Nous devons aller vers ces personnes dans leurs communautés en leur apportant de l’amour, des soins et de l’espoir.
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Chere Isabelle,

Je suis une personne handicapée physique, travaillant pour le gouvernement comme enseignant clinique dans un établissement en Zambie qui est géré par l’Armée du Salut.

Votre article « Ne laisser Personne de Côté» dans la Lettre aux Amis n° 85 m’a beaucoup interpellé. Chikankata est un district nouvellement créé, un district rural où des personnes en situation de handicap vivent dans une extrême pauvreté et souffrent de nombreuses privations. Dans votre article, le Père à la Paz disait continuer à s’inquiéter de ceux que personne ne voit, de ceux qui ne sont même pas comptabilisés dans les statistiques de pauvreté. Ce sont les personnes dont il faudrait s’inquiéter en priorité.

Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me laisser un espace dans votre magazine pour parler au nom des personnes handicapées sans emploi dans les zones rurales, qui ne sont pas visibles ou continuent à être isolées, négligées, et privées de l’accès aux besoins essentiels. On ne peut pas accepter que cette situation perdure. Les personnes handicapées doivent vivre dignement, sainement et dans la sécurité. J’en appelle à tous ceux qui sont en position d’exercer un pouvoir, une influence ou un poids financier de donner à tous les mêmes chances et de faire davantage prendre conscience de la discrimination dont souffrent les personnes handicapées.

Je m’étais posé la question : la Zambie n’irait-elle pas mieux si nous n’avions pas soutenu les pays voisins dans leur luttes de libération ? Je comprends maintenant le pourquoi des actions de notre premier Président Républicain, le Dr Kenneth Kaunda. Il ressentait profondément la souffrance des gens qui étaient opprimés. Il ne sentait pas qu’il était un homme libre tant que ses voisins continuaient à subir une domination sociale. Il avait l’amour de Dieu pour l’humanité. Je ressens la même chose. Si j’ai un emploi et une maison, si je suis marié et si j’ai des enfants, je ne dois pas pour autant fermer les yeux devant la souffrance ressentie par les personnes en situation de handicap. Votre Lettre aux Amis du Monde Entier est une voix qui défend bien les pauvres et nous pouvons ajouter de la force à cette voix.

Les personnes handicapées n’ont pas accès à l’information, aux moyens de production, aux ressources matérielles et financières, non plus qu’aux connaissances techniques. C’est dans ces domaines que nous recherchons de l’information sur les possibilités d’aide. Ce que vous rendez possible pour d’autres, Dieu le rendra possible pour vous, ainsi qu’il est écrit dans la Bible (Proverbes 19, verset 17) « Celui qui a pitié du faible prête au Seigneur qui le lui rendra ».

Nous devons aller vers ces personnes dans leurs communautés en leur apportant de l’amour, des soins et de l’espoir.

Avec mes amicales salutations

Boswell M., Zambie

Militant pour les droits des personnes handicapées