Notre équipe itinérante
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(voir aussi : Des rencontres au «rythme de la pirogue» )

Nous avons des voisins dépendants de la drogue qui vivent dans un manque de confort total et ne mangent pas à leur faim. Deux d'entre eux entrèrent chez-nous, profitant d'une de nos itinérances, et emportèrent tout ce qu'ils ont pu: vêtements, sac à dos, bouteille de gaz, hamac... Mais, les connaissant, je les ai cherchés et l'un d'eux m'a conduit dans quelques maisons où ils avaient vendu ou caché leur butin... Bon, j'ai réussi à récupérer environ 80% des affaires... Et maintenant je sais où vont les choses qu'ils volent. Quelques uns d'entre eux viennent parfois à la maison et déjeunent avec nous. Le problème c'est qu'ils n'arrivent pas à arrêter la drogue et ils deviennent comme fous s'ils ne trouvent pas d'argent pour en acheter. Ils sont prêts à risquer leur vie, à laquelle ils ne tiennent pas tellement.

Peu après, pendant 2 semaines, j'ai navigué pour visiter les villages et les indigènes du bord du fleuve, pour ne pas perdre la main... Deux jeunes ont voyagé dans notre pirogue et, quand on est rentrés, on a profité de leurs bras pour réparer le sol de la salle de bains de notre maison sur pilotis qui menaçait de tomber dans l'eau “parfumée” qui coulait en-dessous...

Nous sommes allés voir ensuite une communauté d'indiens qui sont nos amis : les Kokamas. Nous y avons passé quelques jours en causant et ils nous ont dit comment ils veulent s'organiser pour améliorer leur vie; ils veulent qu'on reste proches. C'est beau de voir un peuple uni et qui espère des jours meilleurs. Nous sommes encore allés voir une exploitation agricole à quelques heures de marche dans la forêt et nous avons passé une matinée en produisant du 'vin' de açaí (non fermenté), une boisson très nourrissante tirée des fruits d'un palmier. Le plus dur c'est d'y monter (le palmier est très fin et a au moins 15 mètres de haut) pour couper les lourdes grappes qu'il faut descendre sans les faire tomber, sinon les fruits s'abiment. Mais on fait la fête ensuite quand on boit le vin.

Après un séjour dans le Tocantins, avec des communautés que je connais depuis un an, Rafa et moi sommes enfin rentrés ! Nous attendons deux amis du Mexique qui vont rester un mois avec nous. Ils travaillent avec des indiens là-bas et veulent voir ce que nous faisons avec notre équipe itinérante.

Paco A., Brésil