Thème du 17 octobre 2011
Flowers are given to the public.JPG

Les personnes vivant dans l'extrême pauvreté sont plus exposées aux risques et danger de l'environnement  dans lequel elles vivent tout en ayant moins de moyens pour faire face à leurs conséquences. Elles vivent souvent dans des zones polluées ou menacées par des catastrophes naturelles où les effets négatifs du changement climatique, inondations,  sécheresse ou glissements de terrain. Elles ne peuvent avoir accès à leurs droits, tels que la santé, l'éducation, le travail décent, l'eau potable et l'assainissement. Leurs efforts pour trouver un moyen de subsistance mettent leur santé en danger. Dans les zones urbaines, par exemple, cela peut impliquer la collecte des ordures pour les recycler et les revendre, ce qui les expose à des substances chimiques toxiques. Dans les zones rurales, cela les conduit à passer des heures dans les champs ou les plantations. Leur corps paye un lourd tribut à ce dur labeur pour peu de résultat.

La réponse aux défis du développement durable ne doit pas se faire au détriment de ceux qui vivent dans l'extrême pauvreté, mais plutôt s'assurer qu'ils sont au cœur du changement. Les politiques de développement durable doivent absolument prendre  en compte les efforts des personnes dans l'extrême pauvreté. Elles sont souvent en première ligne des initiatives en transformant leurs conditions de vie, dans les zones urbaines manquant de logements, par l'amélioration des installations d'arrivée d'eau, d'assainissement ou de chauffage ; en travaillant en petits « groupes d'amis solidaires » en marge de la gestion des déchets pour réussir à passer d'une vie dangereuse et à peine supportable à la création d'activités génératrices de revenus. Les programmes de respect de l'environnement doivent être conçus avec les personnes et populations les plus vulnérables, et construits à partir de leurs capacités et de leurs efforts afin de s'assurer que tous les droits sont exercés pour toutes et tous dans la société.

 A l'occasion de la préparation du Sommet de Rio en 2012, vingt ans après le Sommet de la Terre en 1992, les Nations Unies, «reconnaissent que l'éradication de la pauvreté est le plus grand défi auquel est confronté le monde aujourd'hui et une condition indispensable pour parvenir à un développement durable» (résolution A RES / / 64 / 236).

Pour les familles vivant dans l'extrême pauvreté, le développement durable nécessite plus que des programmes anti-pauvreté. Tant dans le Nord que le Sud, les enfants font face à «l'injustice et la violence tout autour d'eux», comme le disent leurs parents. Parmi les formes de violence les plus visibles, il y a celles qui sont liées aux conflits armés, le harcèlement de policiers armés et à la violence des gangs. Mais lorsque l'on parle avec des enfants et leurs familles qui vivent ces situations,  souvent ils citent d'abord des formes plus insidieuses de violence.

« Lorsque tu te lèves le matin sans savoir où tu iras, sans rien avoir en main pour nourrir tes enfants, 'ça c'est violence'.
Lorsque tu es obligé de te battre contre l'autre pour défendre le peu que tu possèdes, 'ça c'est violence'.
Lorsque tu es toujours obligé de baisser la tête, de fermer les yeux, de ne pas parler, de faire celui qui ne comprend pas, 'ça c'est violence'. »1

Le développement durable ce n'est pas seulement avoir une planète propre. C'est s'assurer que personne ne soit abandonné . C'est seulement ainsi que le développement sera réellement durable et qu'une paix durable se construira.

Seul un développement qui n'oublie personne est durable

* * *

1Colloque "La démocratie à l’épreuve de la grande pauvreté, l’actualité de la pensée de Joseph Wresinski". Port-au-Prince, Haiti, 2008.