Relever le défi de l'accès à la culture et de l'éducation pour tous
Maison de quartier STEJ - TOGO

Créée en octobre 2000, l'ONG STEJ met en œuvre des actions pour l'éducation et la participation au développement des communautés rurales. Ses premières actions ont été en faveur des enfants déshérités et abandonnés dans le quartier d'Agoé Nyivé, dans la banlieue de Lomé. Durant 5 ans l'équipe a travaillé sous l'ombre du grand manguier, puis a eu un bureau, puis une Maison de Quartier à Agoé Nyivé pour ses activités. Elle comporte une bibliothèque, une salle informatique et des espaces pour des activités socioculturelles ainsi que des cours d'alphabétisation. L'ONG tente de mettre en place des activités génératrices de revenus afin de s'assurer une assise solide car elle ne reçoit aucune aide de l'état.

Le rôle des bibliothèques africaines est primordial pour relever le défi de l'accès à la culture et de l'éducation pour tous. C'est pourquoi l'ONG a cherché à élaborer des projets contribuant à l'accès aux livres, à la promotion de la scolarisation des filles et à l'alphabétisation des femmes. Selon moi, l'essence du métier de bibliothécaire est la démocratisation de la lecture. Ma formation universitaire en France aux métiers du livre et de la bibliothèque, m'a amenée à solliciter une mission de deux ans comme Volontaire de Solidarité Internationale au Togo de 2010 à 2012.

J'ai été hébergée par l'association en face de la Maison de quartier (de l'autre côté de la rue). J'étais dans une cour commune (= une concession) avec trois autres familles, salle de bain partagée seulement avec une famille. Les voisins étaient très sympathiques et je me suis sentie comme chez moi. Une cuisine était accessible pour tous les volontaires étrangers (nous avons presque été une douzaine pendant ces deux ans, à rester entre deux semaines et plusieurs mois). J'aimais le quartier et nous avions le marché juste à côté donc c’était parfait !

J'ai été très bien accueillie et orientée par toute l'équipe de l'ONG et rapidement intégrée dans l'équipe. Le poste correspondait totalement à mes attentes. L'équipe est jeune, dynamique et talentueuse et j'ai appris énormément, auprès de l'équipe de la Maison de quartier ainsi que des autres collègues travaillant sur les autres projets de l'ONG (domaines divers et variés !).

Parmi les activités réalisées nous avons ouvert la bibliothèque de la Maison en journée continue au cours des vacances d'été ainsi que l'espace informatique. Le projet "Classe à la Bibliothèque" avec les écoles maternelles du quartier a démarré ainsi qu'une Bibliothèque de rue près du marché : nous posions nattes et livres pendant deux heures et, en moins d'un mois, notre présence régulière a remporté l'adhésion tant des enfants que des adultes des quartiers concernés.

Le côté ludique du livre ou le domaine artistique n'ont pas été oubliés car des animations chaque semaine ou pendant les vacances ont été programmées et réalisées : contes, danses, musique, projection de films…, différents thèmes ont fait l'objet de programmations mensuelles : l'Afrique, les traditions, les métiers, l'environnement ; et les femmes ont eu accès le soir à des cours d'alphabétisation.

A cette ouverture aux différents aspects de la connaissance ou à d'autres cultures, on peut noter la création de nombreux échanges entre bibliothèques ou la correspondance des enfants STEJ avec des élèves d'établissements scolaires en France.

Forcément, au début, tout surprend, ce n'est pas le même climat, pas la même langue (les togolais entre eux parlent seulement l'ewe), pas la même configuration urbaine, pas le même rythme de vie (les togolais se lèvent et se couchent tôt), pas le même « niveau » de vie, bref, le contexte est totalement différent. Je ne peux pas énumérer ici tout ce qui m’a surpris mais ce qu’il faut savoir c’est que tout rentre vite dans la « normalité », finalement, au bout de quelques temps, on s’y fait et c’est le fonctionnement français qui devient surprenant quand on en parle là-bas !

J’ai appris beaucoup tant sur le plan personnel que professionnel. Deux ans est une durée permettant de bien appréhender les choses et réellement de construire. J’ai également appris à être étrangère dans un pays qui n'est pas le mien, chose qu’on nous rappelle sans cesse par le terme « Yovo » (blanc) employé par tous, enfants et adultes.

Témoignage de Céline H,
Volontaire de Solidarité Internationale au TOGO

Photo : "Rendez-vous conte ! avec Beno Sanvee, Anani Gbeteglo et Eustache Kamouna"

Site Internet de STEJ Togo :
http://www.stejtogo.org/