Le changement doit provenir de la communauté elle-même
enfant

Dans la province du sud Kivu, la ville d'Uvira est bâtie sur la rive du lac Tanganyka. Depuis quelques années la population a énormément souffert de la guerre et des exactions commises par différents groupes armés. Quelques adultes, mobilisés par les mêmes soucis, ont créé le Groupe des Cultivateurs et Éleveurs d'Uvira (GCEU). Ils cultivent le riz, le blé, la patate douce, le manioc, les oignons et les légumes.
Ils font de petits élevages de porcs, de chèvres et de poules et pratiquent l'apiculture.

L'un des membres explique : « Avant, je ne savais pas dialoguer avec d'autres personnes. J'ai appris à le faire grâce à ce groupe, à chercher ensemble à faire face
à la misère, et aussi à vivre en solidarité avec les voisins ».

Les membres du groupe ont été touchés par la condition de beaucoup d'enfants. Après un échange de correspondances avec le Mouvement Tapori (branche enfance du Mouvement ATD Quart Monde) dont ils sont tous animateurs, ils ont entrepris de réunir les enfants, trois fois par mois.
Un autre membre explique : « On fait avec eux des jeux qui montrent, par exemple, que ne rien faire ou quémander ce n'est pas bien dans la vie. Certains enfants ont changé de comportement. C'est important aussi de développer l'imagination de l'enfant. Je leur ai appris à faire des voitures en fil de fer, des statuettes, des
maisons. Cela peut les aider dans l'avenir ».

En même temps, précise une femme, membre du groupe : « Les enfants nous aident souvent. Par exemple lors des deuils ici chez nous, les gens font de petites cotisations pour soutenir la famille éprouvée, ce sont souvent les enfants qui rappellent aux parents de contribuer. Les enfants n'apprennent pas seulement de nous, mais nous apprenons aussi d'eux ».

Pour les membres, recevoir des publications comme la « Lettre de Tapori » ou la « Lettre aux Amis du Monde » est très important. « Cela nous édifie et nous fait connaître d'autres pays. » Ils ajoutent : « Nous voudrions nous aussi être connus à travers le monde ».

Les activités des membres du GCEU, que ce soit l'agriculture, l'élevage ou auprès des enfants Tapori, les amènent à réfléchir sur le développement. « Ici nous avons l'habitude de considérer les organisations internationales par l'argent et l'aide de toute sorte qu'elles apportent. Avec beaucoup d'ONG le développement ne part pas de la base, de la réalité et des points de vue des communautés, mais il vient d'en haut, il fragilise les communautés au lieu de les unir. Nous avons une lourde responsabilité de comprendre et faire comprendre à nos compatriotes, que les diverses distributions, de vivres ou autres, devenues monnaie courante chez nous, n'est pas ce qui peut nous développer, par contre ça nous enfonce davantage. Le changement doit provenir de la communauté elle-même et non de l'extérieur.»

GROUPE DES CULTIVATEURS ET ÉLEVEURS D'UVIRA (GCEU), RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO