Village du Millénaire au Bangladesh
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Depuis fin 2009, Mati et la Stiftung Brücke coopèrent pour mettre en œuvre certains aspects des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans une approche participative, en travaillant avec les villageois de Harguzirpara, à 5 km de la ville de Mymensingh, dans le district de Mymensingh au Bangladesh.

L’organisation Mati a été créée en 1998 ; elle résulte de la conviction personnelle de son fondateur Lenen Rahaman que la pauvreté extrême au Bangladesh rural (tout comme dans le reste du monde) est une grave forme d’injustice qui ne peut être tolérée dans aucune société qui se déclare civilisée.

Dès le début, Mati s’est concentrée sur la réduction de la pauvreté en rendant les gens (et tout particulièrement les femmes) acteurs de leur propre vie, ainsi que sur des méthodes participatives définies par ces personnes elles-mêmes. Mati a voulu comprendre comment les projets étaient mis en œuvre dans les communautés.

Les personnes concernées, i.e. les pauvres, sont rarement incluses, et ne participent pas vraiment, même au niveau de base.

Le village de Harguzipara près de Mymensingh semblait être un endroit approprié puisqu’ aucune autre ONG ne travaille directement dans ce village et que 70% des presque 300 familles qui le constituent appartiennent aux catégories « pauvres » ou « très pauvres ».

EVALUATION DU TRAVAIL 2010-2012

Fin octobre 2012, Mati a demandé aux villageois d’évaluer le travail des deux dernières années. Les gens ont commencé à évaluer plus précisément chaque partie du projet en utilisant une méthode participative adaptée au fait que la plupart des familles sont illettrées.

Lors de discussions avec des groupes de 20-25, les villageois ont décrit les forces et faiblesses des différents secteurs et les ont évaluées par le moyen d’une échelle de couleurs. Parallèlement, on encourageait les participants à apporter des solutions aux problèmes ainsi que des idées pour aller plus loin.

Les résultats de cette évaluation et les suggestions des villageois figurent dans les recommandations pour 2013.

L’évaluation a demandé deux jours de préparation, quatre jours dans le village lui-même, deux jours pour analyser les données et pour le rendu et deux jours pour écrire le rapport.

DESCRIPTION DU PROJET ET RESULTATS (tout particulièrement sur 2012)

 OMD 1 : diminuer de moitié la proportion de gens vivant dans la pauvreté, et en particulier dans l’extrême pauvreté avec moins d’un dollar par jour,près de 70% des 300 familles du village appartiennent à ce groupe.

Pour se rapprocher de l’objectif, les habitants ont décidé de créer des possibilités de revenus pour les femmes en rendant possibles une formation professionnelle ainsi que des crédits pour des activités génératrices de revenus (lien avec l’OMD 3 : éliminer les disparités entre les genres).

En conséquence,

a)un centre de formation à la couture a été installé dans le centre communautaire du village

b) l’accès à des crédits sans intérêts a été mis en place par l’intermédiaire des groupes de femmes et leur service d’épargne, avec un service de conseils pour rembourser ses dettes et une campagne de sensibilisation pour que les femmes ne contractent pas de nouveaux micro-crédits près d’ONG qui prennent des intérêts élevés.

Formation à la couture pour les femmes et les jeunes filles dans le centre communautaire de Harguzirpara.

Le but est de fournir aux femmes des sources de revenus grâce à des possibilités de formation qualifiée, ce qui ensuite les aide à améliorer les conditions de la famille.

Depuis le premier jour, le cours est dispensé par Rotna (18 ans), une jeune femme du village, qui a pu aussi développer son propre savoir-faire avec le temps et dont le statut au sein de la communauté s’est élevé visiblement.

Résultats

44 femmes ont achevé avec succès la formation en couture depuis son commencement fin 2010.

26 femmes ont été formées lors de trois sessions en 2012.

10 femmes participent à la session actuelle qui se terminera en 2013.

24 femmes ont pris une machine à coudre à crédit.

13 femmes gagnent maintenant des revenus se situant entre 500 et 1500 Tk (5-15 €) ; Ce chiffre ne tient pas compte des 4 femmes qui viennent juste de prendre une machine à coudre.

Les filles plus jeunes sont intéressées par la formation pour améliorer leurs perspectives dans le choix d’un mari. Plusieurs femmes ont suivi le cycle de formation pour être capables de confectionner des vêtements bon marché pour leur propre famille.

La Stiftung Brücke a financé 25 outillages de couture en 2011 et 20 en 2012. Comme toutes les femmes qui ont achevé la formation n’ont pas accepté de prendre une machine à coudre, il reste encore des fonds disponibles pour financer d’autres formations.

Réactions des villageois L’évaluation générale du cycle de formation a été très positive ; des femmes ont fait valoir qu’elles n’avaient pas pris de machine à coudre à la fin de la formation parce qu‘elles avaient déjà un crédit en cours auprès de Mati.

Une femme a expliqué que c’était son manque d’expérience qui l’empêchait de prendre des commandes. Une autre a souligné que c’était un problème de ne pas prendre une machine aussitôt après la formation parce que dans ce cas, on perdait vite les savoir-faire qu’on venait d’acquérir.

Solutions proposées

Dans le futur, les femmes pourront acheter une machine à coudre même si elles ont déjà un crédit en cours. Le remboursement hebdomadaire n’augmentera que de façon minimale, et dépendra de la situation particulière de chaque famille.

Mati offrira des sessions de remise à niveau de 2 ou 3 semaines à des personnes qui auront suivi avec succès les formations précédentes.

Celles-ci seront organisées après chaque session normale, selon la demande. Un cours de remise à niveau va être proposé en juin 2013, à la fin de la session actuelle. Les femmes devront régler elles-mêmes le problème de trouver des commandes venant de l’extérieur du village.

Mati a suggéré la création d’une coopérative, sans succès jusqu’ici. Mati va continuer à encourager les femmes à produire des vêtements d’enfants tout simples pour les vendre à Mymensingh en juin avec d’autres produits de Mati sur un stand de l’organisation. Ceci pourra servir de test pour voir si certaines des femmes sont capables de produire pour une clientèle extérieure au village.

La Stiftung Brücke (la fondation du Pont) aide les habitants de régions pauvres à se libérer de l’extrême pauvreté en développant des alternatives durables. C’est un pont vers l’autonomie et la prise de confiance en soi.