Atteindre les 17 Objectifs de Développement Durable dans tous les pays du monde
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Le 25 septembre 2015, 193 chefs d’État rassemblés par l’ONU à New York s’engageaient à « éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde » et adoptaient 17 Objectifs de Développement Durable à atteindre d’ici 2030. Pour la première fois, ces objectifs concernent tous les pays.

Après des années de plaidoyer intense, ATD Quart Monde et des organisations partenaires comme la Confédération Syndicale Internationale et Social Watch obtenaient que « ne laisser personne en arrière » soit un impératif inscrit dans ces objectifs, rompant ainsi avec la violence des politiques qui ne cherchent à atteindre que la moitié des populations.

En effet, quand des programmes d’action prévoient de prendre en compte une partie d’une population sans prendre en compte les plus pauvres, les organisations chargées de la mise en œuvre visent d’abord ceux avec qui il semble le plus facile de réussir ; cela permet d’atteindre les objectifs assignés, mais est-ce pour autant de l’efficacité ?

C’est pourquoi, ce 25 septembre 2017, ATD Quart Monde, Action Mondiale Contre la Pauvreté et de nombreuses organisations demandent instamment aux gouvernements des pays signataires de mettre tout en œuvre pour que les Objectifs de Développement Durable soient atteints (lire le communiqué de presse).

De nouvelles mesures de la pauvreté

Pour aller au bout de cette ambition, un autre défi est à relever : l’extrême pauvreté ne pourra pas être éliminée tant qu’elle sera mesurée par des indicateurs monétaires arbitraires. Des indicateurs comme celui qui met le seuil de pauvreté à vivre avec moins d’1,90$/personne/jour mettent en lumière une partie de la réalité, mais sont aussi trompeurs.

C’est pourquoi ATD Quart Monde et l’Université d’Oxford ont engagé une recherche participative internationale sur les dimensions de la pauvreté et leurs mesures, dans laquelle des personnes en situation de pauvreté sont co-chercheuses avec d’autres experts. Nous avons besoin de mieux comprendre la réalité de la pauvreté, et ce sont les personnes qui la vivent qui sont le plus à même d’introduire cette connaissance.

D’autres indicateurs utilisés par la communauté internationale sont multidimensionnels mais, à ce jour, aucun d’entre eux ne prend en compte la dimension relationnelle du mépris, de l’oppression et de l’exclusion sociale, si douloureuse pour ceux qui en souffrent. Ainsi, en Europe, une famille nous racontait que partout où elle cherche à s’installer, elle est chassée parce qu’on ne veut pas d’elle dans le voisinage. On la surnomme « les cafards », et ce surnom infâme la poursuit partout où elle va comme une malédiction qui lui interdit de trouver un endroit pour loger, s’enraciner quelque part et développer son projet familial.

Le déni de l’humain et la négation de la capacité de chacun de contribuer au monde sont des points communs dans l’expérience de ceux qui se battent dans leur vie de tous les jours contre la misère. Quand on les écoute, ces populations très pauvres disent leur espoir de pouvoir prendre leur destin en main et de trouver leur place, d’être liées à la société qui les entoure. Cet espoir est exprimé dans tous les pays, dans toutes les sociétés. C’est cet espoir-là qui doit être le moteur de tous nos efforts pour faire devenir réalité les Objectifs de Développement Durable.

Pour lire l'entier du texte d'Isabelle Pypaert Perrin, déléguée générale d'ATD Quart Monde