champs,…  Elles sont dépouillées de tous leurs biens, de tout leur espoir. Même si j’ignore comment ça se passe dans toutes les régions du monde, mais les souffrances consécutives à tous ces déplacements, qu’ils soient internes ou externes, ce que des personnes perdent, leur richesse, leur dignité et pire encore, leur vie. Réfugiées, ces personnes restent esclaves des aides humanitaires. « Immigration et refuge appauvrissent des personnes dans  la plupart des cas ».

Une question par rapport à « s’unir avec les plus oubliés … » : « Comment nous organisons-nous pour atteindre les personnes les plus oubliées et prendre en compte leur pensée ? ». Cette question me semble importante, et pour nous membres d’ATD Quart Monde et pour tous les autres acteurs (ONU,…) qui contribuent à la lutte contre la misère.

De l'équipe ATD Quart Monde Madrid

La première proposition: nous l'aimons beaucoup au niveau de l'Espagne, du point de vue de la garantie de choses concrètes, parce qu'il est très bon d'aller ensemble, mais si nous ne garantissons pas que les droits soient respectés, nous perdons beaucoup de personnes en chemin.

La seconde proposition: nous l'aimons beaucoup en tant qu'ATD, la notion de nous unir dans une lutte commune sans laisser personne derrière nous.

De Azzedine. D et Manal. L d'Algérie

Bonjour,

Notre choix du thème porte sur : 

S’unir avec les plus exclus pour construire un monde où les droits de l’homme et la dignité seront universellement respectés,

Qui correspond à la situation des migrants subsahariens en Algérie. Les communautés subsahariennes migrantes, il y en a par milliers en Afrique du nord en général et en Algérie en particulier, et continuent d'y être victimes de mépris, de discriminations/exclusions, du racisme et parfois même d’agressions.

Leur alimentation est souvent insuffisante et inadaptée à leur régime alimentaire habituel. Elles vivent le manque d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à des moyens d’assainissement....... etc

De Chantal E., membre de l’Association des Amis d’ATD Quart Monde Cameroun

J'ai lu plusieurs fois les 2 thèmes proposés. Je les ai trouvés formidables car ils font ressortir la préoccupation pour les démunis et attirent notre attention sur les plus exclus, mais personnellement, ce qui n'est pas évident pour moi c'est l'expression DROITS de L'HOMME. Non pas que ce ne soit pas important, mais les sociétés se sentent interpelées de façons variées et les démunis que nous côtoyons chez nous pensent que ce sont des termes qui risquent de leur attirer des ennuis, car ils ont déjà du mal à survivre et n'ont pas du tout l'intention d'attirer l'attention des gouvernants sur tout ce qui ferait penser à un reproche à lui dirigé.

Nous sommes bien loin des revendications élémentaires que nous observons lorsque nous allons vers les plus exclus, car c'est très souvent des personnes qui veulent apprendre à lire, inscrire des enfants à l'école, ou se faire aider pour rédiger une demande pour un projet d'adduction d'eau potable. La liste des besoins est longue, le travail de proximité aussi, tellement il y a des attentes. Mais, au fond que savent ils des droits de l'homme ? Leur problème étant d'échapper à la famine et à la maladie.

Merci. Portez-vous bien.

De Benoît et Véronique R., ATD Quart Monde, Bulgarie

Nous sommes d'accord sur l'importance d'inscrire le thème de la journée dans le cadre du 70ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l'homme. Cependant, se réunir autour les droits de l'homme dans des pays du sud-est de l'Europe n'est pas si facile. Certaines personnes n'y croient pas, mais surtout la vie quotidienne des personnes et familles très pauvres est très loin de rendre possible de se battre pour des droits, même si certaines le demandent. Il est question de chercher de quoi sera fait la journée d'aujourd'hui.

Il est des sujets qui mobilisent beaucoup de monde et qui donne l'espoir qu'un autre monde est possible. C'est quand on parle d'écologie, d'une terre en bonne santé où les habitants sont respectés, et de sociétés libérées de la corruption et de la manipulation qui empêchent un accès réel aux droits pour chaque personne. Ce serait intéressant que ces points apparaissent dans l'argumentaire.

C'est pourquoi nous préférons le thème 2 : il nous semble essentiel et possible de rappeler que nous voulons nous "unir avec les plus exclus pour construire un monde" où droits et dignité sont respectés. Cette deuxième formulation nous met en action, tandis que la première ressemble plus à un appel.
De même, rappeler l'universalité des droits pour tous les êtres humains est un enjeu important. Cela demande de lutter contre les discriminations que subissent quotidiennement des personnes et familles à cause de la pauvreté et de la misère qu'elles vivent.

Du groupe ATD Quart Monde "Accès aux Droits Fondamentaux", Rennes, France

Pour nous, les deux propositions sont jointes : si on ne va pas chercher les exclus, on ne pourra pas s’unir avec eux pour que cela change. De ce fait, nous avons choisi la première.

Situations qui illustrent :

-Dans notre grand ensemble, de nombreux appartements ont beaucoup d’humidité. Les traces de moisissures apparaissent très rapidement sur des appartements refaits à neuf. Le bailleur social ne fait rien, dit qu’il faut aérer…… mais cela ne suffit pas. Les gens qui protestent individuellement ne sont pas reçus.
Il existe une association, "Si on s’alliait", et alors, on fait du porte à porte deux par deux, on fait des enquêtes auprès de tous les habitants de ces appartements pour savoir s’ils ont eux aussi des traces d’humidité et on fait signer une pétition, pour faire pression sur le bailleur.

-Dans un appartement, un locataire fait du trafic de drogue : d’où des allées et venues continuelles dans l’escalier ; c’est tous les soirs, le ramdam auquel s’ajoutent des incivilités, des menaces pour ceux qui protestent. Le bailleur a été appelé six fois jusqu’à présent, mais il ne faisait rien.
Une pétition a recueilli 9 signatures. Le bailleur semble enfin vouloir engager une procédure pour trouble de voisinage et a demandé aux locataires de lui fournir une attestation pour appuyer sa demande.
 

Notre comité 17 octobre s'est réuni ce mercredi 28 février. Sans en faire un vote, sur les huit (8) personnes présentes, 5 sont plus à l'aise avec la 2e proposition, 2 trouvent dans les deux propositions les mots clés qui leur tiennent à coeur et 1 a joué le jeu de défendre la 1ère proposition.

Nous exprimons ici, ce qui nous met à l'aise, et nos préférences. Les verbes "s'unir" et "construire" nous plaisent, car ils évoquent l'inclusion et la participation des plus pauvres. Ils sont aussi actifs, ils produisent une image, nous voyons une action, une mise en chantier. La première proposition nous donne l'effet d'être deux thèmes en un, à cause des ":". Aussi, en disant "atteindre les plus pauvres", nous ressentons qu'ils sont à part, comme s'il y a deux groupes, les plus pauvres et les participants à la Journée Mondiale du refus de la misère. De plus, "faire face au défi" nous met debout, mais cela ne nous dit pas que nous bougeons.

En soi, nous avons convenu, qu'il n'y a pas un bon et un mauvais thème. Nous sommes très heureux que les Droits Humains (Droits de l'homme) soient au coeur du prochain 17 octobre.

À partir de là, nous avons commencé à travailler à une formulation du thème en langues sénégalaises. Les jeunes en discuterons entre eux, nous en discuterons lors des réunions mensuelles. Le comité 17 octobre rassemblera les réactions lors de sa prochaine réunion. Nous vous reviendrons alors.

De l'association SEEPAT (Sauvons l'Environnement, l'Eau Potable et l'Assainissement pour Tous"), Burkina Faso

Comme vous le savez, notre organisation est engagée dans le combat pour le respect de la dignité humaine. La chose la plus fondamentale pour chaque être humain qui vit sur cette terre, c’est sa dignité !

Tout ce qui doit être fait pour respecter la dignité humaine est salutaire. C’est la raison pour laquelle, nous nous sommes engagés à refuser la misère en donnant aux plus pauvres de quoi vivre dignement, c’est-à-dire de l’eau potable et un assainissement adéquat.

Face à ces nombreux défis auxquels nous devrons faire face et selon notre expérience à travers notre engagement dans le combat pour le respect de la dignité humaine, nous pensons que la deuxième thématique, à savoir « S’unir avec les plus exclus pour construire un monde où les droits de l’homme et la dignité seront universellement respectés » cadre au mieux avec nos objectifs communs du refus de la misère.

S’unir avec les plus exclus parce que nous avons les mêmes droits fondamentaux et il faudra « briser » la barrière entre riches et pauvres, c’est de cette façon que nous pourrons construire un monde où les droits de l’homme et la dignité seront universellement respectés.

Cette thématique s’inscrit également dans notre approche qui est d’aller vers les personnes les plus exclues, de discuter avec elles autour de leurs préoccupations et de trouver des solutions auxquelles elles prennent part à leur façon.

Pour terminer, sachez ceci : « Notre pays a beau avoir de l’or, du pétrole et du diamant, si nous ne sommes pas solidaires, cela ne sert à rien, la solidarité est la plus grande de toutes les richesses du monde».

Fait à Bobo-Dioulasso, le 07 février 2018

De Benjamin K, Association "Vision Paysanne pour le Développement", République Démocratique du Congo

J'apprécie bien les thèmes mais je propose:

"Appuyer les initiatives entrepreneuriales des plus exclus dans le milieu post conflit armé, pour la promotion des droits de l'homme et la liberté pour tous."