Bonjour à l’Équipe de la Lettre aux Amis du Monde
Carte Centrafrique-Cameroun

Dans la partie orientale du Cameroun dans une ville frontalière avec la République Centrafricaine, il y a depuis près de 8 mois un afflux de réfugiés venant de la Centrafrique. Pendant notre séjour j'ai assisté à de sérieux problèmes de cohabitation entre les réfugiés et la population locale. Il se passe que, depuis leur arrivée, l'insécurité est grandissante.
La population locale en est exaspérée et accuse les réfugiés. Par conséquent des règlements de compte sont de plus en plus courants et la population locale ne veut plus de réfugiés dans sa ville.
Comment alors concilier les réfugiés qui n'ont même pas du minimum et une population qui ne vit que d'une subsistance liée à l’agropastoral? C'est le problème de fonds qui nous a poussés à réunir les deux parties dans les locaux de la mission catholique. Il s'agissait de trouver un terrain d'entente où les deux parties sortiraient satisfaites. Chose qui n'a pas été aisée. Mais à la fin, la population locale a cédé en concédant même aux réfugiés, s'ils le voulaient, le droit de travailler avec elle dans ses plantations et d'en bénéficier des fruits à la récolte au lieu d'en voler quotidiennement. Cela a été un témoignage assez émouvant pour moi car la population, en offrant de l’hospitalité offre aussi aux réfugiés un moyen de combattre la pauvreté. Ceux-ci, non seulement sortiront de l'oisiveté mais trouveront un terrain d'expression de leur humanité.

Blaise N. Cameroun