Action d'engagement avec les enfants déscolarisés
alikram.jpg

Au sein de l'association Al-Ikram à la périphérie de Casablanca, au Maroc, nous travaillons à la prise en charge des enfants déscolarisés de huit à seize ans, issus de familles démunies. Les causes principales de leur déscolarisation sont souvent l’abandon ou la précarité économique. Pour repérer ces enfants, les éducateurs de l'association se procurent auprès des écoles publiques des quartiers où elle travaille, ou bien auprès de l’Académie, des listes d'enfants qui ont abandonné l'école. Ces éducateurs font ensuite du porte à porte pour rencontrer ces enfants et leurs familles. « Souvent des enfants nous amènent aux voisins ou à la famille de ceux qui ont quitté l'école » explique Marine. Dès la rentrée scolaire, ces enfants sont accueillis à l'Association et des cours sont donnés par les enseignants : arabe, français, mathématiques, éveil scientifique, éducation civique et éducation islamique « Aujourd’hui nous travaillons à l’amélioration du programme pour l'adapter aux besoins des enfants, par la création d’outils et méthodes participatives, vivantes, et par l’élaboration d’un référentiel de compétences propre. Nous cherchons à les remettre à niveau afin de les intégrer au sein des écoles publiques ou de les orienter vers des formations professionnelles  » précise Marine.
Ces enfants retournant souvent à la rue, l'association, pour les inciter à continuer à venir aux cours toute l'année, les fait travailler en petits groupes de 15 par classe. Elle a mis en place des activités parascolaires et a pu rendre les locaux plus attrayants.
L'association Al-Ikram intervient aussi pour résoudre les problèmes juridiques qui se posent pour plusieurs des enfants rencontrés. « 35% des enfants avec qui nous travaillons ne disposent pas d'acte de naissance. Ils ne sont pas déclarés à la naissance, ils sont illégitimes ou alors, comme il est souvent de coutume en milieu rural, leurs parents ne sont pas mariés légalement : la lecture solennelle de la Fatiha (premier verset coranique) en famille étant suffisante pour sceller leur union » indique Marine. Dans toutes ces situations complexes, les assistantes sociales de l'association se déplacent dans diverses villes et communes pour déclarer l’existence de ces enfants et faire établir leur acte de naissance. Cela demande de retrouver les actes de mariage lorsqu’ils existent, de faire reconnaître les enfants par leurs parents, d'engager des procédures de régularisation auprès des tribunaux qui statuent au terme de huit mois à une année. « Ce soutien juridique est très coûteux. Un seul dossier peut atteindre 10 000 Dirahams (1 000 euros); parfois nous assurons la régularisation juridique de familles entières de cinq à sept enfants. Il faut payer les frais des actes, des avocats, des aduls (équivalent de notaires) les déplacements et hébergements des assistantes sociales » explique Mme Berrada, directrice de l'association.

Association Al-Ikram, Maroc