"La crise lance un défi à notre imagination et à notre solidarité"
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Au plus proche de la vie, ces témoignages rendent palpables les conséquences de la crise économique sur les populations pauvres. Comment tentent-elles d’y faire face ? Comment espèrent-elles une "prise de conscience planétaire qui pourrait profiter aux plus défavorisés" ?

Du Pérou :

« Le chômage s’étend sur le pays comme une épaisse tache de mazout qui pollue toutes les relations sociales. Pour survivre, les gens acceptent n’importe quel travail à n’importe quelles conditions et souvent au détriment de leur propre sécurité. (…) La situation chez nous n’est pas très différente de la vôtre. Si la maladie du chômage frappe partout dans le monde – les familles qui ne comptent pas un membre chômeur sont rares – le degré de fièvre est plus élevé et l’issue fatale plus fréquente dans les pays pauvres. Dans le Sud Andin péruvien surgissent des initiatives de développement alternatif, durable et solidaire. Animés par des jeunes paysans, aidés par quelques appuis étrangers, ces groupes de production et de commercialisation appliquent, valorisent et perfectionnent les expériences de solidarité des communautés quechuas andines en respectant leur Terre-Mère. Leur expérience ne veut pas seulement être une solution au problème de la faim dans les Andes, mais aussi présenter une alternative au modèle économique actuel. La crise lance un défi à notre imagination et à notre solidarité. » Francisco FRITSCH

Du Brésil :

« La crise économique actuelle rend encore plus grave la situation des pauvres de Belo Horizonte. Il y a en ce moment 1086 familles qui vivent dans le Camp Dandara sur un terrain appartenant à la municipalité et qui ont accouru de toute la périphérie de la capitale de l’état du Minas Gerais dans l’espoir de trouver un toit et d’une vie meilleure. Or elles courent le risque d’être expulsées et sont sous la menace d’une coupure d’eau… » Joviano Gabriel Maia Meyer

De la Côte d’ivoire :

« Nous voulons faire en sorte dans le futur, que notre région ne manque pas de nourriture. Donc, au fur et à mesure, notre récolte est redistribuée aux paysans qui ont le plus besoin de semence de riz, pour faire redémarrer la région de l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire. C’est un objectif qui sera long à réaliser car nous sommes seules, mais nous tiendrons le chemin de l’espérance pour les femmes de notre coopérative. » Mme Madeleine Gblia, Présidente de la Coopérative La Grâce des Femmes.

De la République Centrafricaine :

« Nous utilisons les connaissances et expériences de ceux qui nous ont précédés : la patience du cultivateur, c’est là notre projet. ….Devant la crise alimentaire mondiale notre projet depuis l’an dernier est : développer et aider l’entreprise familiale ; notre ferme-école a démarré dans ce sens, avec 25 jeunes agriculteurs…. Même ici nous sommes conscients des énormes difficultés qui s’abattent sur le monde entier, dit développé. Surtout, nous pensons que les innombrables victimes de cet effondrement économique et financier sont encore plus touchées que les populations très pauvres de nos régions qui n’avaient que très peu profité de ce qu’on appelle le progrès. En espérant que cette crise sera l’occasion d’une prise de conscience planétaire qui pourrait profiter aux plus défavorisés. »  Frère Christophe M. ECAC de Bossangoa, République Centrafricaine

Et maintenant ? Nous attendons avec intérêt vos réactions, commentaires, observations. Les questions suivantes pourraient vous aider :

Quelles sont les conséquences visibles de la crise :

  • sur les personnes défavorisées (aggravation au sein des familles, répercussion sur la scolarisation des enfants, sur la santé, sur l’emploi..)
  • sur les actions entreprises dans votre association et dans quels domaines : santé, nutrition, autres ?

Quelles sont les réactions suscitées par la crise :

  • arrêt des activités de long terme, par exemple des actions de sensibilisations, les inscriptions sur les registres d’état-civil, autres  ;
  • solidarité accrue des personnes qui innovent d’autres façons de vivre (ou parfois survivre) ? Comment cela se manifeste-t-il ?

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