Construire l'école pour un meilleur avenir
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Madame LIMET est fondatrice de l’Association ''Enfance Maghreb Avenir'' (EMA) au Maroc. Une association qui travaille pour défendre le droit à l’école pour tous. Elle nous partage dans cet article ses motivations et ses raisons pour lesquelles elle a cherché à créer cette association.

« Après avoir passé 22 ans en France, j'ai fait le choix de retourner dans ma ville natale à Casablanca au Maroc, avec l’objectif de mettre en place des bibliothèques dans les écoles publiques des quartiers défavorisés de Casablanca. C'était pour moi une sorte de retour à la source et d'apporter quelque chose à mon pays d'origine et où j'ai fait mes études car moi aussi je viens d'une école publique » disait Madame LIMET.

Arrivée au Maroc en 2006 avec l’idée de créer des bibliothèques, la réalité sur le terrain a révélé que ces écoles ne manquaient pas seulement de livres mais aussi d'eau, d'électricité et de sanitaires. L'absence de ces infrastructures de base représente l’une des principales raisons pour lesquelles les enfants et notamment les filles quittent l’école. De plus, ces dernières années, certains marocains ont fait le choix de mettre leurs enfants dans des écoles privées. Petit à petit l'école publique a été abandonnée. Le niveau de scolarité se dégrade d'année en année et les résultats ne sont pas satisfaisants.

Forte de ce constat, EMA a choisi, dans un premier temps, d'intervenir pour régler le quotidien de ces élèves et de ces professeurs : raccordement au réseau d’eau potable, réseau d’électricité, construction ou rénovation des sanitaires, rénovation de classe, rénovation de terrain de sport, construction ou rénovation des salles culturelles… « Aucune école où nous intervenons n'avait de mur d’enceinte. On commence toujours par le mur afin de donner à l'école sa notoriété. En effet, comme les bidonvilles sont à côté de l'école, les enfants la quittent pour aller jouer ou voir leur famille puis reviennent. Les professeurs finissent par abandonner face à cette situation. Le mur d’enceinte permet aux enfants de tracer les limites entre la vie extérieur et la vie au sein de l'école ce qui participe à leur intégration et leur implication au sein de la classe» disait Madame LIMET.

Une fois les infrastructures mises en place, le projet est complété par plusieurs actions d’accompagnement (sorties scolaires, ateliers d'informatique, camps de vacances, journées culturelles...), qui permettent aux enfants de vivre l'école autrement. C'est ainsi que EMA intervient pour mettre en place des bibliothèques dans ces écoles. La bibliothèque prend la forme d'un coffre appelé « Coffre à bouquins » afin d'éviter le terme de bibliothèque de classe qui fait référence à un meuble où les livres sont trop souvent exposés hors de portée des élèves. Le « Coffre à bouquins » évoque un trésor où on peut fouiller à loisir, prendre et remettre. Pour l'organisation de ce coffre chaque élève exerce cette responsabilité à tour de rôle au moins une fois au cours de l'année scolaire, cela lui permet de se familiariser avec les livres.

Au Maroc,en dehors des grandes villes, on ne trouve guère de librairies. Le livre reste un produit cher que ne peuvent s'offrir la majeure partie des enfants marocains. Ils n'ont jamais reçu un livre en cadeau, et à l’exception des manuels scolaires, n'en ont même parfois jamais tenu dans les mains.

Aujourd'hui, EMA fait partie des associations marocaines qui se battent pour que les enfants puissent accéder à l'école : « Seule l'école et l'éducation peuvent offrir à ces enfants ''laissés de côté'' un avenir meilleur».