« C'est la misère même qui est une violence. Si la misère s'arrête, la paix prend la place. »

discussionLes personnes très pauvres continuent d'être considérées avant tout comme celles qui commettent des violences contre lesquelles la société doit se protéger : par exemple, les autorités mettent  en place  des lois pour poursuivre ceux qui mendient, ceux qui vivent dans la rue et expulser ceux qui vivent sur des terrains sans en avoir formellement le droit. Ces personnes font ainsi l'objet d'une véritable discrimination à cause de leur pauvreté.

A travers cette nouvelle discussion nous voudrions échanger sur cette violence vécue par les personnes en situation d’extrême pauvreté et comprendre leur rôle, aux côtés d’autres acteurs, pour bâtir la paix.

En quoi la misère est une violence?

Que considérez-vous comme le plus violent dans la misère, dans ce que vous ou d'autres vivent et dont vous êtes témoin?
Comment essayez-vous, seul ou ensemble de résister à la violence de la misère?

A quelle paix aspirons-nous?

Pour vous, que veulent dire les mots « la paix », avoir « la paix » ou ne pas avoir « la paix »?
A quelle paix voulez-vous contribuer pour votre famille et les autres?

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Vous pouvez lire tous les commentaires écrits dans ce Forum et les conclusions de ce travail réalisé par le Mouvement ATD Quart Monde en cliquant sur le lien suivant.

11 commentaires pour cette discussion

Bonjour Sylvain BRAVO pour cette excellente initiative ! Nous baignons dans un tel climat de violence (même en France, où 10% des femmes sont battues par leur conjoint ..., où plus de plus de 5 millions de personnes ne disposent pas de suffisamment de ressources ..) que toute action en faveur de la Paix est utile .

Depuis plus de 60 ans (j'en ai 79..) que j'essaie de comprendre pourquoi il existe tant d'injustices, tant de violences, après avoir pas mal lu, dialogué, agi aussi, j'en arrive aux conclusions suivantes:

a) les être humains sont tellement conditionnés par les "décideurs", qui dominent les médias, les enseignements à dispenser aux jeunes, etc... que très peu de personnes croient aux chances de la Paix dans la Justice ... et l'individualisme augmente toujours plus ....

b) ce n'est que lorsqu'une catastrophe naturelle ou une agression très meurtrière surviennent que certaines personnes interviennent bénévolement pour proposer leur aide ou alors lorsqu'une personne très très motivée entraîne d'autres personnes pendant plusieurs années dans des actions de solidarité ( Raoul Follereau, abbé Pierre par exemple ..) ou de protection de la Nature (comme Wangari Maathai ...kényane prix Nobel de la Paix 2004 ..) que petit à petit toujours plus de personnes sortent de leur "cocon" ( familial entr'autres) pour commencer de s'intéresser aux autres ...

C'est pourquoi à plusieurs ami(e)s d'horizons divers, nous avons créé une association loi 1901 : "Les Amis de Wangari Maathai et des Bâtisseurs de Paix non-violents" pour contribuer à faire davantage connaitre tant de ces personnes valeureuses si peu connues, et donc si peu imitées . Voir www.pari47.com puis "Relations Humaines" Merci de nous donner votre avis, vos conseils Amike (amicalement en langue internationale) Emile Mas, France

La Misère, c'est l'état où une personne se sent " DEPOUVU DE........", de la nourriture, des habits, de la voiture, de frais scolaire, des chaussures , de moyen de se défendre, d'emplois, de bonne rémunération(salaire insatisfaisante),manque de bonne considération, toujours humilier....UNE VIE D'AMERTUMES, VIE SOMBRE OU TOUT EST NOIR. LA MISERE PEUT ETRE IMPOSER, par le manque d'amour des patrons qui paient mal les travailleurs......., par le manque d'amour de gouvernants qui accumulent les richesses sans se soucier des fonctionnaires et de la population rurale et urbaine, .......par la pratique des mauvaise œuvres des sorciers, des assassins, ETC................. LA MISERE COMME CONSEQUENCE, ..........Pour certains, misère issue de la paresse, de la me gestion, du gaspillage, du l'irresponsabilité, ivrognerie, de la négligence aux études............................. Pour qu'il y ait la PAIX, nous devrons REFUSER LA MISERE ET COMMENCER A AVOIR BESOIN DE VIVRE AUTREMENT POUR UN MEILEUR AVENIR............AINSI C'EST TOUJOURS SUR LE SUPPORT DE L’AMOUR........AIMER SA VIE.....AIMER SON PAYS. MOI............... POUR LE DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE........... COMPTER AUSSI A L’AUTRE……..SANS LUI RIEN DE BON, AINSI MOI ………..ET LUI……………POUR LE PROGRES DE NOTRE NATION……., avec cette façon de réflexion, il y aura la possibilité de vivre en PAIX et de VAINCRE LA MISERE. 1) L’Elément le plus violent de la misère, diffère d’un pays à l’autre, mais dans ma nation, ce que je peux souligner, c’est LE MANQUE D’AMOUR Qui peut plaire à quelqu’un sans l’Amour ??? -Les Riches ont peur des vulnérables (sorciers, assassins, enfants de la rue etc.….) - Les vulnérables sont jaloux des riches ……… Sans Amour, on a peur de l’autre, pas confiance de l’autre, pas de COLLABORATION, d’où c’est le BLOCAGE total, et c’est la Naissance de la misère. 2) Pour Résister à la violence, c’est l’Amour Seul, dans la bible, en 1Corinthiens 13 :4-7, Ilya beaucoup des leçons qui peuvent nous aider à vaincre la violence de la misère et à vivre LA PAIX oui LA VRAIE PAIX. N.B.- à mes frères et sœurs des pays développés, qui vivaient la misère autrefois et maintenant par la grâce de Dieu vous avez réussi à vaincre la misère et vous êtes dans le bassin de la jouissance, je vous en prie d’APPLIQUER LE VRAI AMOUR ENVERS LES PAYS VIVANT DANS LA MISERE. -à mes frères et sœurs des pays plongés dans l’océan de la misère, NON……NON….NON, REFUSONS LA MISERE, APPLIQUONS L’AMOUR POUR VIVRE AUTREMENT, TOUT EN SUIVANT LES TRACES DE NOS PREDECESSEURS(les pays développés). Au jour d’hui dans la misère, mais demain avec la détermination d’au jour d’hui, nous allons sauter demain avec joie et glorifier l’Eternel Dieu, qui veut notre bonheur. AIME – DANIEL NSEVOLO / R.D. - CONGO / KINSHASA

Le Centre Jeunes Kamenge est un lieu de paix à la périphérie de Bujumbura, la capitale du Burundi, un des trois pays les plus pauvres du monde...

Au Centre, nous travaillons avec les jeunes pour les habituer à vivre ensemble à travers des activités spécifiques pour eux, des activités gratuites : théâtre, musique, sport, culture, langues, ordinateurs. Nous travaillons aussi avec quatre projets dans les Quartiers : Alphabétisation, Paix, Associations, Animation SIDA. Nous voulons habituer les gens à vivre en paix malgré les différences d’ethnie, de religion, de nationalité, de parti politique, pauvres et moins pauvres. Nous le faisons à travers des formations, des vidéo forums, des concours, des camps de travail et de formation, 800 activités chaque année, activités qui impliquent et entraînent les écoles, les administrations, les quartiers, les communautés religieuses et les camps militaires... La crise nous a touchés profondément dans les aides et dans les projets sur lesquels nous travaillons,

Nous travaillons pour améliorer le monde. Nous nous engageons seulement pour ça.

Bujumbura, septembre - octobre 2012

Centre Jeunes Kamenge

(voir aussi sur le site " Histoires d'engagements ")

La misère est une violence tout comme la violence est une misère. Ceux qui se font la guerre pensent quelquefois, et bien des fois à tort, qu'ils luttent pour une cause juste. Mais la réalité est qu'ils livrent leurs pays à la misère. La Côte d'Ivoire, mon pays, est aujourd’hui livrée pour avoir connue la guerre. Aujourd'hui, l'urgence nationale est la reconquête de la paix. Le Gouvernement y travaille mais il faut aussi que l'ensemble de la population s'y engage.

Au niveau du groupe d'Actions pour la Réconciliation et la Paix (GARP), voilà quelques semaines que nous avons lancé les VENDREDIS BLANCS POUR LA PAIX EN CÔTE D'IVOIRE. 253 personnes ont participé à la première journée qui a eu lieu le vendredi 24 août dernier. Ensemble, nous nous sommes habillés en blanc, chacun restant bien sûr chez lui ou vaquant à ses occupations. En plus de nos vêtements blancs, nous avons pensé et posé des actes de PAIX. Mais la PAIX n'est pas acquise pour autant. Ce serait d'ailleurs utopique de croire que 253 peuvent à elles seules, et en une seule journée, faire revenir la PAIX en Côte d'Ivoire. Nous devons donc continuer en mobilisant les Ivoiriens à ce joindre à ce mouvement de prise de conscience et d'Amour pour la Patrie.

L'idée est que chaque personne vivant en Côte d'Ivoire ou y ayant des intérêts accepte, pour la PAIX, de s'habiller en blanc chaque VENDREDI. Il ne s'agit pas d'organiser des marches mais plutôt d'apprendre à s'investir dans la recherche de la PAIX. Habillé en blanc selon son goût, chacun vaque librement à ces occupations et essaye de poser une ou des actions de PAIX ce jour-là.

Jour après jour, vendredi après vendredi, ceux qui auront accepté de faire cette expérience qui ne coûte rien, parviendront à VAINCRE la haine pour vivre l’AMOUR et, ainsi, PARDONNER aux autres tous les torts subis de leur part. Ils parviendront surtout à COMPRENDRE qu'ils ont aussi été fautifs et qu'ils doivent ACCEPTER de demander PARDON. La Côte d'Ivoire est un pays de PAIX. Elle doit le rester grâce aux actions communes de ses filles de ses fils. Il est demander à ceux qui ont participé à aux premières journées d'inviter leurs amis, quelles que soient leurs opinions religieuses, politiques ou culturelles, à se joindre au mouvement afin que nous soyons encore plus nombreux a planter les germes de LA PAIX en Côte d'Ivoire. Notons-le bien: Il n'y a pas de démocratie sans PAIX Il n'y a pas de bonne gouvernance sans PAIX Il n'y a pas de droits de l'homme sans PAIX Tout comme il n'y a pas de développement sans PAIX

Sylvain KEAN ZOH

La pire des violences, c'est de ne plus exister pour personne ; c'est d'être tenu pour quantité négligeable par la nature ou par les hommes. La pire des violences c'est que vos moindres efforts soient ridiculisés ou considérés comme dangereux pour les autres, quand ils ne sont pas ignorés purement et simplement.

Si bien qu'une journée pour s'arrêter et se taire, c'est déjà pas mal pour tenter de faire exister les inexistants ou ceux qui pourraient être à charge.

Mais c'est encore mieux si quelques uns  parmi les "inexistants" parviennent à se montrer et à faire savoir ce qu'ils font déjà, pour construire les liens entre les hommes...

Extrait de  MAREM INFOS N° 01 - JANVIER 2012 - Togo

pour plus d'informations sur le MAREM

GESTION DES CONFLITS ET DES VIOLENCES DANS L’ACCOMPAGNEMENT DES ENFANTS EN SITUATION DE RUE

1. Manifestations de la violence

La violence constitue l’une des caractéristiques les plus observables chez les enfants en situation de rue. Elle est présente dans tous les aspects de leur vie quotidienne et peut revêtir plusieurs formes dans la dimension de la relation à autrui mais aussi dans une dimension de relation à soi.

Dans le contact avec l’autre, elle imprègne les modes de communication, qu’ils soient gestuels ou oraux. Il est très fréquent de voir des enfants user de termes tels que « je vais te tuer » ou « je vais te blesser» pour la moindre peccadille entre eux. Il n’est pas rare de les voir se poursuivre le poing en l’air ou avec un objet en main dont l’usage futur laisse à désirer. Même si le passage à l’acte est rarement observable, des rixes surviennent entre les enfants et peuvent s’étendre aux adultes qui vivent dans et de la rue, et qui ont instauré des lois régissant la vie dans ce milieu...

2. Les causes

La violence est un masque, une carapace portée pour survivre face aux différentes menaces ressenties dans l’environnement. Elle permet à la fois de se valoriser aux yeux des autres en forçant l’admiration, le respect et la considération et de cacher certains sentiments tels que la peur qui pourrait être perçue comme un signe de faiblesse. Ce sont parfois les plus violents qui sont les plus respectés. De prime abord, les actes de violence peuvent être perçus comme des comportements appris et acquis par nécessité d’adaptation au milieu, en vue de faire face aux exigences de survie dans la rue...

La violence est également un manteau revêtu pour couvrir les éventuelles frustrations intrapsychiques liées à la fugue, à la situation familiale et à la vie dans la rue. Elle est de ce fait un mode de gestion de conflits intérieurs visant à la protection d’un égo qui s’est difficilement constitué au fil du temps. C’est eu égard à ce qui précède que les enfants en situation de rue doivent bénéficier d’un accompagnement pluridimensionnel tel que celui offert par le Centre EMERA.

3. La violence au centre

La violence des enfants en situation de rue telle que décrite plus haut est parfois transposée au Centre EMERA où les enfants sont accueillis. Au centre, il arrive parfois que les enfants pour résoudre les problèmes entre eux ou pour exprimer un désaccord, commencent par des échanges verbaux agressifs qui peuvent se terminer par un pugilat. Cependant ces incidents sont parfois le fait d’enfants nouvellement arrivés n’ayant pas encore assimilé le code de conduite régissant les attitudes entre les enfants et entre eux et les accompagnants éducatifs. Avec le temps les comportements violents se résorbent car le centre est à la fois un contenant physique et psycho-affectif... C’est à cet effet que les enfants sont nourris, logés, écoutés, et rassurés quant à leur avenir. Ils bénéficient aussi de plusieurs types d’accompagnement leur permettant d’acquérir les aptitudes nécessaires à une résolution des éventuelles crises identitaires liées à l’adolescence et à leur enfance difficile... Malgré tous les préjugés présents dans la conception collective à propos des enfants de la rue, ils nécessitent un soutien qui ne peut venir que d’une société ayant changé de regard à leur endroit, car cette situation est indépendante de leur volonté.

KPEDZROKU Komivi Essinam,  Psychologue Clinicien  du Centre EMERA

Bonjour ,

Pour moi la seule solution pour bâtir la paix est de permettre à chacun de prendre sa vie en main, de penser par lui-même, d'autoriser chacun à être en résonance avec l'humanité. Bref de refuser de penser à la place de l'autre ou de prendre sa place.

"Chaque homme porte en lui la chance de l'humanité" disait J. Wrésisnki, en cela il est porteur de quelque-chose d'unique qu'il est le seul à pouvoir trouver. La société devrait être garante de permettre à tous les citoyens (nes) de trouver cette perle unique qu'ils portent en eux.

Comme le souligne JB de Foucauld :" La démocratie est le régime qui (devrait car ce n'est pas toujours le cas ) permet à la totalité de vivre en relation avec les singularités. Lutter contre nos tendances individualistes et faire l'effort de laisser de la place aux autres permet de redécouvrir le sens de la totalité, y compris sa part de transcendance" . Je rajouterai que pour faire de la place aux autres, il faut d'abord commencer par s'ajuster soi-même, cela veut dire prendre soin de soi avant de vouloir s'occuper des autres.

Cela me semble fondamental si nous souhaitons bâtir une civilisation fondée non sur une compétition énergétique les uns vis à vis des autres mais axée sur une résonnance reliée au cosmos, à l'au-delà qui habite chaque individu et qui en fait un exemplaire unique.

Amitiés, paix à vous , et si je devais refaire la devise républicaine de notre pays, j'y ferai graver le mot bonheur en plus de liberté, égalité, fraternité. Chacun est magnifique, chacun a le droit d'être heureux et d'être fier de ce qu'il est . Bien à vous .

Régis H.

La misère est un corollaire de la richesse que certaines personnes accumulent. Les ressources accumulées ici manquent nécessairement ailleurs. C'est comme en thermodynamique. A chacun de s'interroger pour savoir s'il ne possède pas des choses en trop.

Le problème est que nous valorisons l'accumulation des richesses et cette course effrénée laisse une bonne part de l'humanité sur le carreau et détruit la planète. Ainsi cette accumulation des ressources finit-elle par rendre la terre invivable pour tous, riches ou pauvres. La misère que nous entretenons sur la terre finira par faire exploser la planète.

Voici un extrait de la contribution de Gaston E. Nongué du Cameroun.

Quelques clichés pris au hasard de notre quotidien, rappellent combien la misère que St Thomas définit comme le manque du nécessaire, est facteur de violence.

Le spectacle de ces enfants pieds nus, fouillant les poubelles des grandes villes du pays comme Yaoundé ou Douala, à longueur de journée, à la recherche de débris de ferraille et des bouteilles vides destinées à la vente, pendant que leurs égaux sont à l’école, est affligeant. En ce sens, l’on a démontré, à l’instar du Dr Pierre Strauss, l’appartenance majoritaire des enfants victimes de sévices et de mauvais traitements « à des familles écrasées par les mauvaises conditions de vie …». Autre exemple, il y a quelques temps, les télévisions locales diffusaient des images de personnes désemparées, pleurant devant les ruines de leurs maisons détruites dans la cité capitale: elles n’avaient, semble-t-il, pas le droit de construire à ces endroits. La liste pourrait être allongée à l’infini si l’on considère le phénomène à l’échelle mondiale.

Par le manque du minimum quotidien et de perspective d’avenir qui la caractérisent, la misère, encore appelée extrême pauvreté, affaiblit l’individu qui en est victime.

La marginalisation et les préjugés qui en résultent très souvent au détriment des personnes ainsi diminuées, présentent celles-ci avant tout comme auteurs de violences contre lesquelles la société doit se protéger.

Fort heureusement, pour la communauté internationale, le problème se pose aujourd’hui non plus en termes d’assistance sociale ou de charité, mais en termes d’obligation et de participation active des victimes de la misère à leur relèvement. En effet, pour éradiquer la misère et par extension, la violence qu’elle représente et qu’elle génère, la communauté internationale a aussi adopté une approche fondée sur les droits de l’homme. Cette dernière, il faut le souhaiter, pourrait bientôt être renforcée par l’adoption de Principes directeurs en la matière. Des mesures salutaires et universelles pour garantir juridiquement l’ensemble des droits des personnes extrêmement pauvres...

Vous pouvez aussi télécharger la contribution complète, ici.

Le Mouvement ATD Quart Monde arrive au bout d'une démarche de connaissance-expertise de trois années menée dans les différentes régions du monde. Cette démarche permet de renouveler sa connaissance sur ce que vivent les plus pauvres, en étant ensemble acteurs de cette connaissance. Des séminaires et des groupes d'acteurs de connaissance ont impliqué un millier de personnes de 25 pays. Nous vous proposons ici quelques extraits de ces rencontres afin de les mettre en dialogue dans ce forum.

Extrait de la Lettre de la Délégation Générale:nouvelles mensuelles et perspectives de décembre 2011

« La misère, c'est des injustices et des violences dans tous les sens »

« Quand la conférence de la francophonie a eu lieu chez nous, on nous a déplacés et on a brûlé nos abris. On nous a déplacés dans une fosse, dans le trou d'une carrière, et à la saison des pluies l'eau monte jusqu'aux genoux. Les gens se sont découragés. » (Madagascar)  Séminaire de Grand-Baie, Ile Maurice – 2009

«  La violence faite aux pauvres : rompre le silence »

« Parfois, par manque de courage ou de confiance, il y a des personnes qui disent : raconter quelque chose de ma vie ? Non, ce serait encore pire s'ils se moquent. J'étais l'une de ces personnes.(...) Il faut rompre ce silence ». (Guatemala) Séminaire de Lima, Pérou – 2010

« La misère est violence : prendre la parole pour la paix »

«  La démolition de nos maisons, c'est une violence. Cela veut dire la faim. Tu ne peux pas travailler à cause de cette démolition quotidienne. C'est une violence parce que cela te conduit à penser de mauvaises choses envers les ouvriers qui viennent démolir. (...) Si tu as l'estomac vide, tu n'as pas les idées claires. J'ai dit à ma femme : si je perdais ma foi en Dieu, quand je suis en colère je pourrais facilement poignarder le chef de l'équipe de démolition. (...) La faim ! C'est à cause de cela que tu peux commettre la violence. A cause de ces gens riches qui ont l'autorité et qui ne nous comprennent pas ». (Philippines) Séminaire de Frimhurst, Royaume-Uni - 2011

«  Nos vies sont faites de violences, il faut lutter pour tout »

« Quand des personnes nous manquent de respect en nous désignant par des mots tels que cas sociaux,  mauvaise mère,  incapable,  bon à rien,  cela témoigne d'un jugement,  d'une méconnaissance de ce que l'on vit et nous ressentons la violence d'être discriminés, d'être ignorés, inexistants, de ne pas faire partie du même monde, de ne pas être traités comme les autres êtres humains. Ces violences quotidiennes sont pour nous des maltraitances inscrites en nous. Nous ressentons une violence inscrite à jamais en nous, car notre identité n'a pu se faire ». (France) Séminaire de Pierrelaye, France – 2011

« C'est la misère même qui est une violence. Si la misère s'arrête, la paix prend la place »

« Nous avons des ONG qui marchent derrière nous, qui amènent beaucoup d'argent, qui amènent beaucoup de choses, mais ce n'est rien. Elles ne peuvent pas combattre la misère ni la pauvreté parce qu'elles ne connaissent pas ceux à qui elles s'adressent. Elles s'adressent aux plus intelligents, elles séparent, elles mettent des violences ». (Sénégal) Séminaire de Dakar, Sénégal – 2011