Un bel exemple de solidarité : La combite
combite_haiti.jpg

Haïti est un pays dont la population pratique, en majorité, l’agriculture. Avec la détérioration de l’espace terrestre et le changement climatique, la terre donne de moins en moins et les paysans s’appauvrissent... Ils pratiquent une sorte de solidarité qui s’appelle « combite ».

La combite est une forme de solidarité existant entre un groupe de personnes décidant de faire ensemble des travaux qu’une seule n’arriverait jamais à faire. Il y a deux statuts possibles : associé ou travailleur... Tout le monde travaille chez tout le monde. La personne qui reçoit la combite du jour ne travaille pas forcément ce jour-là, mais a pour devoir de donner à manger et à boire aux travailleurs.

La combite est utilisée pour faire beaucoup de choses : labourer la terre, ramasser les récoltes, construire des routes, des habitations, soutenir ceux qui ont un décès chez eux.

Pour s’encourager, on chante, on danse... Quoi de meilleur pour être amis ? Même la capitale haïtienne a connu des moments de combite pour déblayer des espaces après le séisme du 12 janvier 2010.

Dans un village proche de ma commune natale, la combite a sorti de l’isolement toute une population. Les paysans ne pouvaient pas faire grand chose de leurs récoltes, parce qu’il fallait marcher plus de deux heures pour atteindre la route la plus proche. Un jour, les habitants se sont réunis pour réfléchir et l’un d’entre eux eut l’idée de proposer la combite comme solution pour ouvrir la route. La décision a été bien accueillie par toute la communauté. Chacun a accepté de travailler et de partager ce qu’il a de nourriture avec les membres de la combite. Ainsi, après environ deux mois de travail, ils ont réussi à construire une assez grande route en terre permettant l’accès des camions pour assurer le transport des récoltes.

Avec la combite, non seulement le travail se fait dans un temps record, mais aussi toute la dimension communautaire apparaît. Le « faire ensemble » et l’esprit de rassemblement sont là. Sans cette pratique, l’agriculture haïtienne connaîtrait une plus grande baisse encore, car tous les paysans n’ont pas les moyens à la fois de payer des travailleurs et d’acheter les semences.

C’est un exemple concret de « tèt an-sanm » (têtes ensemble) pour sortir d’une difficulté, parce que nous osons faire ensemble.

Saint Jean L., Haïti

Mots clés :