PARTIS : Pratiques Artistiques pour l’Inclusion Sociale
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Au bout de trois ans, plusieurs projets réalisés avec le soutien de PARTIS – Pratiques Artistiques pour l’Inclusion Sociale (Fondation Calouste Gulbenkian) ont montré le travail accompli dans plusieurs domaines dont la Musique, pendant une série de spectacles entre le 12 et le 15 janvier.

17 programmes d’intervention sociale auprès de jeunes et d’enfants en danger, de prisonniers et d’ex-prisonniers, de migrants, de personnes isolés et/ou handicapées, de  chômeurs de longue durée… ont été menés par PARTIS - Pratiques Artistiques pour l’Inclusion Sociale, depuis trois ans. Le soutien de la Fondation Calouste Gulbenkian a aidé à lancer et à consolider ces programmes qui continueront de suivre leur parcours. Cependant nous avons voulu montrer une partie de ce que nous avons déjà réussi à faire, du 12 au 15 janvier.

Un des moments les plus forts de cet ensemble de présentations au public a été le concert “La Main et le Geste”, du programme “Mains qui chantent”. Un choeur de personnes malentendantes a été accompagné sur scène par des éléments du Choeur et de l’Orchestre Gulbenkian, une des plus prestigieuses du Portugal. Ils voulaient montrer “un travail dont le but artistique est d’exprimer en langage gestuel portugais certains concepts musicaux comme l’intensité, la polyphonie et la structure formelle d’un morceau de musique, en plus de l’interprétation d’un poème”, explique Sérgio Peixoto. Ce programme a également l’objectif d’aider les professeurs d’Education Musicale à intégrer dans leurs cours des élèves malentendants.
Ce fut aussi grâce à la musique que d’autres jeunes, arrivés avec un fort sentiment d’exclusion, se sont sentis accueillis au sein d’un orchestre hors du commun, qui réunit des jeunes musiciens de formation classique et des jeunes venant de quartiers défavorisés : L’Ensemble Juvenil de Setúbal. Cet ensemble “a permis de libérer les jeunes musiciens des barrières culturelles et sociales qui les entravent, en développant leurs capacités et leur confiance en eux-mêmes, grâce à une collaboration entre jeunes de milieux très différents”, selon Rui Borges Maia.

Sons en marge est un programme de musique urbaine qui veut développer les capacités techniques et artistiques d’environ 30 jeunes, entre 16 et 30 ans, des quartiers sensibles de Loures et Seixal. C’est là que l’on peut trouver Ne Jah et V1ruz, deux jeunes artistes issus d’un milieu uni mais problématique et très pauvre.

Ils ont bien voulu témoigner :
Ne Jah : "J’ai toujours vécu dans des quartiers marginaux. Je suis né dans un bidonville, et ensuite j’ai pu vivre dans les immeubles ‘sociaux’. Mais, en nous envoyant  dans ces immeubles de la mairie, on nous a éloigné de nos amis, on nous a isolés. Cela m’a révolté. C’est cette révolte qui m’inspire quand je fais ici de la musique."
V1ruz : "J’ai toujours été extrêmement pauvre. Je suis né dans ce quartier, mais pendant longtemps il était très différent de maintenant, les maisons c’était des taudis. Cela a beaucoup influencé ce que je suis aujourd’hui et pas seulement ce que j’écris. Toute ma vie c’est ce que j’ai vécu quand je n’avais pas d’argent pour les crayons et les stylos. Maintenant je veux promouvoir  l’égalité entre les hommes et faire en sorte que le monde ne soit pas aussi tordu."

in #183, F. Calouste Gulbenkian, Portugal